+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome II-Partie 3-Chapitre 11

Le prix de la chasteté et sa fécondité spirituelle

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.
Tome II-Partie 3-Chapitre 11

Le prix de la chasteté et sa fécondité spirituelle

Après avoir parlé de la prudence, de la justice, de la force et de la patience unies à la douceur, il faut considérer ce que doit être en nous la tempérance, surtout sous la forme où il importe le plus de la pratiquer. nous voulons dire sous celle de la chasteté, qui correspond à la béatitude : « Bienheureux les coeurs purs ».

Nous voudrions d'abord considérer cette vertu de la manière la plus générale, comme elle doit se pratiquer en toute condition ou genre de vie, y compris le mariage chrétien.

Pour procéder avec ordre, nous parlerons du prix de cette vertu, du motif qui doit l'inspirer; nous verrons ensuite quelle est sa fécondité spirituelle, surtout lorsqu'on la pratique sous sa forme la plus élevée, qui est la virginité (1).

Le motif qui doit inspirter la chasteté

La chasteté, dit saint Thomas, n'est pas seulement cette louable disposition naturelle qu'on appelle la pudeur; celle-ci est une heureuse inclination, craintive de sa nature, qui, par la crainte même qu'elle a du mal, protège contre les désordres de la convoitise. La pudeur, si louable soit-elle, n'est pas une vertu, c'est seulement une bonne disposition naturelle. La chasteté, elle, est une vertu, et, comme le nom de vertu l'indique, c'est une force. La vertu acquise de chasteté telle qu'elle apparut chez les vestales fait descendre dans la sensibilité parfois troublée, bouleversée, la lumière de la droite raison. Quant à la chasteté infuse reçue au baptême, elle y fait descendre la lumière de la grâce, et elle se sert de la chasteté acquise, un peu comme notre intelligence se sert de notre imagination; elles s'exercent ensemble; la chasteté acquise est ainsi au service de la chasteté infuse (2). La virginité, elle, est une vertu supérieure encore, car elle offre à Dieu pour toute la vie l'intégrité du corps et du coeur, qu'elle lui consacre; elle ressemble à la simple chasteté, dit saint Thomas, comme la munificence ressemble à la libéralité, car elle offre à Dieu un don splendide, l'intégrité absolue (3). Elle donne à l'Église, disent saint Cyprien et saint Ambroise, une particulière splendeur (4) et contribue à lui donner l'éclat de la note de sainteté, pour la distinguer des sectes qui ont renoncé aux conseils évangéliques.

Le prix de la chasteté, qu'il s'agisse de celle des vierges, de celle des veuves, ou de la chasteté conjugale, apparaît d'abord par le contraste des désordres qui pro­viennent de la concupiscence de la chair, désordres qui souvent entraînent le divorce, le déshonneur d'une famille, le malheur des époux et de leurs enfants. Il suffit de se rappeler le divorce du roi Henri VIII d'Angleterre, qui entraîna presque tout ce pays dans le schisme, puis dans l'hérésie.

Notre-Seigneur, pour nous préserver de pareils égarements, a dit à tous : « Si ton oeil droit est pour loi une occasion de chute, arrache-le... la main, coupe-la; il vaut mieux pour loi qu'un seul de les membres périsse el que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne » (Matth., v, 29-30).

La chasteté se perd, en effet, par les sens extérieurs, par les pensées, par les désirs du coeur. Elle n'admet aucune sorte de volupté qui soit défendue. Elle retranche même les délectations inutiles, quoique permises. Elle porte à vivre dans le détachement à leur égard.

Le motif qui doit l'inspirer est l'amour de Dieu. La chasteté du coeur et du corps est, en effet, le renoncement à toute affection illicite par amour de Dieu. Elle empêche la vie du coeur de descendre, pour que celle-ci s'élève vers Dieu comme une vive flamme, toujours plus pure et plus ardente.

La chasteté du corps est comme l'écorce de celle du coeur, qui est la plus précieuse.

Pour garder cette vertu il faut donc se tenir toujours spirituellement proche de Jésus crucifié, comme le dit saint François de Sales (5). Cela n'est pas possible sans une double mortification : d'un côté celle du corps et des sens, surtout dès qu'il y a un danger, et de l'autre celle du coeur, en s'interdisant toute affection désordonnée. Celle-ci deviendrait non seulement inutile, mais nuisible, et nous ferait glisser sur une pente périlleuse. La descente n'est que trop facile; elle peut s'accentuer, s'accélérer plus qu'on ne l'avait prévu, et il est ensuite bien difficile de remonter. On se forge parfois des chaînes qu'on n'a pas ensuite le courage- de briser. On finit par dire dans le monde : « L'amour humain, s'il est sincère, a des droits indéniables. » A quoi il, faut répondre : « Il ne saurait avoir des droits contre l'amour dû à Dieu, souverain jÀen, et source de tout amour, vraiment généreux. »

L'Imitation de Jésus- Christ, I, ch. vii à propos des affections déréglées, nous dit : « Dès que l'homme commence à désirer quelque chose de façon désordonnée, il devient inquiet... C'est en résistant aux passions, et non en leur cédant, qu'on trouve la véritable paix du coeur. Elle est le partage de l'homme fervent et spirituel. » On lit dans le même ouvrage, 1. 11, Ch. viii : qu'une trop grande familiarité avec les personnes fait perdre l'intimité de Notre-Seigneur. Il y est dit : « Qui perd Jésus, perd beaucoup plus que s'il perdait le monde entier. Qui le trouve, trouve un trésor immense, au-dessus de tout bien...

Aimez en lui et à cause de lui vos amis et vos ennemis, et priez-le pour tous, afin que tous le connaissent et l'aiment. » C'est ce qui est dit aussi dans l'hymme Jesu, dulcis memoria :

Jesu spes poenitenlibus
Quam pins es petentibus!
Jésus, espoir des pénitents,
Que vous êtes tendre pour ceux qui vous prient,

Quam bonus q mer entibus !
Sed quid invenientibus!

bon pour ceux qui vous cherchent,
mais que n'êtes-vous pas pour ceux qui vous trouvent,

Pour arriver à cette intimité du Christ , il faut être humble et avoir le coeur pur, il faut, dit quelque part saint François de Sales, pratiquer constamment l'humilité et la chasteté, et, s'il est possible, ne les nommer jamais ou bien rarement.

Fécondité spirituelle de cette vertu

La chasteté pratiquée en sa perfection nous fait vivre dans une chair mortelle une vie spirituelle qui est comme le prélude de celle de l'éternité. Elle rend l'homme en quelque manière semblable à l'ange, elle le dégage de la matière. Elle a même pour effet de rendre notre corps de plus en plus semblable à l'âme, et l'âme de plus en plus semblable à Dieu.

Le corps, en effet, lorsqu'il ne vil que pour l'âme, tend à lui ressembler. L'âme est une substance spirituelle qui ne peut être vue immédiatement que par le regard spirituel de Dieu et des anges; elle est simple, car elle n'a pas de parties étendues ; elle est belle, surtout lorsqu'elle garde une intention toujours droite, belle de la beauté des belles doctrines, des belles actions; elle est calme, en ce sens qu'elle est au-dessus de tout mouvement corporel, elle est incorruptible ou immortelle, parce que simple et immatérielle, parce qu'elle ne dépend pas intrinsèquement de notre corps périssable.

Eh bien ! le corps, par la pureté, se spiritualise en quelque sorte; de plus en plus il laisse transparaître l'âme dans le regard surtout ; tel le regard d'un saint en prière. Le corps par cette vertu devient simple : autant l'attitude d'une mondaine est compliquée, autant celle d'une vierge est simple; comme on l'a dit : « Il y a deux êtres très simples : l'enfant, qui ne connaît pas encore le mal, et le saint, qui l'a oublié à force de le vaincre. » Le corps par la pureté s'embellit, car tout ce qui est pur est beau, tel le ciel, lorsqu'il est pur, tel un diamant, qui laisse passer la lumière sans l'arrêter en rien. Ainsi les corps des saints représentés dans les fresques d'Angelico ont une beauté surnaturelle qui est celle de l'âme toute donnée à Dieu. Le corps par la pureté devient calme, et même d'une certaine façon incorruptible ; tandis que le vice flétrit le corps avant l'âge, le ravage, le tue, la virginité le conserve.

Ni le corps de Notre-Seigneur, ni celui de la Sainte Vierge n'ont connu la corruption du tombeau. Et il n'est pas rare que le corps des saints reste intact dans leur sépulcre, et, longtemps après leur mort, il exhale parfois une odeur exquise, signe de ce qu'a été leur parfaite chasteté. Leur corps, qui n'a vécu que pour l'âme, en garde encore l'empreinte. L'Eucharistie que nous recevons laisse corn me des germes d'immortalité dans notre corps appelé à ressusciter un jour et à recevoir un rejaillissement de la gloire de l'âme. Jésus a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jean, vi, 55).

Si la chasteté parfaite rend le corps semblable à l'âme, il est encore plus vrai de dire qu'elle rend l'âme semblable à Dieu. Les trois attributs de Dieu appropriés respectivement à chacune des Personnes divines sont la Puissance, la Sagesse, l'Amour. Or, par la pureté parfaite l'âme devient de plus en plus forte, lumineuse ei aimante. C'est ici surtout qu'apparaît la fécondité de cette vertu.

Par elle l'âme devient forte ; il suffit de se rappeler le courage des vierges martyres : sainte Cécile, sainte Agnès, sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Lucie de Syracuse et beaucoup d'autres. Leurs bourreaux étaient plus vite lassés de les torturer qu'elles n'étaient lassées de souffrir. Sainte Lucie déclara à ses juges qu'une âme chaste et pieuse est le temple du Saint-Esprit ; on voulut alors profaner son corps en la traînant un lieu de débauche, mais elle resta fixée au sol comme un pilier de granit ; le Saint-Esprit la garda à lui malgré les efforts des persécuteurs. Le Seigneur donna à ces vierges une force invincible qui leur faisait surmonter toute crainte au milieu des pires tourments. Sans aller jusqu'au miracle, quelle force, quelle autorité morale, donne la pureté parfaite à la religieuse dans les hôpitaux, les prisons, où elle obtient souvent le respect de pauvres êtres pervertis, qui reconnaissent dans cette vertu une force supérieure, celle de la femme forte, que rien n'amollit. Ainsi et surtout la Vierge par excellence est terrible aux démons, refuge des pécheurs, consolatrice des affligés ; elle porte aussi le nom de Marie auxiliatrice ou Notre-Dame du perpétuel secours ; nous pouvons tous espérer en sa force pleine de bonté.

De même par la pureté l'âme devient lumineuse. e Bienheureux les coeurs purs, car ils verront Dieu. » L'aigle des évangélistes était vierge, saint Paul aussi. Parmi les théologiens, le plus grand, saint Thomas, fut délivré à seize ans de toute tentation de la chair, pour vaquer toute sa vie à la contemplation des choses divines, qu'il devait enseigner aux autres. La pureté parfaite donne aussi parfois à des vierges chrétiennes, comme une Catherine d'Alexandrie, une Catherine de Sienne, une clairvoyance surnaturelle qui leur permet de voir en quelque sorte dès ici-bas la beauté de Dieu, l'harmonie sub!ime des perfec­tions divines en apparence les plus différentes comme l'in­finie justice et la tendresse de sa miséricorde. Ces vier­ges chrétiennes ne confondent pas le bon plaisir de Dieu avec l'arbitraire ; elles ne discutent pas sur les mystères de la Providence infaillible et de la prédestination, mais si elles y touchent; c'est par un mot juste plein d'esprit de foi. Cette claivoyance de l'amour pur a permis aussi à des contemplatifs et à des vierges chrétiennes sans culture théologique d'écrire des pages inoubliables sur la beauté spirituelle de la physionomie du Christ, sur le secret qui unit en lui la force la plus héroïque et la compassion la plus tendre, l'excès de la tristesse et la sér­nité la plus haute, les suprêmes exigences de la justice et les trésors inépuisables de la miséricorde. C'est une grande sagesse de savoir ici ce qui peut se dire et ce qui reste inexprimable, le mystère qui appelle le silence de l'adoration.

Enfin la pureté parfaite donne à l'âme, avec la lumière surnaturelle, un amour spirituel de Dieu et du prochain, qui est vraiment le centuple, et qui compense très au- delà tous les sacrifices accomplis ou à faire encore.

Dans un coeur vraiment purifié, l'amour de Dieu devient de plus en plus tendre et plus fort. Loin de tout sentime­talisme, il s'élève au-dessus de la sensibilité; dans la partie supérieure de la volonté spirituelle, il devient cette vive flamme d'amour dont a parlé saint Jean de la Croix. C'est la réalisation parfaite de ce que demande le précepte suprême : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces, de tout ton esprit » (Luc, x, 27).

Sous certaines touches du Saint-Esprit, le coeur spirituel se fond en quelque sorte en celui du Sauveur pour puiser en lui une plus grande force et une jeunesse toujours nouvelle. Il y a dans cet amour une saveur de vie éternelle.

Vraiment l'âme consacrée à Dieu, lorsqu'elle est pleinement fidèle, mérite bien le nom d'épouse du Christ. Elle est associée par la force et la tendresse de son amour à ce que furent ses tristesses, à ses joies immortelles, à son travail profond dans les âmes, à ses victoires pressenties ou définitives.

Au sommet de cette ascension, il y a dès ici-bas entre l'âme consacrée et son Dieu un vrai mariage spirituel, une union indissoluble qui la transforme en Lui. Elle peut dire : « Mon bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui. » C'est l'intimité la plus profonde, qui va quelquefois jusqu'à la révélation des pensées les plus secrètes. Il y a mille choses que l'épouse fidèle du Christ devine et pressent. C'est la parfaite communion d'idées, de sentiment, de vouloir, de sacrifice et d'action pour le salut des âmes, et la communion eucharistique chaque jour plus fervente, d'une ferveur de volonté, sinon de sensibilité, est le témoignage quotidien de cet amour.

Cet amour très pur et très fort de Dieu et des âmes est le principe d'une paternité ou d'une maternité spirituelles très hautes. Il suffit pour s'en convaincre de se rappeler les paroles de saint Jean l'Évangéliste pour ses enfants spirituels. Notre-Seigneur avait dit, à ses apôtres (Jean, mit, 33) : « Mes petits enfants, je ne suis plus avec vous que pour un peu de temps. » Saint Jean dit à ses disciples : « Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point (6 )... ; vos péchés vous sont remis à cause du nom du Sauveur (7)...; Maintenant, mes petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu'il paraîtra... nous ne soyons pas rejetés loin de lui avec confusion (8). Que personne ne vous séduise (9). N'aimons pas de parole seulement, mais en action et en vérité (10). Vous, mes petits enfants, vous êtes de Dieu... ; celui qui est en vous est plus grand que le monde (11). »-

Saint Paul parle avec la même tendresse paternelle et la même force, lorsqu'il dit aux Galates : « Mes petits enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous... Je suis dans une grande perplexité à votre sujet (12). » Il écrit aux Corinthiens : « Rappellerai-je mes soucis de chaque jour, la sollicitude de toutes les Églises ? Qui est faible, que je ne sois faible aussi? Qui vient à tomber, sans qu'un feu me dévore ? (13) »

Voilà la paternité spirituelle dans toute sa générosité, sa tendresse et sa force. Elle compense et très au-delà la paternité temporelle à laquelle l'apôtre a renoncé. Il ne fonde pas un foyer déterminé et limité, où se transmet une vie qui dure soixante ou quatre-vingts ans, il tra*aille à engendrer des âmes à Notre-Seigneur, à leur communiquer une vie qui doit durer toujours.

Il faut admirer de même la maternité spirituelle des vraies religieuses, qui, par une fidélité grandissante, méritent vraiment d'être appelées épouses de Jésus-Christ; elles exercent cette maternité à l'égard des enfants abandonnés, des pauvres délaissés de tous, à l'égard des malades sans aucun secours, à l'égard des âmes en souffrance qui vont à la dérive, à l'égard des agonisants. A elles il sera dit : « J'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ;... j'ai eu faim... ; j'étais sans vêtement, infirme, en prison, et vous êtes venu à moi... En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous avez agi ainsi à l'égard du plus petit de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Matth., xxv, 35, 40).

La pureté parfaite rend l'âme de plus en plus semblable à Dieu, forte, lumineuse, aimante, et nous fait participer à sa paternité spirituelle, à celle du Sauveur, venu pour fonder, non pas une famille restreinte, mais la grande famille de l'Église qui doit s'étendre à tous les peuples et à toutes les générations.

C'est là ce qui montre la grandeur de ce conseil évangélique, et de la pratique effective de ce conseil: L'esprit de ce conseil a parfois aussi complètement transfiguré la paternité temporelle ou la maternité temporelle. Un des plus grands exemples est celui de sainte Monique, qui, après avoir donné le jour à Augustin, l'enfanta spirituellement par ses larmes et ses supplications. Monique obtint ainsi la conversion de son fils; elle devint doublement sa mère, de corps et d'esprit; et tous ceux qui sont redevables à saint Augustin de la doctrine qu'il a enseignée, doivent remercier cette mère qui entendit ces paroles d'Ambroise : « Le fils de tant de larmes ne saurait périr. »

On voit par là que cette vertu morale de la chasteté lorsqu'elle est vraiment comprise, hautement pratiquée, dispose les âmes à recevoir la grâce de la contemplation, qui procède de la foi vive, éclairée par les dons. Alors commence à se réaliser la promesse : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » L'âme vraiment pure commence en quelque sorte à voir Dieu, dans la prière, en s'unissant plus intimement au saint sacrifice de la messe, à la consécration et à la communion. Elle commence aussi à voir la Providence divine dans les circonstances de la vie, car « tout concourt au bien de ceux qui aiment le Seigneur (14) » et persévèrent dans cet amour. Enfin, en suivant cette voie, on commence à voir Dieu dans les autres âmes qui nous entourent ; peu à peu on découvre parfois, sous une enveloppe épaisse et opaque, une âme lumineuse qui plaît beaucoup plus à Dieu qu'on ne l'avait pensé tout d'abord. Pour voir ainsi Dieu dans les âmes, il faut le mériter, il faut une claivoyance particulière, qu'obtient peu à peu le détachement de soi-même et un amour de Dieu plus pur et plus fort, qui nous fait découvrir en Lui ceux qui l'aiment et ceux qui sont appelés à l'aimer, ceux de qui nous pouvons recevoir et ceux à qui nous pouvons et devons donner par amour pour Lui.

RÉFÉRENCES
— ( 1  ) Matth., ari, ra : Jésus dit « Que celui qui peul comprendre (ce conseil de la virginité) comprenne. » Le Concile de Trente, secs. XXIV, can. Io (Denz. 981), a défini contre Luther que l'état de virginité ou de chasteté absolue consacrée à Dieu est supérieur à l'état conjugal. Saint Paul l'avait dit nettement, I Cor., vil, 25, 38, 40 • « Pour ce qui est des vierges, je n'ai pas de commandement du Seigneur, mais je donne un conseil, comme ayant reçu du Seigneur la gràce' d'être fidèle. Je pense donc, à cause des difficultés présentes, qu'il est bon d'être ainsi... Si pourtant tu t'es marié, tu n'as pas péché, et si la vierge s'est mariée, elle n'a pas péché; mais ces personnes auront les afflictions de la chair, et moi je voudrais vous les épargner... Celui qui n'est pas marié a souci des choses du Seigneur , il cherche à plaire au Seigneur; celui qui est marié a souci des choses du monde, il cherche à plaire à sa femme, et il est partagé. De même la femme qui est mariée... Si son mari vient à mourir, elle est libre de se remarier... Elle est plus heureuse néanmoins si elle demeure comme elle est. »
—(2) Cf. S. Thomas, Il' Il", q. Si.1 a. 1, a ,
—(3) Il' Il", q. i5a, a. 3 et ad 5', a. 5Ambroise
—(4) Cf .
—(5) Iniroduclion à la vie dévote, P., ch. xiii. Ibidem, ch. xn, il dit : Il est plustost fait d'esviter la colère que de la régler : aussi est-il plus aysé de se garder tout à fait des voluptés charnelles, que de gar­der la modération en icelles. »
— ( 6 ) I Joan., zz, 1.
— (7) Ibid., 1I, 12.
— (8) Ibid., n, 28.
— (9) Ibid., ni, 7
— (10) Ibid., ni, 18.
— (11) ibid., iv, 4
— (12) Galat., 1v, 19.
— (13) II Cor az, 29
— (I4) Rom. , vtu, 28 .
Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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