| 1-Avant
d'amour |
2-L'aurore |
3-Ünion
parfaite |
Avant
l'aurore
Désir
de Dieu
Connaissance inexprimable
Blessures d'amour
L'amour est son propre salaire
Ravissements
|
Lever
d'aurore
Fiançailles
Éveil et concert Silencieux
Souper qui recrée
Préparation au mariage |
Entrée
en haute union
Empreinte de Dieu
Sobre ivresse
Mariage
Union continuelle
Vers la perfection de l'amour |
|
|
Union
d'amour.
Ce
serait une erreur trop grossière de croire qu’on
peut bien expliquer par quelques paroles les communications
d’amour et les secrets des connaissances mystiques..
L’esprit
vient au secours de notre faiblesse, habitant en nous,
et il demande pour nous « par des gémissement
inénarrables » ( Rom, 8,26 ) ce que nous
ne pouvons ni concevoir ni comprendre pour le manifester.
Qui pourra exprimer ce qu’il fait entendre aux
âmes pleines d’amour où il réside
? Qui pourra dire ce qu’il leur fait sentir ?
Qui pourra enfin faire connaître par la parole
ce qu’il leur fait désirer ?
( 179a) ?
|
1-Avant
d'amour
Avant l'aurore
|
Le
Père des lumières… se répand
à profusion sans acception de personnes partout
où il trouve la place libre comme le rayon de soleil.
Il se fait voir aux hommes par toutes les vies et en toutes
rencontres, les comblant de bonheur, sans dédaigner
de prendre ses ébats en eux d’une manière
commune et habituelle.
On ne doit donc pas tenir pour incroyable qu’une
âme déjà purifiée et éprouvée
par le feu des tribulations, des travaux et des tentations
de tous sortes, qui a été trouvée
fidèle en amour, obtienne dès cette vie
ce que le fils de Dieu a promis ; si quelqu’un l’aime
la très Sainte Trinité viendrait habiter
en lui et y faire sa demeure
(180) |
Désir
de Dieu |
| L’âme
éprise d’amour pour le Verbe, Fils de Dieu,
désirant s’unir à lui par claire et
substantielle vision, lui expose se angoisse, d’amour,
se plaignant à lui de son absence, d’autant
plus qu’étant blessée de son amour,
pour lequel elle a quitté toutes choses et elle-même,
elle se voit encore privée de la présence
de son Ami (181b)
Elle lui demande de lui manifester
son essence divine, car le lieu où est cachée
le Fils de Dieu est le sein du Père, c’est-à-dire
l’essence divine inaccessible et cachée
aux yeux des mortels et à toutes intelligence.
Or , quelques grandes eu soient les communications et
les manifestations de Dieu, si hautes et si sublimes
que soient les connaissances que l’âme peut
avoir de Dieu en cette vie, elle ne sont jamais son
essence et ne s’en approchent pas (182
c)
Le
Verbe en union avec le Père et le Saint-Esprit
réside essentiellement dans le centre intime
de l’âme où il est caché.
Ainsi l’âme qui doit le trouver par union
d’amour doit sortir et se détacher de sa
volonté de toutes choses créés,
entrer dans un très grand recueillement au-dedans
d’elle-même et là communiquer avec
Dieu en amoureux et affectueux entretien
(183).
Mon
Seigneur et mon Époux, ce que vous donnez à
mon âme par fragments, achevez de me le donner
entièrement, ce qui vous me notez comme à
travers les fentes, finissez de me le donner en pleine
clarté… Il semble parfois en vos visites
que vous allez me donner un joyau de votre possession
et quand mon âme se recueille elle en est privée…
Je vous veux tout entier
(184 d). |
Connaissance
inexprimable |
| En
ce sentiment l’âme sent de Dieu si hautement
qu’elle comprend que tout reste à comprendre.
Cette connaissance et ce sentiment que la divinité
est si immense qu’on ne peut la comprendre parfaitement
est une connaissance très éminente…
Celui qui ne l’aura pas expérimenté
ne pourra bien la saisir.. et on ne peut la dire même
si on peut bien la sentir (185e)
L’âme qui aime Dieu
vit plus en l’autre vie qu’en celle-ci,
parce que l’âme vit là où
elle aime plus que dans ce qu’elle anime…
La maladie d’amour ne peut être guérie
que par la présence et la vue de l’Aimé
(186 i) |
Blessures
d'amour |
Entre
autres visites que Die fait à l’amie en la
blessant et en l’élevant par l’amour,
il a coutume de produire certaines touches embrasées
: elles sont comme des flèches de feu, elles embrasent
l’âme, la transparences et la laissent toute
entière brûlé du feu d’amour
( 187)….
Ces attouchements fécondent
l’âme (188g). |
| L'amour
est son propre salaire |
| L’âme
amoureuse ne peut s’empêcher de désirer
la récompense et le salaire de son amour pour
lequel elle sert l’Ami… Or ce salaire et
cette récompense ne sont autre que l’augmentation
de l’amour jusqu’à ce qu’il
arrive à l’état d’une paraît
amour qui est son propre salaire, et elle ne aurait
en désirer un autre
(189).
Dieu met sa grâce et son
amour dans l’âme que dans la mesure des
désirs et de l’amour de cette âme
(190 b). |
| Ravissements
|
| Ceux
qui sont parvenue à l’état de perfection
reçoivent les communications divines dans la paix
et la suavité de l’amour. Ils n’auront
plus de ravissements qui en sont que des communications
destinées à préparer l’âme
à des communications parfaites
(191l)
L’âme doit savoir
que Dieu en lui donnant toutes ces grâces au moyen
de ces onctions… n’a d’autre désir
que de la préparer pour recevoir d’autres
onctions plus précieuses et plus délicates,
plus dignes de lui. Il veut la faire parvenir à
une disposition s si pure et si délicate qu’elle
mérite son union avec lui et sa transformation
substantielle en lui par toutes ses facultés
(192).
|
2-L'aurore
Lever d'aurore
|
| L’esprit
qu jouit du clame et du repos de Dieu est élevé
des ténèbres de la connaissance naturelle
à la lumière matinale de la connaissance
surnaturelle de Dieu, qui n’est pas claire mais
encore un peu sombre comme la nuit proche du lever du
jour. La partie de la nuit qui laisse deviner le lever
de l’aurore n’est pas entièrement la
nuit ni encore le plein jour mais quelque chose qui tient
des deux à la fois, ainsi en est-il de cette solitude
et de ce calme que l’âme trouve en Dieu ;
sans jouir encore de toute la lumière divine, elle
ne laisse pas d’en recevoir quelque participation…
C’est
un repos et une quiétude en lumière divine
dans une nouvelle connaissance de Dieu
(193). |
Fiançailles |
| En
ces jours heureux cessent enfin les angoisses véhémentes
et les plaintes d’amour dont l’âme était
autrement fois occupée. Elle commence à
jouir d’un état de paix, de délectation
et de suave amour…
L’âme se voit complètement investie
du torrent de l’Esprit de Dieu avec tant de force
qu’il lui semble être inondée par
des fleuves, qui submergeraient et noieraient toutes
ses actions et ses passions, néanmoins leur véhémence
n’est pas cause de souffrance parce que ces fleuves
sont des fleuves de paix… Cette eau divine remplit
les bas-fonds de son humilité et comble les vides
de ses désirs… Elle entend un son et une
voix spirituels qui dominent tous les autres sons et
tous les voix (194).
Il ne faut pas croire cependant
que si l’âme reçoit cette connaissance
substantielle dépouillée de tout accident,
elle possède une claire et parfaite jouissance
de Dieu comme au ciel… Nous pouvons dire qu’elle
est un rayon ou une image de la jouissance (195) |
| Éveil
et concert Silencieux |
| L’intelligence
ressemble à celui qui, après un long sommeil,
ouvre les yeux à la lumière qu’il
n’attendait pas… Concert silencieux parce
que c’est une connaissance paisible tranquille,
sans aucun bruit de voix : voilà pourquoi on jouit
en l’entendant de la douceur de la musique et de
la quiétude du silence. |
| Souper
qui recrée |
| De
même que le souper vient après le travail
du jour et marque le commencement du repos de la nuit,
cette connaissance paisible fait sentir à l’âme
que ses maux touchent à leur fin et qu’elle
est en possession de biens où elle s’embrase
plus que précédemment dans l’amour
de Dieu
(196) |
Préparation
au mariage |
| Il
y a une différence entre avoir Die en soi seulement
par grâce et l’avoir en soi par union : l’un
consiste à mieux aimer et l’autre à
le posséder… Tel est le haut état
des fiançailles spirituelles de l’âme
avec le Verbe… Pourtant cela n’approche pas
de ce qui se passera a mariage ; car toutes ces grâces
ne sont que des préparations à l’union
qui se fera dans le mariage…
Dieu vient visiter l’âme et la combler de
ses dons pour la purifier de plus en plus, l’embellir
et la spiritualiser afin qu’elle soit convenablement
préparée pour une si haute union. Pour
cela il emplie plus ou moins de temps suivant les âmes
car il tient compte de leur dispositions… C’est
dura ce temps, que l’attente du mariage, qu’ont
lieu le onctions de l’Esprit les plus relevées
pour préparer l’âme à l’Union
à Dieu…Alors arrivent des anxiété,
intense et délicats.. plus ces onctions sont
une disposition prochaine à l’union avec
Dieu et plus elles rapprochent de Dieu : voilà
pourquoi elle lui font goûter Dieu davantage et
rendrent l’âme plus délicatement
avide de Dieu. Ce désir plus délicat et
plus profond est la disposition requise pour s’unir
à lui
(197).
|
|
| Le
centre de l’âme c’est Dieu ; quand l’âme
y arrivera selon le maximum de capacité de sont
être, et selon la force de son activité et
de ses inclinaisons elle sera parvenue à son centre
le plus profond et ultime où elle puisse atteindre
Dieu… Tant qu’elle n’y arrive pas dans
la vie présente… Elle peut être dans
son centre qui est Dieu par la grâce et par la communication
qu’il lui fait de lui-même, elle a encore
la possibilité de se mouvoir et de pénétrer
plus avant dans le centre et elle n’est pas entièrement
satisfaite… Par le moyen de l’amour l’âme
s’unit à Dieu : ainsi plus elle possède
de degrés d’amour et plus elle entre profondément
en Dieu en se concentre en Lui
(198). |
Entrée
en haute union |
| L’Ami
et l’âme devenue son épouse sont
unis. Les mêmes vertus et le même amour
de l’Ami sont à l’un et à
l’autre et ils ont le même plaisir…
Aucune chose de ce monde, ni basse ni élevée
ne peut plus l’inquiétée, la tourmenter
et l’émouvoir tant elle est protégée.
Elle est désormais libérée de tous
les ennuis qui lui causaient les passions naturelles,
éloignées et dégagées des
perturbations et des vicissitudes des choses temporelles,
elle jouit avec assurance de sa participation ( aux
perfections ) divines (199).
L’union
rend semblable à Die par l’amour …
L’âme étant libre et purifiée
de tout et unie à Dieu, rien ne pourra lui nuire
; de là vient que désormais elle est dans
un état où elle goûte ordinairement
une suavité et une paix qu’elle ne perdra
plus et qui en peut plus lui manquer (200) |
Empreinte
de Dieu |
| Cette
suavité et cette empreinte qu Dieu laisse de
lui-même dans l’âme lui confèrent
une extrême agilité pour courir sur ses
pas. Elle n’éprouve alors aucune effort,
ou très pu, pour marcher par ce chemin, au contraire
elle est mue et attirée par cette divine trace
de Dieu
(201). |
Sobre
ivresse |
| Le
Saint-Esprit l’enivre d’un vin d’amour
suave, délicieux, fortifiant… parfois aussi,
sans qu’elle y contribue, elle sent dans le plus
intime d’elle-même que son esprit s’enivre
doucement et s’enflamme de ce vin d’amour…
ce n’est plus la saveur sensible des commençants
mais une saveur spirituelle véritable et qui se
manifeste par les oeuvres. |
Mariage |
| En
cette vie, dans le dernier cellier, le plus intérieure,
très peu pénètrent par ce qu’alors
l’union parfaite avec Dieu, qu’on appel mariage
spirituel, est accomplie. Ce que Dieu communique à
l’âme en cette étroite union est totalement
ineffable et on ne peut rien en dire comme on ne peut
dire que de Dieu quelque chose qui correspond à
la réalité car c’est Dieu même
qui se communique à l’âme dans une
gloire admirable pour la transformer en lui ne faisant
plus qu’un, comme le cristal et le rayon de soleil
qui le pénètre
(202). |
Union
continuelle |
| L’âme
en cet état de mariage spirituel vit d’une
manière ordinaire une union d’amour avec
Dieu ; sa volonté est constamment sous l’influence
de la volonté et de l’amour de Dieu (203)
Bien que l’âme reste
toujours dans cet état sublime de mariage depuis
que Dieu n’y a élevée, elle y demeure
en substance, bien que ses facultés ne soient
pas toujours actuellement en union (
204).
L’âme
s’abreuve de Dieu (205) |
Vers
la perfection de l'amour |
| L’amour
n’arrive jamais à la perfection tant que
les amants ne sont pas devenus semblables, transformes
l’un en l’autre : alors l’amour est
pur ; l’âme, se sentant posséder
une certaine ébauche d’amour… désire
achever et se conformer à Visage de celui dont
elle n’est que l’ébauche, son Époux,
le Verbe Fils de Dieu (206). |
|
Références
179a-
Grégoire de Nysse :
Celui qui a réellement goûté Dieu, c’est-à-dire
celui qui a reçu Dieu en lui, est rempli de ce dont
il a faim et soif, le Saint-Esprit y ayant fait auparavant
sa demeure
( Daniélou, op., pp.308 et suiv.)
181b)
Tous ceux en qui le désire de Dieu a pénétré
profondément n’arrêtent jamais de le désirer.
L’âme unie à Dieu ne connaît pas
de satiété à sa jouissance : plus elle
est remplie de jouissance, plus ardent se fait la force de
ses désir ( Ibid)
Quoi
de plus haute que d’être en celui qu’on
aime et d’avoir celui qu’on aime en soi
( Ibid,. p.273 ).
182c-
La contemplation de son visage c’est l’incessante
marche vers lui à la suite du Verbe.
C’est
en cela que consistes la véritable vision de Dieu,
dans le fait que celui qui lèves leur yeux vers lui
ne cesse jamais de la désirer ( Ibid., pp.308 et 323
)
184
d- D’abord une raie de lumière avait pénétré
jusqu’à elle… et l’avait excitée
à s’approcher de la lumière et à
s’embellir ( Ibid, p, 312 )
185e-
Syméon nov. Théolog. :
Il
se voit lui-même entièrement uni à la
lumière… Il a beau se demander ce qu’il
peut dire ou saisir dans ce qu’il voit, les mots et
les concepts lui manquent ( Cathéch.2).
186
f- Diadoque :
Grand sentiment de plénitude… J’ai alors
tellement senti cette action que mon âme m’a semblé
poussée avec joie et un amour indicible à sortir
du corps et à s’en aller vers le Seigneur
( Cent.91,p.152).
L’épouse
rendant amour pour amour montre la flèche de l’amour
de celui qui l’a aimée profondément enfoncées
en elle, c’est-à-dire la participation de la
divinité ( Ibid).
190
h- Respirant en lui cette grâce inaccessible et surnaturelle…
La beauté se manifestant toujours davantage, le divin
s’accroît dans la même proportion que le
progrès ( p.312 )
191
j- Grégoire Sinaite :
Ils ont connu le rapt et atteint partiellement et arrhes l’ultime
désirable (Petite Philocalie ).
197-
Isaac de Ninive :
L’amour pur dérive de la connaissance de Dieu,
elle-même reine de tous les désirs ; pour le
cœur qui la reçoit toue joie terrestre est superflue
: aucune douceur n’est comparable à celle qui
révèle Dieu.
198-199-
Grégoire de Nysse :
Ce n’est pas la vision de Dieu face à face…
Ayant purifié son cœur de toute créature
et de toute disposition charnelle, on vit dans sa propre beauté
l’image de la nature divine.
198-199-
Syméon nov. Théolog :
Il se fait reconnaître de façon tout à
tout fait consciente et voir en pleine clarté, lui
l’Invisible ; invisiblement il parle et écoute
et, face à face comme un ami avec un ami, il s’entretien,
lui, Dieu par nature, avec les dieux nés par grâce
de lui ( Action de grâces, I, p.205, III )
200-201-
Grégoire de Nysse :
Que produit chez les hommes la sortie des choses humaines
à la réalité divine… Produit dans
l’âme cette sobre ivresse, transportant l’esprit
des choses passagères aux éternelles. Celui
qui a goûté une telle ivresse a échangée
l’éternel contre l’éphémère.
( Cf. Daniélou, pp.290 et suiv.).
202-203-204-205-206-
Grégoire de Nysse :
Celui qui monte ne s’arrêtera jamais, allant de
commencements en commencements qui n’ont jamais de fin…
Maintenant qu’elle a eu part aux biens selon qu’elle
les pouvait recevoir, à nouveau le Verbe l’attire
à la participation de la beauté surnaturelle
comme si elle était au commencement ( Daniélou,
p. 215).
|
|