+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome II-Partie-4-Chapitre 21
Note sur le plus haut degré de la vie mystique

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.
Tome II-Partie-4-Chapitre 21
Note sur le plus haut degré de la vie mystique
1° Le fond innomé de bime et la Déité

Voici comment Tauler (1) décrit ce degré chez les grands serviteurs de Dieu : « Cette paix du plus haut degré, c'est la paix essentielle dont il est écrit : « Quacre pacem et persequere eam » (Ps. xxxin, 13). Ils cherchent la paix et elle les suit. Cette paix. « la paix qui surpasse tout sentiment » (Phil., rv, 7), suit la conversion essentielle. Quand ce qu'il y a d'innommable et.de sans nom dans l'âme se tourne pleinement vers Dieu, tout ce qui a un nom dans l'homme suit ce fond innomé de Prime et se convertit pareillement. A cette conversion répond toujours ce qui est sans nom, ce qui est innomé en Dieu et aussi ce qui en Dieu a un nom; tout cela répond à la conversion. En un tel homme, Dieu proclame sa vraie paix. et l'homme alors peut bien dire : « Audiam quid loquet,' : je veux entendre ce (pie le Seigneur dit en niai; car il dit : Paix à son peuple et à ceux qui sont recueillis en leur coeur » (Ps. LXXXIV, q). Ce sont ces hommes que saint Denys appelle déiformes. C'est à ces hommes et à ces gens que saint Paul devait penser quand il dit : « Vous devez étre fondés dans la charité, afin que vous puissiez concevoir, avec tous les saints, quelle est la hauteur, la largeur, la profondeur et la longueur de Dieu n (Eph., In, 8).

« Ne croyez pas que j'aie la prétention d'être arrivé à cet état. Aucun maitre ne devrait, il est vrai, enseigner ce qu'il n'a pas lui-même expérimenté. il suffit cependant, en toute rigueur,qu'Il aime ce dont parle, qu'il te poursuive et n'y fasse pas.

« La nature, trop infirme pour supporter une telle vie, doit nécessairement se déchirer, en sorte que cet homme n'a plus un seul jour de bonne santé... Comme le dit saint Paul ! : La vertu se parfait dans l'infirmilé. » Alais cette infirmité ne vient pas des observances extérieures, clic vient de la surabondance du débordement de ta divinité inondant cet homme au point que son pauvre corps de limon ne le peut supporter. Car Dieu a tellement tiré cet homme en lui que l'homme devient ainsi « déicolore », si bien que Dieu fait lui-même les oeuvres de cet homme... C'est en de telles gens que Dieu trouve sa gloire»

« Quand ils s'enfoncent en cette mer sans fond, ils n'ont plus ni paroles ni pensées déterminées._ L'homme à ce moment s'abime si profondément dans son insondable néant qu'il ne relient absolument plus rien à soi... et renvoie tout ce qu'il a reçu à Dieu, auteur de tout bien.. Là l'esprit (de l'homme) s'est perdu dans l'esprit de Dieu... Et cependant cet homme devient un homme si profondément humain.,. si bon pour t ous, qu'on ne peut découvrir en lui aucun défaut... Il n'est pas à croire que de telles gens puissent jamais être séparés de Dieu. — Que ce soit là notre partage à tous! Qu'à cela Dieu nous aide! Ainsi soit-il. »

2- Le Saint-Esprit soulève rame et prie en elle

Tauler parle aussi, dans le Sermon pour le deuxième dimanche de carême (trad. }lugueny, t. 1, pp. zig ss ), de la poursuite de Dieu qui « provoque un cri d'appel d'une force immense..., c'est un soupir qui vient comme d'une profondeur sans fin. Cela dépasse de beaucoup la nature, et c'est le Saint-Esprit qui doit lui-même proférer en nous ce soupir, comme le dit saint Paul : Le Saint-Esprit prie pour nous avec d'inexprimables soupirs (Rom , vrrr, 26') ... Quand le pauvre homme, ainsi pourchassé, éprouve cette immense anxiété et crie vers Dieu avec d'inexprimables soupirs et avec un tel désir que son appel pénètre au plus haut des cieux, si Dieu se comporte alors comme s'il n'entendait absolument rien ou ne voulait rien savoir, ah! comme à ce moment, dans le fond, le désir doit se tendre et devenir plus empressé!... Alors l'âme, tout en s'abaissant et s'humiliant, doit prier avec confiance comme la Chananéenne : u Seigneur, il arrive cependant que les pelils chiens sonl nourris des nielles qui tombent de la lubie de leur maitre...

Ces chemins, et eux seuls, conduisent en vérité, et sans aucune station intermédiaire, jusqu'à Dieu ».

Nous lisons dans un manuscrit à ce sujet :

il y a dans ce cri d'appel d'une force immense, un acte d'amour de Dieu qui perce les nues, acte d'amour qui ne s'obtient pas par des élans impétueux. C'est Jésus qui passe et soulève l'âme dans un mouvement extrêmement calme, calme comme la paix de Dieu, mais qui part du plus profond du cœur, on vit l'amour, et va toucher Jésus dans les insondables profondeurs de l'éternité. Cet acte d'amour est absolument distinct de ceux les plus fervents que nous faisons nous-mêmes. Lorsque Jésus le forme en l'âme, élle s'en aperçoit parce que c'est un peu de sa vie qui monte ainsi vers Dieu. Ce n'est pas tant le Seigneur qui, par une touche divine, atteint les profondeurs de l'âme, mais plutôt l'âme qui, soulevée par Lui, s'élance rapidement vers Lui, comme par un mouvement d'ailes d'une suavité incomparable, par un acte d'amour que Dieu seul peut produire en elle (2).

« Ces actes d'amour sont toujours promptement suivis de croix, de grandes croix. Mals tout va bien » C'est la configuration progressive à Notre-Seigneur.

3° Détachement de soi et attachement à Dieu
Une âme qui parait approcher de cet état a écrit ces lignes qui rappellent les pages de 'fauter que nous venons de citer. « Je sens parfois à l'oraison cet arrachement de moi-même à moi-même qui emporte tout mon être en « Un autre », arrachement qui s'opère sans violence aucune, mais avec force et douceur, et avec le consentement suave et total de la volonté, c'est là ma part. Mais quelle est celle du Seigneur?... Au terme de ce mouvement, si je puis m'exprimer ainsi, car dans cette oraison ce mouvement est sans lin, mais enfin au terme de cet enlèvement j'ai senti comme si deux grands bras m'enlaçaient, c'était l'Abîme qui se refermait en m'engloutissant en sa profondeur infinie. Lorsqu'un navire coule à fond, les eaux de la nier s'entr'ouvrent pour le recevoir, puis silencieusement

se referment au-dessus de lui. C'est quelqiie chose de semblable...

« Tout mon être voudrait briser ses entraves et se précipiter en l'Autre. Bien. que souvent je ne fasse rien à l'oraison, il y a toujours, plus ou moins, ce secret et imperceptible mouvement qui voudrait m'entraîner là où je ne peux aller... Toutes les grâces, toutes les impulsions surnaturelles partent du tréfonds où Dieu agit et m'emportent littéralement en cet abîme infini; c'est Dieu en moi qui m'emporte en Lui hors de moi. Quelque­fois la grâce, je le sens, est inachevée, elle s'arrête au seuil d'une grâce d'union pleine... Si la grâce atteignait chaque fois son terme normal, ce serait l'étreinte de deux esprits dans un silence d'éternité, mais je reste au seuil.

« Lorsqu'une grâce de ce genre m'est donnée, mon intelligence et ma volonté agissantes sont averties par la substance de l'âme elle-même, comme par exemple quand il fait très froid, je sens le froid avant de penser qu'il fait froid cette expérience physique précède le jugement de l'esprit; de même l'expérience ressentie dans la substance de l'âme (évidemment, c'est au point de vue expérimental et mystique et non philosophique que je parle de la substance de l'âme) précède l'idée du don reçu. Inversement, si volontairement je me propose de toucher un objet que je sais très froid, la pensée du froid précède l'expérience du froid que physiquement je vais ressentir. De même, ma volonté et mon intelligence peuvent en un instant réveiller l'expérience inerte au fond de l'âme et qui n'attend qu'un choc pour se ranimer. Aux heures d'impuissance et de'vide, il m'arrive, en effet, d'intensifier mon oblation volontairement, et cet acte de loin en loin provoque comme un réveil. »

4° Divers sens du litre « épouse »

Au sujet de l'union transformante, il importe, croyons-nous après plusieurs remarques qui noirs ont été faites, de noter ce qui suit.

Des âmes très aimantes, fort éprouvées et grandement généreuses vivent très unies à Dieu dans le monde, et bienti'd leur directeur pourrait croire qu'elles sont entrées dans l'union transformante. Mais il pourrait y avoir en ce jugement une bien grande précipitation, car, avant d'atteindre le mariage spirituel, il faut que l'âme choisie devienne d'abord épouse, comme l'est une simple religieuse qui a fait profession après les épreuves et les générosités du noviciat.

Il peut y avoir une forte erreur d'interprétation si un directeur ou sa dirigée considèrent ce litre d'épouse, reçu parfois dans une parole intérieure, comme le titre de beaucoup supérieur d'épouse dans l'union transformante.

11 y a une bien grande différence entre les deux : épouse d'abord comme une religieuse qui a fait une bonne profession, puis épouse au sens où le furent sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse. Du reste, même en ce second sens, même confirruée en grâce, l'âme parfaite rie peut se croire au terme, car jusqu'à son dernier soupir elle restera sur la voie royale et le verra dans une lumière très consolante, en se rappelant la parole de saint Paul : « Ce n'est pas que j'aie déjà atteint la per- letton, mais je poursuis ma course » (Phil., ru, 12).

Une âme très aimée de Dieu est attirée, vient; se donne. Elle est très généreuse, tout aimante, pure, et ses croix deviennent pesantes. Après une parole intérieure, le Seigneur semble la choisir comme épouse, peut-elle se croire dans l'union transformante? N'est-ce pas d'abord simplement l'état normal d'une borine religieuse après ses voeux? Car cette élue a encore nombre de défauts, d'imperfections, qui paraissent incompatibles avec le mariage spirituel.

Niais le directeur peut, croire que cette âme y parviendra quand sa charité sera totalement vraie et sa vie toute imprégnée de Dieu.

On voit fort bien , par exemple dans la vie de la B" Gemma Galgani, ce que le Seigneur exigea d'elle avant de lui perettre de se dire épouse. Elle, qui était si vaillante, qui n'avait jammais rie refusé à la grâce, s'en plaignait quelquefois.

Une personne dans l'état de mariage, mais dégagée en partie de ce qui est devenu pour elle humiliante servitude, offrant de beaux sacrifices, très prise par Notre-Seigneur, pressée d'être à lui seul, a quelque tendance à se croire dans l'union transformante.

Nous pensons qu'elle est agréée comme épouse au titre d'une religieuse après sa profession perpétuelle, et que si le mariage mystique lui est accordé, ce ne sera que plus tard, car cette âme très belle est encore trop encombrée d'elle-même. Les rets mondains ne lui sont pas tous odieux. Sa charité n'est point ce qu'elle est dans une âme unie à Dieu par le mariage spirituel. Des épreuves plus profondes ne tarderont peut-être pas à le montrer.

Sans doute, l'union transformante est donnée à des degrés divers, mais le moindre requiert une charité parfaite pour Dieu et le prochain. Qui saura le dire sans avoir atteint là où il n'y a plus d'insuffisance, là où une nourriture inconnue est servie aux bien-aimés qui, comblés et affamés, poussent des gémissements ineffables?

5° Le désir de l'union transformante

L'âme généreuse, qui semble bien avoir traversé au moins en partie la nuit de l'esprit, peut-elle désirer et demander la grâce de l'union transformante?

Certes, cette grâce est le terme ici-bas des aspirations plus ou moins conscientes d'une telle âme; mais s'il s'agit de désir explicite, il convient de lui donner une expression plus objective et de désirer le règne, de plus en plus profond, de Dieu en nous et une configuration plus parfaite à Notre-Seigneur. De plus, il faut ici redire ce qu'a noté sainte Thérèse dans l'Épilogue du Cluileau intérieur : , A la vérité, vous ne pouvez par vos propres forces, si grandes qu'elles vous paraissent, pénétrer dans toutes les demeures : c'est au maitre du château de vous y introduire. Si donc vous rencontrez de sa part quelque résistance, je vous le conseille, n'essayez pas de passer outre. Vous le fâcheriez, si bien qu'il vous en fermerait l'entrée pour toujours. Il aime extrêmement l'humilité. Si vous vous croyez indignes de pénétrer même dans la troisième demeure, vous obtiendrez bien vite l'entrée de la cinquième. Vous pourrez même la fréquenter si assidûment et le servir st bien lui-même qu'il vous admettra dans celle qu'il s'est réservée... Une fois habituée aux agréments de ce château, les choses les plus pénibles vous deviendront douces dans l'espoir d'y revenir, et per­sonne ne peut vous empêcher de le faire.

Rappelons aussi ce que dit saint Jean de la Croix, dans Vine flamme, strophe 2, vers 5 : « O âmes qui rêvez de marcher tranquilles et consolées dans les voies spirituelles, si vous saviez combien il vous importe d'être éprouvées pour atteindre par la souffrance cette sécurité et cette consolation. » Il a écrit aussi dans le Cantique spirituel, strophe 35, alias 36, vers 5 : « Oh: si l'on comprenait à fond qu'il est impossible d'arriver à l'épaisseur ou profondeur de la sagesse et'des richesses de Dieu sans pénétrer en l'épaisseur de la souffrance de mille manières, l'âme y mettant sa joie et le souhaitant! Combien l'âme qui désire pour tout de bon la sagesse désire premièrement s'enfoncer pour tout de bon dans l'épaisseur de la Croix qui conduit à la vie... On dirait que beaucoup veulent se trouver au terme sans passer par la route qui y conduit. »

Dans la strophe suivante, saint Jean de la Croix dit : « Une des raisons qui poussent le plus cette dme à désirer entrer dans celle épaisseur de la sagesse de Dieu et à souffrir plus profondément en ces jugements, c'est qu'elle peut de ce chef arriver à l'union d'intelligence et à la connaissance des grands mystères de l'incarnation du Verbe, la plus sublime et savoureuse sagesse pour elle: on ne peut les connaltre clairement si l'on n'entre dans l'épaisseur de la susdite sagesse et de l'expérience des travaux (3). »

Bien sûr, ce but, prélude du ciel, est grandement désirable, encore faut-il vouloir passer par la voie royale qui y conduit. (Voir le texte du Cantique spirituel cité à la fin de cet appendice.)

L'intimité de celle union

Sur l'intimité de l'union transformante, il faut noter qu'elle est due à une grcice opérante absolument éminente. Saint Thomas dit déjà de la grâce opérante en général, par opposition à la grâce coopérante, que « son effet est attribué non pas à nous, mais à Dieu, car notre esprit ici ne se meut pas, mais est mûr par l'inspiration spéciale (4) »à laquelle pourtant il consent librement.

La volonté humaine subsiste encore sans doute, puisqu'elle subsistera même dans l'amour béatifique; elle n'est pas physiquement absorbée en Dieu, comme le diraient ici les panthéistes, mais ce qu'il faut dire, c'est ce qu'exprime si bien saint Jean de la Croix dans le Cantique spirituel, 2° rédaction, strophe 38, n. 3 : Là, la volonté de l'âme n'est pas perdue, mais elle est unie si fortement à la force de la volonté de Dieu qui l'aime, qu'elle aime avec la force et la perfection dont elle est aimée elle- même... Celle force, c'est l'Esprit-Saint, cl l'âme ici est transformée en lui. Il est donné à l'âme pour lui procurer celte force d'amour et il pourvoit et supplée à ce qui lui manque. » Item, 1" réd., str. 37.

L'égalité d'amour
C'est par là, comme l'explique bien le P. Gabriel de Sainte- Madeleine, (5) qu'on peut entendre que l'âme arrive à une certaine égalité d'amour avec Dieu, comme il est dit dans Vive Flamme, str. 3, n' 78-79 : « L'âme opère en Dieu et par Dieu ce qu'il opère en elle par lui-même et de la façon dont il le fait, les deux volontés ne sont qu'une, et l'opération de Dieu est une avec la sienne. Dès lors, puisque Dieu se donne à elle avec une libre et gratuite volonté, elle aussi, ayant une volonté d'autant plus libre et généreuse qu'elle est mieux unie à Dieu, donne à Dieu, Dieu lui-même, par Dieu, et c'est là le don véritable et parfait de l'âme à Dieu... Elle lui donne ainsi de tout coeur autant qu'elle reçoit de lui. Dans ce don qu'elle fait à Dieu, l'âme, de toute sa libre volonté, lui donne l'Esprit-Saint qui est sien, afin que, par lui, il s'aime comme il le mérite; et elle en éprouve une joie et une jouissance inestimables parce qu'elle voit qu'elle donne à Dieu une chose sienne qui est à la hauteur de l'être infini de Dieu. » C'est vraiment le prélude de la vie du ciel.
Conclusion

D'où la conclusion du Cantique spirituel, 1" réd., str. 38, n° 5 : « 0 âmes créées pour de telles grandeurs et appelées à les pos­séder, que faites-vous'1 de quoi vous occupez-vous? Vos prétentions ne sont que bassesse, vos possessions que misère! O triste aveuglement! Vos yeux n'y voient point, malgré tant de lumiè; et vousrester sourds quand des voix si puissantes se font erentendre! » re Cf. trad. de Dom Chevallier, str. 38, 1, t. —Item 2' réd. str. 39.

Comme le dit le P. Gabriel de Sainte-Madeleine, art. cit.,p. 278 : « Cet appel, adressé par le saint aux âmes en général, nous montre qu'il ne peut regarder comme « extraordinaires » les sublimités qu'il vient de nous décrire... Ce qui est l'éclosion du germe de vie surnaturelle qu'est en nous la grâce sanctifiante doit être préparé pour tous ceux qui sont dotés de celle- ci. »

RÉFÉRENCES
— (1 ) Deuxième Sermon pour le cinquième dimanche après la Trinité, trad. Hugueny, t. Il, pp. 221 SS.
— (2 ) Voilà bien une grâce opérante éminente, nettement distincte de la grâce coopérante, comme l'a noté saint Thomas (1° Il", q. 1, a . 2). Ainsi est exaucée la prière : « Prends-moi à moi, Seigneur, et donne moi tout à Toi»
— (3 ) Ce passage et le précédent sont à peu près les ruâmes dans les deux rédactions du Cantique spirituel, bien que la numérotation des strophes ne soit pas identique. La strophe qui porte le n• 35 dans l'une, porte le n' 36 dans l'autre. — Nous inclinons à penser, comme le P. Gabriel de Sainte-Madeleine (Angelicunt, 1937, fasc. 1-2, p. 264, note 1), que ces deux rédactions du Cantique spirituel sont l'oeuvre de saint Jean de la Croix. Dans la seconde, le saint ne nie rien de ce, qu'il a dit dans la première, mais sa pensée est plus précise, elle montre mieux que la plénitude atteinte par l'union transformante ici- bas n'est encore que relative, et il la compare davantage à celle de l'union du ciel. — Voir sur le désir de l'union transformante dans l'âme qui traverse la nuit de l'esprit, Cantique spirituel, .t• rédaction, strophe 37, n. 2 « L'dme désire donc entrer de fait dans ces cavernes du Christ pour s'absorbe•, se transformer et s'enivrer dans la sagessé de ces mys­tères et se cacher dans le coeur de son Bien-Aimé. Au Cantique des Cantiques. Il, 13, Il l'invite laimime « Surge arnica mea, speciosa mea et rani eolurnba inca in foraminibas pelrae, in caverna maceriae. » Ces fentes des rochers ce sont les cavernes dont nous parlons, et dont l'Épouse dit maintenant : « El tous deux nous y entrerons »... Et de fait Udine s'y trans- forme de la façon la plus intime et la plus complète en partageant l'Amour de Dieu »
— (4 ) I* q. iii,a. 2 : Operatio alictijus effectus non attribuitur rnobili, sed moventi. In Mo ergo & Tartu , in quo mens noslra est mota et non moyens, solus auteur Deus moyens, operatio Deo attribuitur; et secundurn hoc dicitur gratia operans. »
— (5 ) Art. cil., Angelieum, 1937, p. 275.
Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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