Tome II-Partie-4-Chapitre 2
Description de la purification passe de l'Esprit |
Nous venons de parler des défauts des progressants ou avancés, du reste d'orgueil spirituel ou intellectuel qui se trouve en eux, du fond de l'âme imprégné d'amour-propre et d'égoïsme subtil, qui a absolument besoin d'étre purifié. Seul le Seigneur peut réaliser cette purification profonde.
Nous voudrions ici la décria pour qu'on ne la confonde pas soit avec des souffrances qui viendraient seulement de la mélancolie ou de la neurasthénie, soit avec certaine aridité sensible des commençants. Une pareille confusion serait manifestement une erreur impardonnable (1).
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L'obscurité où l'âme a l'impression de se trouver |
Comme la purification passive de la sensibilité s'est manifestée par le dépouillement des consolations sensibles auxquelles on s'attachait trop, la purification passive de l'esprit paraît être d'abord le dépouillement des lumières précédemment reçue sur les mystères de la foi. On s'était comme familiarisé avec eux, la facilité avec laquelle on y pensait dans la prière faisait oublier leur élévation infinie ; on les concevait d'une façon un peu trop humaine. On s'arrêtait par exemple un peu trop à l'humanité du Sauveur, sans vivre assez de la foi en sa divinité; on n'atteignait encore que par le dehors les grands mystères de la Providence, l'Incarnation, de la Rédemption, de la Messe, de la vie de l'Église indéfectible an milieu de ses épreuves toujours renouvelées. Ces très grandes réalités spirituelles n'étaient atteintes que très superficiellement encore, comme un vitrail d'église vu du dehors.
Alors, qu'arrive-t-il? Pour nous élever au-dessus de cette connaissance trop inférieure et trop extérieure des choses divines, le Seigneur nous détache de cette façon de penser et de prier et parait nous dépouiller de nos lumières.
Comme le dit saint Jean de la Croix (12) : « Dieu prive ces avancés de leurs puissances, affections et sens tant spirituels que sensibles ; il laisse l'intelligence dans les ténèbres, la volonté dans l'aridité, la mémoire sans souvenirs, et les affections de l'âme perdues dans la douleur, l'amertume et l'angoisse. En elle n'existent plus ni sentiment ni goût pour les biens spirituels qui l'attiraient jadis. »
La tristesse où l'on se trouve alors est fort différente de celle qui proviendrait de la neurasthénie, des désillusions ou des contrariétés de la vie. Elle en diffère surtout parce qu'elle s'accompagne d'un vif désir de Dieu et de la perfection, d'une recherche incessante de Celui qui seul peut nourrir l'âme et la vivifier.
Ce n'est pas non plus seulement une aridité sensible, c'est une sécheresse d'ordre spirituel qui provient, non pas de la privation des consolations sensibles, mais du dépouillement des lumières auxquelles on était habitué.
L'âme doit alors aller « aveuglément selon la pure foi, qui est nuit obscure pour les puissances naturelles (3) ». Elle ne peut plus s'attacher facilement à la considération de l'humanité du Sauveur ; au contraire, elle en est privée, comme il arriva aux apôtres sitôt après l'ascension de Jésus au ciel. Les mois précédents, leur intimité avec lui grandissait tous les jours ; il était devenu leur vie ; et voici qu'il les quitte pour toujours ici-bas et les prive de sa vue et de sa parole qui les soulevait. Ils durent se sentir très seuls, comme isolés, en pensant surtout aux difficultés de la mission que le Sauveur leur avait confiée : l'évangélisation d'un monde impie, immergé dans toutes les erreurs du paganisme. Les apôtres, au soir de l'Ascension, durent avoir une impression de solitude profonde, comme une impression de désert et de mort. On peut en avoir une faible idée après avoir vécu sur un plan supérieur pendant une fervente retraite, sous la conduite d'une âme sacerdotale pleine de Dieu ; on est repris par la vie de tous les jours, qui semble nous priver soudain de cette plénitude. Il en est de même, et beaucoup plus, après la mort d'un père, d'un fondateur d'Ordre pour ceux qu'il laisse et qui doivent continuer son uvre. Ainsi les apôtres, après l'ascension de .Jésus, restèrent les yeux levés vers le ciel ; le Maître bien-aimé était dérobé à leur regard, ils se sentirent comme seuls devant toutes les souffrances à venir.
Ils durent se rappeler alors cette parole de Jésus : « Je vous le dis en vérité, il est bon que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas le Consolateur ne viendra pas en vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai » (Jean, xvi, 7). « Il est bon que je m'en aille », que je vous prive de ma présence sensible. Comme le dit saint Thomas dans son Commentaire sur saint Jean, loc. cit. : « Les apôtres étaient attachés à l'humanité du Christ, ils ne s'élevaient pas assez à l'amour spirituel de sa divinité, et n'étaient pasencore disposés à recevoir le Saint-Esprit.., qui va leur être donné pour les consoler et les fortifier au milieu de leurs tribulations. »
Cette privation de la présence sensible de l'humanité de Jésus, qui précède leur transformation opérée le jour de la Pentecôte, fait mieux comprendre l'état d'obscurité et d'isolement dont nous parlons. Il semble à l'âme qui est dans cet état qu'elle entre dans une véritable nuit spirituelle, car elle est dépouillée des lumières qui jusqu'ici l'éclairaient ; l'obscurité se fait comme lorsque le soleil se retire.
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En cette obscurité se révèle la grandeur de Dieu |
Mais ne voit-on rien dans cette obscure nuit?
Lorsque, dans l'ordre naturel, le soleil s'est retiré et a complement disparu, on voit au moins quelques étoiles qui nous font pressentir la profondeur du firmament. C'est ainsi que la nuit on voit beaucoup plus loin que le jour ; on ne voit plus des collines ou des montagnes qui peuvent être à cinquante ou cent kilomètres, mais on voit des étoiles et des constellations qui sont à des milliards de lieues de la terre. L'étoile la plus voisine met quatre ans et demi pour nous envoyer sa lumière. Le soleil paraît plus gros que les étoiles, bien que celles des six premières grandeurs soient beaucoup plus volumineuses que lui.
C'est là le symbole sensible d'une vérité très haute. Lorsque l'âme entre dans l'obscurité spirituelle dont nous parlons, elle ne voit plus ce qui est proche d'elle, mais elle pressent de mieux en mieux sans la voir l'infinie grandeur et pureté de Dieu, au-dessus de toutes les idées que nous pouvons nous faire de lui, et par contraste elle perçoit beaucoup mieux son indigence et sa misère.
Ainsi les Apôtres, après l'Ascension, privés de la présence de l'humanité de Jésus, commencèrent à entrevoir toute la grandeur du Fils de Dieu. Pierre , le jour de la Pentecôte , va prêcher aux Juifs avec la foi la plus ferme : « Vous avez fait mourir l'Auteur de la vie que Dieu a ressuscité des morts (4). » « Ce Jésus est la pierre rejetée par vous de l'édifice et qui est devenue la pierre angulaire. Et le salut n'est en aucun autre (5).
Voilà la haute contemplation qui naît en l'obscurité dont nous parlons. Lorsque le soleil s'est retiré, on voit les étoiles dans les profondeurs du firmament. Mais avant de jouir de la contemplation du ciel étoilé, il faut ici s'habituer à marcher sans peur dans la nuit et à triompher de fortes tentations contre la foi et l'espérance, tout comme, pendant la nuit des sens, il a fallu vaincre bien des tentations contre la chasteté et la patience qui ont leur siège dans la sensibilité.
Qu'on se rappelle de même le saint Curé d'Ars ; sa principale souffrance venait de ce qu'il se sentait très loin de l'idéal du sacerdoce, dont la grandeur lui apparaissait de plus en plus dans l'obscurité de la foi, en même temps qu'il voyait toujours mieux les besoins des âmes innombrables qui venaient à lui. Plus il apercevait tout le bien qui restait à faire, moins il voyait celui qui était déjà réalisé; et il ne pouvait s'y complaire. Sa grande souffrance, qui se rapprochait de celle de Jésus, Prêtre et Victime, et de celle de Marie au pied de la Croix, était celle qui vient de la vue du péché et de la perte des âmes. Cette souffrance suppose une vue pénétrante qui n'est autre que la contemplation del 'infinié bonté de Dieu, méconnu et outragé, et du prix de la vie éternelle. Cette contemplation grandit de plus en plus dans la nuit obscure de la foi dont nous parlons.
Sainte Catherine de Sienne a noté dans son Dialogue que la contemplation de notre indigence, de notre misère, et celle de l'infinie grandeur et bonté de Dieu sont comme le point le plus bas et le point le plus élevé d'un cercle qui grandirait toujours. De fait, il y a là un contraste, une opposition tranchée de deux choses qui s'éclairent admirablement l'une l'autre.
On en trouve un exemple frappant dans la vie de la St " Angèle de Foligno. Elle dit dans le Livre de ses visions el instructions, ch. xix « Je me vois destituée de tout bien, de toute vertu, remplie d'une multitude de vices ;... dans mon âme je ne vois que des défauts... fausse humilité, orgueil, hypocrisie... Je voudrais crier aux autres mes iniquités... Dieu est caché pour moi... Comment espérer en lui... i' Quand tous les sages du monde et tous les saints du paradis m'accableraient de leurs consolations, ils ne m'apporteraient aucun remède, si Dieu ne me change pas en mon fond. Ce tourment intérieur est bien pire que le martyre. » Puis elle se rappelle que Dieu même, à Gethsémani, a été affligé, que pendant la Passion il a été méprisé, souffleté, torturé, alors elle voudrait que sa souffrance augmentât encore, car elle lui apparaît comme une souffrance purificatrice, qui lui révèle les profondeurs de la Passion. Quelques jours après, sur une route près d'Assise, elle entend ces paroles intérieures : « Oh! ma fille, je t'aime plus qu'aucune autre personne qui soit dans cette vallée... Tu as prié mon serviteur François,. espérant obtenir avec lui et par lui. François m'a beaucoup aimé, j'ai beaucoup fait en lui ; mais si quelque autre personne m'aimait plus que François, je ferai plus pour elle... J'aime d'un amour immense l'âme qui m'aime sans mensonge... Or, personne n'a d'excuse, car tout le monde peut aimer ; Dieu ne demande à l'âme que l'amour ; car lui-même aime sans mensonge, et lui-même est l'amour de l'âme (6). » Jésus crucifié, lui faisant entrevoir sa Passion, ajouta : « Regarde bien : trouves-tu en moi quelque chose qui ne soit pas amour? (7) »
Un autre exemple très frappant de la nuit spirituelle dont nous parlons se trouve en saint Paul de la Croix, fondateur des Passionnistes. On lit dans ses Lettres, t. 1, p. 153 : « Les petites tribulations corporelles ou spirituelles sont les premiers degrés de cette haute et sainte échelle que gravissent les âmes grandes et généreuses . Elles montent pas à pas jusqu'à ce quelles atteignent le dernier échelon.
« C'est là, au sommet, qu'elles trouvent la souffrance la plus pure, sans le moindre mélange de consolation venant du ciel ou de la terre (la souffrance qui vient de l'offense faite à Dieu). Et si ces âmes sont fidèles à ne point chercher de consolations, elles passeront de cette pure souffrance au pur amour de Dieu sans que rien autre chose vienne s'y mêler. Mais rares sont les âmes qui arrivent à un tel degré...
« Il leur semble qu'elles sont abandonnées de Dieu, qu'il ne les aime plus, qu'il est irrité contre elles... C'est presque la peine du dam, si je puis m'exprimer ainsi, une peine dont l'amertume n'est comparable à aucune autre. Mais si l'âme est fidèle, quels trésors elle amasse! Les orages passent et s'en vont, elle approche de la véritable, très douce et très intime union à Jésus crucifié, qui la transforme en lui et reproduit en elle ses propres traits (8). »
On voit que ce n'est pas seulement saint Jean de la Croix qui a parlé profondément de la nuit de l'esprit pour l'avoir expérimentée. Avant lui, Hugues de Saint-Victor avait comparé la purification passive de l'âme par la grâce et l'amour de Dieu à la transformation que subit le bois vert attaqué par le feu : « L'humidité se consume, la fumée diminue, la flamme victorieuse se montre... ; finalement elle communique au bois sa propre nature, le bois est tout embrasé. De même peu à peu l'amour de Dieu grandit dans l'âme, les passions du coeur résistent d'abord, de là beaucoup de peines et de troubles; il faut que cette la foi; elle était si forte qu'il avait écrit le Credo sur une feuille qu'il portait sur scia coeur et qu'il pressait de temps en temps pour s'assurer qu'il ne consentait pas-(9).
Il faut se dire aussi que saint Jean de la Croix, après Tauler, décrit cet état tel. qu'il est chez les saints dans toute son ampleur et intensité, tel qu'il a dû le subir lui- même. Mais cette purification se trouve à des degrés moindres et sous des formes moins purement contemplatives, unie par exemple aux grandes épreuves qui se rencontrent dans l'apostolat.
Si cette purification passive de l'esprit nous paraît une chose extraordinaire, en dehors de la voie normale de la sainteté, c'est que nous rie pensons pas assez quelle profonde purification de l'âme est nécessaire pour recevoir immédiatement la vie éternelle, la vision béatifique de l'essence divine, sans avoir à passer par le purgatoire ou au terme de celui-ci.
Et puis quand nous lisons l'exposé de cette doctrine chez les grands maîtres, nous le lisons peut-être par une certaine curiosité des choses divines, mais sans un désir assez sincère de notre propre sanctification. Si nous avions ce désir, nous trouverions en ces pages ce qui nous convient, nous y verrions l'unique nécessaire.
Il faut d'une façon ou d'une autre passer par ce creuset pour avoir de la Passion du Sauveur, de l'humilité et de l'amour de Jésus pour nous, non pas seulement un concept confus, ni seulement un concept théoriquement distinct, mais un concept vécu, sans lequel il n'y a pas d'amour de la croix ni de véritable sainteté.
Il faut se dire que le inonde est rempli de croix malheureusement perdues comme le fut celle du mauvais larron; plaise à Dieu que nos souffrances ne restent pas épaisse fumée se dissipe. Puis l'amour de Dieu devient plus ardent, sa flamme plus vive... et finalement elle pénètre l'âme tout entière : la vérité divine est trouvée, assimilée par la contemplation; l'âme détachée d'elle-même ne cherche plus que Dieu. Il est pour elle tout en toutes choses, elle se repose en son amour et y trouve la joie et la paix » (In Eccli.,Ilom. I).
Tauler parle de même, il dit que le Saint-Esprit fait en nous le vide, dans ce fond de l'âme où il y a encore de l'égoïsme et de l'orgueil ; il fait le vide pour assainir, e. ensuite il le comble en augmentant toujours notre capacité de recevoir (10).
Sainte Thérèse parle de cette purification passive de l'esprit dans la VI" Demeure, ch. 1.
On lit aussi dans la vie de saint Vincent de Paul, que, pendant quatre ans, il traversa une épreuve du même genre, caractérisée par une persistante tentation contre stériles et que nos croix ressemblent à celle du bon larron, qui fut pour lui une réparation de ses fautes, qu'elles ressemblent plus encore à la croix de Jésus et qu'elles nous configurent à Lui. La grâce sanctifiante comme telle nous rend, en grandissant, de plus en plus semblables à Dieu; en tant qu'elle est grâce chrétienne elle nous assimile au Christ crucifié, et elle doit nous assimiler à lui de plus en plus jusqu'à notre entrée au ciel. Elle doit nous marquer à l'effigie du Sauveur mort pour nous par amour.
Il faut se rendre compte aussi de l'inégalité des âmes et de leurs moyens; il ne faut leur demander que ce qu'elles peuvent donner : à certaines l'héroïsme à jet continue, à d'autres de petits pas qui les rapprochent incessamment du but à atteindre. Mais chacune, pour être configurée au Christ, doit se sacrifier sous quelque forme que ce soit.
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( 1) Le progrès de la connaissance et de l'amour de Dieu, qui caractérise cette purification, est précisément ce qui la distingue des souffrances qui, à certains égards, lui ressemblent. comme celles de la neurasthénie. Ces dernières peuvent n'avoir rien de purificateur, mais on peut aussi les supporter par amour de Dieu et en esprit d'abandon.
De même les souffrances qui sont la suite de notre manque de vertu, d'une sensibilité non disciplinée et parfois exaspérée. ne boni pas par elles-mèmes purificatrices, bien qu'on puisse, elles aussi les accepter comme une humiliation salutaire, suite de nos fautes, et pour leur réparation.
(2) obscure, 1. 11, ch. ni.
(3) Cf. S Jean .le la Croix. . ch. iv
(4) Act. Apît., m, IE
(5) Ibid.,
(6) Ibidem, ch. xx.
(7) Ibidem.
(8) Voir aussi Oraison et ascension mystique de saint Paul de la Croix, par le P. Gaètan du saint Nom de Marie, Louvain, 193o, ch. nr, pp. 115, 576. « Les quarante-cinq ans de désolation : disparition apparente des vertus de foi, d'espérance, de charité. Le saint se croit abandonné de Dieu. Patience et résignation à ia volonté de Dieu. Le saint est attiré dans les plaies de Jésus. Jésus en croix lui dit : « Tu es dans mon coeur. » La Passion lui est imprimée au coeur, et il est tenu pendant trois heures dans le côté de Jésus. »
Ce saint ne traversait pas seulement un tunnel, mais il le creusait pour y faire passer ensuite les religieux de son Ordre.
(9) Cf. TAULER, deuxième sermon de la Pentecôte. Voir aussi, sermon pour le cinquième dimanche après la Trinité, où il est dit(trad. Hugueny, t 11, p. 21 I) : « Alors se présente un chemin bien désert, qui est tout à fait sombre et solitaire. Sur ce chemin Dieu reprend tout ce qu'il avait donné. L'homme est alors si complètement abandonné à lui-même qu'il ne sait plus rien de Dieu. Il en arrive à une telle angoisse qu'il ne sait plus s'il a été dans le droit chemin... et cela lui devient si pénible que ce vaste mondé lui paraît trop étroit. Il n'a plus aucun sentiment de son Dieu, il ne sait plus rien de lui et tout le reste lui déplaît. C'est comme s'il se trouvait arrêté entre deux murs et qu'il y côt une épée derrière lui et une lance acérée devant lui. Qu'il s'asseye donc et qu'il dise : « O Dieu, je vous salue, amère amertume pleine de « toutes gràces. »,Aimer à l'excès et être privé du bien qu'on aime parait une épreuve plus douloureuse que l'enfer, si l'enfer était possible sur la terre. Tout ce qu'on peut dire alors à cet homme le console autant qu'une pierre . Moins que tout autre chose, il ne veut entendre parler des créatures... Allons! Bon courage. Le Seigneur est sûrement tout près. Appuie-toi au tronc d'une vraie foi bien vivante . bientôt tout ira très bien. » C'est la nuit et le vide profond qui préparent la vraie déification de l'âme. Ailleurs, Tauler compare cet état à celui d'un navire qui, dans la tempête, a perdu ses voiles et ses mâts.
(9) Cf. Vie de vomi linceul de l'un!, par A belly, 1. III, ch. xi, sect. I, Pp. 164-168. Cf. Revue d'Ascétique ci de mystique, 1932, p. 398 sq.
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