| CHAPITRE VI -B
La charité, répandue en saint François par le coeur de Jésus, élève ce saint au rang des séraphins, lui communique les dons et les caractères de ces esprits célestes, et en ajoute d'autres qui rendent plus haute la gloire de leur Hérarchie |
| V5- La troisième faveur que l'amour procure aux séraphins, est la fusion de leur coeur dans celui de Dieu. Chez saint François, elle va jusqu'à produire sa ressemblance avec le Sauveur crucifié. |
| L'amour des séraphins est un feu céleste, émané du sein de la Divinité. Dieu, vivant en soi-même comme dans un feu éternel, répand sur eux tant de flammes sacrées, qu'ils se fondent comme un baume devant le feu, et, s'écoulant doucement dans le sein du divin amour, ils se réunissent à lui comme à leur fin dernière.
A l'aspect de Jésus-Christ crucifié, dit saint bernardin, la charité de François devint si ardente, que son coeur se fondit comme une cire devant le feu, et s'écoula dans les plaies de son Maître. Ainsi que la liqueur prend la forme d vaisseau où elle est recueillie, le coeur du saint s'est trouvé tout transformé en l'image de Celui qu'il aimait; Jésus-Christ s'est imprimé sur comme le cachet sur une cire molle, et a renonvelé en sa faveur ce qu'avait fait, en la formation du premier des hommes, toute l'adorable Trinité disant : « Faisons cet homme à notre image et ressemblance. » Il a donc imprimé l'image de passion en la chair, et la ressemblance de son amour au coeur de François.
Qui pourrait concevoir les divines ardeurs dont brûlait François? Son coeur s'est trouvé trop étroit, et l'amour s'en est exhalé par ses plaies! (1) Une fournaise est bien ardente quand les flammes, ne trouvant pas d'issue, rompent tous les obstacles et s'échappent avec violence, embrasant tout ce qu'elles peuvent atteindre. C'est ainsi que le monde s'est senti échauffé au récit des stigmates de François : « En vérité, dit saint Bernardin, il fallait que l'amour de ce coeur séraphique fût admirablement ardent pour avoir pu échauffer la mer glaciale du monde, et embraser les plus froides poitrines des hommes (2) |
| V6- L'amour des séraphins a la vertu de pénétrer le coeur de Dieu comme ferait une flèche ardente et acérée. La charité de saint François pénètre ainsi le Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ : c'est la quatrième grâce attachée à sa stigmatisation. |
L'illuminé saint Denis est admirable, quand il nous représente les coeurs des séraphins comme autant de flèches ardentes. L'amour de ces esprits célestes, dit-il, est comme un dard acéré. En effet, si vous y prenez garde, le feu pousse ses flammes en pointes de flèches vers le ciel; sous ce symbole, ce grand saint nous veut découvrir la nature de l'amour séraphique. La flèche aiguë, poussée d'une main puissante, perce, ouvre, pénètre jusqu'au plus secret du coeur, et si sa pointe est rougie au feu, elle se fait ouverture avec d'autant plus de facilité que rien ne résiste à la violence de cet élément.
Il n'y a point d'amour plus subtil et plus pénétrant que celui des séraphins, dit saint Bonaventure expliquant les paroles de saint Denis ; ils s'élancent comme autant de sagettes d'amour dans le sein de la Divinité, et ne s'arrêtent jamais qu'ils n'aient pénétré dans le plus intime de son Coeur, où ils se reposent comme au terme de tous les amours. Plus heureuses que celles de la terre, qui, blessant le coeur, y apportent la mort, ces belles flèches du ciel, en ouvrant le sein de Dieu, ne l'offensent pas ; elles l'honorent, et par cette ouverture elles s'écoulent en son Coeur, où elles trouvent une source de vie. Tout ceci nous découvre que la charité des séraphins est un amour d'extase, comme dit le même saint Denis : ne permettant pas qu'ils s'arrêtent à rien de créé, il les pousse hors d'eux-mêmes, et les ravit en Dieu,
Si du ciel empyrée nous descendons sur l'Alverne, nouvel empyrée de la terre, où le feu de la Divinité a été apporté, nous voyons le séraphique François devenir une flèche ardente du saint amour : la belle dilection l'a forgée dans sa fournaise. Il peut dire avec l'Écriture : « Dieu a fait de moi une de ses flèches élevées et choisies.» Tout son exercice est de pratiquer ce qu'a dit depuis un de ses chers enfants, saint Bonaventure: il jette son coeur, comme un dard de feu, dans le sein du Dieu d'amour, qu'il a devant les yeux (3)
Il ne faut pas croire que le coeur de notre nouveau séraphin soit où il vit; il est où est son trésor, et son trésor est où il aime. L'amour ne permet plus qu'il demeure en lui-même; il s'enfuit, il s'envole dans les divines ouvertures que la charité lui a faites ; il s'ouvre le chemin, et s'écoule jusqu'au Coeur de son Maître comme en son repos et au séjour du saint, amour.
0uand je monte sur l'Alverne, et n'y aperçois que plaies dans le Maître et dans le serviteur, je lue pourquoi l'on peint l'amour portant im flambeau d'une main et des flèches de l'autre.
C'est que rien ne contente plus les inclinations de l'amour que les plaies : le dessein de ceux qui Aiment est de faire un échange de leurs coeurs, et de sortir d'eux-mêmes pour vivre en la chose iimitée. Saint Jean, le disciple du saint amour, nous découvre ce miracle, en nous apprenant que la charité abaisse Dieu jusqu'au coeur de l'homme pour y faire son séjour, et qu'elle élève l'homme jusqu'à Dieu pour y faire sa retraite : « Dieu est charité, » dit-il, « et qui demeure en charité demeure en Dieu , et Dieu en lui (4) » Les plaies servent beaucoup à cet admirable effet, entamant les poitrines de ceux qui aiment; par ces ouvertures il se fait une mutuelle transfusion de leurs coeurs.
Le Fils de Dieu lance dans le sein de François ses flammes et ses lumières comme autant de flèches ardentes, et lui ouvre la poitrine. Heureuses plaies! elles ne lui causent pas la mort, mais lui donnent la vie, puisque par ces divines ouvertures Jésus s'écoule en son coeur. François, par un amoureux retour, s'efforce de blesser son Maître; les élans de son coeur et les regards de ses yeux, comme des suettes de feu, lui ouvrent le passage à la vie, et tous les exercices du serviteur et du Maître sont de se ravir mutuellement leur coeur, se l'admirable version de ces paroles : Vous m'avez blessé d'un regard de vos yeux (5) ; » c'est-à-dire, vous m'avez ravi le coeur
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V7- La cinquième grâce qui accompagna l'élévation de saint François à l'ordre des séraphins, fut l'union avec Dieu Pour les séraphins du ciel, elle avait existé dès le premier instant de leur création ; mais chez notre saint elle fut préparée graduellement par les vertus qu'il pratiqua depuis sa conversion. Consommée sur l'Alverne, elle présente divers aspects : union de lieu, union de regard union de coeur, union de plaies. Enfin, elle est inamissible. |
La hiérarchie céleste des anges est toute divine en ceci, que son étude principale est de regarder Dieu. Ceux du rang le plus inférieur exécutent les ordres de sa providence en la régence du monde ; les seconds voient en Dieu les raisons originaires de sa conduite sur les créatures; et les premiers le contemplent en lui-même. Les Trônes le connaissent; les Chérubins pénètrent plus avant dans cette connaissance ; mais les Séraphins possèdent le souverain degré d'amour, qui est l'union consommée avec Dieu (6); elle est totale de leur part et très intime et éternelle de la sienne.
De cette haute région , si nous abaissons les yeux sur la montagne d'Alverne , nous verrons notre nouveau séraphin uni au même objet que ceux du ciel. Il y a néanmoins une différence entre leur amour et le sien : celui des séraphins a été parfait aussitôt que né, parce qu'il a été dès lors ni à sa fin dernière ; le séjour du ciel, où ils ont été formés, leur a donné ce privilège, en les dispensant de rechercher l'objet de leur amour, qui leur était intimement présent. Au même moment où ils surgissaient du sein de Dieu en recevant l'être, ils rentraient en Dieu par le mouvement de l'amour. Mais la terre, où est né François, n'est pas le lieu de la jouissance; il a dû entrer dans les voies du saint amour par les désirs, les recherches et les courses, y avancer par les actions et les souffrances ; à la fin seulement, il a pu goûter les ardeurs suaves, les unions inséparables, les transformations totales (7)
Dans les premières voies de sa conversion, cet amour s'agitait dans la multiplicité ; François languissait, désirait, recherchait, courait et demandait où était le Bien-Aimé de son coeur, où il faisait sa retraite, où il reposait dans les ardeurs de son midi. Ces désirs, ces recherches et ces demandes l'ont amené sur cette fortunée montagne.
Là il brûle parmi des ardeurs délicieuses, et, arrêtant ses courses, apaisant ses désirs, et terminant ses recherches, il est tout réduit à l'unit; il embrasse son Bien-Aimé : s'il l'embrasse, il tient; s'il le tient, il le touche, et n'est plus éloigné de lui (8). Il se fait une mutuelle transfusion ; François embrasse et est embrassé; il ravit et est ravi. il tient et est tenu ; et, par la puissance de l'amour qui se plaît à joindre les choses éloignées, son coeur se trouve uni à l'unique Coeur de son Maître par plusieurs unions.
La première est une union de lieu. Le Fils de Dieu étant au ciel par la majesté de sa gloire, et François en la terre par la condition de sa nature ces deux termes ne peuvent être unis qu'en l'une de ces deux manières : il faut que François monte où Jésus règne, ou que Jésus descende où François demeure. La première est impossible à la faiblesse de notre nature; mais la seconde est facile à la puissance de la charité. L'amour, comme un poids sacré, incline le Coeur de Jésus-Christ vers François comme à son terme, et l'amour élève le coeur de François vers Jésus comme au centre qu'il recherche. Ainsi, un même lieu porte le serviteur et le Maître ; le temps se trouve uni à l'éternité, le fini à l'infini.
La seconde union est celle de regard. L'oeil suit le coeur ; nous portons notre vue sur l'objet que nous aimons, quand il nous est présent. Ces deux coeurs étaient trop près l'un de l'autre pour ne s'envisager. Jésus regarde François, et François regarde Jésus. C'est l'admirable condescendaine du Fils de Dieu : il a des yeux divins ; il les abaisse vers un objet sensible. Et c'est le bonheur de François d'être regardé par son Maître ; c'est aussi son privilège que, avec des yeux humains comme les nôtres, il puisse contempler de ces deux regards, comme de sans voile un objet divin.
De la rencontre de ces deux regards, comme deux rayons réfléchis, jaillit une divine ardeur qui cause la troisième union, celle des coeurs. Le Fils de Dieu, par sa qualité d'homme, a un coeur comme le nôtre : avant que son sein et la poitrine de François fussent ouverts, leurs coeurs étaient éloignés l'un de l'autre ; mais l'amour a trouvé l'invention de les unir. Il les a fondus par les mêmes ardeurs : Jésus distille son Coeur par ses plaies, et François le sien par ses blessures.
La quatrième union est celle des plaies : le Fils de Dieu unit ses divines blessures à la chair de François.
Ainsi uni à celui qui est éternel, François devient immuable en son état et en son amour ; les plaies sont si profondément gravées en sa chair, que c'est pour la terre et le ciel, pour le temps et l'éternité : il demeurera toujours investi de ces divines cicatrices, comme d'autant de rayons plus éclatants que le soleil
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V8-Dieu aime à considérer dans les séraphins son image, qui consiste en une véritable transformation, ou déification Sur la terre, Dieu l'a exécutée d'une manière éminente dans le Verbe incarné, qui fut non seulement déifié, mais homme-Dieu, puis dans la Vierge Marie. Cette transformation, en saint François, est la sixième grâce de élévation à l'ordre des séraphins. Elle fournit à leur rarchie un élément de conformité avec Jésus-Christ q n'avait point, celui de la souffrance et des plaies. après Jésus-Christ et la Vierge Marie, saint François le dernier terme de la perfection de l'Église triomphante et de l'Église militante.
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L'amour, dit le grand saint Chrysostome, ne peut souffrir de distinction entre ceux qui aiment: s'il les trouve différents, il entreprend de les rendre pareils et de les mettre dans l'égalité. (9) Dieu est infiniment élevé au-dessus de tous les êtres, et ses perfections sont souverainement éloignées de leur bassesse; l'amour, néanmoins, le presse de se les rendre semblables autant que leur faiblesse le peut permettre. Son existence se reflète dans ceux qui sont animés, sa vie dans ceux qui sont vivants , et ses grandeurs dans ceux qui sont raisonnables. Les séraphins, étant les plus nobles de toutes les créatures, sont les plus éclatantes images des perfections du Créateur ; ils sont devant Dieu, dit saint Denis, comme autant de lielles glaces très claires et sans aucune tache, qui recueillent en soi toute la beauté de la Divinité, et la font éclater purement , parce que ceux-là sont plus éclatants de la lumière divine qui approchent de plus près de cette source primitive de tonte splendeur (10)
François, en qualité de créature, est infiniment dissemblable de son Créateur; mais l'amour est trop puissant pour le laisser dans cette dissimilitude. Il l'a déjà uni à son Maître, il entreprend de le rendre conforme à ce divin exemplaire : il ne veut voir en François rien de François; il lui plaît de le transformer en l'image de son Bien-Aimé, en sorte que Jésus-Christ seul paraisse en lui.
L'homme a trois ressemblances avec Dieu : la première est naturelle ; imprimée dans le fond de notre âme, elle nous rend les images de notre Créateur, nous élève au-dessus des autres créatures d'ici-bas , et nous fait capables de la béatitude.
La seconde est la ressemblance de perfection ou d'imitation. L'homme peut l'acquérir en imitant le Fils de Dieu en la perfection de ses actions et en la rigueur de ses souffrances ; elle fait les justes et les saints de l'Église.
La troisième est une transformation pari quelle l'homme n'imite pas seulement Dieu, par la puissance de l'amour, transformé totalement en lui dans son âme et son corps, devient tout déiforme.
François porte ces diverses ressemblances comme homme, comme saint, et comme séraphin.
Saint Thomas est tout angélique quand il compare Dieu à un excellent ouvrier, qui forme de sa main deux glaces bien plus éclatantes que tous les séraphins, pour représenter l'image de la Divinité bien plus hautement que ces esprits bienheureux (11) La première est le Verbe incarné, dont l'âme et le corps, unis immédiatement à une personne divine, reproduisent si hautement comme image, que Jésus ne doit pas être appelé homme divin, mais Homme-Dieu , puisque sa personne est composée des deux autres natures, ineffablement unies.
Le second miroir est Marie, mère de Dieu. Son âme et sa chair portent les traits de la Divinité plus sublimement que tous les esprits célestes, son âme ayant été unie à Dieu par la plus haute habitude de charité qu'une créature ait jamais possédée, et sa chair ayant été transformée en la chair de Jésus-Christ.
Après Jésus et Marie, nous pouvons assurer que la main puissante du même ouvrier a formé François, sur la montagne d'Alverne , comme une glace, pour lui imprimer une très haute ressemblance de soi-même. L'Église, en effet, resemblance propose l'image de Dieu empreinte dans l'âme, de cet humble Père par les ardeurs de son tour, et dans sa chair par ses plaies. L'amour t'a transformé en l'objet qu'il aimait; les stigmates l'ont transformé en l'objet que ses yeux contemplaient
A la vue de ce rare privilège, il faut que les contemplaient les séraphins du ciel s'abaissent, avouant que François les surpasse, et qu'il est plus qu'eux une vive image des perfections divines.
Depuis que le Fils de Dieu a été constitué chef des Anges aussi bien que des hommes, et qu'il a uni en soi l'amour et la peine, la charité et les plaies, les séraphins lui doivent être conformes en ces deux états ; ainsi le veulent les lois de l'amour, et la condition des membres vis-à-vis de leur chef. Il est vrai qu'ils ont de l'amour comme il a de la charité; mais ils ne peuvent porter ses souffrances ni recevoir ses plaies; ils aiment sans souffrir; ils brûlent sans blessures ; l'excellence de leur être, qui les rend sans matière et sans corps, cause en eux ce défaut. François porte une chair mortelle et fragile; si d'une part elle l'abaisse au-dessous des anges, elle lui donne d'autre part la douleur, la charité et les plaies. Il un privilège qui l'élève au-dessus des plus sublimes séraphins : c'est la grâce d'unir en soi l'amour et la douleur, la charité et les plaies. Il est donc une image de Dieu plus vive, plus expresse que ces esprits bienheureux; ceux-ci reproduisent les traits d'un Dieu aimant et jouissant, François est honoré de ceux d'un Dieu mant et souffrant.
Le Fils de Dieu, en sa divinité, n'a rien d plus divin que son amour, et en son humanité rien de plus précieux que ses plaies; il donne l'amour au coeur de François, et ces plaies à sa chair. Il n'en saurait donner de plus divines: l'amour achève donc en François une des plus hautes conformités dont la créature soit capable avec son Dieu , et il peut être appelé « Jésus-Christ copié (12), » puisque par cette ressemblance il est en quelque manière déifié. La justice de la grâce fait des justes; mais la participation de la Divinité, l'adoption et la transformation font des dieux. Il n'y a qu'un Dieu par essence, mais plu. sieurs par participation; et la ressemblance de François en Jésus-Christ est si singulière, que l'oeil y serait trompé, la foi seule peut les discerner. Et puisque saint François est l'ange de l'Apocalypse marqué du sceau du Dieu vivant, nous pouvons lui attribuer la définition de l'ange ou du séraphin, telle que nous la donne le divin sain! Denis. C'est l'image de Dieu, dit-il, c'est la manifestation de la lumière cachée, un miroir très clair, très pur, qui reçoit, si on l'ose dire, toute la beauté de la Divinité, et fait éclater en soi très purement la bonté divine.
Aussi saint Bernardin ne craint point d'affirmer que l'impression des plaies est l'oeuvre de toute l'adorable Trinité, que les divines personnes y ont concouru , et que le Fils de Dieu a prononcé les âmes paroles qu'en la création de l'homme : Faisons cet homme à notre image et resemblance. (12) » Ensuite il a imprimé son image au coeur de François par la charité, et en sa chair par les plaies.
Par cette impression, François devient le terme de la perfection du ciel et de la terre , des hommes et des anges , des justes et des séraphins.
Les séraphins du ciel, appartenant à Jésus-Christ comme à leur chef, devaient lui être conformes aussi bien en ses plaies qu'en son amour; mais, la condition de leur nature ne leur permettant pas de souffrir, cette conformité leur était impossible. François, une fois associé à leur hiérarchie, a mis le comble à leur perfection, et, une fois élevé en la gloire, il a introduit les plaies jusque sur leurs trônes.
Par la même raison, l'Église militante peut se vanter d'être, en l'un de ses membres, conforme à son chef en tous ses états, aussi bien en ses plaies qu'en son amour.
Ainsi, par ses plaies, François donne la dernière beauté à l'Église, la consommation aux séraphins, et, dans un sens, il peut dire avec
saint Paul : « J'accomplis en ma chair ce manquait à la Passion; » les esprits célestes vaient point de plaies ; je les ai portées jusqu'au sein de leur gloire.
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RÉFÉRENCES |
(1) 0 quanta amore Franciscus ardebat, cui amplissimi cor- dis regio non sufficit!
(2) Bernard., de Stig., art. 2, cap. i.
(3) Vibrare animos, et jaculare corda in Deum. (Bonav)
(4) Deus charnus est, et qui manet in charitate in Deo laanet, et Deus in eo. (I Joan., iv, 16.)
(5) Vulnerasti me in uno oculorum. (Excordasti cor meum. Cant. Iv, 9. )
(6) Seraphim in hoc excellunt quod est omnium supremum, scificet Deo ipso uniri. (D. Thom., 1. p., q. 108, a . 6.)
(7) 2 D. Thom., opusc. de Dil. Dei, de 10 grad. div. am.
(8) Stringit inamissibiliter; si stringit, tenet; qui tenet, tangit; qui tangit, non distat. (D. Thom., opus. de DU. Dei, de 1O grad. div. am.)
(9) Amor aut pares facit aut invenit. ( Chrysost.)
(10) Dion. apud D. Thom., opusc. De 10 grad. amoris, grad.
(11) D. Thom., opusc. De 10 grad. amoris, grad. ultime.
(12) Franciscus Christus tipicus. (Pisan., lib. III, Conf, fruct. 3.)
(13) Vide D. Thom., opusc. De 10 grad. amoris, grad. ultimo.
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