+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome II-Partie-4-Chapitre 15
La vie apostolique parfaite et la contemplation

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.
Tome II-Partie-4-Chapitre 15
La vie apostolique parfaite et la contemplation
« Er plemludtne conlempluttonis dert vatur docirina el praedicaito. » (S Thomas. II' Il—, q. 188. a 6.)

Il ne convient pas de traiter de l'union intime de l'âme purifiée avec Dieu sans parler des fruits qui en résultent dans la vie apostolique parfaite. Celle-ci diffère de la vie purement contemplative du Chartreux, par exemple, et de la vie active des Ordres hospitaliers, en ce sens qu'elle unit la contemplation et l'action apostolique qui consiste dans l'enseignement de la doctrine sacrée, la prédication et la direction des âmes.

On s'explique ainsi que, dans l'Église, les Ordres voués à la vie apostolique, comme ceux de saint Dominique, de saint François, des Carmes, etc., unissent les observances monastiques, comme l'abstinence, les jeûnes, le lever de nuit, l'étude approfondie de la philosophie et de la thé­logie, la prière liturgique intégrale, c'est-à-dire l'office divin psalmodié au choeur, et enfin l'apostolat par l'enseignement oral ou écrit et la prédication. Si l'un de ces éléments vient à prévaloir au détriment des autres, l'harmonie de cette vie apostolique est compromise. On s'arrête soit à la lettre des observances, soit à une étude sans vie, soit à une prédication superficielle qui ne peut être féconde. Il faut, dans cette grande diversité de fonctions, conserver leur équilibre, leur unité, qui constitue l'esprit même de cette vie. Autrement elle se matérialise et s'extériorise. Le Bx Henri Suso reçut à ce sujet une vision qui lui montra que, dans un Ordre de vie apostolique, ceux qui s'attachent presque exclusivement aux observances extérieures et ceux qui se livrent à l'étude sans esprit de prière, sans amour généreux de Dieu et des âmes, ne sont pas plus avancés les uns que les autres, parce qu'ils ne tendent pas à la configuration au Christ, parce qu'ils ne vivent pas de Lui et ne peuvent le donner aux autres (1). u Leurs yeux ne se sont pas encore ouverts », dit le B' Henri Suso; ils n'ont pas le sens de la vie intérieure et ne comprennent pas le prix de la croix, sans laquelle l'apôtre ne peut travailler au salut des âmes.

La source éminente de l'apostolat

Cette vie apostolique doit se rapprocher le plus possible de celle de Notre-Seigneur et des apôtres saints Pierre et Paul, de celle d'un saint Jean l'Évangéliste. Les Pères de l'Église, pasteurs de leur diocèse, l'ont vécue, de même les grands théologiens, des apôtres comme saint Bernard, saint Dominique, les grands missionnaires comme saint François Xavier. Ils furent tous des prêtres de pensée profonde, de prière, de vrais contemplatifs, qui donnaient aux âmes pour les sauver leur vivante contemplation de Dieu et du Christ.

Un exemple frappant de la prédication, qui, selon l'expression de saint Thomas, « dérive de la plénitude de la contemplation », se trouve dans les sermons de saint Pierre le jour de la Pentecôte, lorsque, éclairé et fortifié par le Saint-Esprit, il dit aux Juifs (Actes des Ap., ii, 23) : « Jésus de Nazareth... vous ayant été livré selon le dessein immuable et la prescience de Dieu, vous l'avez attaché à la croix et mis à mort par la main des impies. Dieu l'a ressuscité. » — (Act. Ap., Ili , 15; iv, 11) : « Vous avez fait mourir l'Auteur de la vie, que Dieu a ressuscité des morts, nous en sommes témoins... Ce Jésus est la pierre rejetée par vous de l'édifice, et qui est devenue la pierre.angulaire. Et le salut n'est en aucun autre. »

La prédication, qui dérive de la plénitude de la contemplation, déborde dans les Épîtres de saint Paul, par exemple en ces paroles de celle aux Éphésiens, Ill, ILI : « Je fléchis le genou devant le Père, de qui tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu'il vous donne, selon les trésors de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit, en vue de l'homme intérieur, et que le Christ habite dans vos coeurs par la foi, de sorte que, étant enracinés et fondés dans la charité, vous deveniez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur, même de connaître l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » C'est vraiment la parole de feu sous l'inspiration divine.

Les yeux qui s'ouvrent aux choses divines sont ceux de la contemplation aimante et pénétrante des mystères révélés, contemplation supérieure aux pratiques extérieures de pénitence, supérieure aussi à la simple étude; c'est celle qui doit être, avec l'amour profond de Dieu et du prochain, l'âme de l'apostolat.

Comme Jésus-Christ et les Douze, l'apôtre doit être un contemplatif qui livre aux autres sa contemplation pour sanctifier et les sauver. La fin spéciale de la vie apostolique se trouve exprimée en ces paroles de saint Thomas : « Contemplari et contemplata aliis tradere (2). »

Mais comment faut-il entendre ces rapports de la contemplation et de l'action dans la vie apostolique?

Pour que cette vie d'apostolat garde son unité, la contemplation et l'action ne peuvent être en elle ex acquc, sur le pied de l'égalité. Elles doivent être subordonnée:, sans quoi elles se nuiraient l'une à l'autre, et finalement il faudrait choisir entre l'une ou l'autre.

Mais comment entendre cette subordination?

Quelques-uns, sans bien s'en rendre compte, diminuent l'enseignement traditionnel en disant : la vie apostolique a pour lin principale et première l'action apostolique, mais elle tend aussi vers une certaine contemplation comme moyen nécessaire en vue de l'action.

Est-ce que vraiment les saints apôtres et les grands misssionnaires comme un saint François Xavier ont con­sidéré la contemplation aimante des mystères de la foi comme un simple moyen subordonné à l'action; est-ce que le saint Curé d'Ars considérait ainsi la prière, l'orai­son, la célébration de la sainte messe? N'est-ce pas là diminuer l'importance de l'union à Dieu, source de tout apostolat? En suivant cette manière de voir, qui est rarement formulée de façon explicite, on arriverait à dire que l'amour du prochain est supérieur à l'amour de Dieu; ce serait une hérésie qui renverserait l'ordre même de la charité.

Saint Thomas et ses disciples disent de façon plus élevée, plus traditionnelle et plus féconde : la contemplation des choses divines et l'union à Dieu qu'elle implique ne sauraient être conçues comme un moyen subordonné à l'action, car elles lui sont supérieures. Il est de toute évidence qu'il n'y a rien de plus élevé ici-bas que l'union à Dieu par la contemplation et l'amour (3), et par suite l'action apostolique n'a de valeur profonde qu'en tant qu'elle dérive de cette source, qui, loin d'être un moyen subordonné, est une cause éminente,

Bien plus, c'est l'action apostolique qui est elle-même un moyen subordonné à l'union à Dieu à laquelle l'apôtre veut conduire les,âmes, comme il y a été conduit lui-même. Aussi faut dire que la vie apostolique tend principalement à la contemplation qui fructifie en apostolat. Comme le dit admirablement saint Thomas, « la prédication de la parole divine doit dériver de la plénitude de la contemplation » (IP II", y. 188, a . 6). Ainsi l'ont expliqué ses meilleurs commentateurs, parmi lesquels on peut citer ici les Carmes de Salamanque (4) et le dominicain Passerini (5).

Saint Thomas ajoute que Jésus-Christ ne s'est pas contenté de la vie purement contemplative, mais il a choisi celle qui suppose l'abondance de la contemplation et qui descend en faire part aux hommes par la prédication (6).

Il y a même, disent plusieurs thomistes, entre la contemplation et l'action un rapport semblable à celui qui existe entre l'Incarnation et la Rédemption. L'Incarnation ou l'union hypostatique de la nature humaine du Christ à la personne incréée du Verbe n'est pas ordonnée à notre rédemption comme un moyen inférieur à une fin supérieure, mais comme une cause éminente, à un effet inférieur. « Le Christ, dit saint Thomas (7), est plus aimé de Dieu que tout le genre humain, que toutes les créatures ensemble... Il ne perd rien de son excellence, du 'fait que Dieu l'a livré à la mort pour notre salut; bien au contraire, il est devenu ainsi le glorieux vainqueur du péché et de la mort. »

En écrivant ces lignes, saint Thomas montre que sa doctrine dérive de la contemplation de la grandeur du mystère du Christ.

Dieu, de toute éternité; a voulu l'Incarnation, non pas comme subordonnée à la Rédemption, mais comme fructifiant en rédemption. De même il a voulu, dans la vie apostolique, la contemplation et l'union à Dieu, non pas comme subordonnées à l'action, mais comme fructifiant en apostolat.

Pourquoi l'apostolat doit-il dériver de la contemplation des mystères du salut? Est-ce là une nécessité? — Oui, pour que la prédication de l'Évangile et la direction des âmes soit lumineuse, vivante, simple, pénétrante, avec l'onction qui attire les coeurs et la conviction profonde qui les entraîne. Saint Thomas dit : « Celui qui porte aux autres la parole de Dieu doit les instruire, attirer leur coeur vers Dieu et mouvoir leur volonté à l'accomplissement de la loi divine » q. 177, a . 1).

Il doit en être ainsi pour que la prédication donne non seulement la lettre, mais l'esprit de la parole de Dieu, des mystères surnaturels, des préceptes, des conseils. Il ne s'agit pas ici de lyrisme romantique, mais dut souffle de vérité divine qui vient d'un grand esprit de foi et de l'a­mour ardent de Dieu et des âmes.

Pour bien comprendre ce que doit être la prédication de l'Évangile, il faut se rappeler que la Loi nouvelle n'est que secondairement une loi écrite ; elle est tout d'abord et principalement une loi infuse dans les âmes, « la grâce du Saint-Esprit (8) »; c'est pour nous faire vivre de cette grâce qu'il a fallu nous instruire par la parole extérieure et l'écriture sur les mystères à croire et les préceptes à observer.

La prédication de l'Évangile doit être esprit et vie; et il faut que l'apôtre, pour ne pas se décourager au milieu de tous les obstacles qu'il rencontre, ait « la faim et la soif de la justice de Dieu », il faut qu'il ait le don de force pour persévérer jusqu'à la fin et entraîner avec lui les âmes.

Cette faim et cette soif de la justice de Dieu grandissent dans la prière liturgique, l'oraison. Mais c'est surtout la célébration du saint sacrifice de la messe, par l'union à Dieu qui s'y trouve, qui est le sommet d'où doit descendre comme un fleuve la prédication vivante de la parole divine.

Normalement le prêtre, pour être « alter Christus », devrait arriver à la contemplation surnaturelle du sacrifice de la croix perpétué en substance sur l'autel. Cette contemplation devrait être l'âme même de l'apostolat. Elle est manifestement vis-à-vis de lui, non pas comme un moyen subordonné, mais comme une cause éminente, semblable aux sources toujours fécondes d'où descendent les grands fleuves. Bref, pour porter les autres à Dieu, il faut lui être intimement uni.

Condition et fécondité de l'apostolat

Les fruits de cet apostolat doivent être la conversion des infidèles, celle des pécheurs, l'avancement des bons, d'une façon générale : le salut des âmes. Or, il faut se rappeler que Notre-Seigneur, pour sauver les âmes, ne s'est pas contenté de leur prêcher la vérité, mais par amour il est mort pour elles sur la croix. De mémo les apôtres ne peuvent sauter les âmes par la prédication sans souffrir pour elles

Saint Paul nous le montre lorsqu'il écrit (II Cor., iv, 8).: « Nous sommes opprimés de toute manière, mais non écrasés; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non délaissés,; abattus, mais non perdus; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit manifestée en nous. » Jésus, en promettant le centuple à ceux qui le suivent, leur a annoncé cette persécution (Marc, x, 30).

Le Seigneur rappelle cette vérité à sainte Catherine de Sienne, comme on le voit dans son Dialogue, ch. CLV Ø ll :

Regarde la barque de ton père Dominique, mon fils bien-aimé, et vois avec quel ordre parfait tout y est disposé. Il a voulu que ses frères n'eussent point d'autre pensée que mon honneur et le salut des âmes, par la lumière de la science. C'est cette lumière dont il a voulu faire l'objet principal de son ordre... A quelle table a-t-il invité ses fils pour se nourrir de cette lumière de la science? A la table de la croix. La croix est la table où vient s'asseoir le saint désir pour se nourrir des âmes, pour mon honneur à moi. »

Parmi les spirituels de la Compagnie de Jésus, le P. Iallemant dit de même, dans La Doctrine spirituelle :

(IP p., sect. I, ch. nt, a. 4 : l'amour des croix) : « Comme Notre-Seigneur n'a fait la rédemption du monde que par sa croix... ; de même les ouvriers évangéliques ne font l'application de la grâce de la rédemption que par leurs croix et par les persécutions qu'ils souffrent. De sorte qu'on ne doit pas espérer grand prix de leurs emplois s'ils ne sont accompagnés de traverses, de calomnies, d'injures et de souffrances.

« Quelques-uns croient faire des merveilles parce qu'ils ont des sermons fort bien composés, prononcés avec grâce, qu'ils ont la vogue et sont bien venus partout. Ils se trompent; les moyens sur quoi ils s'appuient ne sont pas ceux dont Dieu se sert pour faire de grandes choses. Il faut des croix pour procurer le salut du monde. C'est par la voie des croix que Dieu mène ceux qu'il emploie à sauver les âmes, les apôtres et les hommes apostoliques, un saint Xavier, un saint Ignace, un saint Vincent Ferrier, un saint Dominique.— Jésus nous a choisi nos croix et nous les présente comme la matière des couronnes qu'il nous prépare et comme une épreuve de notre vertu et de notre fidélité à son service. » Le B' Grignion de Montfort parle de même dans sa Lettre aux amis de la croix, et dans L'Amour de la divine sagesse, I'. p., ch. VI.

La fécondité merveilleuse de l'apostolat des saints apparaît en particulier dans les missions. En Asie et dans l'archipel indien, saint François Xavier convertit des milliers de païens, de même saint Pierre Claver. Saint Louis Bertrand fut le saint François Xavier de la Nouvelle Grenade, il amena à la foi chrétienne, au milieu de périls incessants, plus de 150.000 âmes. En diverses régions, combien de missionnaires furent cruellement martyrisés, et leur sang devint une semence de chrétiens. La vie de l'Église, comme celle de son divin fondateur, est une vie qui est passée par la mort et qui se conserve ainsi toujours jeune et d'une inépuisable fécondité.

Il résulte de là que l'apostolat fécond doit dériver de l'union intime avec Dieu et de la contemplation des choses divines; saint Thomas dit même « de la plénitude de la contemplation », quoique son langage soit toujours si sobre.

On a ici une nouvelle confirmation de cette doctrine que la contemplation, qui procède de la foi vive éclairée par les dons, est dans la voie normale de la sainteté, surtout pour le prêtre qui doit diriger les âmes, les éclairer et les conduire à la perfection (9).

RÉFÉRENCES
— (1)  Le Livre de la Sagesse éternelle, IIP partie, ch. y. Cf. Œuvres mysti­ques du B' Henri S1160, trad. du P. G. Thiriot, 1899, t. Il, p. 233 sq.
— (2 )  11' II", q. 188, a . G.
— (3) P II", q 182, a . i : « Vita contemplativa est simpliciler rnelior quant activa. » — Item, a. 4 : Secundum suam naturam... vita conternplativa est prior quam activa, in quantum prioribus et melioribus insistit, unde et activam vitam movet et dirigit. »
— (4) Cursus Ineologieus, tr. XX, De statu religioso, disp. Il, dut). III.« ',lois proximus vitae mixtae est contemplalio ut derivatur ad actionem circa proximum. »
— (5) De Ilominum statibus, in IP' II", q. 188, a . 6 : « Rcligio mixta respicit principaliter contempiationem ut fructificantem ad extra ad animarum salutem. »
— (6) IIP, q.4o, a. 1, ad am; a. 2, ad 3'.
— (7) P, q. 20, a . 4, ad 1.
— (8) Cf. Saint Thomas, l' 11", q. loti, a. 1.

— (9),cr. CARDINAL MERCIER, arch. de Malines, La vie intérieure, appel aux âmes sacerdotales, 1919, pp. 237 ss. L'âme fidèle expérimente l'intimité divine. Pourquoi il y a relativement peu d'àmes qui goillent celle union. Notre responsabilité à cet égard. Qu'est la vocation apostolique? — pp. 24/1-296 : Dévouement du pasteur à son troupeau : charité universelle, charité magnanime, charité opérante; — pp. 29G-3,5 : Culte et prédication du mystère chrétien, substance de revangile. Ce , n rysère fait-il l'objet préféré de nos oraisons? La déchéance des croyances religieuses et l'insuffisance de l'enseignement dogmatique. Que voire vie soit une vie d'oraison! Ibidem, pp 443-47o.

Voir aussi J MARITAIN, Action et contemplation dans Revue Thomiste, mai-juin, 1937, pp. 18-51.

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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