Tome II-Partie 3-Chapitre 10
Patience-et-douceur
‹ In pnlientut veslra possidebilis animas vestras
Par votre patience vous posséderez et sauverez vos âmes. » (Luc., xat, ig.) |
Dans les temps difficiles que nous avons à traverser, il faut se rappeler ce que Notre-Seigneur nous a dit de la vertu de force, nécessaire pour n'être effrayé par aucune menace, et n'être arrêté par aucun obstacle sur la voie du salut. Nous voudrions ici parler surtout de la vertu de patience, qui est la forme la plus fréquente sous laquelle s'exerce la force d'âme dans les contrariétés de la vie. Elle doit être unie chez le chrétien à la douceur, et de telle façon que ceux qui sont naturellement doux apprennent à devenir forts, et que ceux qui sont naturellement inclinés à la vertu de force deviennent des doux au sens de la béatitude évangélique : beauf miles. Ainsi les uns et les autres monteront vers le même sommet, quoique par des versants différents.
Pour bien entendre cet enseignement, nous parlerons ici d'abord de la vertu de patience, puis de celle de douceur, toutes deux au service de la charité.
|
La patience el la longanimité, cariatides de la vie intérieure
Caritus indiens est |
La patience, dit saint Thomas (I), est une vertu qui se rattache à la vertu de force et qui empêche de s'éloigner de la droite raison éclairée par la foi, en succombant aux difficultés et à la tristesse. Elle fait supporter les maux de la vie avec égalité d'aine, dit saint Augustin (2), sans se laisser troubler par les contrariétés. L'impatient, si violent soit-il, est un faible; lorsqu'il murmure en élevant la voix, en réalité il succombe .au point de vue moral. Au contraire, le patient supporte un mal inévitable pour rester dans le droit chemin, pour continuer son ascension vers Dieu. Quant à ceux qui supportent l'adversité pour arriver à ce que désire leur orgueil, il n'ont de la vertu de patience que le simulacre, qui n'est autre que la dureté.
Par cette vertu rame se possède vraiment, au-dessus des fluctuations de la sensibilité déprimée par la tristesse (3). Les martyrs sont au plus haut degré maîtres d'eux-mêmes et libres. Dans la patience se retrouve quelque chose de l'acte principal de la vertu de force : supporter les choses pénibles sans défaillir. Il est plus difficile et plus méritoire, dit saint Thomas, de supporter longtemps ce qui contrarie vivement la nature que d'attaquer un adversaire dans un moment d'enthousiasme (4).
Il est plus difficile pour le soldat de tenir longtemps sous les balles dans une tranchée humide et froide que de prendre part un moment à une attaque avec toute l'ardeur de son tempérament. Or, si la vertu de force suporte les coups qui peuvent donner la mort, comme on le voit chez le soldat qui meurt pour son pays et plus encore chez le martyr qui meurt pour la foi, la vertu de patience supporte sans faiblir les contrariétés de la vie (5).
Ainsi elle est la gardienne d'autres vertus; elle les protège contre les désordres que causerait l'impatience ; elle est comme un contrefort de l'édifice spirituel.
L'américanisme, il y a quelques années, a parlé avec un certain dédain des vertus dites passives, de patience, d'humilité, d'obéissance; un bon écrivain lui répondit qu'elles sont comme les cariatides de la vie morale et spirituelle.
Pour avoir la patience comme une solide vertu, il faut être en état de grâce, avoir la charité, qui préfère Dieu à tout, coûte que coûte. C'est pourquoi saint Paul dit : la charité est patiente (I Cor., mn, 4).
Si les contrariétés de la vie durent longtemps et sans interruption, comme il arrive chez une personne qui doit vivre avec quelqu'un qui ne cesse de lui créer des ennuis, alors il faut une vertu spéciale qui ressemble à la patience et qui s'appelle la longanimité, à raison de la longueur de l'épreuve, à cause de la durée de la souffrance, des insultes, de tout ce qu'il faut supporter pendant des mois et des années.
Comme le remarque saint François de Sales (6), la patience nous fait conserver l'égalité d'esprit parmi l'inégalité des divers accidents de cette vie mortelle. «Ressouvenez-vous souvent, dit-il (7), que Notre-Seigneur nous a sauvés en souffrant et en endurant; et que, de même, nous devons faire notre salut par les souffrances et afflictions, endurant les injures, les contradictions et déplaisirs avec le plus de douceur qu'il nous sera possible... Il y en a qui ne veulent souffrir, sinon les tribulations qui sont honorables, comme par exemple d'être blessé à la guerre...; et ceux-ci n'aiment pas la tribulation, mais l'honneur qu'elle apporte. Le vrai patient et serviteur de Dieu supporte également les tribulations conjointes à l'ignominie d'être repris, accusé et maltraité (même) par les gens de bien, par les amis, par les parents... Les contradictions qui viennent des gens de bien sont bien plus insupportables que les autres; et cela néanmoins arrive fort souvent. »
Pour pratiquer cette vertu d'une façon non pas stoïque, mais chrétienne, il faut se rappeler souvent la patience du Sauveur sur la croix, qui surpasse les pensées humaines; il a supporté par amour pour nous les pires souffrances physiques, unies aux souffrances morales, qui lui venaient de l'acharnement des prêtres de la synagogue, de l'abandon de son peuple, de l'ingratitude des siens, de la malédiction divine due au péché, qu'il a voulu porter à notre place comme victime volontaire. Que cette patience du Sauveur garde nos âmes selon cette parole de saint Paul ; « Que le Seigneur dirige vos coeurs dans l'amour de Dieu et la patience du Christ (II Thess.,5). Cette patience, comme le dit un proverbe allemand, porte des roses et finit par tout obtenir. « Geduld bringt rosen».
Lorsqu'on doit pratiquer cette vertu en des épreuves prolongées, il faut se rappeler ce que disent les saints : les souffrances bien supportées sont comme les matériaux qui composent l'édifice de notre salut. Elles sont le partage des enfants de Dieu en cette vie et un signe de prédestination; il faut passer par beaucoup de tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu », est-il dit dans les Actes des Apôtres, xiv, 21.11 faut savoir souffrir tranquillement, sans trop se plaindre. Ceux qui participent le plus aux souffrances de Jésus-Christ seront plus glorifiés avec lui (8). Quelquefois il suffit d'un acte de grande patience avant la mort, c'est le cas de bien dés mourants réconciliés avec Dieu quelques jours ou quelques heures avant leur dernier soupir.
|
La douceur surnaturelle et ses fruits
Canilas benigna est. |
La douceur ou mansuétude doit accompagner la patience, elle en diffère en ceci qu'elle a pour effet spécial, non pas de supporter les contrariétés de la vie, mais de refréner les mouvements désordonnés de colère (9).
La douceur qui est une vertu diffère de la douceur de tempérament en ce qu'elle impose en des circonstances très différentes la rectitude de la raison éclairée par la foi à la sensibilité plus ou moins troublée par la colère. Cette vertu est très supérieure à la douceur de tempérament comme la vertu de chasteté à cette louable inclination naturelle appelée pudeur; de même encore la vertu de miséricorde est supérieure à la pitié sensible. La douceur de tempérament s'exerce facilement à l'égard de ceux qui nous plaisent, et s'accompagne assez souvent d'aigreur à l'égard des autres. La douceur qui est une vertu écarte à l'égard de tous, et dans les circonstances les plus variées, cette aigreur, cette amertume. De plus, dans une juste sévérité, parfois nécessaire, elle met une note de calme, comme la clémence adoucit le châtiment mérité. La douceur, comme la tempérance, à laquelle elle se rattache, est amie de la modération ou de la mesure qui fait descendre dans la sensibilité plus ou moins troublée la lumière de la raison et celle de la grâce (I0). C'est ce qui se remarque chez les vrais martyrs.
La douceur ainsi conçue doit régner non pas seulement dans nos paroles et nos manières, mais aussi dans notre coeur, sans cela elle n'est qu'un artifice. Comme le remarque saint François de Sales, lorsqu'elle s'inspire d'un motif surnaturel et lorsqu'on la pratique, même à l'égard de ceux qui sont aigres, la douceur est la fleur de la diarilé. Carilasbenigna est, la charité est douce, dit saint Paul. La fleur dans une plante est la partie visible la plus belle, celle qui attire le plus le regard, et malgré sa fragilité elle a un, rôle très important, elle protège le fruit qui se forme en elle.
De même la douceur est ce qu'il y a de plus visible et de plus agréable dans la pratique de la charité; elle en fait le charme. Elle apparaît dans le regard, le sourire, la tenue, les formes du langage ; elle double le prix du service rendu. Et puis elle protège les fruits de la charité et du zèle : elle fait passer les conseils et même les reproches. On a beau avoir du zèle pour le prochain, si l'on n'est pas doux, on ne paraît pas l'aimer, et l'on perd le bénéfice de ses bonnes intentions, car on paraît parler par passion plutôt que par raison et sagesse, et dès lors on n'aboutit à rien.
La douceur est particulièrement méritoire lorsqu'on la pratique à l'égard de ceux qui nous font souffrir ; alors elle ne peut être que surnaturelle, sans mélange de vaine sensibilité; elle vient de Dieu et touche parfois protondément le prochain qui, sans raison, s'irritait contre nous. Rappelons-nous que la prière de saint Étienne appela la grâce sur l'âme de Paul, qui gardait les vêtements de ceux qui lapidaient le premier martyr. La douceur désarme les violents.
Saint François de Sales (11), qui aime les analogies prises dans l'histoire naturelle, remarque : « Rien ne calme plus l'éléphant corroucé que la vue d'un agnelet, et rien ne rompt si aisément la force des canonnades que la laine. » Ainsi parfois la douceur chrétienne, qui porte à présenter la joue droite quand on est frappé sur la gauche, désarme celui qui est irrité. Il est lui-même le roseau à demi brisé;
si on lui répond sur le même ton, on le brise tout à fait ; si on lui répond avec douceur peu. A peu il revit, Saint François de Sales dit aussi : il vaut mieux faire des pénitents par la douceur que des hypocrites par la sévérié. » Dans ses lettres il revient constamment à des avis de ce genre: « Prenez garde à bien pratiquer l'humble douceur que vous devez à tout le monde car c'est la vertu des vertus, que Notre-Seigneur nous a tant recommandeée; (12) è et s'il vous arrive d'y contrevenir, ne vous troublesz point à mais avec toute confiance, remettez-vous sur pied pour marcher de rechef en paix et douceur comme aurparavant.” Tout le monde sait que l'Évêque de Genève aimait à dire qu'on prend plus de mouches avec du miel qu'avaec du vinaigre.
Il faut du zèle, mais un zèle patient et doux.
On doit par suite éviter le zèle amer, qui sermonne à tort et à travers, et qui a fait échouer bien des réformes dans les ordres religieux. C'est contre ce zèle amer, qui n'est pas inspiré par la charité, mais par l'orgueil, que saint Jean de la Croix disait : « Là où il n'y a pas assez d'amour, mellez-y de l'amour(13)
Il faut noter aussi que la mansuétude, dont il est parlé dans la béalilude des doux, correspond, comme le disent saint Augustin et saint Thomas , au don de piélé (14). Celui-ci en effet, nous inspire une affection toute filiale envers Dieu, il nous le fait considérer de plus en plus comme un Père très aimant, et il nous fait voir par suite dans les hommes, non pas des étrangers, des indifférents ou des rivaux, mais des frères, c'est-à-dire des enfants de notre Père commun (l5). Ce don de piété nous fait dire plus profondément, pour nous et 'pour les autres : « Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive... » Nous désirons que le règne de Dieu arrive profondément en nous et en nos frères. et ce désir apporte à notre âme une grande douceur surnaturelle, qui rayonne sur le prochain ; vraiment cette douceur, unie à ce don du Saint-Esprit, est comme la fleur de la charité.
Pour bien pratiquer cette vertu, il faut la considérer en Notre-Seigneur. En lui, elle est manifestement une douceur surnaturelle, qui provient du zèle pour le salut des âmes; au lieu de l'amoindrir, elle protège ses fruits. Isaïe avait annoncé le Sauveur en disant : « Sa voix ne sera pas entendue au dehors; il n'achèvera pas de briser le roseau à demi rompu, il n'éteindra pas la mèche qui fume encore » (Is., xLit, 3). Il dit à Pierre « II faut pardonner septante fois sept fois, c'est-à-dire toujours » (Matth., xviit, 22). Il a voulu être appelé « l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde » (Jean, I, 29). Le Saint-Esprit à son baptême est descendu sur sa tête sous la forme d'une colombe, autre symbole de la douceur (Luc, in, 22). Enfin, sur la croix, il a pardonné à ses bourreaux en priant pour eux; c'est le sourire de la douceur dans l'acte suprême de la force : le sourire du crucifié est ici-bas la plus haute expression de la bonté.
Souvent les martyrs, imitant Jésus, comme saint tienne pendant qu'on le lapidait, ont prié pour leurs bourreaux; cette très grande douceur surnaturelle est un des signes par lesquels on peut distinguer les vrais et les faux martyrs. Les faux martyrs meurent pour leurs propres idées ou opinions et se raidissent par orgueil contre la souffrance; ils peuvent y être aidés par l'esprit du mal; on ne voit pas en eux la connexion ou l'harmonie des venins en apparence les plus opposées; on ne voit pas que leur force, qui est raideur, s'accompagne de mansuétude. Au contraire, les vrais martyrs pratiquent la douceur même à l'égard de leurs bourreaux, et souvent ils prient pour eux, à l'exemple de Jésus. Oublier ses propres souffrances pour penser ainsi au salut des persécuteurs, au bien de leur âme, est unsigne de la plus haute charité et de toutes les vertus qui s'harmonisent en elle.
Pratiquement, demandons souvent à Notre-Seigneur cette vertu de mansuétude unie à l'humilité du coeur; demandons-la-lui au moment de la communion, en ce contact intime de notre âme avec la sienne, de notre intelligence et de notre coeur avec son intelligence éclairée par la lumière de gloire et son coeur débordant de charité. Demandons-la-lui par une communion spirituelle fréquemment renouvelée, et, dès que l'occasion s'en présente, pratiquons effectivement et généreusement ces vertus.
Alors nous verrons se réaliser la parole du Maitre : « Recevez ma doctrine, car je suis doux et humble de coeur, et vous Trouverez le repos de vos âmes » (Matth., xi, 29). Nous trouverons le repos de nos âmes. Il faut en faire l'expérience dans un moment de trouble et d'ennui ; faisons alors un acte plus profond d'humilité et de douceur, en pardonnant tout à fait à ceux qui nous ont offensés ou blessés, et nous verrons combien le Seigneur dit vrai. Notre âme se mettra ainsi à sa vraie place par rapport à Dieu et au prochain ; avec le secours de la grâce, elle se remettra profondément dans l'ordre et elle retrouvera la tranquillité de l'ordre, sinon la joie, du moins la paix intérieure d'une conscience droite unie à Dieu. On trouvera ainsi la paix dans l'amour, non pas celle que le monde peut donner, mais celle qui vient de Dieu. La paix que donne le monde est tout extérieure, c'est la paix avec l'esprit du monde, avec les ennemis de Dieu, avec nos mauvaises inclinations, et c'est par suite la division intérieure avec les bons et avec nous-même, c'est la mort de l'âme; s'il y a là quelque tranquillité apparente, c'est celle de la mort, qui cache la décomposition et la corruption.
La paix que donne le Seigneur est surtout intérieure, et nous ne pouvons pas l'avoir sans une guerre incessante contre nos passions déréglées, contre notre orgueil et nos convoitises, contre l'esprit du monde et contre le démon. C'est pourquoi Notre-Seigneur, qui nous apporte la paix intérieure, a dit aussi : « Je suis venu apporter, non la paix, mais le glaive » (Matth., x, 34). Comment, en effet, être humble et doux avec tous sans se faire violence. Alors la guerre est la frontière de l'âme, tandis que la paix est au coeur du pays. On expérimente que, malgré les exigences de son amour, « le joug du Seigneur est doux et son fardeau est léger ». Le poids de son fardeau diminue avec le progrès de la patience, de l'humilité et de la douceur, qui sont pour ainsi dire des formes cré l'amour de Dieu et du prochain au sens où saint Paul a dit (I Cor., xi 4 4 , 4) : « La charité est patiente, elle est bonne; la charité n'est pas envieuse; la charité n'est point inconsidérée, elle ne s'enfle pas d'orgueil..., elle ne s'irrite point; elle ne tient pas compte du mal..., elle se réjouit de la vérité • elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne passera jamais. » C'est vraiment la vie éternelle commencée comme un prélude de la béatitude qui ne finit pas (16).
|
|
— (1) q i36, a. 1.
— (2) De Palienlia, ch.
— (3) « tn palienlia uestra passuiebilis ananas nestrus. Par votre constance volis sauverez vos finies » (Luc, 'xi, 19).
— (4) Comme le dit saint Thomas , Il ' IP°, q.1:33, a. 6, sustinere est difficidias quam aggredi, supporter est plus difficile qu'attaquer : 1° parce que celui qui supporte doit déjà lutter contre celui qui s'estime plus fort que lui; il souffre déjà, tandis que celui qui attaque ne souffre pas encore et espère échapper au mal; 3' supporter demamde un long exercice de la vertu de force, tandis qu'on peut attaquer par un mouvement d'un instant.
— (5) tu q. 136, a .11.
— (6 Introd. oie dévale, P , ch III De la patience
— (7) Ibidem.
— (8) Cf. A. ne Doissinc, O. P., La patience chez les saints (Éditions de a La Vie Spirituelle ,-;)
— (9) Cf. saint Thomas, IP i, q. 157, a. i et 2.
— (10) Lu douceur acquise y fait descendre la lumière de la raison, lu douceur infuse celle de la grâce. Les deux s'exercent cri même temps chez le juste, car l'acquise est au service de l'infuse, comme chez l'artiste l'agilité de la main est au service de son art, ou l'imagination au service de l'intelligence.
— (11) Inlrod. à la rie dévoie, 111• P., ch. VIII
— (I2) Saint François de Sales parle ainsi car il considère ici la douceur comme une forme de la charité, qui est la plus haute des vertus.
— (13) Voir sur ce point ce que lit une fille spirituelle de saint François de Sales, Louise de Ballon, qui réforma les Bernardines et fonda au moins dix-sept couvents en France et en Savoie. Cf. Louyse de Uallon, par Myriam de G. (Desclée de Brouwer, 1935), où est longuement exposée ]'oeuvre de cette Vénérable et sa doctrine, qui fait souvent penser à celle de saint Jean de la-Croix. Sa maxime était : e Tout faire en esprit d'oraison. »
— (14) De Sermone Domini in monle, ch. iv. ci,
— (15) q. 122. a . 2.
— (16) La douceur surnaturelle dispose à la contemplation. Il faut rappeler à ce sujet cette juste remarque « La certitude d'avoir raison n'em pêche pas la douceur des mots. Il y ci un orgueil dans les manières violentes de dire le vrai. Et cela nuit singulièrement aux thèses qu'on soutient »
(René Bazin). — Ce qui éloigne plus encore de la contemplation, c'est do trop se placer au point de vue de l'utile, pas assez à celui de l'honnête; c'est pourtant ce que font tant d'hommes d'états, et tant de nations qui entrent en conflit les unes avec les autres, parce que chacune veut considérer les choses « de mn point de vue », c'est-à-dire de celui de son intérêt propre, et non pas du point de vue général et supérieur, qui unirait, tandis que les intérêts terrestres divisent.
|
|