+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
Les Trois äges de la vie Intérieure
Titre de la page:

Partie -1- chapitre 2

La vie intérieure et la conversion intime avec Dieu

Nom de l'auteur:
P. Garrigou-Lagrange.o.p.

Partie -1- chapitre 2

La vie intérieure et la conversion intime avec Dieu

Noslra conversatio in colis est,

Notre conversation est dans le ciel. (Phil. nr, 20.)

La vie intérieure, disions-nous, suppose l'état dé grâce, qui est le germe de la vie de l'éternité. Cependant l'état de grâce, qui existe chez tout enfant après son baptême et chez tout pénitent qui a reçu l'absolution de ses fautes, ne suffit pas à constituer ce que l'on appelle d'habitude la vie intérieure du chrétien. Il faut, en outre, une lutte contre ce qui ferait retomber dans le péché et une sérieuse tendance de l'âme vers Dieu.

A ce point de vue, pour faire entendre ce que doit être la vie intérieure, il convient de la comparer avec la conversation intime que chacun de nous a avec soi-même. Sous l'influence de la grâce, si l'on est fidèle, cette conversation intime tend à s'élever, à se transformer et à devenir une conversation avec Dieu. C'est là une remarque élémentaire; mais les vérités les plus vitales et les plus profondes sont des vérités élémentaires auxquelles ont a longtemps pensé, dont on a vécu, et qui finissent par devenir objet de contemplation presque continuelle.

Considérons successivement ces deux formes de la conversation intime, l'une humaine, l'autre de plus en plus divine ou surnaturelle.

La conversation de chacun avec soi-même

Dès que l'homme cesse de s'occuper extérieurement, de parler avec ses semblables, dès qu'il se trouve seul, même dans le bruit des rues d'une grande ville, il commence à s'entretenir avec lui-même. S'il est jeune, il pense souvent à son avenir ; s'il est vieux, il pense au passé, et son expérience heureuse ou malheureuse de la vie le fait d'habitude juger très différemment des personnes et des événements.

Si l'homme reste foncièrement égoïste, sa conversation intime avec lui-même est inspirée par la sensualité ou par l'orgueil; il s'entretient de l'objet de sa cupidité, de son envie, et comme il trouve ainsi en lui-même la tristesse, la mort, il cherche à se fuir lui-même, à s'extérioriser, à se divertir pour oublier le vide et le néant de sa vie.

Il y a dans cette conversation intime de l'égoïste avec lui-même une certaine connaissance très inférieure de soi, et un amour non moins inférieur de soi.

Il connaît surtout la partie sensitive de son âme, celle qui est commune à l'homme et à l'animal; il a ainsi des joies sensibles, des tristesses sensibles, suivant qu'il fait beau temps ou mauvais temps, qu'il gagne de l'argent ou qu'il en perd; il a des désirs et des aversions du même ordre, et, lorsqu'il est contrarié, des impatiences et des colères, inspirées par l'amour désordonné de soi-même.

Mais l'égoiste connaît fort peu la partie spirituelle de son âme celle qui est commune à l'ange et à l'homme.

Même s'il croit à la spiritualité de l'âme et des facultés supérieures, intelligence et volonté, il ne vit pas dans cet ordre spirituel. Il ne connaît pour ainsi dire pas expérimentalement cette partie supérieure de lui-même, et il ne l'aime pas assez. S'il la connaissait, il y trouverait l'image de Dieu et il commencerait à s'aimer, non pas de façon égoïste, pour soi-même, mais pour Dieu. Presque toujours, ses pensées retombent sur ce qu'il y a d'inférieur en lui, et s'il fait souvent preuve d'intelligence, d'une grande habileté qui va jusqu'à la ruse et à l'astuce, l'intelligence en lui, au lieu de s'élever, s'incline toujours vers ce qui est inférieur à elle. Elle est faite pour contempler Dieu, vérité suprême, et elle s'attarde souvent dans l'erreur, en s'obstinant parfois à la défendre par tous les moyens. Si la vie n'est pas à la hauteur de la pensée a-t-on dit, la pensée finit par descendre au niveau de la vie. Tout s'abaisse, et les hautes convictions qu'on pouvait avoir s'affaiblissent de plus en plus.

La conversation intime de l'égoïste avec lui-même va ainsi à la mort et n'est donc pas une vie intérieure. Son amour de soi le porte à vouloir se faire centre de tout, à ramener tout à soi, les personnes et les choses ; et, comme cela est impossible, il arrive souvent au désenchantement et au dégoût ; il devient insupportable à lui-même et aux autres et finit par se haïr lui-même pour avoir voulu trop s'aimer ; parfois il finit par haïr la vie pour avoir trop désiré ce qu'il y a d'inférieur en elle (1).

Si, sans être en état de grâce, l'homme commence à chercher le bien, sa conversation intime avec lui-même est déjà toute différente. Il s'entretient, par exemple, de ce qui est nécessaire pour vivre honnêtement et pour faire vivre les siens. Pour cela, il a parfois de grandes préoccupations, il sent sa faiblesse et le besoin de mettre sa confiance, non pas seulement en lui-même, mais en Dieu.

Cet homme, encore en état de péché mortel, peut avoir la foi chrétienne et l'espérance, qui subsistent en nous, même après la perte de la charité, tant que nous n'avons pas péché mortellement par incrédulité, désespoir ou présomption. Alors, la conversatio intime que cet homme a avec lui-même est parfois éclairée par la lumière surnaturelle de la foi ; il pense quelquefois à la vie éternelle et la désire, bien que ce désir reste faible. Il est parfois porté par une inspiration spéciale à entrer dans une église pour prier.

Si, enfin, cet homme a au moins l'attrition de ses fautes et en reçoit l'absolution, il recouvre l'état de grâce et la charité, l'amour de Dieu et du prochain. Dès lors, lorsqu'il se trouve seul, sa conversation intime avec lui- même change; il commence à s'aimer saintement lui- même, non pour soi, mais pour Dieu, et à aimer les siens pour Dieu, à comprendre qu'il doit pardonner à ses ennemis et les aimer, à vouloir pour eux comme pour soi la vie éternelle. Mais souvent pourtant la conversation intime de l'homme en état de grâce reste entachée d'égoïsme, d'amour-propre, de sensualité, d'orgueil. Ces fautes ne sont plus mortelles en lui, elles sont vénielles ; mais si elles sont réitérées, elles l'inclinent à retomber dans une faute grave, c'est-à-dire à retomber dans la mort spirituelle. Alors, de nouveau, l'homme tend à se fuir lui­méme, parce que ce qu'il trouve en lui, ce n'est plus la vie, c'est la mort, et, au lieu de faire une salutaire réflexion sur ce sujet, il arrive qu'il se rejette davantage dans la mort en se jetant dans le plaisir, dans les satisfac­tions de la sensualité ou de l'orgueil.

Malgré tout, aux heures d'isolement, la conversation intime reprend, comme pour prouver à l'homme qu'elle ne peut pas s'arrêter. Il voudrait l'interrompre, il ne le peut pas. C'est le fond de l'âme qui a un besoin incoercible, auquel il faudrait donner satisfaction. Mais, en réalité, Dieu seul peut y répondre, et il faudrait prendre tout à fait la voie qui mène à Lui. L'âme a besoin de s'entretenir avec un autre qu'elle-même. Pourquoi? Parce qu'elle n'est pas sa propre fin dernière. Parce que sa fin est le Dieu vivant et qu'elle ne peut se reposer tout à fait qu'en Lui. Comme le dit saint Augustin : « Irrequielum est cor nosirum, Domine, donec requiescal in te (2). »

La conversation intérieure avec Dieu

La vie intérieure est précisément une élévation et une transformation de la conversation intime de chacun avec soi-même, dès que celle-ci tend à devenir une conversation avec Dieu. Saint Paul dit (I Cor., Ii, 11) « Qui d'entre les hommes connaît ce qui se passe dans l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? De même personne ne connaît ce qui est en Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.»

Mais l'Esprit de Dieu manifeste progressivement aux âmes de bonne volonté ce que Dieu désire d'elles et ce qu'Il veut leur donner. Puissions-nous recevoir docilement tout ce que Dieu veut nous donner Le Seigneur dit à ceux qui le cherchent : « Tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais déjà trouvé. »

Cette manifestation progressive de Dieu à l'âme qui le cherche ne va pas sans lutte; il faut se dégager des liens qui sont les suites du péché, et peu à peu disparaît ce que saint Paul appelle « le vieil homme » et se forme l'homme intérieur ».

Il écrit aux Romains (vu, 21) : « Je trouve cette loi en moi : quand je veux faire le bien, le mal est près de moi. Je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de mon esprit. »

Ce que saint Paul appelle « l'homme intérieur », c'est ce qu'il y a de principal et de plus élevé en nous : la raison éclairée par la foi et la volonté, qui doivent dominer la sensibilité, commune à l'homme et à l'animal.

Le même saint Paul dit encore : « Ne perdons pas courage; au contraire, alors même que l'homme extérieur dépérit en nous, l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour. » Sa jeunesse spirituelle est constamment renouvelée, comme celle de l'aigle, par les grâces qu'il reçoit tous les jours; si bien que le prêtre qui monte à l'autel, peut toujours dire, eût-il quatre-vingt-dix ans : « Iniroibo ad altare Dei, ad Deunz qui laetificat juventulem meam.

J'irai à l'autel de. Dieu, du Dieu qui réjouit toujours ma jeunesse » (Ps. xtu, 4).

Saint Paul y insiste àux Colossiens (iii, 9) : « N'usez point de mensonge les uns envers les autres, puisque vous avez dépouillé le vieil homme avec ses oeuvres et revêtu l'homme nouveau, qui, se renouvelant sans cesse à l'image de celui qui l'a créé, atteint la connaissance parfaite. Dans ce renouvellement il n'y a plus ni Grec, ni Juif... ni barbare, ni esclave ou homme libre; mais le Christ est tout en tous. » L'homme intérieur se renouvelle sans cesse à l'image de Dieu, qui ne vieillit pas. La vie de Dieu est au-dessus du passé, du présent et de l'avenir; elle est mesurée par l'unique instant de l'immobile éternité. De même le Christ ressuscité ne meurt plus et il reste d'une éternelle jeunesse; or, il nous vivifie par des grâces toujours nouvelles, pour nous assimiler à Lui.

Aux Ephésiens (Hf, 16), saint Paul écrit de même : « Je fléchis le genou devant (Dieu) le Père..., afin qu'il vous donne, selon les trésors de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit en vue de l'homme intérieur, et que le Christ habite dans vos coeurs par la foi, de sorte que, étant enracinés et fondés dans la charité, vous deveniez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, même de connaître l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. »

Voilà bien la vie intérieure en sa profondeur, celle qui tend constamment vers la contemplation du mystère de Dieu et s'en nourrit dans une union toujours plus intime avec Lui. Or, cela est écrit non pas seulement à des âmes privilégiées, mais à tous les chrétiens d'Ephèse comme à ceux de Corinthe.

Et saint Paul ajoute : « Renouvelez-vous dans votre esprit et vos pensées, et apprenez à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables... Marchez dans la charité, à l'exemple du Christ, qui nous a aimés et s'est livré lui-même à Dieu pour nous, comme une oblation et un sacrifice d'agréable odeur. » (Ephes., tv, 23, et v, 2.)

A la lumière de ces paroles inspirées, qui rappellent tout ce que Jésus, en prêchant les Béatitudes, nous a promis et tout ce qu'Il nous a donné en mourant pour nous, nous pouvons définir la vie intérieure :

C'est une vie surnaturelle qui, par un véritable esprit d'abnégation et de prière, nous fait tendre à l'union à Dieu et nous y conduit.

Elle implique une phase où domine la purification, une autre d'illumination progressive, en vue de l'union à Dieu, comme l'enseigne toute la tradition, qui a distingué ainsi la voie purificative des commençants, la voie illuminative des progressants et la voie unitive des parfaits.

La vie intérieure devient ainsi de plus en plus une conversation avec Dieu, où peu à peu l'homme se dégage de l'égoïsme, de l'amour-propre, de la sensualité, de l'orgueil, et ou, par une prière fréquente, il demande au Seigneur les grâces toujours nouvelles dont il a besoin (3).

De la sorte, l'homme commence à connaître expérimentalement non plus seulement la partie inférieure de lui-même, mais la partie la plus élevée. Surtout il commence à connaître Dieu d'une façon vitale; il commence à avoir l'expérience des choses de Dieu. Peu à peu la pensée de notre propre moi, vers lequel nous faisions tout converger, fait place à la pensée habituelle de Dieu. Et aussi progressivement l'amour, égoïste de nous-mêmes et de ce qu'il y a de moins bon en nous fait place à l'amour de Dieu et des âmes en Dieu. La conversation intérieure change, si bien que saint Paul peut dire : « Nostra autem conversatio in coelis. est. Notre conversation est déjà dans le ciel, qui est notre patrie véritable » (Phipp.,20). Saint Thomas a souvent, insisté sur ce point (4).

La vie intérieure est donc surtout, en une âme en état de grâce, une vie d'humilité, d'abnégation, de foi, d'espérance et de charité, avec la paix que donne la subordination progressive de nos sentiments et de tous nos vouloirs à l'amour de Dieu, qui sera l'objet de notre béatitude.

Pour avoir une vie intérieure, il ne suffit donc pas de se dépenser beaucoup extérieurement dans l'apostolat; il ne suffirait pas non plus d'avoir une grande culture théologique. Cela n'est pas non plus nécessaire. Mais un commençant généreux, qui a déjà un véritable esprit d'abnégation et de prière, a déjà une vraie vie intérieure, qui doit se développer de plus en plus.

Dans cette conversation intérieure avec Dieu, qui tend à devenir continuelle, l'âme parle par la prière, oratio, qui est la parole par excellence, celle qui existerait si Dieu n'avait créé qu'une seule âme ou qu'un seul ange ; cette créature douée d'intelligence et d'amour parlerait avec son Créateur. La prière est tantôt celle de demande, tantôt celle d'adoration et d'action de grâces ; toujours elle est une élévation de l'âme vers Dieu. Et Dieu répond en nous rappelant ce qui nous a été dit dans l'Évangile et qui est utile pour la sanctification du moment présent. Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit : « L'Esprit-Saint, que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit »? (Jean., xiv, 26.)

L'homme devient ainsi de plus en plus enfant de Dieu , il reconnaît de plus en plus que Dieu est son Père, et il devient même de plus en plus petit enfant par rapport à Lui. Il comprend ce que voulait dire Jésus à Nicodème, qu'il faut rentrer dans le sein de Dieu pour renaître spirituellement et chaque jour plus intimement, de cette naissance spirituelle, qui est une similitude éloignée de la naissance éternelle du Verbe (5). Les saints suivent vraiment cette voie, et alors entre leur âme et Dieu s'établit cette conversation qui ne cesse pour ainsi dire pas. On disait ainsi que saint Dominique ne savait que parler de Dieu ou avec Dieu; c'est ce qui lui permettait d'être toujours charitable envers les hommes, et en même temps prudent, juste et fort.

Cette conversation avec Dieu s'établit par l'influence du Christ médiateur, comme il est dit souvent dans la liturgie, en particulier dans l'hymne Jesu dulcis memoria, qui est vraiment une expression splendide de la vie intérieure du chrétien :

Jesu, spes pcenitentibus, Quam pies es petentibus! Quam bonus te qucerentibus! Sed quid invenienlibus!

Nec lingue valet dicere, Nec littera exprimera, Expertes potest credere Quid sit Jesum diligere.

O Jésus, espoir des pénitents, que vous êtes tendre pour ceux qui vous implorent, bon pour ceux qui vous cherchent, mais que n'êtes vous pas pour ceux qui vous trouvent!

Ni la langue ne peut dire, ni l'écriture exprimer, ce que c'est qu'aimer le Sauveur: celui-là peut le croire qui l'a éprouvé.

Soyons de ceux qui le cherchent, et auxquels il est dit : «Tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais déjà trouvé. »

RÉFÉRENCES

(1) Cf. SAINT. THOMAS, q. 25, a . 7 : Utrum peccatores seipsos diligant. « Mali non recte cognoscentes seipsos, non vere diligunt seipsos; sed diligunt id quod seipsos esse reputant. Boni autem vere cognoscentes seipsos, vere seipsos diligunt... quantum ad inleriorem homi­nem... et delectabiliter ad cor proprium redeunt... E contrario mali non volunt conservari in integritate interioris hominis, neque appetunt ei spiritualia bona; neque ad hoc onerantur; neque delectabile est eis secum convivere, redeundo ad cor, quia inveniunt ihi mata et praesentia et praeterita et futura, nequé etiam sihi ipsis concordant propter conscientiam remordentem. »

(2) Confessions, s, s. « Notre coeur, Seigneur, reste toujours dans l'inquiétude, l'insatisfaction, tant, qu'il ne, se repose pas en toi. » C'est la preuve de l'existence de Dieu par le désir naturel du bonheur, bonheur vrai et durable, qui ne peut se trouver que dans le Souverain Bien, au moins, imparfaitement connu et aimé par-dessus tout, plus que nous-mêmes. Nous avons développé ailleurs cette preuve, cf. La Providence et la confiance en Dieu, p.50-64.

(3) L'auteur de l'Imitation, dès le chapitre I du livre I" exprime très hien ce qu'est la vie intérieure en disant : La doctrine de Jésus-Christ surpasse toute doctrine des saints, et qui posséderait son esprit y trouverait la manne cachée. Mais il arrive que plusieurs, à force d'entendre l'Évangile, n'en sont que peu touchés, parce qu'ils n'ont point l'esprit de Jésus-Christ. Voulez-vous comprendre parfaitement et goûter les paroles de Jésus-Christ? Appliquez-vous à conformer toute votre vie à la sienne. »

(4) Il le fait en particulier en deux importants chapitres du Contra Gentes, 1. IV , c. xxr, xxrr, sur les effets et les signes de l'habitation en nous de la Sainte Trinité,

Il dit au début du chapitre, xxii : « Hoc videtur esse amicitiae maxime proprium simul conversari ad amicum. Conversatio auteur hominis ad Deum est per contemplationem, ipsius, sicut et Apostolus dicebat (Philippenses, nt, 20) : Nostra conversatio in costis est. Quia igitur Spiritus Sanctus nos amatores Dei facit, consequens est quod per Spiritum Sanctum Dei contemplatores constituamur; unde Apostolus dicit, Il Cor., in,

Nos auteur omnes revetata facie gloriam Dei speculantes, in eamdem imaginent transformamur a elaritale in elaritatem tanguam a Domini Spiritus

Ceux qui méditeront ces chapitres XXI et XXII du I. IV du C. Gentes, pourront se rendre compte si oui ou non, pour saint Thomas, la contemplation infuse des mystères de la foi est dans la voie normale de la sainteté.

(5) Saint François de Sales note quelque part que tandis que l'homme en grandissant doit se suffire et dépend de moins en moins de sa mère, qui lui devient moins nécessaire lorsqu'il est arrivé à l'âge adulte, et surtout à la pleine maturité, au contraire l'homme intérieur, en grandissant, prend chaque jour plus conscience de sa filiation divine, qui le fait enfant de Dieu, et il devient de plus en plus enfant vis-à-vis de Lui, jusqu'à rentrer pour ainsi dire dans le sein de Dieu ; les bienheureux au ciel restent toujours dans ce sein de Dieu.

Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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