+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome I-Partie 2-Chapitre 13

La confession sacramentelle

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.

CHAPITRE XIII

La confession sacramentelle

« Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. »(Jean, xx, 23.)
(Parole de Jésus à ses apôtres et à leurs successeurs.)

Nous avons vu que la purification de l'âme est un effet de la mortification des sens, de la volonté propre et du jugement propre, nous verrons aussi qu'elle est un effet de la prière; mais Dieu, dans son amour pour nous, a mis à notre portée pour nous purifier d'autres moyens faciles et puissants, les sacrements, qui opèrent par eux-mêmes, ex opere operafo, et produisent en l'âme qui s'y est préparée par des actes de foi et d'amour, une grâce beaucoup plus abondante que celle qu'elle obtiendrait en faisant les mêmes actes en dehors du sacrement.

Cependant si les sacrements par eux-mêmes, par la vertu divine qu'ils contiennent, ont une efficacité propre, la mesure de grâce produite par eux varie selon les dispositions de ceux qui les reçoivent; plus elles sont parfaites, plus la grâce est abondante, et les différences entre diverses personnes recevant le même sacrement sont beaucoup plus grandes qu'on ne se le figure d'habitude. Le sacrement de pénitence est un des moyens les plus précieux de sanctification; encore faut-il le bien recevoir et éviter la routine, qui diminuerait considérablement son effet.

Il importe donc de voir comment se préparer à la confession sacramentelle, comment la bien faire et quels en  sont les fruits.

Comment se préparer à la confession?

Pour s'y préparer dignement, il faut s'examiner sur ses fautes et s'exciter à la contrition.

L'examen de conscience demande d'autant plus de soin que le pénitent tombe dans plus de fautes, et connaît peu son état intérieur Cependant ceux qui examinent chaque soir leurs principaux manquements n'ont aucune peine à se bien connaître et ils sont par là excités à faire de sérieux efforts pour s'amender.

Quant aux personnes spirituelles qui se confessent souvent et qui ont soin de se préserver des péchés délibérés, l'examen de conscience, comme le remarque saint Alphonse, ne demande pas beaucoup de temps. Il convient de se dire : de cette semaine que reste-t-il pour être écrit en Dieu au livre de vie? En quoi ai-je été de Dieu, en quoi ai-je été de moi-même, en cédant à tempérament, à mon égoïsme, à mon orgueil? En considérant ainsi les choses den-haut et lumière, on obtient souvent la grâce d'un regard pénétrant sur sa propre vie.

Il faut distinguer ici les péchés graves, les péchés véniels plus ou moins délibérés et les fautes de fragilité.

Les fautes mortelles, si une âme qui tend vers la perfection a le malheur d'en commettre dans un moment de faiblesse, il faut les accuser en toute sincérité d'une façon claire, dès le début de la confession, sans chercher à les faire passer inaperçues dans la multitude des péchés véniels; il faut en indiquer le nombre, l'espèce, la cause, et surtout en avoir une contrition profonde, avec un ferme propos d'éviter à l'avenir non seulement les fautes elles-mêmes, mais les occasions et les causes. Il faut aussi, même après le pardon, entretenir en son coeur le désir sincère de réparer le mal commis par une vie austère et un amour généreux. Il faut nous rappeler comment l'apôtre saint Pierre pleura son reniement, s'humilia profondément, remercia l'infinie miséricorde, et continua sa marche jusqu'au martyre.

Une faute grave isolée, lorsqu'elle est immédiatement confessée et réparée, ne laisse guère de traces dans l'âme, qui peut dès lors reprendre son ascension, là même où elle était tombée, sans avoir à refaire tout le chemin déjà parcouru. Ainsi celui qui trébuche à mi-côte dans une ascension, lorsqu'il se relève aussitôt, peut continuer sa marche là où il était arrivé.

Quant aux fautes vénielles commises de propos délibéré, elles sont un sérieux obstacle à la perfection, surtout quand elles sont fréquentes et qu'on y est attaché. Ce sont de vraies maladies, qui affaiblissent l'âme chrétienne. « Ne laisse pas le péché vieillir en toi », disait le Seigneur à sainte Gertrude ; le péché véniel pleinement délibéré, lorsqu'il n'est pas rejeté, est comme un poison qui ne serait pas vomi, et qui, sans donner aussitôt la mort, agirait lentement sur l'organisme.

Il faut, par exemple, faire bien attention à ne pas garder volontairement de petites rancunes, ou l'attachement à son jugement propre, à sa volonté propre, l'habitude du jugement téméraire, de la médisance, des affections naturelles dangereuses qui seraient un lien, nous enlevant la liberté de l'esprit et tout élan vers Dieu. Quand on refuse délibérément au Seigneur ces sacrifices manifestement demandés, on ne peut attendre de lui les grâces qui conduisent à la perfection.

Il faut, dès lors, s'accuser nettement des fautes vénielles pleinement délibérées contre la charité, l'humilité, la vertu de religion, etc., surtout de celles qui nous humilient le plus; il faut en rechercher la cause avec une résolution ferme de les éviter. Autrement, cela va sans dire, il n'y a plus de tendance réelle et effective à la perfection. C'est là un point capital.

Il y a d'autres fautes vénielles semi-délibérées, qui sont commises avec moins de réflexions et où il entre une part de surprise et d'entraînement, mais auxquelles cependant la volonté adhère avec une certaine complaisance. Il faut y veiller, surtout si elles reviennent souvent, elles montrent que l'âme combat trop mollement et n'est pas décidée à se délivrer de tous les obstacles.

Pour les fautes de fragilité, ce sont celles qui échappent à la faiblesse humaine; la volonté n'y a qu'une petite part ; elle fléchit un court moment, mais tout de suite elle désavoue sa faiblesse. Les fautes de cette espèce on ne peut pas les éviter complètement ou d'une façon continuelle; mais il faut en diminuer le nombre. Elles ne sont pas un sérieux obstacle à la perfection parce qu'elles sont vite réparées. Il est bon pourtant de les soumettre à l'influence du sacrement de pénitence, la pureté de l'âme deviendra plus complète (1).

La confession elle-même, que doit-elle être?

Elle doit se faire avec grand esprit de foi, en se rappelant que le confesseur tient la place de Notre-Seigneur : il est un juge, puisque ce sacrement est administré par manière de jugement : Ego le absolvo...; mais il est aussi un père spirituel et un médecin, qui indique avec bienveillance des remèdes si on lui expose bien ce dont on souffre.

Il ne suffit pas, dès lors, d'une accusation vague qui n'apprendrait rien au confesseur, comme celle-ci : j'ai eu des distractions dans mes prières. Il convient de dire : j'ai été spécialement distrait par négligence à tel exercice de piété, pour l'avoir mal commencé, sans recueillement, ou pour n'avoir pas combattu des distractions provenant d'une petite rancune, ou d'une affection trop sensible, ou de l'étude. Il convient aussi de rappeler les résolutions prises et de dire si l'on y a plus ou moins manqué. On évitera ainsi la routine et la négligence.

Il faut surtout s'exciter à la contrition et au bon propos, qui en est la conséquence nécessaire. Pour cela, il faut penser aux vrais motifs de la contrition, du côté de Dieu et du nôtre. Il faut demander ne offense à Dieu, grâce de mieux voir que le péché, si léger soit-il, est une résistance à sa volonté, résistance qui certainement lui déplaît; qu'il est aussi une ingratitude à l'égard du plus aimant des pères, ingratitude d'autant plus grande que nous avons plus reçu, et par laquelle nous refusons à Dieu une « joie accidentelle » que nous devrions lui donner. Nos fautes ont rendu plus amer le calice qui fut présenté à Notre-Seigneur à Gethsémani; il pourrait nous dire ces paroles du Psaume mv, 13 : Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage, je le supporterais... ; mais toi tu étais un autre moi-même, mon confident et mon ami, nous vivions ensemble dans une douce intimité. » Voilà bien le motif de la contrition du côté de Dieu.

Il en est un autre de notre côté : le péché véniel, sans diminuer en soi la charité, lui enlève sa ferveur, sa liberté d'action, son rayonnement. Il rend l'amitié divine moins intime et moins active. Perdre l'intimité d'un saint, ce serait déjà beaucoup; mais perdre l'intimité du Sauveur, c'est bien plus encore. De plus, le péché véniel, surtout s'il est délibéré, fait renaître les mauvaises inclinations et nous dispose par là au péché mortel; et en certaines matières, l'attrait pour le plaisir peut faire franchir bien morte rapidement la limite qui sépare le péché véniel du mortel C'est là un autre motif de sincère contrition.

Pratiquée ainsi, la confession, surtout par la vertu de l'absolution et par les conseils du prêtre, sera un puissant moyen de purification et de progrès.

Un exemple entre beaucoup d'autres est celui de la Bs Angèle de Foligno. Elle raconte elle-même, au début du livre de ses visions et instructions, que lorsqu'elle prit pour la première fois connaissance de ses péchés elle eut une grande crainte, trembla à la pensée de sa damnation, pleura beaucoup, rougit pour la première fois, recula devant l'aveu et alla pourtant ainsi à la sainte table « Avec mes péchés, dit-elle, je reçus le corps de Jésus-Christ. C'est pourquoi, ni jour ni nuit ma conscience ne cessait de gronder. Je priai saint François de me faire trouver le confesseur qu'il me fallait, quelqu'un qui pût comprendre et à qui je puisse parler... Le matin, je trouvai dans l'église de saint Félicien un frère qui prêchait. Après le sermon, je résolus de me confesser à lui. Je me confessai pleinement, je reçus l'absolution. Je ne sentis pas l'amour, l'amertume seulement, la honte et la douleur.

« Je persévérai dans la pénitence qui me fut imposée; j'essayai de satisfaire la justice, vide de consolation, pleine de douleur.

« Puis je jetai un premier regard sur la divine miséricorde; je fis connaissance avec celle qui m'avait retirée de l'enfer, avec celle qui m'avait fait la grâce que je raconte. Je reçus sa première illumination; la douleur et les pleurs redoublèrent. Je me livrai à une pénitence sévère...

« Ainsi éclairée, je n'aperçus en moi que des défauts; je vis avec une certitude pleine que j'avais mérité l'enfer... Je ne recevais d'autre consolation que de pouvoir pleurer. Une illumination me donna la vue de mes péchés dans leur profondeur. Ici je compris qu'en offensant le Créateur j'avais offensé toutes les créatures... Par la Sainte Vierge et tous les saints j'invoquais la miséricorde de Dieu et, me sentant morte, je demandais à genoux la vie...

Tout ut coup, je crus sentir sur moi la pitié de toutes les créatures et la pitié de tous les saints. Et je reçus alors un don : c'était un grand feu d'amour et la puissance prier comme jamais je n'avais prié—. Je reçus une profonde connaissance de la façon dont Jésus-Christ était mort pour mes péchés. J'eus de mes propres péchés un sentiment très cruel, et je m'aperçus que l'auteur du crucifiement c'était moi. Mais l'immensité du bienfait de la croix, je ne m'en doutais pas encore...

« Puis le Seigneur, dans sa pitié, m'apparut plusieurs fois, dans le sommeil ou dans la veille, crucifié

« Regarde, disait-il, regarde mes plaies »; il comptait les coups de la flagellation et me disait : « C' est pour loi, pour toi, pour toi »... Je suppliais la Vierge et saint Jean de m'obtenir les douleurs de Jésus-Christ, au moins celles qui leur furent données à eux. Il m'obtinrent cette faveur, et saint Jean m'en combla tellement un jour, que ce jour-là compte parmi les plus terribles de ma vie. » Ensuite, dit-elle, « Dieu écrivit le Pater en mon coeur avec une telle accentuation de sa bonté et de mon indignité, que la parole me manque pour en dire un seul mot.»

C'est par cette contrition très profonde que la Bx Angèle entra dans la voie de la sainteté. Ces grandes grâces doivent attirer notre attention sur le prix des secours que le Seigneur nous offre quotidiennement, sur ce qu'il y a de grand dans la vie chrétienne ordinaire.

Les fruits de la confession
Ces fruit sont ceux des vertus d'humilité et de pénitence et ceux surtout de l'absolution sacramentelle.

Quel acte d'humilité plus vrai et plus indispensable que l'aveu sincère des fautes commises! C'est le remède au vice qui est la racine de tout péché, l'orgueil. Aussi l'hérésie, qui est le fruit de l'orgueil, a supprimé la confession, comme on le voit par le protestantisme. Déjà par une humble confession, les fautes d'orgueil ont un commencement de réparation.

L'acte de pénitence, qui est la contrition, regrette le péché, le désavoue parce qu'il déplaît à Dieu et nous éloigne de lui. Ainsi l'âme se convertit, revient vers le Seigneur, dont elle s'était soit détournée par le péché mortel, soit écartée par le péché véniel. Elle se rapproche et se jette pour ainsi dire avec confiance et amour dans les bras de la miséricorde.

Surtout le sang du Sauveur est sacramentellement répandu sur notre âme par l'absolution sacramentelle. Le protestant n'a jamais, après des fautes qui peuvent tourmenter, la consolation d'entendre un ministre de Dieu lui dire au nom du Seigneur, par manière de jugement miséricordieux : Ego te absolvo. Je t'absous de tes péchés. » II n'a pas la consolation de pouvoir ainsi s'appliquer à lui- même ces paroles du Sauveur aux Apôtres : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » ( Jean, xx, 22). Au contraire, de par ces paroles, le sang du Sauveur est sacramentellement répandu sur nos âmes par l'absolution, il est comme un baume salutaire qui, ajoutant sa puissance à celle des vertus d'humilité et de pénitence, remet les péchés, favorise grandement la complète guérison et aide l'âme à recouvrer les forces perdues.

« Par la confession, dit saint François de Sales (2), vous ne recevez pas seulement l'absolution des péchés véniels, mais aussi une grande force pour les éviter à l'avenir, une grande lumière pour les bien discerner, et une grâce abondante pour réparer toutes les pertes qu'ils vous avaient apportés.»

N'oublions pas cependant que les effets de l'absolution sont toujours proportionnés à la valeur des dispositions avec lesquelles on reçoit ce sacrement. Comme le dit saint Thomas (3), si quelqu'un qui avait cinq talents, et les a perdus par un péché mortel, a une contrition juste suffisante, il ne recouvre pas les mérites perdus au degré où il les avait, il peut recouvrer trois talents; s'il a un regret plus profond de ses fautes, il peut recevoir de nouveau les cinq talents qu'il avait perdus; ou même, avec une ferveur de contrition supérieure, il en recevra plus, six par exemple. Telle paraît avoir été la contrition de saint Pierre après son reniement. Dès lors, il fut très généreusement fidèle à la grâce qui le conduisit jusqu'au martyre.

Parmi vingt personnes qui se confessent, chacune reçoit une mesure de grâce différente des autres, car entre les actes de chacune Dieu discerne des différences que personne ici-bas ne soupçonne. Il y a bien des degrés différents humilité, de contrition et d'amour de Dieu plus ou moins pur et plus ou moins fort. Ce sont comme autant de degrés d'intensité d'une flamme.

Les mêmes principes s'appliquent à la satisfaction sacramentelle, dont l'effet dépend du sacrement, tout en étant mesuré à la ferveur avec laquelle elle est accomplie.

La satisfaction sacramentelle a ainsi plus de valeur qu'une satisfaction non sacramentelle, bien qu'elle soit plus ou moins fructueuse, selon notre générosité. Elle nous obtient ainsi à des degrés divers la remise de la peine due aux péchés pardonnés. Il ne faut donc pas remettre à plus tard cette satisfaction, ou pénitence, mais la faire au plus tôt, en remerciant le Seigneur de la grâce de l'absolution; le sang de Jésus a coulé sur notre âme pour la purifier; demandons-lui de rester en état de grâce et de mourir en cet état. Seuls les saints connaissent profondément le prix du sang du Sauveur; c'est une immense grâce qu'une illumination pénétrante sur les profondeurs du mystère de la Rédemption.

Il convient enfin de s'accuser, du moins en général, des fautes de la vie passée, en pensant aux plus graves, pour en avoir une plus grande contrition et pour que l'application des mérites de Jésus-Christ à ces fautes déjà pardonnées diminue la peine temporelle, qui, presque toujours, reste due après l'absolution. Disons aussi avec le psalmiste (Ps. x vin, 3) :Ab occultis meis munda me, Domine. Purifie-moi, Seigneur, de mes fautes cachées, indirectement volontaires, par suite de ma négligence à connaître et à vouloir ce que je devrais connaître et vouloir.

Il est certain que faite ainsi avec esprit de foi, la confession est un grand moyen de sanctification. Le Seigneur dit à sainte Véronique Juliani : « Tu feras des progrès dans la perfection en proportion des fruits que tu retire­ras de ce sacrement. »

Saint François de Sales, dans un opuscule sur la Pratique de la confession ordinaire, § 4, dit : « Soyez attentifs... pour ouïr en esprit les paroles de l'absolution que le Sauveur même de votre âme prononce là-haut au ciel— en même temps qu'en son nom son prêtre vous absout ici bas. »

Il ajoute, ibidem, s 9 : « Il n'y a point de naturel si revêche qui, par la grâce de Dieu premièrement, puis par l'industrie et là diligence, ne puisse être dompté et surmonté. Suivez pour cela les ordres et conduite du directeur prudent et zélé. »

Pour finir avec le même saint François de Sales (Divers avis louchant la confession, demande XXX), notons que la tristesse de la vraie contrition, c'est-à-dire le déplaisir et la détestation du mal, n'est jamais une tristesse ennuyeuse, chagrine, qui déprime, c'est, au contraire, une sainte tristesse qui rend l'esprit prompt et diligent, qui relève le coeur par la prière et l'espérance, qui le porte aux élans de ferveur ; « c'est une tristesse qui, au fort de son amertume, produit toujours la douceur d'une incomparable consolation, suivant le précepte du grand saint Augustin : Que le pénitent s'attriste toujours (de ses fautes), mais que toujours il se réjouisse de sa tristesse» (4). Si cette tristesse de la contrition, au souvenir des péchés passés, à cette douceur, c'est qu'elle provient de la charité. Plus on s'afflige de ses fautes, plus il est sûr qu'on aime Dieu. C'est la bonne tristesse qui n'est pas chagrine et mélancolique, c'est la componction ou vive douleur d'avoir péché, douleur dans laquelle on trouve les fruits du Saint-Esprit, qui sont la charité, joie, paix, longanimité, bonté, mansuétude, tempérance et fidélité (Galat., v, 22).

RÉFÉRENCES

— (1) L'imperfection se distingue dé ces fautes de fragilité parce qu'elle est seulement une moindre générosité au service de Dieu et une moindre estime des conseils évangéliques. C'est le cas de celui qui, ayant cinq talents, agit quelquefois comme s'il n'en avait que deux, par un acte encore méritoire, mais faible (remissus), avec une conscience plus ou moins nette de cette infériorité. Il ne faut pas confondre ce qui est moins bon en soi avec ce qui est mal en soi, ni ce qui est moins bon pour nous, hic et nunc, avec ce qui serait déjà mal pour nous. Le moindre bien n'est pas un mal, comme le moindre mal n'est pas un bien. Il est clair qu'il faut éviter de confondre le bien et le mal. (Voir sur ce point ce que nous avons dit : L'Amour de Dieu et la croix de Jésus, t. I, p. 36o-389 )

Mais si la distinction est théoriquement facile, pratiquement et concrètement il est difficile de dire où finit la moindre générosité et où commence la négligence et la paresse. De plus, une âme qui veut vraiment tendre à la perfection doit se rappeler que, non seulement elle ne doit pas redescendre, mais qu'elle ne doit pas ralentir son ascension. Et même il conviendrait que sa marche fût accélérée. Comme la pierre tombe d'autant plus vite qu'elle se rapproche de la terre qui l'attire, les âmes devraient marcher d'autant plus vite vers Dieu qu'elles se rapprochent de lui et qu'il les attire davantage (Cf. S. Thomas, in Ep. ad Ilebr., x, 25). De plus, L'imperfection dispose au péché véniel, du fait qu'on ne lutte pas aussi énergiquement qu'il conviendrait contre les inclinations de l'égoïsme.
—(2) Vie dévote,11,79
—(3) q. 89, a . : a Contingit, intensionern motus poenitentis quandogue proportionatam esse majori gratiae, quain fuerit illa, a qua ceci­derat per peccaturn, quandoque autem acquali, quandoque vero minori. Et ideo poenitens quandoque resurgit in majori gratis, quam prius habuerat, quandoque agitent in aequati, quandoque etiam in minori, et Caetera rati' est de virtutibus, quae ex gratia consequuntur. »

—(4) Semper dolent poenilens el de dolore gaudeat. De Poenilenlia, ch. mil, cité par saint Thomas , Ill ", q. 84, a . 9, ad 2 : « Utrum poenitantia positesse continua. »

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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