Tome II-Partie-4-Chapitre 8
L'héroicité des vertus en général
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vertus, qui est requise par l'Église pour la béatification des serviteurs de Dieu (1). Cette héroïcité commence déjà dans la voie illuminative, qui débute par la purification passive des sens, où il y a des actes héroïques de chasteté et de patience; à plus forte raison existe-t-elle dans la purification passive de l'esprit, qui introduit dans la voie unitive; il y a en cette épreuve, nous l'avons vu, pour résister aux tentations contre la foi et l'espérance, des actes héroïques des vertus théologales. Mais cette héroïcité se manifeste plus encore au sortir de cette épreuve dans la vie unitive des parfaits. Nous avons même noté plus haut que si ces deux nuits des sens et de l'esprit sont comme deux tunnels dont l'obscurité est assez déconcertante, lorsqu'on voit une âme sortir du premier tunnel et plus encore du second avec l'héroïcité des vertus assez manifeste, c'est un signe qu'elle a bien traversé ces passages obscurs, qu'elle. n'a pas déraillé, ou que, si elle y a commis (les fautes, comme l'apôtre Pierre pendant la Passion du Sauveur, elle a été relevée par la grâce divine et conduite à une plus grande humilité, à une plus grande défiance d'elle-même et à une plus ferme confiance en Dieu.
Nous parlerons d'abord des caractères de la vertu héroïque, puis de la connexion des vertus par rapport à leur héroïcité. Dans les chapitres suivants, nous traiterons de l'héroïcité des vertus théologales et des vertus morales chez les parfaits.
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Les caractères de la vertu héroïque |
Saint Thomas dit à ce sujet dans son Commentaire sur saint Matthieu, v, lect. 1, à propos des béatitudes évangéliques qui sont les actes les plus parfaits des vertus infuses et des dons : « La vertu commune perfectionne l'homme d'une façon humaine, la vertu héroïque lui donne une perfection surhumaine. Lorsque celui qui est courageux craint là où il faut craindre, c'est vertu; s'il ne craignait pas en de telles circonstances, ce serait de la témérité. Mais s'il ne craint plus rien, parce qu'il s'appuie sur le secours de Dieu, alors c'est une vertu surhumaine ou divine. » C'est bien de ces vertus héroïques qu'il est parlé dans les béatitudes évangéliques : « Heureux les pauvres en esprit, les doux, ceux qui pleurent leurs péchés, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, ceux qui ont le coeur pur, les pacifiques, ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. heureux serez-vous lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera-, et qu'on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. »
La vraie notion chrétienne de la vertu héroïque se trouve en ces paroles du Sauveur et dans le commentaire que nous en ont donné les Pères de l'Église, en particulier saint Augustin : De sermone Domini in moule, 1. I, ch. iv. Saint Thomas nous explique cette notion traditionnelle dans la I" II", q. 61, a . 5, là où il distingue les vertus politiques, les vertus purificatrices (purgaloriae) et celles de l'âme purifiée; puis, q. 69, là où il traite des béatitudes.
Dans le premier de ces deux endroits, au-dessus des vertus acquises du bon citoyen (virlutes polilicae), il décrit ainsi les vertus infuses purificatrices (virlules purgatoriae). u Ce sont celles de ceux qui tendent à ressembler à Dieu; la prudence alors méprise les choses du monde pour leur préférer la contemplation des choses divines, et elle dirige toutes les pensées de l'âme vers Dieu; la tempérance abandonne autant que la nature le supporte, ce qu'exige le corps; la force empêche l'âme de s'effrayer devant la mort et devant l'inconnu des choses supérieures. La justice enfin porte à entrer pleinement dans cette voie toute divine. »
A un degré supérieur, ces mêmes vertus infuses sont appelées vertus de l'âme pleinement purifiée, virlutes jam purgali animi, ce sont celles des grands saints ici-bas et des bienheureux au ciel. « Alors la prudence a comme l'intuition des choses divines (règles de notre conduite); la tempérance ignore les cupidités terrestres (après les avoir souvent vaincues); la force fait oublier toute crainte (comme chez les martyrs); la justice nous associe à Dieu par une alliance qui doit toujours durer. » (Ibidem.) En traitant des béatitudes, saint Thomas (2) nous dit qu'elles sont comme actes méritoires les actes les plus élevés des vertus infuses et des dons, et que leur récompense est ici-bas le prélude de la vie éternelle (aliqua inchoalio bealiludinis). Il distingue celles de la tuile du péché, qui s'attache aux richesses, au plaisir, à la puissance terrestre; celles de la vie active (soif de justice et miséricorde) et celles de la vie contemplative (pureté du coeur, paix rayonnante); la plus haute contient toutes les précédentes au milieu même de la persécution.
Cet enseignement traditionnel sur les caractères de la vertu héroïque est résumé par Benoît XIV (3) lorsqu'il dit : Quatre choses sont requises pour la vertu héroïque éprouvée ou manifeste :
1° la matière ou l'objet doit être difficile, au-dessus des forces communes des hommes;
2° les actes doivent être accomplis prompte n'eut, facilement;
3° avec une sainte joie; assez fréquemment, lorsque l'occasion s'en présente.
Le degré héroïque de la vertu est donc supérieur à la manière commune d'agir des âmes même vertueuses. Il se remarque lorsqu'on pratique tous ses devoirs avec aisance et spontanéité, même dans les circonstances particulièrement difficiles.
Les différents caractères indiqués par Benoît XIV doivent bien s'entendre par rapport au sujet qui pratique la vertu héroïque; c'est ainsi que ce qui est difficile pour un enfant de dix ans est ce qui est au-dessus des forces communes des enfants de son âge; de même ce qui est difficile pour un vieillard diffère dans une mesure de ce qui l'est pour un homme dans la force de l'âge.
Pour le second caractère de promptitude et de facilité, il s'entend surtout de la partie supérieure de l'âme; il n'exclut la difficulté dans la partie moins élevée, comme le montre le mystère de Gethsémani; et pour que Photocauste soit parfait, il est clair qu'il doit y avoir souffrance et grande difficulté à vaincre; mais elle est surmontée promptement par la charité héroïque.
De même la sainte joie, qui est le troisième caractère, est celle du sacrifice à accomplir, et elle n'exclut pas la douleur et la tristesse; il y a même parfois l'accablement, qui est saintement offert à Dieu. La joie de souffrir pour Notre-Seigneur augmente même avec la souffrance, et c'est pourquoi elle est le signe d'une très grande grâce.
Le quatrième caractère de fréquence dans l'accomplissement de tels actes, lorsque l'occasion le demande, confirme grandement les précédents et montre la vertu héroïque véritablement éprouvée.
L'héroïcité de la vertu est surtout évidente dans le martyre supporté avec foi par amour de Dieu. Mais, en dehors du martyre, elle est souvent manifeste, et parfois de façon éclatante. Il en fut ainsi surtout dans la vie de Jésus, dès avant sa Passion, comme le montrent son humilité, sa douceur, son abnégation, sa magnanimité et plus encore son immense charité pour tous, la charité du pasteur suprême des âmes, qui s'apprête à donner sa vie pour elles.
Un exemple d'héroïcité en dehors du martyre se trouve fréquemment chez les saints, dans le pardon des injures, dans leur admirable charité à l'égard de ceux qui les persécutent. Un jour, par exemple, un homme au coeur haineux voyant passer saint Benoît-Joseph Labre, lui lance violemment un cailloux aigu, il atteint le serviteur de Dieu à la cheville, le sang jaillit; et aussitôt le saint se baisse, ramasse le cailloux, le baise, en priant sans doute pour celui qui le lui avait lancé et met ce cailloux sur le bord du chemin pour qu'il ne blesse personne. Autre exemple, Henri-Marie Boudon, archidiacre d'Evreux, conseiller de son évêque et de plusieurs autres évêques de France, auteur d'excellents livres spirituels, reçut un jour, à la suite d'une lettre calomnieuse adressée au pasteur de son diocèse, la défense de célébrer la messe et de confesser; il se précipita aussitôt au pied de son crucifix pour le remercier de cette gràce, dont il se jugeait indigne. C'est la promptitude parfaite dans l'acceptation de la croix.
On pourrait multiplier de tels exemples à l'infini. Saint Louis Bertrand, au milieu de grands dangers, reste calme, et lorsqu'il s'aperçoit qu'il vient de boire un breuvage empoisonné qui lui a été offert, il demeure en paix et se confie à Dieu. Au milieu de très vives douleurs, il ne se lamente pas, mais il dit à Dieu : « Domine, hic tire, hic seca, ut in wlern um parcas : Seigneur, maintenant, brûle et coupe, pour épargner dans l'éternité. »
Il faut noter que dans la vertu héroïque le juste milieu est beaucoup plus élevé que dans la vertu ordinaire. Déjà, au fur et à mesure que la vertu acquise de force grandit, sans dévier ni à droite ni à gauche vers les vices opposés, son juste milieu s'élève. Au-dessus se trouve le juste milieu de la vertu infuse de force, qui s'élève progressivement lui-même. Enfin vient la mesure supérieure du don de force, dictée par le Saint-Esprit. Or la vertu héroïque s'exerce conjointement avec le don correspondant, et, comme elle est mise ainsi au service de la charité, on retrouve en elle quelque chose de l'élan de cette vertu théologale.
De plus, comme les actes du don dépendent de l'inspiration du Saint-Esprit, le héros chrétien reste très humble comme un enfant de Dieu qui regarde toujours vers son Père; et il diffère notablement en cela du héros qui a conscience de sa force personnelle, comme le héros stoïcien, et qui vise à de grandes choses où s'exalte sa personnalité, plutôt qu'à laisser le Seigneur régner profondément en lui.
Ce qui domine les caractères de la vertu héroïque,c'est qu'elle s'accompagne de la charité à l'égard de ceux qui font souffrir et de la prière pour eux. Cela nous amène à parler de la connexion des vertus à ce point de vue supérieur.
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La connexion des vertus et l'héroïcilé |
Pour mieux discerner la vertu héroïque, qui vient d'un grand secours de Dieu, de certaines apparences trompeuses, en outre des quatre caractères déjà indiqués, il faut considérer la connexion des vertus dans la prudence et la charité. La prudence, aurifia virtulum, dirige les vertus morales pour faire descendre dans notre sensibilité et notre volonté la lumière de la droite raison et celle de la foi. Nous avons vu plus haut qu'en cela la prudence acquise est au service de l'infuse. Quant à la charité, elle ordonne les actes de toutes les autres vertus à Dieu aimé par-dessus tout, et elle les rend méritoires. C'est pourquoi toutes les vertus, étant connexes dans la prudence et la charité, grandissent ensemble, dit saint Thomas , comme les cinq doigts de la main, comme les diverses parties d'un même organisme (4). Or ce point de doctrine est capital pour discerner les vertus héroïques, car il y a une difficulté très spéciale à pratiquer, surtout en même temps, les vertus en apparence contraires, comme la force et la douceur, la simplicité et la prudence, la véracité parfaite et la discrétion qui sait garder un secret.
Cette difficulté de pratiquer simultanément des vertus si différentes provient de ce que chacun de nous est déterminé par son tempérament dans un sens plutôt que dans un autre. Celui qui est naturellement incliné à la douceur ne l'est guère à la force; celui qui est naturellement simple pousse parfois la simplicité jusqu'à la naïveté et manque de prudence; celui qui est très franc ne sait comment répondre à une question indiscrète relative à ce qu'il doit taire; celui qui est porté à la miséricorde manquera parfois de la fermeté qu'exige la justice ou la défense de la vérité. Le tempérament de chacun est déterminé dans un sens; « natura determinatur ad unum », disaient les anciens. Et les uns et les autres doivent s'élever vers le sommet de la perfection par des versants opposés; les doux doivent apprendre à devenir forts et les forts à devenir doux. Ainsi les vertus acquises et infuses doivent venir compléter les heureuses inclinations naturelles et combattre les nombreux défauts qui entachent une physionomie morale. Pensons que si nous comptons toutes les vertus annexes aux vertus théologales et morales, il y en a une quarantaine à pratiquer, et chacune se trouve entre deux défauts contraires à éviter, comme la force entre la lâcheté et la témérité. Il faut savoir toucher le clavier des vertus sans faire de fausses notes, sans confondre la douceur avec la pusillanimité, et la magnanimité avec l'orgueil.
On voit dès lors l'importance de la connexion des vertus et la difficulté qu'il y a à les pratiquer toutes en même temps, ou presque en même temps, pour que l'équilibre ou l'harmonie de la vie morale soit conservé, fortiter et suaviter
IL suit aussi de là qu'une vertu n'existe au degré héroïque que si les autres existent à un degré proportionné, au moins in prparalione animi, c'est-à-dire de façon à les pratiquer, si l'occasion le demande. Ainsi plus profonde est la racine de l'arbre, plus élevée est la plus haute de ses branches (5).
Il faudra dès lors avoir une grande charité, un grand amour de Dieu et du prochain et aussi une grande prudence, aidée du don de conseil, pour avoir en même temps à un degré élevé la force et la mansuétude, le parfait amour de la vérité et de la justice avec une grande miséricorde pour les égarés. Dieu seul, qui réunit en lui toutes les perfections, peut donner à ses serviteurs de les réunir aussi dans la conduite de la vie.
C'est pourquoi saint Paul énonce cette connexion en disant (I Cor., mu, 4) de la charité répandue dans nos coeurs par le Saint-Esprit : « La charité est patiente, elle est bonne; la charité n'est pas envieuse, elle n'est pas inconsidérée, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle ne fait rien d'inconvenant, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne tient pas compte du mal; elle ne prend pas plaisir à l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. »
Aussi Benoît XIV (6) dit-il : « L'héroïcité proprement dite demande la connexion de toutes les vertus morales, et quoique des païens aient excellé en telle ou telle vertu, comme l'amour de la patrie, on ne voit pas qu'il y ait eu chez eux cette héroïcité proprement dite, qui ne se conçoit pas sans un grand amour de Dieu et du prochain et les autres vertus qui accompagnent la charité. » pendant la Passion. On voit en lui, avec son héroïque amour de Dieu et son immense miséricorde pour les pécheurs, qui le porte .à à prier pour ses bourreaux, le plus grand amour de la vérité et de la justice qui ne saurait transiger; en lui s'unissent l'humilité la plus profonde et la magnanimité la plus haute, comme aussi la force héroïque dans l'oubli de soi et la plus grande douceur. L'humanité du Sauveur apparaît ainsi comme le miroir le plus pur où se reflètent les perfections divines (7).
Cette connexion des vertus est encore ce qui permet de distinguer, comme le remarque Benoît XIV (ibidem., ch. xx), les vrais martyrs des faux, qui supportent les tourments par orgueil et pertinacité dans l'erreur. Seuls les vrais martyrs unissent à la force héroïque la douceur, qui les porte à prier pour leurs bourreaux, à l'exemple de Notre-Seigneur; ainsi moururent saint Étienne et saint Pierre martyr. On voit dès lors que leur constance est la véritable force chrétienne, unie au don de force, au service de la foi et de la charité. En eux surtout se vivifient ainsi les quatre caractères de la vertu héroïque expliqués plus haut : accomplir des actes très difficiles, promptement, avec une sainte joie, et non pas seulement une fois, mais chaque fois que les circonstances le demandent. Il faut voir là une intervention spéciale de Dieu qui soutient ses serviteurs et qui, dans les circonstances extrêmes, donne les grâces extrêmes.»
Il importe d'insister sur ce point que l'héroïcité ainsi définie est relative aux divers âges de la vie (8). L'héroïcilé des enfants se juge par rapport aux forces communes des enfants vertueux du même âge. Si certaines grandes personnes sont moralement très petites, il est des petits qui, par leurs vertus, sont très grands. L'Écriture dit : « Ex ore infantium et laclentium perfecisti laudem : Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle, Seigneur, tu t'es préparé une louange » (Ps. viii, 3). Jésus le rappela aux princes des prêtres et aux scribes, qui s'indignaient d'entendre les enfants crier dans le temple : « Hosanna au Fils de David » (Matth., xxi, 16), et si la foi des petits est, certains jours, un exemple pour les grands, il faut en dire autant de leur confiance et de leur amour.
On peut citer comme exemple l'héroïsme de la petite Nellie, d'Irlande, âgée de quatre ans, dont la vie bien connue fut écrite il y a quelques années (9) et qu'admirait S. S. Pie X. Torturêe par la carie des os qui rongeait sa mâchoire, pour supporter ses douleurs elle serrait son crucifix sur son coeur; tandis que ses larmes coulaient, elle acceptait tout, répétant sans cesse : « Voyez comme le Dieu saint a souffert pour moi! »
En 1909 mourait aussi héroïquement en Italie une petite Guglielmina Tacchi Marconi, connue à Pise par son amour extraordinaire pour les pauvres (10). Dans les rues, elle les guettait, pour venir à leur secours. A table, elle ne pouvait manger s'il leur manquait quelque chose. Elle mourut à onze ans, torturée pendant sept mois par l'endocardite; pendant ces sept mois, pas une moue, pas un caprice. Dès le premier jour, elle, qui n'avait plus une heure de paisible sommeil, se contentait de redire avec grande confiance : « Tutto per amore di Gesù! » Après sa première communion faite avant de mourir, elle resta longtemps comme en extase et mourut en disant : « Viens, Jésus, viens. »
Il convient de rappeler le martyre de trois petits garçons japonais, canonisés par Pie IX en 1862. L 'un d'eux, âgé de treize ans, avant d'être martyrisé, sut répondre au gouverneur qui le pressait d'apostasier : « Combien je serais insensé de laisser aujourd'hui des biens cerlains ei.élernels pour des biens incerlains el passagers! » Un autre, âgé de douze ans, Louis Ibragi, meurt en chantant sur sa croix le Lauclale, pueri, D017 4 1"IlUM (12).
En lisant le récit de ces actes héroïques accomplis par ces enfants de dix à douze ans et même nmins, en se rappelant les paroles sublimes que plusieurs ont prononcées avant de mourir, on trouve en eux one sagesse incomparablement supérieure en sa simr,!icité et son humilité à la complexité souvent prétentieuse de la science humaine.
On y voit le don de sagesse à un degré éminent, proportionné à la charité de ces petits. serviteurs de Dieu, grands par l'héroïque témoignage qu'ils lui ont donné jusqu'à la mort (13).
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(1) Voir à ce sujet, dans BENOIT XIV : De S'ervoram, Dei beglificatione, 1. lti, ch. xx.i et suivant, comment doit se faire, en vue d'une béatification, l'examen de l'héroicité, des vertus des serviteurs de Dieu,
(2) P 11", q.69.
(3) De Servorurn Dei bealificalione, 1. 111, ch. ait.
(4) Cf. PLI q. 65, a . I, 2, 3; q. 66, a . 2; q. 68, a . 5.
(5) Il faut ici faire deux remarques :
1° Il serait imprudent d'affirmer trop vite chez un serviteur de Dieu l'héroïcité d'une vertu particulière. et de déduire ensuite comme a priori qu'il doit aussi avoir les autres vertus au degré héroïque. Pour affirmer sans précipitation l'hérokité de l'une d'entre elles, il faut avoir déjà considéré l'élévation des autres.
2" Bien que les vertus grandissent ensemble, surtout les vertus infuses, tel serviteur de Dieu a plus de disposit on naturelle ou acquise à la pratique, par exemple, de la force qu'à celle de la douceur ou inversement. De plus, il est des serviteurs de Dieu qui, par suite d'une mission spéciale, reçoivent des graces actuelles qui les portent plus particulièrement à l'exercice de telle vertu qu'à l'exerpice de telle autre, Cf, S. THOMAS, II", q. 66, a . 2, corp. et ad 2-,
(7) (6) Op. cit., I. III, ch. xi"
(7) Cl. SAINT FRANÇOIS ne SALES, Il' Sermon sur la Visitation, explication du Magnificat : l'union d'une profonde humilité et d'une haute charité.
(8) Nous avons traité ce sujet plus longuemeut ailleurs. L'héroïcilé de la vertu chez les enfants (Anne de Guigné). La Vie Spirituelle, janvier 1935, pp. 34-5a.
(9) Nellie, par Fe. BERNARD DES RONCES. Maison du Bon-Pasteur, Paris, boulevard Pereire.
(10) Gug/iebnina, 1898-19o9, par MYRIAM DE G., Paris , Lethielleux; tra. duction italienne : Beruti, Turin
(12) Ces faits et beaucoup d'autres semblables sont rapportés dans un livre récent, écrit avec un grand amour de Dieu : dies Penjamins, par M RIAM DE. G., traduction italienne; Beruti,
(13) Il faut noter que, dans l'innoccnce de l'enfant baptise, le Saint- Esprit n'a pas grandychose à purifier avant de communiquer sa lumière de vie et sa force attirante. Il y a bien certaines des suites du péché originel, qui sont comme des blessures en voie de cicatri,ation après le baptéme; mais elles ne sont pas envenimées par les péchés personnels réitérés. Les purifications si douloureuses nécessaires dans la. , mesure de leurs égarements aux chrétiens qui ont péché, le Saint-Esprit en dispense l'enfant fidèle à la grâce dans l'accomplissement des devoirs de son pige. On le voit alors parfois s'élever très haut. .
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