+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Tome I
Partie -1- chapitre VI
L'influence de Marie médiatrice

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.
Chapitre VI
L'influence de Marie Médiatrice

A propos des fondements de la vie intérieure; on ne peut traiter de l'action du Christ, médiateur universel, sur son Corps mystique, sans parler aussi de l'influence de Marie médiatrice.

Plusieurs, disions-nous, se font illusion, qui prétendent parvenir à l'union à Dieu sans recourir constamment à Notre-Seigneur, qui est la voie, la vérité et la vie. Il y aurait aussi une erreur à vouloir aller à Notre-Seigneur sans passer par Marie, que l'Église appelle, dans une fête spéciale, Médiatrice de toutes les grâces. Les protestants sont tombés dans cette erreur. Sans aller jusqu'à cette déviation, il est des catholiques qui ne voient certaine­ment pas assez la nécessité de recourir à Marie pour arri­ver à l'intimité du Sauveur. Le Bx Grignion de Montfort parle même de « Docteurs qui ne connaissent la Mère de Dieu que d'une manière spéculative, sèche, stérile et indif­férente ; qui craignent qu'on abuse de la dévotion à la Sainte Vierge, qu'on fasse injure à Notre-Seigneur en honorant trop sa sainte Mère. S'ils parlent de la dévotion à Marie, c'est moins pour la recommander que pour détruire les abus qu'on en fait (1) »; ils semblent croire que Marie soit un empêchement pour arriver à l'union divine.

Il y a, dit le Bienheureux, un manque d'humilité à négliger les médiateurs que Dieu nous a donnés à cause de notre faiblesse. L'intimité avec Notre-Seigneur dans l'oraison nous se ra beaucoup facilitée par une vraie et profonde dévotion à Marie.

Pour nous en faire une juste idée, nous nous demanderons ce qu'il faut entendre par médiation universelle, et comment Marie est médiatrice de toutes les grâces, ainsi que l'affirment, avec la Tradition, l'Office et la Messe de Marie médiatrice qui se célèbrent le 31 mai. On a beaucoup écrit sur ce sujet ces derniers temps; nous considérons ici cette doctrine par rapport à la vie intérieure (2)-

Que faut-il entendre par médiation universelle?

« A l'office de médiateur, dit saint Thomas (3), il appartient proprement de rapprocher et d'unir ceux entre quî il est médiateur; car les extrêmes sont unis par un inter, médiaire. Or unir les hommes à Dieu eonviunt parfaite­ment au Christ qui les a réconciliés avec Dieu, selon ces paroles de saint Paul (II Cor., v, 19) : Dieu réconciliait le monde avec lui-même dans le Christ. Et donc seul le Christ est parfait médiateur de Dieu et des hommes, en tant que, par sa mort il a réconcilié le genre humain avec Dieu. Aussi lorsque saint Paul dit (I ad Tim.;ru,b) : g. a un seul mêdiadeur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus fait- homme, il ajoute,: qui s'est donné lui-même en rançon pour tous. Rien pourtant n'empêche que d'au.. tres soient dits d'une certaine manière médiateurs entre Dieu et les hommes, en tant qu'ils coopèrent à l'union des hommes avec Dieu, de façon dispositive et comme des ministres. »

En ce sens, ajoute saint Thomas (4), les prophètes et les prêtres de l'Ancien Testament peuvent être dits médiateurs; et aussi les prêtres du Nouveau Testament. comme ministre du vrai médiateur.

« C'est comme homme, ajoute le saint Docteur (5), que le Christ est médiateur; car c'est comme homme qu'il est entre-les deux extrêmes, au-dessous de Dieu par nature, au-dessus des hommes par la dignité et de la grâce et de la gloire. Et, de plus, comme homme, il réunit les hommes à Dieu en leur présentant les préceptes et les dons de Dieu et en satisfaisant et priant pour eux. » Jésus a satis­fait et mérité comme homme, par une satisfaction et un mérite qui puisaient une valeur infinie dans sa personna­lité divine. Il y a là une double médiation descendante et ascendante qui consiste à donner aux hommes la lumière et la grâce de Dieu et à offrir à Dieu pour les hommes le culte et la réparation qui lui sont dus.

Rien n'empêche donc, comme il vient d'être dit, qu'au-dessous du Christ, il y ait des médiateurs subordonnés à lui, des médiateurs secondaires, comme le furent les prophètes et les prêtres de l'ancienne Loi pour le peuple élu. C'est ainsi qu'on se demande si Marie est médiatrice universelle pour tous les hommes et pour la distribution de toutes les grâces en général et en particulier. Saint Albert le Grand parle de la médiation de Marie comme supérieure à celle des prophètes lorsqu'il dit : « Non est assumpta in ministerium a Domino, sed in consortium et adjutorium, juxta illud : Faciamus ei adjulorium sirnile sibi (6) »; Marie a été choisie par le Seigneur, non pas comme ministre, mais pour être associée d'une façon très spéciale et tout intime à l'oeuvre de la rédemption du genre humain.

Marie, en sa qualité de Mère de Dieu, n'est-elle pas toute désignée pour être médiatrice universelle? N'est- elle pas vraiment intermédiaire entre Dieu et les hommes? Elle est, certes, très au-dessous de Dieu et du Christ, parce que créature ; mais très élevée au-dessus de tous les hommes par la grâce de la maternité divine, « qui lui fait atteindre les frontières mêmes de la divinité 7) », la plénitude de grâce, reçue à l'instant de sa conçeption immaculée, plénitude qui ne cessa de grandir jusqu'à sa mort

Et non seulement Marie était ainsi désignées par la maternité divine, à cette fondation de médiatrice, mais elle l'a reçue de fait et exercée.

C'est ce que nous montre la Tradition (a), qui lui a donné le titre de médiatrice universelle au sens propre du mot (8), quoique de façon subordonnée au Christ, titre consacré désormais par la fête spéciale qui se célèbre dans l'Église universelle.

Pour bien entendre le sens et la portée de ce titre, considérons qu'il convient à Marie pour deux raisons principales :
1° parce qu'elle a coopéré par la satisfaction et le mérite au sacrifice de la Croix;
2° parce qu'elle ne cesse d'intercéder pour nous, de nous obtenir et de nous distribuer toutes les grâces que nous recevons.

Telle est la double médiation, ascendante et descen.: dante, que nous devons considérer pour en bénéficier de mieux en mieux chaque jour.

Marie médiatrice par sa coopération du sacrifice de la Croix

Dans tout le cours de sa vie terrestre, jusqu'au Consurnmatum est,laVierge a coopéré au Sacrifice de son Fils.

Tout d'abord le consentement libre qu'elle a donné le jour de l'Annonciation était nécessaire pour que le mys­tère de l'Incarnation s'accomplisse, comme si, dit saint Thomas q. 30, a . 1), Dieu avait attendu le consentement de l'humanité par la voix de Marie. Par ce flat libre, elle a coopéré au sacrifice de la Croix, puisqu'elle nous en a donné le prêtre et la victime.

Elle y a coopéré aussi en offrant son Fils au temple, comme une hostie très pure, à l'instant où le vieillard

Siméon, sous la lumière prophétique, voyait en cet enfant « le salut préparé par Dieu pour tous les peuples, la lumière de la révélation pour les gentils et la gloire d'Israël » (Luc., if, 31). Marie, plus éclairée que Siméon lui-même, offrit son Fils et commença à souffrir bien pro­fondément avec lui, en entendant •le saint vieillard lui dire qu'il serait « un signe en balle à la contradiction » et que, pour elle, « un glaive transpercerait son âme » (ibid.)

Mais c'est surtout au pied de la Croix que Marie a coopéré au sacrifice du Christ, s'unissant à lui par la satisfaction ou réparation et par le mérite plus intimement qu'on ne saurait le dire. Des saints, en particulier les stigmatisés, ont été exceptionnellement unis aux souffrances et aux mérites du Sauveur, un saint François d'Assise par exemple, une sainte Catherine de Sienne; et ce fut pourtant pèu de chose en comparaison de l'union de Marie.

Comment offrit-elle son Fils? Comme lui-même s'est offert. Jésus aurait pu facilement, par miracle, empêcher les coups de ses bourreaux de lui donner la mort ; ils s'offrit volontairement. « Personne, a-t-il dit, ne m'arrache la vie, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner et celui de la reprendre » (Jean, x, 17). Jésus renonça à son droit à la vie, s'offrit pleinement pour notre salut.

Et de Marie , il est dit en saint Jean, xix, 25 : Stabat juxta crucem Jesu mater ejus », au pied de la croix de  Jésus, sa mère se tenait debout, et bien sûr très intimement unie à lui dans la douleur et dans l'oblation. Comme  le dit le Pape Benoît XV : « Elle renonça à ses droits de mère sur son Fils pour le salut de tous les hommes (9). »

Elle accepta le martyre du Christ et l'offrit pour nous . tous les tourments qu'il souffrit dans son corps et dans son âme, elle les ressentit dans la mesure de son amour. Plus que personne, Marie a souffert de la souffrance même du Sauveur; elle a souffert du péché dans la mesure de son amour pour Dieu, que le péché offense, pour son Fils, que le péché crucifiait, pour les âmes, que le péché ravage et fait mourir. Or la charité de la Vierge dépassait incomparablement celle des plus grands saints.

Elle a ainsi coopéré au sacrifice de la Croix par manière de satisfaction ou de réparation, en offrant pour nous à Dieu, avec une grande douleur et un très ardent amour, la vie de son Fils très cher, et légitimement adoré, plus cher que sa propre vie.

En cet instant, le Sauveur a satisfait pour nous en stricte justice, par ses actes humains qui puisaient dans sa personnalité divine une valeur infinie, capable de réparer l'offense de tous les péchés mortels réunis et au-delà. Sou amour plaisait plus à Dieu que tous les péchés ne lui déplaisent (10). C'est l'essence du mystère de la Rédemption. Sur le Calvaire, en union avec son Fils, Marie a satisfait pour nous, par une satisfaction fondée, non pas sur la stricte justice, mais sur les droits de l'infime amitié ou charité qui l'unissait à Dieu (11).

Au moment où son Fils allait mourir crucifié, apparemment vaincu et abandonné, elle ne cessa pas un instant de croire qu'il était le Verbe fait chair, le Sauveur du monde, que dans trois jours il ressusciterait comme il l'avait prédit. Ce fut le plus grand acte de foi et d'espérance; ce fut aussi, après l'acte d'amour du Christ, le plus grand acte d'amour. Il fit de Marie la reine des martyrs, martyre elle-même non seulement pour le Christ, mais avec le Christ, si bien qu'une seule croix suffit pour son Fils et pour elle, car elle y était en quelque sorte clouée par l'amour qu'elle avait pour lui. Elle a été ainsi corédempirice, comme le dit le Pape Benoît XV, en ce sens qu'avec le Christ, par lui et en lui, elle a racheté le genre humain (12).

Pour la même raison, tout ce que le Christ en croix nous a mérité en stricte justice, Marie nous l'a mérité d'un mérite de convenance fondé sur la charité qui l'unissait à Dieu. Seul le Christ, comme tête de l'humanitéj a pu mériter strictement de nous transmettre la vie divine, mais S. S. Pie X a sanctionné l'enseignement des théologiens lorsqu'il écrivit : « Marie, unie au Christ dans l'oeuvre du salut, nous a mérité de congruo (c'est-à-dire d'un mérite de convenance ce que le Christ nous méritait de condigno (13). »

Le principal fondement traditionnel de cet enseignement commun des théologiens, ainsi sanctionné par les Souverains Pontifes, est que Marie est appelée dans toute la Tradition grecque et latine la nouvelle Ève, Mère de tous les hommes pour la vie de l'âme, comme Ève le fut pour la vie du corps. Or la Mère spirituelle de tous les hommes doit leur donner la vie spirituelle, non pas comme cause physique principale (car Dieu seul peut être cause physique principale de la grâce divine), mais moralement, par le mérite de convenance, l'autre étant réservé au Christ,

L'office et la messe propres de Marie médiatrice réunis­sent les principaux témoignages de la Tradition sur ce point et leur fondement scripturaire, en particulier les déclarations très nettes de saint Ephrem, la gloire de l'église syriaque, de saint Germain de Constantinople, de saint Bernard et de saint Bernardin de Sienne. Même dès le second et troisième siècle, saint Justin, saint Irénée, Tertullien insistaient surie parallèle entre Ève et Marie, et montraient que si la première a concouru à notre chute, la seconde a collaboré à notre rédemption (14).

Cet enseignement de la Tradition repose lui-même en partie sur les paroles de Jésus, rapportées dans l'Évangile de la messe de Marie médiatrice : Le Sauveur allait mourir, et, « ayant vu sa Mère et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, il dit à sa Mère : Femme, voilà votre fils. Ensuite il dit au disciple : Voilà votre mère. Et, depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jean, xix, 27).

Le sens littéral de ces mots : « voilà votre fils » dési• gne saint Jean, mais pour Dieu les événements et les personnes en signifient d'autres (15); et ici saint Jean désigne spirituellement tous les hommes rachetés par le sacrifice de la croix. Dieu et son Christ parlent non seulement par les mots dont ils se servent, mais par les événements et les personnes dont ils sont maîtres et par lesquels ils signifient ce qu'ils veulent selon le plan de la Providence Au moment où il mourait, Jésus, s'adressant à Marie et Jean, voyait en Jean, la personnification de tous lés hommes, pour lesquels il versait son sang. Et comme cette parole créa pour ainsi dire en Marie une affection maternelle des plus profondes, qui ne cessa d'envelopper l'âme du disciple bien-aimé, cette affection surnaturelle s'étendit à nous tous et fit vraiment de Marie la Mète spirituelle de tous les hommes. Ainsi s'exprime, au Ville siècle l'abbé Rupert, après lui saint Bernardin de Sienne, Bossuet, le Bx Grignion de Montfort et beaucoup d'autres. C'est la conséquence de ce que la Tradition nous dit de la nouvelle Ève, mère spirituelle de tous les hommes.

Enfin si l'on étudie théologiquement tout ce qui est requis au mérite de convenance, fondé, non pas sur la justice, mais sur la charité ou amitié surnaturelle qui nous unit à Dieu, on ne saurait le trouver mieux réalisé qu'en Marie. Si, en effet, une bonne mère chrétienne, par sa vertu, mérite ainsi des grâces à ses enfants (16), à combieti plus forte raison Marie, incomparablement plus unie à Dieu pir la plénitude de sa charité, peut-elle mériter, de ce mérite de convenance, pour tous les hommes.

Telle est la médiation ascendante de Marie, en tant qu'elle a offert pour nous avec Notre-Seigneur le sacrifice de la Croix, en réparant et en méritant pour nous.

Considérons maintenant la médiation descendante, par laquelle elle nous distribue les dons de Dieu.

Marie nous obtient et nous distribue toutes les graces

C'est là une doctrine certaine, d'après ce que nous venons de dire de la Mère de tous les hommes; comme Mère, elle s'intéresse à leur salut, prie pour eux, et leur obtient les grâces qu'ils reçoivent.

Dans l'Ave maris ;Stella il est dit

Solve vincla reis,
Rompez les liens des pécheurs,

Profer lumen ccecis.
Rendez la lumière aux aveugles.

Mata nostra pelle,
Eloignez de nous les maux,

Bona cuncta posce (17).
Obtenez-nous tous les biens.

Léon XIII, dans une Encyclique sur le Rosaire (18), dit : « Selon la volonté de Dieu, rien ne nous est accordé que par Marie, et comme nul ne peut arriver au Père que par le Fils, ainsi généralement nul ne peut approcher du Christ que par Marie.

L'Église, de fait, s'adresse à Marie pour obtenir les grâces de toutes sortes, temporelles et spirituelles, et, parmi ces dernières, depuis la grâce de la conversion jusqu'à celle de la persévérance finale, sans oublier celles nécessaires aux vierges pour garder la virginité, aux apôtres pour exercer leur apostolat, aux martyrs pour rester fermes dans la foi. C'est ainsi que Marie, dans les Litanies de Lorette, universellement récitées depuis longtemps dans l'Église, est appelée : « salut des infirmes, refuge des pécheurs, consolatrice des affligés, secours des chrétiens, reine des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges ». Ainsi par elle sont distribuées les grâces de toutes sortes, même, en un sens, celles des sacrements; car elle nous les a méritées en union avec Notre-Seigneur au Calvaire, et de plus elle nous dispose par sa prière à nous approcher des sacrements, à les bien recevoir; parfois même elle nous envoie le prêtre, sans lequel ce secours sacramentel ne nous serait pas donné.

Enfin ce n'est pas seulement chaque espèce de grâce qui nous est distribuée par Marie, mais chaque grâce en particulier. N'est-ce pas ce que dit la foi de l'Église en ces paroles de l'Ave Maria : «Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs maintenant et à l'heure de notre mort; ainsi soit-il. » Ce « maintenant » est dit à chaque minute, dans l'Église, par des milliers de chrétiens qui demandent ainsi la grâce du moment présent; or celle-ci est la plus particulière des grâces, elle varie avec chacun de nous, et pour chacun à chaque minute. Si nous sommes distraits en prononçant cette parole, Marie, qui n'est pas distraite, connaît nos besoins spirituels de chaque instant, elle prie pour nous et nous obtient toutes les grâces que nous recevons.

Cet enseignement, contenu dans la foi de l'Église, exprimée par les prières communes (lex orandi, lex credendi), est fondé sur l'Écriture et la Tradition. Dès sa vie terrestre, en effet, Marie apparaît dans l'Écriture comme la distributrice des grâces. Par elle, Jésus sanctifie le Précurseur, lorsqu'elle- vient voir sa cousine Elisabeth et chante le Magnificat. Par elle, Jésus confirme la foi des disciples à Cana , en accordant le miracle qu'elle demandait. Par elle il affermit la foi de Jean au Calvaire, en lui disant : « Mon fils, voilà votre mère. » Par elle enfin le Saint-Esprit se répandit sur les Apôtres, car elle priait avec eux au Cénacle le jour de la Pentecôte, quand l'Esprit-Saint descendit sous la forme de langues de feu (Act., I, 14). plus forte raison après l'Assomption, depuis qu'elle est entrée dans la gloire, Marie est-elle distributrice de toutes les grâces. Comme une mère béatifiée 'connaît au ciel les besoins spirituels des enfants qu'elle a laissés sur la terre, Marie connaît tous les besoins spirituels de tous les hommes. Comrne elle est une mère très bonne, elle prie pour eux et, comme elle est toute-puissante sur le Coeur de son Fils, elle nous obtient 'toutes les grâces que nous recevons, toutes celles que reçoivent ceux qui ne s'obstinent pas dans le mal. Elle est, dit-on, comme l'aqueduc des grâces et, dans le Corps mystique, comme le cou virginal qui réunit la tête aux membres.

A propos de ce que doit être l'oraison des progressants, nous parlerons de la vraie, dévotion à Marie telle que l'a conçue le Bx Grignion de Montfort. Dès maintenant on voit combien il convient de faire souvent L'oraison des médiateurs, c'est-à-dire de commencer cet entretien spirituel par une conversation filiale très confiante avec Marie, pour qu'elle nous conduise à l'intimité de son Fils, et pour nous élever ensuite, par la sainte âme, du Sauveur, à l'union à Dieu. puisque Jésus est la voie, la vérité et la vie (I9).

Références

— (1) 13= GRIGNION DE MONTFORT, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, ch. u, a. 1, S 1. Voir aussi Le Secret de Marie, du même auteur,. t'est le résumé du précédent traité

— (2) Cf. S. BERNARD. Serm. in Dominic. infr. Oct. Assumpt. n. i (P. L.. t.183, 829). Serin. in Nati?). B. V. Marine De aquaeductu. n. 6-7 (P. L. , t. 183, 440). Épist. ad Canonicos Lugdunenses de Conceptione S. Mariae n. 2 (P. L., t..182, 333)

S. ALBERT LE GRAND, Mariale sive Qucestiones super Evangelium : Missus est (édit. A. Borgnet, Paris, 1890-189g, t. XXXVII, q. 29 — S. BONAVEN­TURA, Sermones de B. V. Maria, De Annuntialione, serm. V (Quarachi 1901, t. IX, p, 670. — S. THOMAS, In Salut. angel. expositio. — BOSSUET, Sermon sic la Sainte Vierge. — TERRIEN, S. J., La Mère de Dieu et la Mère des hommes, t. III. — HUGON, O. P., Marie pleine de grâce. — J. BITTREMIEUX, De Medialione universali B. Marine V. quoad gratias, 1926, Beyaert, Bru­ges. — LÉON LELOIR, La Médiation manoie dans la Théologie contemporaine, 1933, ibid. — P. R. BERNARD, O. P., Le Mystère de Marie, Desclée de Brouwer, Paris, 1933 Cet excellent livre est à méditer. Voir aussi P. G. FRIETOFF, O. P., De alma Socia Ch•isti mediatoris, Rome 1936. — Le saint Coeur de Marie, par J.V. BAINVEL, S. J., 1919. — Le Rosaire de Marie, trad. annotée des Encycl. de Léon XIII sur le Rosaire, par le P. JORET, O. P., 1933. — (2) Ill', q..26, a.
— (3) GRIGNION DE MONTFORT, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, ch. u, a. 1, S 1. Voir aussi Le Secret de Marie, du même auteur,. t'est le résumé du précédent traité
— (4) Cf. S. BERNARD. Serm. in Dominic. infr. Oct. Assumpt. n. i (P. L.. t.183, 829). Serin. in Nati?). B. V. Marine De aquaeductu. n. 6-7 (P. L. , t. 183, 440). Épist. ad Canonicos Lugdunenses de Conceptione S. Mariae n. 2 (P. L., t..182, 333
— (5) Mariale, ta.
— (6) CAATAN.
— (7) Cf. J. BITTREMIEUX;Op. Cif;'
—(8) Cr. O. FRISTIIGP•, O. P,, Angelicum, oct. 1933. pp 469- 477.
—(9) Lill. Apost. « inter sodalicia », 22 mars 1918 (Act. Ap. Scd. 1918, 182, cité dans Denzinger, ed. iG, n° 3o34, nota 4.

— (10) Cf. S. THOMAS, Ill', q. 48, a . 2 : « 111e proprie satisfecit pro offensa; qui exhibét offenso id quod aeque vel magis diligit, quam oderit offensam. Christus autem et cantate et obedientia patiendo majus aliquid Deo exhibuit, quam exigeret recompens,atio totius offensae humani generim.. propter magnitudinem dignitatem vitae suae, quam pro satisfactione ponebat, quae erat vita Dei et hominis,... et propter"generatitatem passionis et magnitudinem doloris assumpti. »
— (11) « Satisfactio B. M. Virginis fundatur, non in stricta justitia, sed in jure amicabiti. » C'est l'enseignement commun des théologiens.
— (I2) BENED1CTUM XV, Litt. Apost. citat. : « Ils cum Filio patiente et naoriente passa est et paene commortua, sic materna in Filium jura pro hominum salute abdicavit placandaeque Dei justitiae, quantum ad se pertinebat, Filium immolavit, ut dici rxierito queat, ipsam cum Christo humanum genus redetnisse ». DENZINGER, Enchiridion. n° 3o34, nota 4.
— 13) Cf. Pins,' X, Encyclica « Ad diem ilium », 2 Febr. igot, (Denzinger, Enchiridion, 3o34) : « Quoniam universis sanctitate praestat conjunctioneque cum Christo atque a Christo ascita in humanae salutis opus, de congruo, ut aiunt, promeruit nobis, quae Christus de condigno prome cuit, estque princeps largiendarum gratiarum ministra. » Il faut remarquer que le mérite de congruo, qui est fondé in jure amicabili seu in caritate, est encore un mérite proprement dit, quoique inférieur au mérite de condigno; le mot mérite se dit des deux selon une analogie de proportionnalité propre et non pas seulement métaphorique.
—(14) Saint Irénée, 'gni représente les églises d'Asie, où il avait été formé, l'Église de Rome , où il avait vécu, les églises des Gaules, où il enseigna, écrivait (Adu. Haeres., V, zut, 1) : « Comme Ève, séduite par le discours de l'ange (rebelle), se détourna de Dieu et trahit sa parole, ainsi Marie entendit de l'ange la bonne nouvelle de la vérité; elle porta Dieu dans son sein pour avoir obéi à sa parole... Le genre humain enchaîné par une vierge est délivré par une vierge,... la prudence du serpent cède à la simplicité de la colombe; les liens qui nous enchaînaient dans la mort sont déliés. »

Saint Ephrem, dans une prière citée au 2° nocturne de l'Office de Marie mediatrice, conclut de ce parallèle entre Ève et la Mère de Dieu, que « Marie est, après Jésus, le médiateur par excellence, la médiatrice du monde entier, mediatrix tolius mundi, et que c'est par elle que nous obtenons tous les biens spirituels (lu creaturam replesti omni genere beneficii, caelestibus laetitiam attulisti, terrestria salvasti).
Saint Germain de Constantinople (Ora io 9, p G., t. g8, 377 sq., citée dans le même nocturne de l'Office) dit même : « Nullus, nisi per te, o sanctissima, salutem consequitur. Nullus, nisi per te, o immaculatissima, qui a matis liberetur. Nullus, niai per te, o castissirna, cul donum indulgeatur. » « Nul n'est sauvé que par vous, o très sainte; nul n'est délivré du mal que par vous, o immaculée; nul ne reçoit les dons de Dieu que par vous, o très pure. »
Saint Bernard dit : « O notre médiatrice, ô notre avocate, réconciliez- nous avec votre Filas recommandez-nous à votre Fils, présentez-nous à votre Fils. » (Second sermon In adrentu, 5). « C'est la volonté de Dieu que nous ayons tout par Marie, sic est voluntas ejus qui totem nos habere votait per Mariam (sur la Nativité de la B. V. Marie, n. 7). Elle est pleine de grâce, le trop plein se déverse sur nous, plana siÿi, superptena nobis ( Sermon Il sur l'Assomption, n° 2).
—(15) Cr. S. Thomas, P, q. 1, a . io : « Anctor sacrae Scripturae est Deus, in cujus, potestate estyut non soli:n/ voces ad significandum accommette, riel etiamres ipsas. »
— (I6) Cf. S. THOMAS, P q. i t4, a. 6 : « Merito condigni nullus potest mereri alteri primam gratiam nisi sous Christus..., in quantum est caput Ecclesiae et auctor salutis humanae... Sed merito congrui potest aliquis alteri mereri primam gratiam. Quia enim homo in gratis constitutus implet Dei voluntatem, congruum est secundum amicitiae proportionem, ut Deus impleat hominis voluntatem in salvatione alterius; licet quandoque posait habere impedimentum ex parte illius, cujus aliquis sanctus justificationem desiderat.»
— (17) Les Jansénistes avaient modifié ce vers pour ne pas affirmer cette médiation universelle de Marie.
— (18) Encycl. Octobri mense, de Rosario, 22 sept. 1891 (Denzinger, 3o33):
nobis, nisi per Mariam, Deo sic volente, impertiri, ut, quo modo ad summum Fatrem nisi per Filium nemo potest accedere, ita fere nisi per iVlariam accedere nemo posait ad Christum. »
—(19 Plusieurs théologiens thomistes admettent que, comme l'huma­nité de Jésus est cause instrumentale physique de toutes les grâces que nous recevons (cf. S. Thomas, Ill', q. 43, a . 2 ; q. 48, a . 6; q. 62, a . 5), tout porte à penser que Marie, d'une façon subordonnée à Notre-Seigneur, est aussi cause instrumentale physique, et non pas seulement morale, de la transmission de ces grâces. Nous ne croyons pas que la chose puisse s'établir avec une vraie certitude, mais les principes formulés par saint Thomas à ce sujet à propos de l'humanité du Christ inclinent à le penser.

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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P.Garrigou-Lagrange.o.p._Tome-I
Restaurant de mon fils François Pour choisir une autre série Le commerce de mon fils Marcel