Tome II-Partie 3-Chapitre 9
La justice se différentes formes et l'éducation de la volonté
Beati qui esuriunt et sitiunt justifiera.
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Parmi les quatre vertus cardinales de prudence, justice, force et tempérance, il en est une, précisément la justice, que les personnes qui se donnent à la piété ne considèrent pas toujours assez. Elles sont attentives aux diverses formes de la tempérance, à la prudence à observer dans la conduite générale de la vie; à l'égard du prochain, elles s'efforcent de pratiquer la charité, mais elles négligent quelquefois certains devoirs de justice et la considération des droits d'autrui. Ceux, par exemple, qui persécutèrent saint Jean de la Croix se disaient des hommes de prière et d'austérité, ils furent pourtant d'une très grande injustice envers le réformateur du Carmel.
Si l'on pratiquait mieux les différentes formes de la justice, on formerait grandement en soi la volonté. La justice, en effet, est en cette faculté pour la faire sortir de l'égoïsme ou amour-propre (1), comme la prudence est dans l'intelligence contre l'inconsidération, et comme dans la sensibilité, pour la prémunir contre la peur et les convoitises déréglées, se trouvent la force et la tempérance (2)
Pour ce motif ces quatre vertus sont dites cardinales, comme les gonds sur lesquels tournent les portes qui donnent accès à la vie morale (3), d'où l'expression o sortir de ses gonds », c'est-à-dire se mettre en colère en perdant toute mesure.
Or, on rencontre des aines qui, à côté de leurs irritations, ont une telle pusillanimité qu'elles paraissent avoir perdu toute volonté; on dirait que chez elles cette faculté a disparu, et qu'il n'y a pour ainsi dire en elles que l'égoïsme ou l'amour-propre. La raison en est qu'une volonté privée des vertus acquises et infuses qui devraient étre en elle est considérablement amoindrie. Au contraire, une volonté enrichie de ces vertus est décuplée et plus encore.
Pensons qu'il devrait y avoir en elle les quatre formes de justice dont nous allons parler et, au-dessus d'elles, les vertus de religion, d'espérance, de charité. Ainsi doit se faire la formation ou éducation chrétienne de la volonté et du caractère. Celui-ci doit être la marque authentique de la raison éclairée par la foi et de l'énergie morale, marque imprimée sur le tempérament physique, nerveux, bilieux, lymphatique ou sanguin, tempérament hvperthyroïdien ou hypothyroïdien, pour que ce tempérament cesse de prévaloir, pour que le chrétien apparaisse vraiment comme un être raisonnable et plus encore comme un enfant de Dieu.
Nous sommes ainsi conduits à parler, pour cette éducation chrétienne de la volonté, des diverses formes de la justice, auxquelles correspondent plusieurs préceptes du Décalogue, qui, après nos devoirs envers Dieu, déterminent ceux que nous devons pratiquer envers nos parents et envers toutes les personnes avec qui nous avons des rapports : le bien d'autrui ne convoiteras. Faux témoignage ne diras, etc. (4)». préceptes auxquels on peut manquer de bien des façons, lorsqu'on oublie pratiquement qu'il ne faut pas faire aux autres ce que nous ne voulons pas qu'on nous fasse à nous-mêmes.
Or on ne pense souvent qu'aux formes inférieures de la justice dite commutative, celle qui règle les échanges et défend le vol, la fraude, la calomnie, etc. On ne considère pas assez la juslice distributive (5), qui préside à la répartition, par l'autorité, des avantages et des charges de la vie sociale entre les divers membres de la société. En vue du bien commun, elle distribue comme il faut à chacun les biens, le travail, les charges, les impôts, les récompenses, les peines; cette distribution doit se faire en proportion des mérites, des vrais besoins et de l'importance des divers membres de la société. — On oublie plus encore une forme supérieure de la justice, qui, elle, vise immédiatement le bien commun de la société et fait établir et observer les justes lois et ordonnances; on l'appelle la justice légale (6). Au-dessus d'elle il y a encore l'équité, qui est attentive, non seulement à la lettre, mais à l'esprit des lois, et non seulement des lois civiles, mais de toutes celles qui règlent la conduite du chrétien (7).
La vie intérieure doit veiller à l'exercice de ces vertus. Ici aussi la vertu acquise de justice est au service de la vertu infuse de même nom, un peu comme l'imagination est au service de la raison (8).
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La justice commutative et la justice distributive par rapport à la vie intérieure |
Ces devoirs de justice apparaissent de façon vive et concrète lorsqu'on pense aux défauts à éviter, car la doueur que l'injustice nous cause nous révèle le prix de la justice. Or, les défauts et les actes contraires à la justice commutative ne sont pas seulement l'homicide, le vol, la fraude, l'usure, les fausses accusations et faux témoignages dans un procès, ce sont aussi les injures par colère, les affronts, blâmes ou reproches injustes aux inférieurs, aux égaux et aux supérieurs; c'est aussi la diffamation, la médisance ou le fait de dire du mal d'autrui sans motif proportionné; c'est l'insinuation secrète par chuchoterie, la moquerie qui diminue l'estime due au prochain (9), c'est l'oubli de cette vérité que le prochain a droit à sa réputation et qu'il en a besoin pour faire le bien, à tel point, dit saint Thomas, que les parfaits doivent, non pas pour eux-mêmes, mais pour le bien à faire aux autres, résister à leurs détracteurs (10).
Quand on a manqué, de l'une ou l'autre de ces manières, à la justice commutative, il y a un devoir de re,stitulion ou de réparation. C'est ainsi qu'il faut réparer le tort que nous avons pu faire au prochain par des médisances, des insinuations ou des railleries qui montrent que nous ne faisons pas de lui le cas qu'il mérite (11). 11 y a de la lâcheté, du reste, à ridiculiser quelqu'un qui ne sait pas se défendre, ou les absents qui ne peuvent pas répondre.
Quant au défaut qui s'oppose à la justice distributive, c'est l'acception de personnes. On peut bien préférer une personne à une autre et donner gratuitement plus à l'une qu'à l'autre. Mais le péché d'acception de personnes consiste à préférer injustement une personne à une autre, en enlevant à cette dernière quelque chose qui lui est dû. Cela est plus grave dans l'ordre des choses spirituelles que dans celui des choses temporelles, par exemple si l'on est plus attentif à la condition extérieure des personnes, à leur richesse, qu'à leurs mérites, et qu'on leur refuse le respect qui leur est dû ou les secours spirituels dont elles ont besoin (12).
Les âmes intérieures doivent être particulièrement attentives à ce point et veiller à ne pas méconnaître les amis de Dieu, les saints que le Seigneur s'est choisis dans les conditions les plus modestes. On est parfois injuste à l'égard de serviteurs de Dieu très patients parce qu'on sait qu'ils ne se plaindront pas et supporteront tout. On le fut ainsi souvent à l'égard de saint Benoît-Joseph Labre, sans voir que ce mendiant portait sous ses haillonsl e coeur d'un très grand saint. Au contraire, les âmes clairvoyantes doivent pressentir ou deviner la sainteté qui passe près d'elles, même sous les plus humbles dehors. C'est, du reste, une grande récompense et une grande joie de la découvrir. Ce devait être une grande consolation de constater la sainteté de Benoît-Joseph Labre en voyant de quelle manière il supportait les injures et les coups, lorsque, par exemple, il baisa le caillou qui lui fut jeté et qui fit jaillir son sang.
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La justice légale, l'équité et la formation du caractère |
Au-dessus de la justice commutative et de la justice distributive, il y a la justice dite légale ou sociale, qui, chez le chrétien, et dans les âmes intérieures, doit avoir une forme élevée. Cette vertu regarde non plus directement les droits des personnes individuelles, mais le bien commun de la société, et non pas seulement celui de la société civile, mais celui de cette société spirituelle qu'est l'Église et les divers groupes qui sont en elle. La justice dite légale porte à observer parfaitement les lois ou constitutions de la société à laquelle on appartient. Cette vertu incline le chrétien à s'instruire des lois à observer et des directives du Pasteur suprême, de ses encycliques sur les questions actuelles, encycliques dont la lecture et l'étude est souvent négligée, au grand détriment de tous. La justice sociale doit nous donner le sens du bien commun; elle combat en nous l'individualisme, qui est une forme de l'égoïsme.
Elle nous dispose à nous dévouer généreusement pour le bien général, dans l'oubli de nous-mêmes et, s'il est nécessaire, à sacrifier notre temps, nos aises ou satisfactions personnelles; autrement nous vivrions du bien commun comme des parasites, au lieu de contribuer à le promouvoir et à le maintenir. Nous recevons beaucoup de la société à laquelle nous appartenons et nous nous devons à elle; autrement nous serions comme le gui qui vit sur le chêne aux dépens de celui-ci. Quelquefois le parasite finit par tuer celui aux dépens duquel il vit, comme les microbes qui sont en nous finissent par nous donner la mort; la société et toute société a ses parasites. Pour réagir contre ce vice (dans lequel on pourrait tomber, en prétendant vivre comme un ermite, et en se désintéressant du bien commun), il faut pratiquer les devoirs de la justice légale et se dévouer au bien général, ne pas oublier sa supériorité. A ce point de vue l'amour de la règle, des lois saintes établies dans l'Église, est une grande vertu qui protège contre bien des désordres (13).
Au-dessus enfin de la justice dite légale ou sociale, il y a l'équité (14). Celle-ci est attentive non seulement à la lettre de la loi, mais surtout à son esprit, à l'intention du législateur. Comme elle considère surtout l'esprit des lois, elle ne les interprète pas avec trop de rigueur, de façon mécanique et matérielle, mais avec un sens supérieur, surtout en certaines circonstances spéciales, où, selon l'intention du législateur, il ne conviendrait pas d'appliquer la loi à la lettre, car alors se vérifierait l'adage : « suremum jus est sununa injuria », le droit strict dans toute sa rigueur serait alors une injustice et une injure, car on ne tiendrait pas compte des circonstances exceptionnelles, particulièrement difficiles et affligeantes où quelqu'un se trouve placé (l5).
L'équité, qui préserve du pharisaïsme et du formalisme juridique de bien des juristes, est ainsi la forme la plus élevée de la justice, elle est plus conforme à la sagesse et à un grand bon sens qu'à la loi écrite (16). Elle vise, au- delà du texte des lois, les exigences réelles du bien général et porte à traiter les hommes avec le respect dû à la dignité humaine; c'est un grand point, dont on ne saisit l'importance qu'en avançant en âge. L'équité est une grande vertu, d'où l'expression : il est juste et équitable de faire ceci, par exemple de pratiquer la bienveillance à l'égard d'un ennemi mourant, à l'égard de prisonniers de guerre blessés et qui ont besoin de secours. L'équité a ainsi quelque ressemblance avec la charité qui lui est encore supérieure.
Si l'on était attentif à ces quatre espèces de justice qu'il faut pratiquer, on éviterait beaucoup de conflits entre les personnes, entre les classes, entre les divers groupes qui doivent travailler à une même oeuvre, sous le gouvernement de Dieu. Ces vertus, subordonnées à la charité, augmenteraient aussi considérablement la force de notre volonté ; en la sortant de l'égoïsme, en la rectifiant, elles décupleraient ses énergies et plus encore, C'est à considérer pour l'éducation chrétienne du caractère, qui doit arriver à dominer le tempérament physique et qui doit le marquer à l'effigie de la raison éclairée par la foi. De fait, les vertus acquises font descendre jusque dans le fond de notre volonté la rectitude de la droite raison, et les vertus infuses, la rectitude de la foi et la vie même de la grâce, participation de la vie intiiae de Dieu.
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En connaissant mieux ainsi l'élévation de la justice sous ses différentes formes, on verrait davantage ses rapports avec la charité, qui doit la vivifier d'en haut.
Ces deux vertus ont ceci de commun qu'elles règlent les bons rapports avec les personnes. Mais elles diffèrent l'une de l'autre : la justice nous prescrit de donner à chacun ce qui lui est dû et de le laisser user de son droit. La charité est la vertu par laquelle nous aimons Dieu par dessus tout et, pour l'amour de Dieu, notre prochain commed'autres nous-mêmes comme nous-mêmes. Elle dépasse donc de beaucoup le respect du droit des autres, pour nous faire traiter les autres personnes humaines comme des frères en Jésus-Christ, que nous aimons dans l'amour de Dieu (I7).
Bref, comme le montre bien saint Thomas, la justice regarde le prochain comme une autre personne, en tant qu'autre, la charité le regarde comme un autre nousméme. La justice respecte le droit d'autrui, la charité donne au-delà de ces droits par amour de Dieu et de l'enfant de Dieu. Pardonner veut dire donner au-delà.
On s'explique ainsi que, comme le dit saint Thomas, « la paix (qui est la tranquillité de l'ordre dans l'union des volontés) est l'oeuvre de la justice, d'une manière indirecte, en ce sens que la justice écarte les obstacles à la paix (tels que les torts, les dommages). Mais la paix est directement l'oeuvre de la charité, parce que, de sa nature propre, la charité produit la paix. L'amour est en effet une force unitive; et la paix est l'union des coeurs et des volontés (18) ».
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Les vertus annexes à la justice dans la vie chrétienne |
La justice, ainsi vivifiée par la charité, s'accompagne de plusieurs autres vertus qui lui ressemblent. Parmi elles, il v en a même une qui lui est supérieure, c'est la de vertu de religion, qui rend à Dieu le culte qui lui est dû, culte intérieur et extérieur, dévotion (ou promptitude de la volonté au service de Dieu), prière, sacrifice d'adoration, de réparation, de supplication, d'action de grâces. Cette vertu s'oppose à l'irréligion ou impiété et aussi à la superstition. Elle nous rappelle en même temps le culte de dulie dû aux saints et celui d'hyperdulie dû à la Mère de Dieu. La religion vient ainsi au-dessous des vertus théologales. A la religion doit s'unir la pénitence, pour réparer l'offense faite à Dieu.
A la justice se rattachent aussi la piété filiale envers les parents et envers la patrie, le respect dû au mérite, à l'âge, à la dignité des personnes, l'obéissance aux supérieurs, la reconnaissance pour les bienfaits reçus, la vigilance à punir justement quand il le faut, tout en usant aussi de clémence, enfin la véracité dans les paroles et dans la manière d'être et d'agir. Cette véracité, qui est une vertu, est différente de la franchise, simple inclination de tempérament, qui frise parfois l'insolence et qui oublie que toute vérité n'est pas bonne à dire.
La justice nous rappelle qu'à côté du droit strict il y a les droits el les devoirs de l'amitié (jus amicabile), par rapport à ceux qui nous sont plus intimement unis. Il y la aussi, à l'égard des personnes en général, les devoirs de l'amabilité qui s'oppose à l'adulation et au litige ou contestation inutile y a enfin ceux de la libéralité qui évite à la fois l'avarice et la prodigalité.
Tout cela est fort important dans la conduite de la vie, et parfois les personnes qui se donnent à la piété n'y pensent pas assez, elles prennent un peu trop des airs d'ermite, d'une façon plus égoïste que vertueuse. Il arrive même que, sous prétexte de charité, par un zèle amer, nous manquons à la charité et à la justice par jugement téméraire, médisance, insinuation contre le prochain.
Si, au contraire, on pratiquait généreusement les vertus dont nous venons de parler, la volonté serait grandement rectifiée et fortifiée, mieux disposée à vivre des vertus plus hautes encore d'espérance et de charité, qui doivent nous unir à Dieu et nous conserver cette union au milieu des circonstances variées de l'existence, au milieu même des plus pénibles et des plus imprévues. Se montrer chrétien jusque dans les moindres actes de la vie, là est le vrai bonheur de celui qui marche à la suite de Notre-Seigneur.
Saint Thomas a décrit les vertus cardinales infuses à leur degré éminent lorsqu'il a dit : ( La prudence méprise alors toutes les choses du monde pour la contemplation des choses divines; elle dirige toutes les pensées de l'âme vers Dieu. La tempérance abandonne, autant que la nature le peut supporter, ce qu'exige le corps. La force empêche l'âme de s'effrayer devant la mort et devant l'inconnu des choses supérieures. La justice enfin porte à entrer pleinement dans cette voie toute divine (19). » Ce sont là les virlutes purgatoriae, les vertus purifiantes; plus haut encore, selon saint Thomas (20), sont les vertus de l'âme pleinement purifiée « virlutesam purgali animi, celle des grands saints ici-bas et des bienheureux au ciel ».
On voit par là la grandeur de la vertu de justice, seconde vertu cardinale. Elle est supérieure à la force, à la tempérance et même à la virginité.
Souvent, ce mot de justice n'est plus pour certains qu'un mot vide de sens; alors l'injustice qu'il faut parfois subir rappelle le prix de la justice, sa valeur réelle. Ce grand réalisme apparait surtout dans la béatitude évangélique « bienheureux ceux qui ont faim el soif de justice, car ils seront rassasiés. » Il s'agit ici de la justice au sens le plus élevé et qui contient éminemment tout ce que nous venons de dire.
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— ( 1 ) Cf. S. Thomas, t' II•, q. 56, a. 6, c. et ad 3-.
— (2 ) Ibid., a. 4.
— (3) US. Thomas, P H—, q. 61, 2.1, 2, 3
— (4) Deutéronome, y, ao. 21.
— (5 ) Cf. S. Thomas, II' 11—, q. 3m, a. i, a.
— (6 ) W IP ", q.58, a. 6, 7 ; q.6o, a. 1, 4'; q. 81, a . 8, ad i'".
— ( 7) IP Il", q. 8o, a. i, ad 3', ad 5'; y.120, a. I et 1/, lie elliChe./(1 et aequilale.
— (8) Il", q. leo, a. 12 . « Justitia, meut alise virtutes, potest accipi, et acumsita et infusa, ut ex supra dictis palet (q. 63, a . (,), acquisita quidem causatur ex operibus, sed infusa causatur ab ipso Deo per ejus gratiam. » La justice acquise et ses différentes espèces que nous venons de citer ont été admirablement définies par Aristote, qui a même déterminé à propos du juste milieu la différence du medium ratiortis et du medium rei lequel est selon l'égalité dans la justice commutative et selon une proportionnalité dans la justice distributive (cf. Eihicatn, I. V, ch. 111, et S. Thomas, q. 6i, a. 2). Mais, évidemment. Aristote n'a pas parlé de la justice infuse, qui est éclairée par la lumière surnaturelle de la foi et de la prudence infuse.
— (9) Cf. 111' q. 73-75 : De detractatione, de sussuratione, de derisione.
—(10) Il' IL", q. 72, a .3.
— (11) Il' Il", q. 62.
— (12) ne q. 63, a .1, a; P 'IL", cl• 97, a• 98, a .4-
— (13) Lorsque dans les ordres religieux voués à l'apostolat, l'amour de la règle qui existait chez les saints s'est conservé, alors l'esprit de prière a été gardé, alors les études ont été fforissantes, faites avec esprit de foi, et la prédication a été féconde. C'est ce qu'on remarque au \ Ill, siècle, à l'époque de S. Dominique et de S. François, de S. Thomas, de S. Bonaventure, de S. Albert le Grand. Lorsque, au XIV', la règle a été négligée, l'esprit de prière s'est affaibli, les études aussi, et le ministère a été stérilisé Il a fallu que le Seigneur envoyât de nouveau des saints pour ramener à la ferveur première. C'est que la vie morale et spirituelle est un ensemble et une harmonie de qualités soit acquises, soit infuses, et lorsqu'on commence à se rechercher soi-raème par égoïsme, la pensée ne tarde pas à descendre au niveau de la vie, cl le zèle apostolique disparait.
— (14) Cf. q. lao. a. r et a. L'équité est aussi appelée en latin épicheia, du grec Erii bixmov, au-dessus de la simple justice.
— (15) Le législateur considère ce qui arrive dans la majorité des cas; c'est ainsi qu'il formule la loi, qui cependant en certain cas ne saurait étre appliquée, dit saint Thomas , ibidem. Par exemple, tout déprît doit être rendu à son propriétaire, il ne convient cependant pas de rendre une épée ou toute autre arme un homme furieux, même s'il l'exige, car il est facile de prévoir qu'il eu fera mauvais usage. De même si quelqu'un redemandait un dépêt d'argLrit, pour s'en servir contre )e bien commun de la patrie En ces cas et d'autres semblables, il serait mal de suivre la loi écrite, le bon sens le dit. Une justice supérieure dépasse ici la loi écrite. Et alors on ne juge pas de la loi, mais seulement d'une de ses applications particulières. Cf. ibidem, a. r, corp. et ad 2°. Par exemple si l'on vomi prie de porter à quelqu'un une lettre qui ne peut que le pervertir, vous pouvez et devez éviter de la lui remettre, et vous pouvez même être obligé d'empêcher la continuation du mal qui pourrait ainsi se faire.
— (16) II' q. 120, a . 2 : a Epicheia est pars subjectiva justitiae et de ea justitia dicitur per prius, quam de legali : nain legalis justitia humanorurn actuurn. dirigitur secundum epicheiam. Unde epicheia est quasi superior regula pp. 54-55 Cf. D. LALLENIENT, Principes cailmliques d'action civique, Paris, 1935,
— (17) ) Cf LÉON XIII, Encycl. Graves. VI, 214 (édit de la Bonne Presse), et LALLEMENT, Op. Ci/ , p. 51,.
— (18) 11", q 19, a 3, ad 3°' Item, Pie XI, Encyclica arcane, 1,156.
— (19) P II", q. i;t, a. 5.
— (20) l'Adent |
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