Tome II-Partie-4-Chapitre 11
L'Espérance héroique et l'abandon
« In spem contra spem.Eqpérçr contre toute espérance. » (Rom., rv, 8.) |
L'espérance héroïque est le degré éminent de cette vertu, qui nous lait tendre vers Dieu, objet de la béatitude éternelle, en comptant, pour arriver à lui, sur le secours qu'il nous a promis (1). Le motif formel de l'espérance infuse et théologale est Dieu même toujours secourable, Deus auxilians, ou la Toute-Puissance auxiliatrice.
Tant que le chrétien n'est pas arrivé à la perfection, l'espérance manque de fermeté ; elle est plus ou moins instable, en ce sens que l'âme se laisse parfois aller à la présomption quand tout va bien, et elle tombe ensuite dans un certain découragement quand ce qu'elle entreprend ne réussit pas. Au-dessus de ces fluctuations, l'espérance héroïque a pour caractère une fermeté invincible et l'abandon confiant soutenu par une fidélité constante au devoir. Cette confiance héroïque des saints se manifeste aussi par ses effets : elle relève le courage autour d'eux et suscite la faim et la soif de la justice de Dieu. |
Fermeté invincible de l'espérance parfaite
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Le Concile de Trente nous dit : « Tous nous devons avoir une très ferme espérance dans le secours de Dieu ; car si nous ne résistons pas à sa grâce, comme il a commencé en nous l'oeuvre du salut, il l'achèvera, opérant en nous le vouloir et le faire, comme le dit saint Paul aux Philippiens, it, 13 (2). »
Cette fermeté invincible de l'espérance apparaît, nous l'avons vu, dans la purification passive de l'esprit quand, pour nous faire espérer purement en Lui, le Seigneur permet que tout secours humain s'éloigne de nous ; il arrive alors des échecs, parfois des calomnies, qui causent une certaine défiance chez ceux qui nous aidaient jusque-là; l'âme éprouvée voit mieux aussi sa misère; elle est même quelquefois déprimée par la maladie, et elle doit surmonter de fortes tentations de découragement ou même de désespoir qui viennent de l'ennemi de tout bien. Il faut alors espérer surnaturellement et héroïquement contre toute espérance humaine, comme le dit saint Paul à propos d'Abraham, qui bien qu'il eût près de cent ans, ne désespéra pas de devenir le père d'un grand nombre de nations, selon ce qui lui avait été dit : « Telle sera ta postérité » (cf. Rom., 1v, 18).
En cette épreuve, si elle est bien supportée, l'espérance s'affermit de plus en plus, elle est décuplée. Elle ne donne pas encore la certitude absolue que individuellement nous serons sauvés; il faudrait pour cela une révélation spéciale (3); mais nous l'espérons de plus en plus avec une certitude de tendance. Comme sous la direction de la Providence l'instinct de l'animal tend infailliblement vers son but, l'hirondelle vers le pays où elle doit revenir, ainsi sous la direction de la foi aux promesses divines nous tendons infailliblement vers la vie éternelle (4).
Cette fermeté dans la tendance vers la vie éternelle doit être invincible, à raison du motif formel sur leqael elle s'appuie : Dieu toujours secourable, selon ses promesses. Malgré les échecs, les contradictions, la vue de notre pauvreté et de nos fautes, nous devons toujours espérer en Dieu, qui a promis son secours à ceux qui le lui demandent avec humilité, confiance et persévérance. « Petite et accipielis : demandez et vous recevrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. Lequel de vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? ou s'il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent?... Si donc, méchants comme vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l'Esprit saint à ceux qui le lui demandent » (Luc, xi, 9-13). Et si nous devons demander les biens temporels d'une manière conditionnelle, dans la mesure où ils sont utiles à notre salut, les grâces nécessaires pour persévérer, nous devons les demander sans condition, humblement sans doute, ;nais avec une confiance absolue. Et comme le rapporte saint Luc dans le texte que nous venons de citer, nous devons ainsi demander non seulement les grâces nécessaires à notre sanctification, mais le Saint-Esprit lui-même, qui est le don par excellence. Il nous est de nouveau envoyé lorsque l'âme passe d'un degré de charité à un autre notablement supérieur, comme il le faut pour traverser les épreuves, qui sont précisément ordonnées à ce progrès. L'espérance ainsi purifiée devient invincible selon cette parole de saint Paul qui a soutenu les martyrs : « Si Dieu est avec nous qui sera contre nous? » ( Rom. , viii, 31). Le Seigneur a dit plusieurs fois à ses saints : Tu ne manqueras de secours que lorsque je manquerai de puissance. » Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus disait : « Même si j'étais le plus grand pécheur de la terre, je n'aurais pas moins confiance en Dieu, car mon espérance ne repose pas sur mon innocence, mais sur la miséricorde et la toute-puissance de Dieu. »
C'est ce motif formel de l'espérance dont saint Paul saisit toute l'élévation lorsqu'il écrit (II Cor., xii) : « De crainte que l'excellence de ces révélations ne vint à m'enfler d'orgueil, il m'a été mis un aiguillon dans ma chair, un ange de Satan pour me souffleter. Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a dit : « Ma grâce (4 le suffi/, car c'est dans la faiblesse que ma puissance se «montre tout entière. » Je préfère donc bien volontiers me glorifier de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les opprobres, dans les nécessités, les persécutions, les détresses pour le Christ ; car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort »; c'est-à-dire : je cesse de mettre ma confiance en moi pour la mettre en Dieu : et je puis tout en celui qui me fortifie » Philippien iv, 13). Il convient de se dire alors, comme le disait une sainte âme : par nous-mêmes nous ne sommes rien, mais pour Notre-Seigneur nous sommes quelque chose, puisqu'Il nous aime et nous a rachetés par son sang
On rapporte qu'un jour saint Philippe de Néri allait dans le cloître de son couvent en disant à forte voix : le suis désespéré, je suis désespéré. » Ses fils spirituels, étonnés, lui dirent : « Est-ce possible, vous, Père, qui tant de fois avez relevé notre confiance? » Il leur répondit à sa manière en sautant d'un air joyeux : « Oui, par moi-même je suis désespéré; mais, par la grâce de Notre-Seigneur, j'ai encore confiance. » Il avait eu sans doute une très forte tentation de découragement qu'il avait ainsi surmontée. Il expérimentait ainsi cette vérité qu'il faut être broyé pour grandir, pour être configuré à Celui dont il est dit dans Isaïe, Lw, 5 : « Il a été brisé à cause de nos iniquités. » Saint Paul de la Croix fit la même expérience de longues années lorsqu'il dut souffrir pour consolider l'Ordre des Passionnistes qu'il avait fondé, Ordre qui devait spécialement porter les marques de la Passion du Sauveur
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Abandon confiant et fidélité constante |
L'espérance héroïque se manifeste non seulement par sa fermeté, mais par l'abandon confiant à la Providence et à la toute-puissante bonté de Dieu. Cet abandon parfait diffère du quiétisme parce qu'il s'accompagne de l'espérance et de la fidélité constante au devoir, jusque dans les petites choses, de minute en minute, selon la parole du Seigneur : « Qui fidelis est in minimo, el in majori /idelis est. Celui qui est fidèle dans les petites choses est fidèle aussi dans les grandes » (Luc, xv1,, 10). Il recevra le secours divin pour subir le martyre, s'il le faut. La fidélité constante à la colonie de Dieu signifiée dans le devoir du moment présent nous dispose à nous abandonner avec pleine confiance à la volonté divine de bon plaisir encore cachée, dont dépendent notre avenir et notre éternité. Plus l'âme est fidèle à la lumière divine reçue, plus elle peut s'abandonner pleinement à la Providence, à la Miséricorde divine et à la Toute-Puissance. Ainsi se concilient en elle l'activité de la fidélité et la passivité de l'abandon, au-dessus de l'agitation inquiète et stérile et d'une paresseuse quiétude. Dans les moments où tout peut paraître perdu, l'âme se dit avec le psalmiste : « ominus reg; 1 me et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon pasteur, et je ne manquerai de rien... Même quand je marche dans une vallée d'ombre de mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, Seigneur ; ta houlette et ton bâton me rassurent » (Ps. xxi 1).
Dans les moments les plus difficiles, l'âme éprouvée se rappelle le saint homme Job, qui disait après avoir tout perdu : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté, que le nom du'Seigneur soit béni » (Job, 1, 21). Il faut se redire ici la parole des Proverbes (ù, 5) : « Confie-toi en Dieu de tout ton coeur, et ne t'appuie par sur ta propre intelligence. Pense à lui dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. » Le palmiste disait de même : « In le Domine speravi, non confundar in aelernum. J'ai espéré en toi, Seigneur; que jamais je ne sois confondu! » (Ps. xxx, 2). Sainte Thérèse, aux heures où tout paraissait perdu, disait : « Seigneur, vous savez tout, vous pouvez tout, et vous m'aimez! » Se livrer à son amour et tout accepter d'avance de cet amour repose l'âme et lui donne la victoire contre les tentations de murmure. Cette tentation parfois se formule ainsi : « Pourquoi, Seigneur, ne venez vous pas à mon secours? » Pensons que rien n'échappe à la Providence , que le Seigneur veille sur nous, qu'il y a une grâce précieuse dans la croix qu'il nous envoie et que « ses miséricordes ne sont pas épuisées » (Lamentations, Hi, 22). Saint Jean de la Croix disait souvent : « O céleste espérance, qui obtient autant qu'elle espère! »
Cette espérance héroïque s'appuie aussi de plus en plus sur les mérites infinis du Sauveur, sur le prix du sang qu'il a versé pour nous. Quoi qu'il arrive, même si le monde s'écroulait, nous devrions espérer dans le bon Pasteur, qui a donné sa vie pour ses brebis, et en Dieu le Père, qui, après nous avoir donné son propre Fils, ne peut refuser de secourir ceux qui ont recours à lui (Rom., vin, 32).
Comme dit le Seigneur dans le Dialogue de Sainte Catherine de Sienne (ch. cx) : « Cette véritable et sainte espérance est plus ou moins parfaite, suivant le degré d'amour que l'âme a pour :moi, et c'est dans la même mesure qu'elle goûte ma providence. »
Ce goùt spirituel est très supérieur aux consolations sensibles. Non seulement, en effet, l'âme parfaite croit à la Providence , mais elle en découvre de mieux en mieux les manifestations là. où l'on ne s'y attendait pas. Elle goûte la Providence par le don de sagesse qui nous montre toutes choses en Dieu, même les événements pénibles et imprévus, en nous faisant pressentir le bien supérieur pour lequel il les permet.
Il est dit au même endroit : « Ceux qui me servent de façon désintéressée, avec l'unique espoir de me plaire, goûtent mieux la Providence que ceux qui attendent de leur service une récompense dans la joie qu'ils trouvent en moi... Parfaits et imparfaits sont l'objet de mes attentions, je ne manquerai à aucun, pouvu qu'ils n'aient pas la présomption d'espérer en eux-mêmes. »
Plus on est désintéressé, plus on goûte la Providence , plus on la voit dans le cours de sa vie, plus on s'abandonne à elle et à la direction de nos deux grands médiateurs, qui ne cessent de veiller sur nous. Avec la confiance en Notre-Seigneur grandit celle en Marie, Médiatrice universelle. Celle qui au pied de la croix a fait le plus grand acte d'espérance, alors que tout paraissai perdu, a mérité d'être appelée Marie auxiliatrice, Notre-Dame du Perpétuel Secours, et l'on sait que le fréquent recours à elle est un signe spécial de prédestination.
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La confiance héroïque des saints ranime l'espérance autour d'eux |
On le voit particulièrement dans la vie des.fondateurs d'Ordres. Alors qu'ils n'avaient ni argent, ni appui humain, qu'ils n'avaient pas encore de vocations, qu'elles se faisaient longtemps attendre, alors qu'ils ne rencontraient guère que défiance et contradiction, ils ont mis leur confiance en Dieu et ils ont soulevé l'espérance de leurs premiers fils, restés fidèles (6).
Plusieurs fois le miracle est venu les récompenser. Saint Dominique, comme il n'y avait plus qu'un pain pour les frères du couvent de Bologne, donna ce pain à un pauvre qui demandait l'aumûne; il mit sa confiance en Dieu, et des anges descendirent du ciel porter aux religieux le pain nécessaire.
Sainte Catherine de Sienne, raconte le bienheureux Raymond de Capoue (7), « avait coutume de nous dire, quand quelqu'un de mes frères et moi craignions quelque péril : « Pourquoi vous occuper de vous? Laissez faire « la divine Providence : au moment où vos craintes sont «les plus grandes, elle a toujours les yeux sur vous et ne « cessera pas de pourvoir à votre salut ». Voilà bien l'abandon parfait, pleinement confiant, uni à la fidélité soutenue au devoir quotidien.
Le Seigneur lui-même, dans les moments les plus difficiles, disait à Catherine de Sienne : « Ma fille, pense à moi; si tu le fais, je penserai sans cesse à loi (8). » Cette confiance en Dieu permettait à la sainte de relever les courages autour d'elle, dans la mission exceptionnelle qui lui fut confiée de ramener le pape d'Avignon à Rome, mission qu'elle accomplit au milieu des plus grandes difficultés. L'entourage du Souverain Pontife mit tout en oeuvre pour discréditer la sainte, et malgré cette incroyable opposition, la fille du teinturier de Sienne, pleinement confiante en Notre-Seigneur, réussi parfaitement.
Combien d'âmes découragées, comme celle du jeune Nicolas Tuldo, condamné à mort, ne releva-t-elle pas!
Quand elle se fut offerte pour la réformation de la sainte Église, le Seigneur lui disait pour elle et ses enfants spirituels (9) : « Vous devez me faire le sacrifice de vous-mêmes et m'offrir la coupe de vos nombreuses peines de quelque manière que je les envoie, sans choisir ni le temps, ni le lieu, ni la mesure qui vous conviernent, mais en les acceptant comme je vous les donne. Cette coupe doit être pleine, et elle sera remplie si vous recevez toutes ces épreuves par sentiment d'amour, si vous supportez tous les défauts du prochain avec une véritable patience, accompagnée de la haine ou détestation du péché... Souffrez ainsi virilement jusqu'à la mort. Ce sera pour moi le signe que vous m'aimez. N'allez pas regarder en arrière en tournant le dos .à la charrue par crainte des tribulations. C'est dans les tribulations que vous devez vous réjouir... Après que vous aurez souffert, je mêlerai la consolation à vos dures épreuves par la réformation de la sainte Église. »
Le Seigneur soutient l'espérance de ses saints par quelques paroles comme celles qu'il adressait à Jeanne d'Arc dans sa prison : « Ne le chaille pas de ton martyre, tu t'en ! viendras enfin au royaume de Paradis.» Ils mettent de plus en plus leur confiance en la toute-puissance auxiliatrice, ils se redisent : « Dieu est plus fort que tout », et leur immolation elle même est un triomphe qui les configure au Sauveur. Avec lui ils remportent ainsi la victoire sur le péché et suc le démon.
Pour persévérer dans la lutte, ils demandent au Seigneur d'avoir le désir sincère de participer à ses saints anéantissements et de trouver dans ce désir la force, la paix et quelquefois la joie pour relever le courage autour d'eux.
Plus la charité augmente dans le coeur, plus la crainte des souffrances diminue, et celle du péché augmente, sans affaiblir la confiance. Plus nous sommes unis à Dieu par la charité, plus nous redoutons le péché, qui nous séparerait de Lui, et plus nous avons confiance en Celui qui nous aime et nous attire à Lui (10).
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— (1) Cf. S. Thomas, Il' Il", q. r7, a. t, 2, /1,
— (2) « In Dei auxilio firmissimam spem collocare et reponere omnes debent. Deus Cili111, nisi ipsi illius gratiae defuerild, sieur cmpit opus bonum, ila perficiel, °permis celle el perlieere (l'hi' , tg, 13) (Concilium Tridentinmn, sess. VI, cap 2.w. Denzinger, 801;.)
— (3) Cf, Concile de Trenie,
— (4) Cf. S Thomas, 11' II", q. i8, a. 4 : Certitudo essentialiter inveni tur in vi cognoscitiva; participative aillera in omni eo quod a vi cognesdiva movetur infallibiliter ad Einem suum .. Et sic etiam (sub directione tittei) specerliludinaliter lendit in S1114In linetn, quasi participan certitudinem a fide, quae est in vi cognosciti va. it
— (5) Cf. Oraison et ascension mystique de saint Paul de la Croix, par le P. Gaétan du Saint-Nom de Marte, passionniste. Ch. lu : a Quarante-cinq années de désolations. » Louvain , 1930.
— (6) Voir La uie du B., Père J. Eymard, fondateur des Pères du Saint-Sacrement.
— (7) Vie de sainte Catherine, par le Raymond de Capoue, 1'' p., ch. 1.
— (8) Ibidem.
— (9 Dialogue, ch. au. Ce dialogue fut dicté environ deux ans avant la mort de la sainte
— (10) Comme exemple d'espérance héroïque, on peut citer celui de sainte Marie-Madeleine Postel, fondatrice des Soeurs de la M'iséricorde (voir sa par Mgr Arsine Legoux). Pendant la Révolution française, en Normandie, elle soutint le courage de plusieurs prêtres qu'elle assistait et lit sa fondation au milieu d'incroyables dillieullés, apnis avoir été abandonnée par son directeur, qui voyait en ces difficultés un signe que Pceuvre n'était pas voulue par Dieu. L'humble fille, qui n'ava-it que ses dix doigts pour travailler, espére contre toute espérance; l'oeuvre fut fondée, elle est florissante aujourd'hui, et la vaillante fon latrice, maintenant canonisée, donne l'impression de la plus grande sainteté. |
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