+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
L'Esprit de Saint François d'Assise
Titre de la page:

Tome 2- Partie 3- Ch-12-

APRÈS SA STIGMATISATION, SAINT FRANÇOIS PRÊCHE L'ÉVANGILE NON PLUS EN APÔTRE, MAIS EN SÉRAPHIN

Nom de l'auteur:
P. Bernardin de Paris o.f.m.

CHAPITRE XII

APRÈS SA STIGMATISATION, SAINT FRANÇOIS PRÊCHE L'ÉVANGILE
NON PLUS EN APÔTRE, MAIS EN SÉRAPHIN

V1-Pour sauver le monde, Jésus-Christ a exercé le double minestère de la parole et du sacrifice. II l'a transmis ensuite à son Église, et l'a rendu particulièrement éclatant es saint François. A cet effet, il lui a communiqué son zèle, et le saint a repris ses courses apostoliques, pendant lesquelles ses stigmates étaient autant de voix prêchant l'Évangile avec plus d'éloquence qu'aucune bouche humaine.

Le salut du monde est un dessein formé de toute éternité en Dieu et exécuté dans le temps. Pour son accomplissement, le Fils a employé deux moyens : la parole et l'exemple. Le péché ayant jeté l'ignorance en l'entendement des hommes, et le dérèglement dans leurs moeurs, la parole du Sauveur les a instruits de ce qu'ils doivent croire, et la sainteté de ses actions et de ses souffrances leur a montré ce qu'ils doivent faire et pâtir. Avant de se séparer du monde, il a établi en terre la hiérarchie de l'Église, qui est son Corps, lui a commis le ministère de la parole pour instruire, et a ordonné à ses ministres la sainteté de moeurs pour édifier les hommes.

Il a ensuite attiré saint François sur la mon­tagne d'Alverne, et comme pontife de la loi nouvelle, il l'a consacré et associé au dessein de sa mission de sauver le monde. Pour l'exercice d'un si haut office, il a fait à son coeur une communication du zèle dont il a lui-même brûlé pour le salut des âmes; il a mis en sa bouche le minis­tère de la parole pour les instruire, et il a imprimé la croix en sa chair, pour les informer de ce qu'elles doivent être, faire et pâtir.

François ne sortit d'entre les bras de ce séraphin crucifié que comme un légat a latere de Jésus-Christ, ainsi que parle son vicaire en terre, Grégoire IX, et il porta en sa chair les lettres patentes de sa mission, scellées du grand sceau de la rédemption du monde. Crucifié avec Jésus-Christ, d'esprit et de chair, dit saint Bonaventure, son coeur ne brûlait pas seulement d'un amour séraphique envers Dieu; il était embrasé d'une sainte ardeur du salut de tout le monde. Pour contenter son divin zèle et donner de l'étendueà ses flammes, , comme l'excroissance des clous de ses pieds ne lui permettait plus de marcher, il faisait porter par les bourgs et les village son corps à demi-mort, couvert de ses plaies, afin d'imprimer les coeurs de ceux qui le voyaient les sentiments de la mort de son Maitre, et les transformer en l'image de sa croix.

Certes, depuis les apôtres, jamais prédicateur n'avait parlé avec plus d'efficacité pour convaincre et persuader les hommes de suivre Jésus-Christ. Par le ministère de la parle, il enseignait les vérités de l'Évangile, et par ses plaies; il en faisait une démonstration sensible. Ses divines cicatrices lui donnaient plus d'autorité sur l'esprit des hommes, qui en croient surtout à leurs yeux, et les obligeaient de se rendre à une vérité prouvée autant par effet et par exemple que par raison.

L'amour divin est à la vérité admirable; jamais il ne s'est trouvé plus divinement inventif pour nos intérêts, que quand il a disposé l'économie de notre salut avec cet ordre : que le Fils de Dieu nous parlerait non seulement avec une langue semblable à celle des autres hommes, mais avec autant de bouches qu'il a de plaies en sa chair. « Nous avons, dit saint Paul, un sang qui parle, et dont l'éloquence surpasse celle de la langue; celle-ci frappe l'oreille, celle-là touche le coeur. Plusieurs ont entendu la première et sont demeurés impies ; mais aussitôt que Jésus-Christ a eu changé de langage et que, du milieu de la croix, il a parlé avec ses plaies, les coeurs se sont brisés, et ceux qui étaient venus sur le Calvaire pour se faire un jeu de ses douleurs s'en sont retournés en frappant leur poitrine (1) : la première conquête de Jésus-Christ sur les coeurs est due à la voix de son sang.

Le fils de Dieu, toujours semblable à lui-même, veut continuer l'influence de ses grâces sur ceux qui le suivent, par les mêmes organes qui l'ont premièrement publiée. Ayant associé François à une fonction si divine, il ne veut pas qu'il parle le langage des hommes ; l'amour lui forme de nouvelles bouches, parce que sa mission est extraordinaire , et il lui plaît qu'il instruise le monde à l'aide d'un langage inconnu aux hommes, et bien plus éloquent que celui que formait sa langue naturelle. Et Jésus-Christ, qui honore en plusieurs manières son unité dans l'lglise, a voulu l'honorer en saint François par cette faveur singulière, l'ayant rendu unique en ce don de prêcher le monde par la voix de ses blessures.

Dieu, dont la main est autant accompagnée de sagesse que de puissance, a fait en la chair de notre homme céleste un abrégé de la perfection évangélique; il comprend dans son étendue l'observance des commandements, la pratique des conseils et la tolérance des peines, dit un grand saint (2).. C'est maintenant que les chrétiens sont sans excuse s'ils refusent de suivre Jésus-Christ dans les étroites voies de la Croix et les sentier de l'Évangile. lls ne peuvent prétexter ignorance, ils voient en la chair de saint François la théorie de l'Évangile jointe à la pratique, ni faiblesse, ce grand saint est homme comme eux. Si la grandeur de leurs offenses les retient d'approcher du trône des miséricordes, il leur découvre par ses plaies que l'accès leur en est permis, puisque voilà les portés qui les y peuvent conduire. Et il peut bien dire avec saint Paul : Ne me regardez pas comme François mais comme Jésus-Christ, qui s'est exprimé ma chair par ses plaies. Si je parle, ce n'est pas moi, c'est lui qui parle; je ne suis que l'interprète de ses conseils, puisque je suis à lui comme un ambassadeur à son prince. Son amour s'est formé autant de bouches en mon corps que sa puissance m'a fait de blessures, pour vous manifester ses intentions. Tout ce qu'il me commande de vous publier est une parole de réconciliation, savoir, que vous ayez à retourner à lui comme à votre Père. Si l'excès de vos péchés vous en fait craindre l'approche, voilà les sceaux de votre abolition; mes plaies sont les voix qui vous la publient, et celles qui paraissent en sa chair sont les retraites qui vous attendent, et les sources des grâces que son amour vous prépare.

V2- L'Église du ciel étant l'exemplaire de celle de la terre saint François fait dans celle-ci l'office des séraphins. Il est un lien entre Dieu et les hommes, comme les séraphins en sont un entre Dieu et les anges.

La puissance divine, qui a créé les Anges et les hommes, les a investis de qualités différentes, et placés en des lieux divers. Sa sagesse a assigné aux purs esprits le ciel pour séjour, et aux hommes la terre pour demeure. Le péché, s'étant écoulé dans le monde contre l'intention du Créateur, a divisé de volonté ces deux ordres de créatures comme ils étaient séparés de lieu. Mais voici qu'il plaît au Père de réconcilier toutes choses en son Verbe, de réunir ce que le péché avait divisé, et c'est sur la croix et en la dignité de son sang que ce Fils réunit le ciel et la terre, et que, des hommes et des Anges, il ne fait plus qu'un tout, qui est son Corps et son Église, dit saint Paul. — (3)

Depuis que les hommes sont alliés à ces purs esprits, et qu'ils ne composent plus avec eux qu'une Église sous un même Chef, sauf celte seule différence, que celle du ciel triomphe avec gloire, et celle de la terre est engagée dans combats, qui lui méritent les couronnes l'autre possède, elles ont néanmoins ce commun rapport que l'Église céleste est l'exemplaire de la terrestre.

Dans l'empyrée, qui est le séjour des Anges, l'on nous représente ces esprits bienheureux exposant un ordre sacré qu'on appelle hiérarchie céleste, formée d'anges inférieurs et supérieurs entre lesquels il y a celle intelligence : les saraphins, qui tiennent le premier degré, une fois unis à Dieu comme à leur pur amour, ont pour étude principale de réunir au même principe, ceux qui sont au-dessous d'eux ; ils sont eux-mêmes à leurs inférieurs les exemplaires de cette réunion, dit saint Bonaventure; ils leur découvrent les voies qu'ils doivent tenir pour remonter à Dieu, afin de les disposer à une si divine union. Après avoir reçu immédiatement de Dieu le rayon du saint amour, ils en répandent les flammes sur les hiérarchies inférieures, pour les embraser d'un feu commun, et de tous leurs coeurs faire autant d'holocaustes d'amour, afin qu'étant consumés par ces divines flammes, Dieu seul apparaisse en eux : aussi appelle-t-il les séraphins esprits illuminateurs, enflammateurs et sacrificateurs des autres anges — (4)

Puisque l'Église militante est le ciel de la terre, qu'elle a sa hiérarchie, et que ses ministres sont ses anges par leur dignité, elle doit avoir ses es en ardeur. Saint François, descendu  de l'Alverne, est un des plus illustres séraphins de l'Église ; s'il en porte la qualité, il en doit exercer les fonctions. Brûlant du feu qui consume Jésus-Christ sur le Calvaire, il est animé du même zèle; il sait que ses plaies ne sont pas seulement pour lui, elles lui ont été infligées  pour l'utilisé du monde; il ne descend de cette sacrée montagne et n'est envoyé aux hommes que pour les réunir à Dieu par amour.

Trois notables empêchements arrêtent les hommes de retourner à Dieu, comme à leur fin dernière l'ignorance de l'entendement, la tiédeur de l'esprit et la faiblesse de la volonté. Pour relever le monde de ces impuissances, Dieu, auteur des stigmates de saint François, dit saint Bernardin, a recueilli en lui trois rayons : la splendeur de la vérité, l'ardeur de l'amour et la force de la charité. Cet homme céleste, en montrant ses plaies, d'une seule vue produisait ces trois effets : il instruisait des voies du ciel et des vérités de l'Évangile ceux qui sont dans les ténèbres, parce qu'il leur en faisait voir les lois écrites en sa chair d'un caractère de sang ; il animait les tièdes et embrasait les âmes les plus froide; son coeur, fournaise d'amour, exhalait des flammes ardentes qui fondent les glaces du monde; et aux esprits les plus timides, il apprenait par une leçon sensible que rien n'est impossible à l'amour quand il est véritable, et que tout est aisé à celui qui aime son Dieu.

Il descend de la sainte montagne comme nouveau sacrificateur de la loi de grâce, qui porte le feu en son coeur et des étincelles en ses paroles. Il en répand les divines ardeurs par la bouche et par ses plaies, pour faire de tous les hommes un sacrifice parfait ; il recherche leurs coeurs, afin de les immoler et les offrir à son Dieu comme autant d'holocaustes consumés parmi les flammes d'un amour crucifiant. Et c'est la notable différence qu'il y a entre lui et les séraphins du Ciel : ceux-ci ne consument les esprits d'ordre inférieur comme des holocaustes que pour faire vivre en eux Dieu glorifié, en sorte qu'il soit lumière en leur entendement, amour en leurs volontés, béatitude en leurs âmes. Notre séraphin de la terre veut consumer les hommes de ses flammes, afin que Jésus crucifié soit tout en eux, et c'est en ceci qu'il achève la perfection de l'Église, parfaite ici-bas seulement dans sa conformité avec Jésus souffrant, en attendant qu'elle lui soit semblable au ciel en la Majesté de sa gloire.

Depuis la réception des stigmates, la vie de notre séraphique Père, toute miraculeuse, s'écoule donc en un même temps au ciel et en terre, par la puissance de son amour qui le rend présent à tous les objets qu'il aime. Il s'élève à Dieu à la faveur de son amour et de ses connaissances, comme avec deux ailes; puis, avec deux autres ailes, la piété et la compassion, il descend du ciel de sa contemplation, tout plein de lumières et de flammes, vers les hommes, les assiste de et secours, les éclaire de ses splendeurs, les échauffe de ses ardeurs divines. Uni à Dieu d'esprit de coeur, il n'oublie pas les hommes; et en les assistant il ne se sépare pas de Dieu. Dans les hiérarchies célestes, les Séraphins aiment, li Chérubins sont ravis en contemplation, et les anges sont employés aux ministères. Tous ces exercices, partagés entre ces esprits bienheureux, se trouvent admirablement recueillis en François : il brûle avec les Séraphins, il contemple avec les Chérubins, et avec les Anges il assiste de ses faveurs les hommes.

Ceci nous fait juger que sa charité est bien abondante, puisqu'elle se répand au dehors avec tant de largesse; il faut que son âme regorge de grâces, puisqu'il en fait des profusions sur le monde; son amour est certainement insatiable, puisqu'il n'a rien en lui qu'il ne consacre à l'honneur de son Maître. Il n'a un cœur que pour concevoir le dessein de sa gloire, une bouche que pour la publier, des mains que pour travailler à son avancement. Mais, après s'être consumé ès louanges de son Maître, il voit que l'honneur qu'il lui rend est au-dessous de ses grandeurs ;  alors, pour accroître son amour, il donne à ses flammes de nouveaux aliments, afin qu'en les embrasant elles s'élèvent plus haut; il s'associe d'autres coeurs qui suppléent à sa faiblesse; en sorte que, si Dieu n'est pas aimé autant qu'il e n est digne, du moins François est-il satisfait ci l'aimer autant qu'il peut, par le concert des cour qu'il embrase

RÉFÉRENCES
— (1) Et omnis turba eorum qui simul aderant ad spectaculum istud, et videbant citiœ fiebant, percutientes pectora sua revertebantur. (Luc., xxio, 48.)
— (2) S. Bernardin., serin. de Stigm.
— (3) Coloss., i, passim.
— (4) Seraphim , illuminativi , inflammativi, holocausti purga­tivi. (Bonav., Theol. myst., cap. n.)
Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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P.Bernardin-de-Paris-ofm.cap.-Tome-2-Partie-3-Ch-7-Stigmatique-sur-le-Mont-Alverne.html
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P.Bernardin-de-Paris-ofm.cap.-Tome-2-Partie-3-Ch-15-La-gloire-de-St-Francois-au-ciel-et-sur-la-terre-jusqu-a-la-fin-du-monde.html
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