1-Passage
à l'union |
2-Abîme
de la pure foi |
4-Crucifiante
nuit d'amour |
| Les
nuits
a-Du
sens à l'Esprit
Actives
et passives
Entré dans les nuits passives
Signes d'entrée
Franchir ce degré
b-Du
sens à l'Esprit
Réforme
et purification
Quiétude
Regard d'amour
Laisser faire Dieu
Connaissance de soi
Connaissance de Dieu
Souvenir de Dieu
Humilité et Amour du prochain
Liberté de l'amour pur
Paix des passions
Passage à l'esprit
Durée de cette nuit |
Nuit
de foi
Lumière de foi
Nudité de la foi
Les deux nuits
3-Entrée
dans l'Esprit |
Sortie
de prison
Vers la parfaite nudité
Vide et pauvreté
Familiarité
Glorieuse magnificence
Enfantement de l'esprit
Nouvelle paix
Force de l'amour
Sécurité |
|
Angoisse
d'amour
Choc du divin et de l'humain
Délaissement et marasme
Lutte proportionnée à l'amour
Ténèbres purifiantes
Ténèbres lumineuses
Ténèbres de présence
5-Attouchements
divins |
Embrasements
d'amour
Passion d'amour
Impatiences d'amour
Sublime sentir de l'essence divine
|
6-La
fontaine scellée |
Sagesse
secrète
Sagesse d'amour
Conduite de ces âmes |
|
|
Nous
pouvons pour trois motifs appeler nuit le passage de l’âme
à l’union divin.
Les
premier vient du point de départ de l’âme,
parce que ses tendances doivent être privées
du goût pour les choses du monde auxquelles elle est
attachée … ce qui sera une espèce de nuit
pour tous les sens de l’homme.
Le second motif vient du moyen qu’on emploie ou du chemin
que l’âme doit suivre pour arriver à cette
union : ce moyen est la foi que est obscure pour l’intelligence
comme une nuit.
Le troisième vient du terme où l’âme
tend et qui est Dieu : Il peut être appelé aussi
nuit obscure pour l’âme qui vient en ce séjour
mortel.
Les
trois nuits doivent passer par l’âme ou plutôt
l’âme doit passer par ces trois nuits pour parvenir
à l’un avec Dieu (80).
|
1-Passage
à l'union
Les
nuits
Elles
sont si nombreuses et si profondes les ténèbres
et les épreuves tant spirituelles que temporelles par
les lesquelles ont coutume de passer ces bienheureuses âmes
pour pouvoir arriver à cet état de perfection
(de l’union parfaite d’amour avec Dieu) que ni
la science humaine ne suffit paru le comprendre, l’expérience
pour l’exposer. Celui-là qui passe par cette
vie pourra les connaître, mais il ne pourra les dire
(81).
Nous
nous adressons maintenant à homme spirituel, en particulier
à celui que Dieu a daigné mettre da l’état
de contemplation… Nous dirons comment il doit communique
avec Dieu en foi, en se purifiant (82)
|
| |
a-
Du sens à l'Esprit |
| Cette
nuit que nous appelons contemplation produite
deux sortes de ténèbres ou de
purifications chez les spirituels, selon les
deux parties de l’homme, la sensitive
et la spirituelle. C’est ainsi qu’il
y a une nuit ou purification des sens, qu’elle
accommode à la partire spirituelle ;
l’autre est une nuit ou purifications
spirituelle, par la quelle l’âme
est purifié et dépouillé
dans sa partie spirituelle, ce qui la prépare
et la dispose à l’union d’amour
avec Dieu. La première est commune et
arrive à beaucoup, c’est-à-dire
aux commençants ; la nuit spirituelle
est la partage du petit nombre, de ceux qui
sont déjà exercé et avancés
(
83). |
Actives
et passives |
|
| L’âme
entre ordinairement en cette nuit des sens des deux
manières : l’une est active et l’autre
est passive. La première comprend tout ce que
l’âme peut faire et fait par elle-même
pour y entrer (a)… La deuxième ce que l’âme
ne fait pas par elle-même, par sa propre industrie,
mais ce que Dieu opère en elle, se comportant
elle-même comme passive
(84b). |
| Entré
dans les nuits passives |
L’âme
commence à entrer dans cette nuit obscure quand
Dieu la fait sortir de l’État des débutants
de eux qui se servent encore de la méditation…
Dieu les met peu `a peu dans l’état de
ceux qui avancent, qui est alors celui des contemplatifs,
afin de l’amener ainsi à l’état
des parfaits, qui est celui où l’on s’unit
à Dieu (85).
Quand
( la sensibilité ) s’est déjà
en quelques sorte habituée aux choses de l’esprit
avec quelques force et quelque constance, Dieu commence
soudain à sevrer l’âme et à
la mettre en état de contemplation, ce qui
se fait ordinairement en fort peu de temps principalement
pour les personnes religieuses parce que, ayant renoncé
aux choses du monde, elles soumettent leur sensibilité
à Dieu en moins de temps et passent du sens
à l’esprit
(86).
|
| Signes
d'entrée |
Premier
signe :
L’âme
découvre qu’il lui est désormais
impossible de méditer et de se servir de l’imagination
: elle n’y puise plus aucune goût comme
auparavant. Elle trouve au contraire la sécheresse
dans celui auparavant captivait habituellement ses
sens et lui procurait de la suavité. Mais tant
qu’elle y trouvera du goût et qu’elle
pourra se servir de la méditation discursive,
elle ne doit pas s’en détourner et elle
y rester jusqu’`a ce qu’elle soit placée
dans la paix et la quiétude…
Second
signe :
L’âme
n’éprouve aucune envie d’appliquer
son imagination de ses sens à d’autres
objets particuliers soit extérieurs soit intérieurs.
Je ne dis pas qu’elle doive s’attendre
à ce que son imagination n’aille pas
ça et là, car cette faculté a
coutume d’être vagabonde même quand
l’âme jouit d’un profond recueillement,
mais je veux dire que c’est le moment où
l’âme n’a plus envie d’appliquer
à dessein son imagination sur ces sujets.
Troisième
signe :
Celui
qui est le plus certain ; l’âme se plait
à se trouver seul avec Dieu en une attention
amoureuse, sans considérations particulières,
dans la paix intérieur, la quiétude
et le repos ; elle ne produit aucun acte nit aucun
exercice de ses facultés… Je veux dire
qu’il n’a pas au moins d’acte raisonné,
passant d’une idée à l’autre
; elle demeure seulement dans une attention et une
connaissance générale et amoureuse,
sans connaissance particulière et sans saisir
un objet précis
(87).
|
| Franchir
ce degré |
| Notre
but en ce moment est d’enseigner le moyen de franchir
ce degré pour arriver par la contemplation à
l’union divine ; voilà pourquoi tous ces
moyens et tous ces exercices sensibles des facultés
doivent être abandonné et mis dans le silence
afin que Dieu opère par lui-même dans l’âme
l’union avec lui.
(88) |
b-
Du sens à l'Esprit
Réforme
et purification |
| La
nuit des sens… Peut et doit s’appeler plutôt
une certaine réforme des passions et un frein qui
leur est imposé plutôt qu’une purification
. Celle en raison de ce que toutes les imperfections et
les désordres de la partie sensitive ont leur racine
dans l’esprit d’où ils tirent leur
force… Voilà pourquoi tant que ces habitudes
ne sont pas purifiées les rebellions et les vices
des sens ne le seront jamais complètement
(89). |
| Quiétude |
Cette
contemplation est si délicate que si l’âme
a envie ou le soucie de la sentir ordinairement elle
ne la sent plus, car elle opère quand l’âme
est dans le plus grand loisir et dans l’oublie
de tout : Elle se comme l’air qui s’échappe
de la main quand on la ferme
(90).
Cet
empêchement et ce dégoût des facultés
pour ces actes ne proviennent pas de quelque ( disposition
psychologique) ; car lorsqu’il en est ainsi
la disposition, qui est changeante par nature, venant
à disparaître, l’âme peut
aussitôt avec un peu d’effort retourner
à ses opérations précédents…
Il n’en est pas ainsi dans la purification de
la sensibilité (91).
Considérez
comme cela un bonheur : Dieu , en effet, va vous délivre
de vous-même : il vous enlèvera des mains
vos possibilité avec les quelles, même
en faisant de vote mieux, vous ne pourriez opérer
aussi entièrement, aussi parfaitement ni sûrement
que maintenant à cause de leur impureté
et de leur faiblesse. Maintenant il vous prend par
la main pour vous conduire dans les ténèbres
comme un aveugle vers le but et par un chemin que
vous ignorez (92)
|
| Regard
d'amour |
L’homme
adonné à la vie spirituelle doit apprendre
à se terni avec un regard amoureux sur Dieu,
dans une tranquillité de l’esprit quand
il ne peut plus méditer, même s’il
croit en rien faite ; c’est ainsi que peu à
peu le repos et la paix divine seront infusés
dan l’âme, accompagnés de connaissances
admirables de Dieu enveloppées dans l’amour
divin (93)
Aussitôt
que l’âme se met en présence de
Dieu le possède la connaissance de Dieu confuse,
amoureuse, pleine de paix et de repos, où l’âme
boit la sagesse, l’amour et la suavité
(94)
On
peut dire alors que la connaissance et la saveur de
l’amour se produisent en elle et s’y trouvent
sans qu’elle fasse quelque chose : cette âme
ne doit rien faire d’autre que l’avoir
une attention amoureuse pour Dieu sans vouloir éprouver
ou voir quelque chose. Dieu se communique passivement
à elle comme la lumière se communique
passivement à celui qui a les yeux ouverts
et qui n’a qu’à tenir les yeux
ouverts pour la recevoir (95).
Les
âmes, ne jouissant pas du fruit que est la contemplation
ni de son écorce qui est la méditation,
se troublent à la pensée qu’elles
vont à reculons et qu’elles se perdent.
En vérité elles se perdent mais ce n’est
pas de la manière qu’elles pensent :
elles se perdent, en effet, par rapport à leurs
propres sens et à la première manière
de sentir ; par là elles gagnent le fruit spirituel
qu’on leur donne : moins elles comprennent et
plus elles entrent dans la nuit de l’esprit
par laquelle elles doivent passer pour s’unir
à Dieu qui surpasse toutes connaissances (96).
|
| Laisser
faire Dieu |
C’est
pourquoi en ce temps-ci l’âme doit être
conduite d’une façon totalement différente
de la première. Précédemment on
lui donnait un sujet de méditation et le méditait
; maintenant on doit lui enlever tout sujet de méditation
et ne pas la laisser méditer ; d’ailleurs,
le voudrait-elle qu’elle ne le pourrait pas :
au lieu de trouver du recueillement elle ne réussirait
qu’à tomber dans des distractions. Elle
cherchait du goût, de l’amour et de la ferveur
et elle en trouvait ; maintenant n’en trouverait
pas malgré tous ses efforts mais elle ne retirerait
de l’aridité ; en volant se servir des
opérations des sens elle se détournerait
de ce ben pacifique de la quiétude que Dieu lui
donne secrètement dans l’esprit
(97).
On
ne veut pas dire que ceux qui commencent à
avoir cette connaissance amoureuse ne doivent plus
jamais essayer de méditer. Car dans les débuts
ils ne possèdent pas encore cette connaissance
à un degré si parfait qu’ils puissent
en user dès qu’ils le veulent…
Quand dans ce débuts ils verront que l’âme
n’est pas occupée dans cette quiétude
et cette connaissance, ils devront se servir de la
méditation jusqu’à ce qu’ils
aient acquis l’habitude de contempler d’une
façon quelque peu parfaite
(98).
Ce
sera beaucoup ( alors ) de garder la patience et de
persévérer dans l’oraison sans
rien y faire de soi-même. La seule chose qu’ils
doivent faire est de laisser l’âme libre,
débarrassée et détachée
de toutes les connaissances et pensées, sans
se soucier de ce qu’ils penseront et méditeront,
se contentant seulement d’une regard amoureux
qui se reposer en Dieu, sans sollicitude, sans recherche
d’efficacité et sans désir de
le goûter ou de le sentir. Parce que toutes
des préoccupations troublent l’âme
et la distraient du paisible repos et du doux loisir
que se donnent dans la contemplation
(99).
|
| Connaissance
de soi |
| Voici
le premier et principale profit que provoque cette aride
et obscure nuit de contemplation : la connaissance de
soi-même et de sa misère… La sécheresse
et le vice où se trouvent les facultés,
comparées à l’abondance dont elle
jouissait auparavant, ainsi que la difficulté
où elle se trouve de faire le bien, font découvrir
à l’âme sa bassesse et sa misère,
qu’elle ne voyait pas au temps de prospérité
(100). |
| Connaissance
de Dieu |
Dieu
illumine l’âme non seulement en lui donnant
connaissance de sa misère et de sa bassesse…
mais aussi en lui découvrant la grandeur et
l’excellence de Dieu… Une fois l’âme
libre et détachée comme il le faut pour
recevoir l’influence divine, Dieu l’instruit
surnaturellement par le moyen de cette nuit obscure
et aride de la contemplation
(101).
|
| Souvenir
de Dieu |
| Un
second avantage est le sentiment constant de la présence
de Dieu que l’âme reçoit en elle-même,
accompagné d’une crainte et d’une
appréhension de reculer dans ce chemin de la
vie spirituelle…Au milieu de ses sécheresses
et de ses angoisses, il arrive souvent, au moment où
elle y pense le moins, que Dieu communique à
l’âme une suavité spirituelle et
un amour très pur, des lumières spirituelles
parfois très délicates… non perçues
par les siens (102). |
| Humilité
et Amour du prochain |
| L’humilité
qui vient de la connaissance de nous-même purifier
l’âme de toutes les imperfections d’orgueil
où elle tombait au temps de sa prospérité…
Elle voit que les autres lui sont supérieurs.
Cette considération engendre en elle l’amour
du prochain, elle l’estime et ne le juge plus
comme elle faisait auparavant, quand elle se voyait
remplie de ferveur en comparaison des autres : elle
ne considère que sa propre misère qui
est sans cesse présente à ses yeux et
qu en la laisse pas regarder les autres
(103). |
| Liberté
de l'amour pur |
| Enfin
plus l’âme se purifie de ses affections
et de ses désirs sensibles plus aussi le acquiert
cette liberté d’esprit qui lui permettra
de cueillir les fruits du Saint- Esprit… Les aridités
font marcher l’âme dans la voie du pur amour
de Dieu, car elle ne se porte plus désormais
à agir sous l’influence, du goût
ou de la saveur qu’elle prouvait dans ses actions
mais seulement pour plaire à Dieu… Elle
est devenue craintive et défiante d’elle-même
(104) |
| Paix
des passions |
| Les
passions sont déjà mortifiées,
les convoitises sont apaisées, les tendances
calmées et endormies par le moyen de cette bienheureuse
nuit de la purification des sens. Aussi l’âme
est-elle sortie pour commencer à entrer dans
cette voie de l’esprit qui est celle de ceux qui
avancent (108). |
| Passage
à l'esprit |
Telle
est la nuit ou purification des sens. Tous ne passent
pas par cette nuit mais seulement une petite nombre
qui doit arriver plus tard à la nuit plus profonde
encore de l’esprit afin de parvenir jusqu’à
l’union d’amour avec Dieu, cieux qui s’y
trouvent ont d’ordinaire de grandes tribulations
et des tentations..
Quelques-uns
sont assaillis par l’ange de Satan qui est un
esprit d’impureté, qui trouble leurs
sens par de forêts et abominables tentations,
tourmente leur esprit par de vilaines pensées
et leur imagination par des représentation
s ( très suggestives )… D’autres
fois ils sont tentés par l’esprit de
blasphème… Parfois leur sens est tellement
obscurci qu’il est remplie de mile scrupules
et de troubles qui paraissent indéfinissables
( 106).
|
| Durée
de cette nuit |
…
On ne peut la déterminer avec exactitude. Cela
ne se passe pas pour tous de la même façon,
tous n’en durent pas les mêmes tentations,
car Dieu seul mesure selon sa volonté, selon
l’importance des imperfections à purifier.
Mais aussi d’après le degré d’union
d’amour où Dieu veut élever les
âmes, il leur donne des humiliations plus ou moins
intense et prolongées..
Pour
ceux qui sont faibles Dieu les conduit en cette nuit
plus lentement avec des tentations légères,
il les laisse longtemps en cet état en donnant
à leurs sens quelques consolations ordinaires…
Pour d’autres encore plus faibles, il paraît
absent en certains moments et les gratifie de sa présence
en d’autres temps…
Quand
aux âmes qui doivent passer à ce bienheureux
et sublime état de l’union d’amour,
si rapidement que Dieu les conduise, d’ordinaire
elle restent très longtemps dans ces aridités
et c’est tentations (107)
|
|
|
Le
chemin pour venir à vous, Seigneur, est un chemin
saint, à savoir et pureté de foi.
La nuit spirituelle qui est la foi met entièrement
en privation le sens de l’intelligence (108).
Entrer
dans l’abîme de la foi lu s’abîme
toute le reste (109).
|
| Nuit
de foi |
La
foi est une nuit obscure pour l’âme : celle-ci
doit être ans l’obscurité pour sa
lumière naturelle afin de se laisser guider par
la foi vers le terme sublime de l’union
(110)
Aucune
connaissance ni conception surnaturelle ne peut dans
notre condition mortelle servir le moyen prochain
pour arriver à cette union d’amour et
l’âme avec Dieu …( L’intelligence)
doit plutôt qu’en ouvrant les yeux afin
d’arriver au rayon divin
(111).
L’âme
n’a d’autre appui que la foi pure pour
aller à Dieu… Elle passe au-delà
des limites de la nature et de la raison pour gravir
ce divin escalier de la foi et par ce moyen elle arrive
et elle pénètre jusqu’aux profondeurs
de Dieu (112).
L’intelligence,
dénudée et débrasée de
tout ce qu’elle peut elle-même connaître
clairement, demeure dans un intime repos établie
dans la paix que donne la foi (113)
|
| Lumière
de foi |
| Par
ce seul moyen Dieu se manifeste à l’âme
en lumière divine qui surpasse toutes intelligence,
Aussi, plus l’âme a de foi et plus elle est
unie à Dieu.
(114)
Son
ascension dans la foi a changé la manière
naturelle d’agir en manière divine…
Pour achever de pacifier la demeure de l’esprit
il faut seulement que tous ses facultés, se goûts
et se tendances spirituelles soient dépouillé
dans la pure foi. L’âme s’unira alors
au Bien-Aimé dans une union de simplicité,
de pureté d’amour et de ressemblance
(115).
L’Esprit-Saint
illumine l’intelligence qui est recueillie et
l’éclaire dans la mesure de ce recueillement
; l’intelligence ne pouvant trouver un recueillement
plus que celui qu’elle puise dans la foi, l’Esprit-Saint
ne l’éclairera jamais mieux que dans la
voie de la foi ; plus une âme est pure, plus elle
vit dans la foi et plus elle reçoit la charité
infuse de Dieu (1116)
Comme
la lumière du soleil éclipse toutes les
autres lumières… la lumière de la
foi par son excès éclipse la lumière
de notre intelligence et l’éblouit (117). |
| Nudité
de la foi |
Le
terme où elle va est au-dessus de toutes choses
et dépasse tout ce qu’elle peut avoir
ou goûter : en dépassant tout il faut
donc passer par le non-savoir … Ainsi dans cette
voie quitter son chemin c’est trouver le chemin
véritable, ou mieux arriver au terme en quittant
le moyen c’est entrer dans ce qui n’a
pas de mesure en Dieu. Ayant le courage de dépasser
les limites de ses facultés naturelles intérieures
et extérieurs l’âme entre dans
le domaine surnaturel qui n’a pas de mesure,
contenant en substance tous les moyens …Pour
y arriver il faut sortir de tout, s’éloigner
de soi-même pour monter de ce qui est bas à
cette hauteur suréminente
(118).
Il
faut… acheminer l’intelligence à
travers la nuit spirituelle de la foi jusqu’à
l’union divine et substantielle avec Dieu. Sans
cela sa marche serait retard ; et embarrassée
dans ce chemin de la solitude et de la nudité
de toutes choses qui est nécessaire pour y
arriver
(119).
Quand
l’âme dégage sa volonté
de toute attache à des signes apparents elle
s’élève à une très
pure foi : Dieu la verse en elle et la fait croître
à un degré plus éminent. En temps,
il augmente en elle les deux autres vertus théologales,
l’espérance et la charité. Elle
jouit alors de connaissance plus élevés
sur Dieu par le moyen de cette habitude obscure de
la foi ; elle jouit des délices les plus grandes
d’amour par le moyen de la charité qui
la fait ne se complaire que dans le Dieu vivant ;
elle jouit enfin d’une satisfaction la mémoire
par le moyen de l’espérance (120).
|
| Les
deux nuits |
La
nuit des sens est la porte étroite : l’âme
se dépouille et se met dans la nudité
pour y enter, en s’appuyant sur le fondement de
la foi, qui est étrangère à tout
ce qui est sensible. Elle pourra ainsi marcher ensuite
par le chemin étroit de l’autre nuit, celle
de l’esprit ; en celle-ci elle marchera ensuite
vers Dieu en pure foi, qui est le moyen par laquelle
elle s’unit à Dieu.
Comme ce chemin est si étroit, si obscur et
si terrible il en résulte que ceux qui le suivent
sont bien moins nombreux mais en revanche les avantages
qu’ils trouvent son bien plus don considérables.
Car il n’y a pas de comparaison enter cette
nuit des sens dont nous venons de parler et les obscurités,
les épreuves de la nuit de l’esprit,
comme nous allons le dire
(121)
|
|
|
| Désormais
ce n’est plus l’âme qui reçoit,
mais plutôt c’est elle qui est reçue
dans l’Esprit. Et ainsi elle possède alors
toutes choses à la lumière de l’Esprit
(122a). |
| Sortie
de prison |
| Comme
celui qui est sorti d’une étroite prison
elle marche dans les choses de Dieu avec plus d’aisance,
plus de satisfaction, avec une joie abondante et plus
intime que dans les débuts, avant son entrée
dans cette nuit…avec une grande facilité
elle trouve immédiatement dans son esprit une
très douce et amoureuse contemplation ainsi qu’une
saveur spirituelle sans qu’il lui en coûte
quelques travail de raisonnement (123) |
| Vers
la parfaite nudité |
J’ajoute
ceci pur prouver la nécessité de la
nuit de l’esprit ou de la purification spirituelle
chez celui que doit aller de l’avant : parmi
ceux qui se trouvent dans l’état des
progressant il n’y en a aucun que, si vaillamment
qu’ils se soit comporté, n’ait
encore beaucoup de ces affections naturelles et de
ces habitudes imparfaits qui doivent être purifiées
pour passer à l’union divine.
(123)
L’intelligence
tombe dans quelques imperfections, se laissant aller
à la quelques désir de savoir, la volonté
se laissant entraîner par quelques petits attraits
de l’amour-propre : elle désire quelques
petites choses dans l’ordre temporel, s’attachant
plus aux unes qu’aux autres prisonnière
de quelque présomption, de quels manières
de voir pointilleuses et autres petites choses qui
sentent le monde. Elle se préoccupe du manger
et du boire, elle veut et choisi ce qu’il y
a de meilleur. Surnaturellement elle recherche les
consolations et elle a d’autres imperfections…
Il en est de même eu égard à son
affectivité (124).
|
| Vide
et pauvreté |
| Dieu
purifiant ici l’âme en ses facultés
de la sensibilité et de l’esprit ,…
Il convient qu’elle soit mise dans le vide, la
pauvreté et l’abandon en toutes les parties,
la laissant sèche, et vide et en ténèbres.
En effet, la parie sensible se purifie dans les sécheresses,
les facultés dans le vide de leurs opérations
et l’esprit dans une obscure ténèbre
(125c) |
| Familiarité |
Il
y a des intervalles de soulagement où, par
disposition divine, cette contemplation obscure cesse
de remplir l’âme sous forme de purification
pour revêtir la forme illuminative et amoureuses,
l’âme semble alors sortir de ces cachots
et se trouve en récréation, au large
et en liberté ; elle éprouve et déguste
une grande suavité dans la paix et dans une
amoureuse familiarité ave ce Dieu ( d).
Tant
qu la purification spirituelle n’est pas achevée
il est très rare que la douce communication
soit assez abondante pour voiler la racine de ce qui
reste à purifier : l’âme ne manque
que pas se sentir alors au plus intime, d’elle-même
un je-ne-sais-quoi que lui manque et que lui reste
à faire, ce qui en la laisse pas jouir entièrement
de cet allègement,
(126 e)
L’esprit
peut avec liberté participer à la Sagesse
divine dans l’épanouissement ; dans la
Sagesse par sa pureté il goûte toutes
les saveurs de toutes choses, en un certain degré
d’excellence
(127).
|
| Glorieuse
magnificence |
Pour
arriver à l’inion `a la quelle l’achemine
et la dispose cette nuit obscure il convient que l’âme
soit remplie d’une certaine glorieuse magnificence,
pour entre en communication avec Dieu… Une fois
que l’âme s’est mise dans le vie
et la vraie pauvreté d’esprit, dépouillé
e du vieil homme , elle eut vivre cette nouvelle et
bienheureuse vie que lui donne la nuit obscure : ce
sera alors l’état d’union avec
Dieu
(128)
|
| Enfantement
de l'esprit |
| L'âme
endure toutes ces purifications de l'esprit pur être
engendrée à la vie de l'esprit par le
moyen de cette influence à la vie de l'esprit
par le moyen de cette influence divine : C’est
dans les douleurs qu'elle enfante l'esprit de salut
(129). |
| Nouvelle
paix |
| Il
faut que l’âme sacrifie complètement
sa première paix qui, étant enveloppé
d’imperfections, n’étais pas une
paix véritable, l’âme la croyait
ainsi parce qu’elle la trouvait à sont
goût, établie dans ses sens et dans son
esprit
(150i)
|
| Force
de l'amour |
Comme
l’âme, qui se sent si misérable
et si indigne de Dieu en ces ténèbres
de purification, a-t-elle une force si courageuse
et une telle hardiesse pour aspirer à l’Union
divine? La raison en est que l’amour lui donne
déjà des forces pour aimer en vérité
; or le propre de l’amour est de tendre à
l’Union, à la jonction, à la ressemblance
avec la chose aimée pour se perfectionner dans
le bien même de l’amour (131)
|
| Sécurité |
| Telle
est l’âme, plus elle progresse, plus aussi
elle pénètre dans le ténèbres,
sans savoir où elle va : Dieu est ici le Maître
et le guide de cet aveugle
(312g) |
| |
| 4-Crucifiante
nuit d'amour |
Elle
reçoit cette contemplation et cette connaissance
amoureuse dans l’étreinte et l’angoisse
d’amour (133).
L’âme
se purifiant en cette fournaise comme l’or dans
le creuset… ressent comme une grande destruction
dansa substance même et semble expirer dans
l’une extrême pauvreté (134
)
|
| Angoisse
d'amour |
Les
désirs ( de l’âme) ne cessent de
la torturer en tout temps et en tout lieu : elle ne
se repose en rien, sentant cette angoisse avec sa
blessure enflammée (
135 ).
|
| Choc
du divin et de l'humain |
| La
cause des souffrances et des peines que l’âme
endurci vient de ce que ces deux extrêmes, le
divin et l’humain, sont ici en présence.
Le divin est cette contemplation purifiante et l’humaine
est l’âme qui en est le sujet. Le divin
l’investi pour la perfectionner et la renouveler
afin de la rendre divine, la dépouillant de ses
attaches habituelles et des propriétés
du vieil hommes auxquelles elle était très
unie, collée est assimilée. Il brise et
obscurcit tellement la substance spirituelle en l’absorbant
en une profonde abyssale obscurité, que l’âme
se sent consommée et fondue à la vue de
ses misères en une cruelle mort d’esprit
(136). |
| Délaissement
et marasme |
(
Elle se sent ) privée de Dieu, punie et rejetée,
indigne de lui… Il lui semble que ce tourment
durera toujours. Elle se croit l’objet du même
abandon et du même mépris de la part de
toutes les créatures et surtout de la part de
ses amis… Elle ne voit rien, elle ne peut se mouvoir,
elle ne reçoit aucun aide ni d’en haut
ni d’en bas, tant que l’esprit humain ne
s’humilie, ne s’adoucisse, ne se purifie
et de deviennent si subtil et si simple qu’il
puisse ne faire plus qu’un avec l’Esprit
de Dieu, selon le degré d’union d’amour
que la miséricorde de Dieu voudra lui accorder.
La purification sera plus ou moins forte et plus ou
moins longue selon ce degré (137).
L’âme
ne recherche plus en aucune manière son plaisir
et sa consolation soit en Dieu soit dans une créature
quelconque ; elle ne désire rien (138).
|
| Lutte
proportionnée à l'amour |
| Cette
guerre et ce combat sont profonds parce que la paix
que l’âme possédera sera profonde.
La douleur spirituelle est intime et pénétrante,
parce que l’amour que l’âme doit posséder
sera aussi très intime et très pur
( 139 ) |
| Ténèbres
purifiantes |
L’âme
est éclairée tout de suite par la lumière
divine, mais elle ne voit tout d’abord avec
son concours que ce qui la touche de plus près,
ou mieux ce qui est en elle, c’est-à-dire
ses ténèbres et ses misères,
qu’elle découvre enfin par la miséricorde
de Dieu…Mais une fois qu’elle sera purifiée
par la connaissance et le sentiment des ses misères
son regard sera apte à contempler les bien
de cette divine lumière
(140).
Cette
obscure nuit du feu d’amour, tout en la purifiant
en obscurité, en flamme l’âme dans
les ténèbres…
Car
cette obscure contemplation verse dans l’âme
en même temps amour et sagesse, à chacun
selon sa capacité, illuminant l’âme
et la purifiant (141).
|
| Ténèbres
lumineuses |
Nos
faibles intelligences sont aveuglées par cette
immense clarté, éblouies, incapable de
s’élever à une telle lumière…
Dieu, dardant sur l’âme ce brillant rayon
de sa secrète sagesse, alors qu’elle n’ose
pas encore transformée, crée des ténèbres
dans son intelligence
(142).
Plus
cette divine lumière qui investi l’âme
est simple et pure, plus elle la plonge dans les ténèbres,
la vide et la dépouille des connaissances et
de ses affections particulières (143).
|
| |
Toutefois,
au milieu de ses peines d’obscurité et
d’amour l’âme sent en son intérieur
une certaine compagnie et une force qui l’accompagne
et l’animent. Aussi, quand elle est délivrée
parfois du poids de cette pénible ténèbre,
elle se sent seule, vide et faible. Cela est dû
que la force et l’énergie lui étaient
passivement infusées et communiquées par
le feu ténébreux
(144).
Cette
nuit obscure de contemplation absorbe et imbibe tellement
l’âme, la place si près de Dieu,
qu’elle est protégée et dégagée
de tout ce qui n’est pas Dieu (
145 ).
|
| |
| L’âme
est si embrasée d’amour qu,elle se porte
constamment vers Dieu avec le désir de souffrir
pour lui ; aussi, vient-il souvent, et d’une manière
très naturelle, la combler de joie, en visitant
l’esprit savoureusement et délicieusement
( 146), car l’immense amour du Verbe, le Christ,
ne peut voir souffrir tans de peines à son amante
sans venir la secourir
(147). |
| Embrasements
d'amour |
On
ne sent pas d’ordinaire au début cet embrassement
d’amour, car il n’a pu encore commencer
en raison de l’impureté de la nature ou
parce que l’âme ne le comprend pas…
ne lui donne pas un asile paisible en elle… Parfois
cependant… l’âme commence soudain
à sentir une angoisse de Dieu ; plus elle augmente
et plus l’âme se sent portée vers
Dieu et embrasée d’amour pour lui, sans
savoir ni comprendre d’où et comment lui
vient cet amour (148).
Cette
nuit obscure de contemplation se compose de lumière
divine et d’amour, comme le feu qui éclaire
et qui réchauffe… Parfois les deux facultés
( intelligence et volonté) sont touchées
en même temps… mais avant d’en arriver
là il est plus ordinaire de sentir l’attouchement
de l’embrassement dans la volonté plutôt
que dans l’intelligence… C’est là
l’œuvre du Seigneur qui verse comme il
lui plait ( 149).
C’est
une certaine touche de la divinité et déjà
un commencement de la parfaite union d’amour
ou elle tend. Voilà pourquoi on n’atteint
cette touche si élevée de connaissance
et d’amour qu’après avoir enduré
beaucoup de travaux et accomplie une grande partie
de la purification (139).
|
| Passion
d'amour |
Cet
embrasement et cette soif d’amour qui se passent
désormais maintenant dans l’esprit sont
très différentes de l’autre dont
nous avons parlé dans la nuit des sens. Sans
doute le sens prends aussi ici sa part, car il ne manque
de participer au travail de l’esprit, cependant
la source vivre de cette soif d’amour se sent
dans la partie supérieur de l’âme
(151).
Elle
éprouve en même temps un certain sentiment,
une certaine conjecture de la présence de Dieu,
sans pourtant comprendre rien de particulier…
L’esprit se sent alors profondément passionnée
d’amour, car cet embrasement spirituel produit
la passion d’amour (152).
Car
ce même feu d’amour qui plus tard viendra
s’unir à l’âme pur la glorifier,
est le même qui auparavant s’attaquait
à l’âme pour la purifier…
telle s’est l’opération du Saint-Esprit
par laquelle il dispose à l’union divine
et à la transformation d’amour en Dieu
(153).
|
| Impatiences
d'amour |
| Telle
est la nature des angoisses d’amour que l’âme
ressent quand elle est déjà avancée
dans cette purification de l’esprit… comme
la lionne et l’ourse courent à la recherche
de leurs petits qu’on a pris, et qu’elles
ne retrouvent pas, cette âme blessée court
après son Dieu. Car étant dans les ténèbres,
elle se sent séparée de lui et cependant
elle se meurt d’amour pour lui, tel est l’amour
impatient, il ne peut subsister longtemps : ou reçoit
ou il meurt (154) .
Lorsque je voulais saisir votre présence je ne
vous ai pas trouvé je me suis dégagée
de tous choses sans être attachée à
vous, travaillant et peinant dans l’air d’amour
sans l’appui de vous ni de moi… Cette douleur
et ce sentiment de l’absence de Dieu sont ordinaire
si grands en ceux qui s’approchent de la perfection,
au temps de ce diverses blessures (155),
qu’ils mourraient si Dieu n’y pourvoyait.
|
| Sublime
sentir de l'essence divine |
Ces
communications intimes et secrètes qui ont
lieu entre Dieu et l’âme, étant
faites par Dieu même, sont complètement
divines et souveraines ; elles sont toutes des attouchements
substantiels d’union divine entre Dieu et l’âme.
Comme il s’agit du plus haut degré d’oraison,
une seule d’entre elles communique à
l’âme pour de bien que tout le reste (157).
Se cette sorte l’âme devient peu à
peu toute spirituelle et dans le secret de la contemplation
unitive les passions et les tendances spirituelles
sont enfin apaisées à un haut degré
(158).
Ni l’âme ni son guide ne peuvent comprendre
d’où procèdent, ni pur quelques
bonnes oeuvres Dieu accorde ces faveurs, car elles
ne dépendent nullement des oeuvres que l’âme
accomplit ; ni des considérations qu’elle
fait, bien que cela soit de bonnes dispositions paru
les recevoir ; Dieu les donne à qui il veut,
comme il veut et pour le but qu’il veut…Le
plus souvent elles lui sont accordées quand
elle y pense le moins (159).
Parfois cette attouchement,… se font sentir
avec une telle acuité qu’ils font frémir
non seulement l’âme mais aussi le corps.
Quelques
fois l’action du Saint-Esprit rejaillit de l’âme
sur le corps et toute la partie sensitive en jouit,
comme aussi tous les membres, les os et les oreilles
avec un sentiment de grand délectation
160.
D’autres
fois ils se font sentir quand l’esprit se trouve
dans un calme profond ; il n’y a pas de tressaillement
mais un subit sentiment très élevé
d’allégresse et de rafraîchissement.
Ils ne sont pas toujours de même efficacité
et ne donner pas toujours les mêmes sentiments
(161).
Le repos et la quiétude de la demeure spirituelle
ne peuvent être gagnées par l’âme
d’une manière habituelle et parfaire,
autant que le permet la condition de cette vie, que
par le moyen de ces actes de touches substantielles
d’union divine… L’âme y est
purifiée, apaisée, fortifiée
et elle acquiert la stabilité, ce qui lui permet
de recevoir d’une manière durable cette
union qui est le mariage de l’âme avec
le Fils de Dieu (162).
|

6-La
fontaine scellée
|
| Sagesse
secrète qui se communique et s’infuse par
voie d’amour dans l’âme (163).
C’est pour cette liberté et ce saint repos
des enfants de Dieu que Dieu appelle l’âme
au désert (164).
Il
le remplira de paix, faisant couler sur elles comme
un fleuve de paix… Qu’elles ne se laissent
de prier et d’attendre dans le dénuement
et le vide, car leur bien ne tardera pas
(165 a). |
| Sagesse
secrète |
Cette
opération s’accomplit secrètement
à l’insu de l’activité naturelle
et de l’intelligences et des autres facultés
; elles sont toutes, en effet, incapables de l’acquérir
; le Saint-Esprit seul la verse et en orne l’âme
à son insu et sans qu’elle comprenne comment…
Elle resta toujours un secret inexprimable…
Tel est le langage de Dieu : étant très
intime à l’âme et spirituel, il
dépasse les sens et réduit au silence
toute l’harmonie et l’habilité
des sens extérieurs et inférieurs (166b,c,d)
Elle
s’appelle encore secrète parce qu’elle
a la propriété de cacher l’âme
en elle-même… elle absorbe parfois l’âme
à tel point, l’enfonce tellement dans
son abîme secret qu’elle se voit bien
éloignée et séparée de
toutes créatures. Il lui semble alors qu’on
la place dans un profond et vaste solitude où
ne peut avoir accès aucune créature
humaine ; c’est comme un immense désert
qui n’a aucune limite. Il est d’autant
plus remplie de charmes, de délices et d’attraits
qu’il est plus profond, plus vaste, plus solitaire
(d)
Elle est secrète et dépasse notre capacité
non seulement parce qu’elle est surnaturelle
mais encore parce qu’elle est la voie qui conduit
l’âme aux perfections de l’unions
avec Dieu ; or celles-ci n’était pas
connues humainement, il faut aller à elles
en en sachant rien humainement et en ignorant tout
divinement (167e,f )
Le communication qui sont vrai et de Dieu ont cette
propriété d’humilier l’âme
et de l’élever tous à la fois…
elle verra combien il y a des hauts de des bas dans
cette voie, et commet la postérité dont
elle jouit es bientôt suivie de quelque orage
ou d’épreuve… C’est là
le style et la manière d’agir de cet
état de contemplation ; il fait monter et descendre
et ne demeure jamais dans le même état
jusqu’à ce que l’âme soit
parvenue au repos (168).
|
| Sagesse
d'amour |
La
contemplation… est une science d’amour,
c’est -à-dire une connaissance infuse et
amoureuse de Dieu, en même temps elle éclaire
l’âme et l’enflamme d’amour
pour la faire monter de degré en degré
jusqu’à son créateur ; car l’amour
seul unit l’âme à Dieu et l’attache
à lui (169 g).
Plus
l’âme s’habituera à se laisser
apaiser, plus grandira en elle et plus elle sentira
cette connaissance générale et amoureuse
de Dieu; elle s’y plaira plus que tous les autres
choses, car elle lui apportera la paix, le repos,
une saveur et un plaisir sans effort (170b).
Dieu
seul agit et parle secrètement à l’âme
solitaire qui se tient en silence.
Quand
l’âme se sent mise ainsi dans le silence
et l’écoute, elle doit oublier même
l’acte d’attention amoureuse, afin de
demeurer libre pour ce que le Seigneur, afin de demeurer
libre pour ce que le Seigneur veut d’elle acculement.
Elle ne doit se servir de cette attention amoureuse
que lorsqu’elle ne se sent pas mettre dans la
solitude et l’oisiveté intérieurs,
dans l’oublie de tout en cet état d’écoute
de l’esprit. On doit savoir que cet état
produit dans l’âme un paisible repos et
un engloutissement intérieur (170
i. j. k )
Elle
la recevra dans une paix abondante et elle sera embrasée
et enflammée par l’Esprit d’amour
que cette contemplation infuse et secrète apporte
avec elle et qui s’attache à l’âme,
car la contemplation n’est autre chose qu’un
infusion de Dieu, secrète, paisible, amoureuse
que, sinon s’y dispose, enflamme l’âme
de l’ Esprit d’amour (171,
l).
Ce
que l’âme peut ressentir alors c’est
de se sentir étrangère à tout
et éloignée de tous choses, en un degré
plus ou moins grands suivant les moments ; elle se
sent portée vers la solitude et toutes les
créatures du monde, lui sont un ennui ; elle
éprouve une douce respiration d’amour
et une vie en l’esprit (172).
Ce
sont des onctions très secrètes du Saint-Esprit…
Avec quelle facilité l’âme pu les
perdre ! Il suffit du moindre acte qu’elle peut
faire par elle-même (173m).
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| Conduite
de ces âmes |
Tout
d’abord il convient grandement à l’âme
qui veut avancer dans le recueillement et la perfection
de bien considérer entre quelles mains elle
se remet, car tel est le maître tel sera le
| | |