+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?t

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Titre de la série :
L'Esprit de Saint François d'Assise
Titre de la page:

Menu-Tome 2

Nom de l'auteur:
P. Bernardin de Paris o.f.m.

L'Esprit de Saint François d'Assise
par   LE R. P. BERNARDIN DE PARIS o.f.m. capucin  

Renu et augmenté d'une notice sur l'auteur
par le P. Apolinaire De Valence  Deuxième religieux du même ordre.
CHARLES, ARCHEV'EQUE DE TOURS.
IMPRIMATUR
Tome 1- et Tome 2  1er juillet 1880.
Paris Libraire Poussielgue frères rue Cassette, 15, Parie 1880
Permission remis par le Père Henri Étier ofm
pour le mettre sur mes sites.

TABLE

Notice sur le P. Bernardin de Paris
Voeu à saint François d'Assise.
Préface

TROISIÈME PARTIE

Saint François est élevé à la plénitude de l'esprit de Jésus-Christ
par l'amour séraphique en son coeur,  et par les plaies en son corps.

CHAPITRE I

LA SAINTE TRINITÉ OPÈRE ENTRE ELLE ET LES SAINTS, SUR LA TERRE ET AU CIEL, UNE UNION MERVEILLEUSE, QUI EST LE COMBLE DE LEUR SAINTETÉ ET QUE JÉSUS- CHRIST A APPELÉE LEUR CONSOMMATION.

§ 1. — Sur la terre, Jésus -Christ est le consommateur des saints en sa passion et sur sa Croix, parce qu'il y est l'auteur de leur salut, qu'il les immole avec lui, et qu'il est la source de cette mission du Saint-Esprit par laquelle ils sont sanctifiés. Ce divin Sauveur fixe pour chacun d'eux le mode et le temps où, pour les consommer en lui, il leur fera partager son sacrifice

§ 2. — La consommation des saints n'est pas la même, au ciel où ils sont dans la gloire, et sur la terre où ils ont encore à combattre. Au ciel , elle est identique à la consommation du Père et du Fils, qui a lieu dans le Saint-Esprit, parce que les saints, devenus membres du Fils de Dieu, ont nécessairement le même consommateur que lu

CHAPITRE II

Jésus, PONTIFE ET VICTIME, DEVAIT PORTER LES PLAIES DE SON SACRIFICE D'ABORD EN SA CHAIR, PUIS EN SON CORPS MYSTIQUE, ET, POUR CE DERNIER EFFET, COMMUNIQUER SES STIGMATES A QUELQU'UN DES SAINTS DE SON ÉGLISE.

§ 1. — La justice et la miséricorde ont fait Jésus pontife et victime. En cette seconde qualité, il a dû porter des plaies, et par elles devenir notre Médiateur, notre avocat, notre Sauveur, notre père, notre mère et notre chef
§ 2. — L'impression des stigmates dans le corps d'un homme mortel est une chose très possible, mais seulement par une vertu surnaturelle
§ 3. — Les communications de sa divinité que Dieu fait hors de lui-même, dépendent entièrement de sa liberté; elles sont cependant réglées par sa bonté, qui tient à ne rien réserver d'incommuniqué dans ses trésors. Il s'ensuit que Jésus-Christ devait à sa tendresse pour son Église et pour les hommes la communication de ses plaies : il la leur a faite en diverses manières dans les premiers siècles, puis en temps opportun par la stigmatisation de saint François
§ 4. — Les stigmates sont un privilège singulier; saint François n'a pas pu mériter une si haute faveur; mais elle est pour lui un honneur d'autant plus grand, que les trois divines personnes et la Mère de Dieu la lui ont conférée d'un commun accord

 

CHAPITRE III

JÉSUS-CHRIST A LONGUEMENT PRÉPARÉ SAINT FRANCOIS A LA FAVEUR DE SES STIGMATES, ET A MÉNAGÉ LES CIRCONSTANCES DE TEMPS ET DE LIEU OU IL LA LUI ACCORDERAIT.

§ 1. - Une faveur divine aussi rare que l'impression dé, stigmates n'a dû être accordée à saint François que parr qu'il y était plus préparé que les autres saints. Il aval toujours voulu être le plus pauvre et le plus humble ; il s'était anéanti le plus possible; il s'était plus intimement pénétré des mystères de la Croix; il avait mieux compati aux douleurs du Sauveur. A tous ces motifs, s'en sont joints d'autres relatifs aux intérêts de l'Église, qui la lui ont fait accorder, quoiqu'elle ne l'eût point été à la sainte Vierge et aux apôtres

§ 2. — Jésus-Christ est le modèle et le chef des saints. Avant d'imprimer en saint François l'image de ses plaies, il lui a communiqué celle de ses vertus, et a voulu que toute la vie de cet homme extraordinaire fût, comme la sienne, une préparation aux douleurs de la Croix. Or, le Sauveur s'y était préparé par une pauvreté absolue, une éminente sainteté, une singulière pureté, et enfin par un désir très amoureux de cette Croix
§ 3. — Saint François s'est acheminé vers la stigmatisation sous la conduite de Jésus-Christ, et avec des dispositions semblables à celles de ce divin Sauveur tendant vers le Calvaire
§ 4. — Pour renouveler son sacrifice en la personne de saint François, Jésus-Christ fait choix du mont Alverne. Par sa disposition naturelle et par les bouleversements qu'elle a subis à la mort du Sauveur, cette montagne était un lieu très convenable à ce prodige. Saint François y découvre un oratoire creusé dans le rocher par le tremblement de terre qui suivit le dernier soupir de Jésus- Christ. Pressentant les grandes choses qui vont s'y accomplir, il consacre la montagne au Seigneur, et y fait élever une chapelle en l'honneur de la sainte Vierge et de saint Jean l'Évangéliste, à cause de leur fidélité à Jésus crucifié
 

CHAPITRE IV

JÉSUS-CHRIST, MODÈLE DE SES SAINTS, MET LE COMBLE A SA RESSEMBLANCE, DEJA IMPRIMÉE EN FRANÇOIS: IL ENRICHIT DE SES PROPRES DISPOSITIONS L'AME DE CE SAINT, ET REPRODUIT EN SON CORPS LES PLAIES DU CRUCIFIEMENT.

1'. — La fin douloureuse du Verbe incarné est le type de celle des chrétiens. Malgré ses douleurs, Jésus était uni à son Père par une très haute oraison, par l'anéantissement de sa volonté propre, par l'esprit de pénitence, par une extrême tendresse d'amour, et surtout d'amour souffrant. En même temps, une triple charité l'unissait aux hommes, comme leur chef, leur frère et leur rédempteur

§ 2. — Saint François se sent attiré sur l'Alverne par une inspiration divine. Il s'y livre au jeûne et à la prière. A la vue de Jésus crucifié, iléprouve un ardent désir de lui ressembler davantage, et il lui demande la faveur de ses plaies
§ 3. — Le Sauveur apparaît à saint François sous la forme d'un séraphin à la Ibis crucifié et glorieux, et lui imprime les stigmates. Saint François révèle à un de ses Frères les circonstances de cet événement merveilleux
§ 4. — Nous ne connaissons l'amour de Dieu pour nous que par les manifestations sensibles qu'il en fournit. L'amour naît de la similitude, d'abord entre les personnes divines, puis entre Dieu et les hommes. Le Fils de Dieu , reconnaissant donc son image en saint François, lui a donné, par les stigmates, la preuve d'un triple amour : de complaisance, de bienveillance, et de magnificence
 

CHAPITRE V

LE MARTYRE DE LA STIGMATISATION EST D'UNE DIGNITÉ PLUS HAUTE QUE CELUI DONT LES HOMMES PEUVENT ÊTRE LES AUTEURS.

§ 1. — Les coeurs et les corps des saints sont les victimes de la Loi nouvelle; le Pontife unique, le Verbe incarné, perpétue son propre sacrifice en leur personne. Ce fut d'abord en la sainte Vierge et en saint Jean qu'il le reproduisit plus parfaitement, tandis qu'ils étaient au pied de la Croix : le martyre ordinaire eût été pour eux un sacrifice d'ordre inférieur. C'est de la même façon que le Fils de Dieu immole saint François
§ 2. — Il y a, entre les plaies de Jésus-Christ et celles de saint François, des ressemblances et des différences qui honorent également ce saint
 

CHAPITRE VI

A CHARITÉ, RÉPANDUE EN SAINT FRANCOIS PAR LE CŒUR DE Jésus, ÉLÈVE CE SAINT AU RANG DESSÉRAPHINS , LUI COM­MUNIQUE LES DONS ET LES CARACTÈRES DE CES ESPRITS CÉ­LESTES, ET EN AJOUTE D'AUTRES QUI RENDENT PLUS HAUTE LA GLOIRE DE LEUR HIÉRARCHIE.

1. — La charité est le principal don que Dieu ait fait aux hommes dans la Loi nouvelle. Elle a sa source dans le Coeur de Jésus, et elle s'est répandue sur le monde lorsque ce Coeur a été percé sur le Calvaire. Notre-Seigneur, sur l'Alverne, fait une effusion immédiate de cette charité dans le coeur de saint François, également blessé
§ 2. — Les opérations de Dieu dans les âmes des saints nous sont manifestées au moins un peu par les figures sensibles à l'aide desquelles il les exécute. Ainsi, la figure d'un séraphin, revêtue par Jésus- Christ pour stigmatiser saint François, révèle son intention de faire de ce saint un séraphin. Les ordres célestes doivent être représentés dans l'Église; or, les séraphins sont les créatures les plus rapprochées de Dieu, par la communication que le Saint- Esprit leur fait de lui-même et de ses fonctions. Mais, au ciel, le Saint-Esprit est l'amour jouissant, tandis que la terre et l'Église sont le séjour de l'amour souffrant. Les séraphins de la terre doivent donc être embrasés de ce double amour : c'est ce qui a lieu en saint François
§ 3. — Les séraphins, étant les créatures les plus rapprochées de Dieu, reçoivent immédiatement de lui la charité dont ils brûlent : c'est aussi la grâce de saint François stigmatisé
§ 4. -- En adorant Dieu, les séraphins volent et cependant restent immobiles, parce qu'un mouvement irrésistible les entraîne vers l'objet de leur amour, et tout à la fois le respect les ravit. Saint François leur ressemble en cette seconde grâce
§ 5. — La troisième faveur que l'amour procure aux séraphins, est la fusion de leur coeur dans celui de Dieu. Chez saint François, elle va jusqu'à produire sa ressemblance avec le Sauveur crucifié
     
§ 6. — L'amour des séraphins a la vertu de pénétrer le coeur de Dieu comme ferait une flèche ardente et acérée. La charité de saint François pénètre ainsi le Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ : c'est la quatrième grâce attachée à sa stigmatisation § 7. — La cinquième grâce qui accompagna l'élévatio de saint François à l'ordre des séraphins, fut l'union avec Dieu. Pour les séraphins du ciel, elle avait existé dès le premier instant de leur création; mais chez notre saint elle fut préparée graduellement par les vertus qu'il pra­tiqua depuis sa conversion. Consommée sur l'Alverne, elle présente divers aspects : union de lieu, union de regard, union de cœur, union de plaies. Enfin, elle est inamissible § 8. — Dieu aime à considérer dans les séraphins son image, qui consiste en une véritable transformation, ou déification. Sur la terre, Dieu l'a exécutée d'une manière éminente dans le Verbe incarné, qui fut non seulement déifié, mais homme-Dieu, puis dans la Vierge Marie. Cette transformation, en saint François, est la sixième grâce de son élévation à l'ordre des séraphins. Elle fournit à leur hiérarchie un élément de conformité avec Jésus-Christ qu'elle n'avait point, celui de la souffrance et des plaies. Ainsi , après Jésus-Christ et la Vierge Marie,.saint François est le dernier terme de la perfection de l'Eglise triomphante et de l'Église militant
 

CHAPITRE VII

LA STIGMATISATION A EU POUR EFFET  LA TRÈS HAUTE SANCTIFICATION DE FRANÇOIS ET CELLE  DU MONT ALVERNE

§ 1. — La stigmatisation a éteint en saint François la con­cupiscence de la chair : c'est du moins là une opinion très probable
§ 2. — Une des plus tristes conséquences de la condition humaine est que l'homme puisse perdre la grâce. Le Fils et le Saint-Esprit ont mission du Père céleste pour porter la grâce, et surtout les grâces extraordinaires, dans les âmes des justes. La stigmatisation de saint François a eu lieu par suite d'une mission semblable, et un de ses résultats a été de le confirmer en grâce
3. -- Dieu proportionne les grâces aux effets qu'il veut produire. Celles qui ont sanctifié François n'auraient pas suffi à le stigmatiser; mais, jointes à sa fidélité, elles l'ont rendu capable d'en recevoir de plus grandes, comment celle de la stigmatisation. Ce prodige a été ac­compagné d'un accroissement de charité dans son âme, et ainsi lui a fait subir un martyre supérieur à celui des autres saints
4. — L'Alverne a été merveilleusement sanctifié par les mystères que Jésus- Christ y a accomplis en la personne de saint François
 

CHAPITRE VIII

AINT FRANÇOIS, APRÈS LA STIGMATISATION, VIVANT D'UNE VIE SEMBLABLE A CELLE DE JÉSUS PENDANT LES TROIS HEURES DE SON SÉJOUR SUR LA CROIX, A RENDU A CE DIVIN SAU­VEUR UN CULTE SEMBLABLE A CELUI PAR LEQUEL JÉSUS- CHRIST, SUR LE BOIS DE SON SUPPLICE, HONORAIT SON PÈRE.

1. - Après la stigmatisation, saint François n'a pu continuer à vivre que par un miracle incessant, puisque son corps portait plusieurs blessures mortelles. La consevation d'une existence humaine dans de pareilles conditions n'est pas dans les attributions de la grâce proprement dite; elle dépend d'une faveur plus élevée, qui a été la communication de la vie dont Jésus a vécu pendant trois heures sur la Croix
§ 2. — Les stigmates de saint François prouvent aux voluptueux, aux avares et aux superbes, qu'il est doux, facile et honorable de porter la Croix de Jésus-Christ
3. — Le Cœur de Jésus crucifié était uni à son Père par une éminente charité, d'où naissaient en lui un désir insa­tiable de souffrances , une joie divine dans les tortures, un profond abaissement et une parfaite obéissance
§ 4. — La Majesté divine a droit à une adoration infinie, que le Verbe lui rend au ciel et sur la Croix. Mais le Verbe, humilié par son incarnation et son crucifiementmérite d'être adoré aussi en cet état. Par conséquent, comme la charité du Père engendre le Fils qui l'adore, charité du Verbe incarné et humilié fait naître des adorateurs victimes, qui l'adorent en souffrant et mourant pour lui. Saint François est une de ces victimes

 

CHAPITRE IX

LA STIGMATISATION DE SAINT FRANÇOIS A ENCORE POUR BUT DE RENDRE PLUS VIVE DANS L'ESPRIT ET LE CŒUR DES HOMMES LA MÉMOIRE DU MYSTÈRE DE LA RÉDEMPTION, ET DE LEUR APPRENDRE A LE REPRODUIRE DANS LEURS ÂMES ET DANS LEURS CORPS.

§ 1. — Par la faute de beaucoup d'hommes, la Passion de Jésus-Christ leur reste inutile. Ne pouvant point satis­faire son désir de leur salut en quittant de nouveau sa gloire pour remonter sur la Croix, ce divin Sauveur leur offre en saint François l'image de son crucifiement.
§ 2. — L'Eucharistie est un mémorial perpétuel de la passion de Jésus-Christ, à laquelle il a voulu que son corps mystique participât toujours, surtout par les douleurs des martyrs. Comme le Fils a été martyr du Père, ainsi les justes mis .à mort en haine de la foi sont martyrs de la divinité du Fils; mais saint François est martyr de son humanité: les plaies de ce saint montrent aux hommes combien le Coeur d'homme du Verbe incarné les a aimés
§ 3. — Le Verbe a empreint sa beauté dans les créatures en lès appelant à l'existence. Incarné et crucifié, il pré­tend imprimer l'image de ses douleurs en tous les chrétiens; aussi la Croix est-elle l'insigne la du christianisme, et l'Église la place- t- elle partout sous les yeux des fidèles, afin qu'ils apprennent à la porter en leurs corps. Beaucoup d'entre eux la mettent en oubli : Dieu suscite donc saint François, et imprime en lui le mystère de la Croix et la loi de l'Évangile, pour que tous puissent les aper­cevoir
§ 4. — Notre corps est destiné à porter la ressemblance de Jésus crucifié, comme notre âme porte celle de Dieu. Cela découle des titres qui nous relient à Jésus-Christ comme à notre Chef, à notre Rédempteur et à notre Souverain
 

CHAPITRE X

LA REPRODUCTION DU MYSTÈRE DE LA RÉDEMPTION DANS LES CHRÉTIENS CONSISTE EN LEUR PARTICIPATION A LA VIE DE DIEU, TRANSMISE PAR LE COEUR DE JÉSUS, BLESSÉ SUR LA CROIX. SAINT FRANÇOIS EN EST LA PREUVE PAR LA SURABONDANCE AVEC LAQUELLE CETTE VIE LUI EST COMMUNIQUÉE.

1. - Dieu, source de toute vie, réside en ses créatures par leur existence naturelle, et dans les justes par la grâce. Cette grâce a été perdue pour l'humanité lorsque le premier homme lui a préféré l'attrait du plaisir; elle nous est rendue par Jésus crucifié

2. — Tandis que le corps de saint François vit de la vie souffrante de Jésus, son coeur vit de cette vie divine que Jésus-Christ voulait communiquer aux hommes par sa Croix, et qu'il a conservée à cet effet au milieu des douleurs de son supplice. La communication de cette vie aux hommes les rend enfants du Fils de Dieu; saint François reçoit cette qualité à un degré éminent, comme l'atteste sa ressemblance particulière à Jésus- Christ
§ 3. — L'amour divin, à l'état parfait, produit l'extase. Celle de saint François, après la stigmatisation, a été continuelle. Cet état est l'effet de la vue du Verbe dans le Coeur blessé de Jésus-Christ
§ 4. — Sur sa Groix , Jésus a merveilleusement uni la mort et la vie, comme en témoigne sa promesse au bon larron. Saint François goûte également cette mort et cette vie. Il contemple en sa propre chair le Sauveur crucifié, que les autres chrétiens contemplent seulement hors d'eux- mêmes; son âme, délivrée des faiblesses de la nôtre, n'interrompt plus cette contemplation , qui est semblable à celle des anges
 

CHAPITRE XI

LE CŒUR DE JÉSUS TRANSMET LA VIE DIVINE EXCLUSIVEMENT AUX HOMMES QUI ACCEPTENT DE PARTAGER SES DOULEURS ET CELLES-CI DEVIENNENT LA SOURCE DE LEUR GLOIRE. STIGMATISATION DE SAINT FRANÇOIS REND SENSIBLES CES DEUX FAITS.

§ 1.— Les plaies de Jésus-Christ sont ce que tous les chrétiens, et spécialement les enfants de saint François, doivent le plus étudier et honorer en sa personne. A cet effet, il faut les contempler, s'y introduire, et s'y établir à demeure
2. — L'amour divin, né sur la terre des souffrances de Jésus-Christ, ne peut être communiqué aux hommes qu'avec celles-ci : cet amour est insatiable de douleurs. Saint François en désirait encore, alors qu'il en était plus accablé
3. — On n'a point part aux souffrances de Jésus-Christ sans être en même temps associé à sa gloire. Ce sont là deux faces de sa Croix : la seconde rend la première aimable. C'est ainsi que saint François a aimé les souffrances, voyant en elles la pénitence du Sauveur et la semence de la gloire
§ 4. — Pieux entretiens de saint François avec Jésus-Christ après la stigmatisation

 

CHAPITRE XII

APRÈS SA STIGMATISATION, SAINT FRANÇOIS PRÈCHE L'ÉVANGILE NON PLUS EN APÔTRE, MAIS EN SÉRAPHIN

§ 1. - Pour sauver le monde, Jésus-Christ a exercé le double ministère de la parole et du sacrifice. Il l'a transmis ensuite à son Église, et l'a rendu particulièrement écla­tant en saint François. A cet effet, il lui a communiqué son zèle, et le saint a repris ses courses apostoliques, pendant lesquelles ses stigmates étaient autant de voix prêchant l'Evangile avec plus d'éloquence qu'aucune bouche humaine
§ 2. — L'Église du ciel étant l'exemplaire de celle de la terre, saint François fait dans celle-ci l'office des séraphins. Il est un lien entre Dieu et les hommes, comme les séraphins en sont un entre Dieu et les anges

CHAPITRE XIII

LA MORT DE SAINT FRANÇOIS A POUR CAUSE UNE CHARITÉ
PARFAITEMENT SEMBLABLE A CELLE DE JÉSUS-CHRIST

§ 1. — Toutes les grâces que saint François a reçues pen­dant sa vie ont tendu à l'élever à un degré de charité qui soit la consommation de cette vertu
§ 2. — Les marques extérieures d'une éminente charité ont paru en Notre-Seigneur et en saint François. Elles consistent dans le désir de mourir pour la gloire de Dieu et le salut des hommes, dans l'amour des ennemis, dans le dépouillement des biens de la terre, et enfin dans les plaies
1 § 3. — Les marques extérieures d'une éminente charité ont été, en saint François, ses soupirs vers l'objet de son
amour, ses désirs, ses langueurs, ses extase
s
§ 4. — Malgré l'utilité que leur présence apporte à la terre, les saints la doivent quitter par une mort qui, unie à celle de Jésus-Christ, est un sacrifice offert à la souveraineté, à la justice et à la sainteté de Dieu
§ 5. — Saint François doit mourir, d'abord pour offrir à Dieu un triple sacrifice, comme homme, comme juste et comme saint ; puis il le doit encore comme stigmatisé
6. — Jésus-Christ, sur sa croix, a obtenu de son Père que tous les justes mourraient en état de charité, et que plusieurs saints éminents en vertu mourraient par l'effet même de cette charité. Saint Grégoire de Nysse et saint Augustin expliquent cette mort pour les saints en général. Saint François de Sales l'explique particulièrement pour saint François d'Assise

CHAPITRE XIV

LA MORT DE SAINT FRANÇOIS, PROCÉDANT D'UNE CHARITÉ SEMBLABLE A CELLE DE JÉSUS- CHRIST, A ÉTÉ PRÉCÉDÉE D'ACTES SEMBLABLES A CEUX QUI ONT AMENÉ LA MORT DU SAUVEUR; ELLE LAISSE AUX ENFANTS DU SÉRAPHIQUE PATRIARCHE DES ENSEIGNEMENTS ET UN HÉRITAGE SEMBLABLES A CEUX QUE JÉSUS A LAISSÉS A TOUS LES CHRÉTIENS.

1. — Les derniers actes du Sauveur ont tendu à lier les hommes à son Père, à son Église et à sa croix. Les derniers actes de saint François ont eu pour but d'imposer à ses enfants ce triple lien

2. — Afin de lier ses enfants à la croix, saint François, suivant l'exemple de Dieu le Père et celui du Verbe incarné, a laissé un testament scellé de son sang
3. — Jésus- Christ a voulu accomplir son sacrifice hors de Jérusalem et sous les yeux de sa sainte Mère. Saint François, sachant que son heure approche, quitte le palais de l'évêque d'Assise, et se rend à Notre-Dame- des- Anges
4. — Au lieu de ses terreurs ordinaires, la mort n'apporte à saint François que des mouvements de joie. Il la chante comme sa soeur et sa bienfaitrice, parce qu'elle va consommer son union avec Dieu
5. — Le Fils de Dieu, sur la croix, est l'exemplaire de la mort des chrétiens
§ 6. — Saint François mourant est une image de Jésus mourant, par l'élévation de son oraison, l'humilité de sa pénitence, et sa totale nudité

CHAPITRE XV

PAR LA GLOIRE QUI LA SUIT, AU CIEL ET SUR LA TERRE, LA MORT DE SAINT FRANÇOIS EST UN ÉCLATANT ENSEIGNEMENT DE LA FIN POUR LAQUELLE LE FILS DE DIEU A DONNÉ SON ÉVANGILE AUX HOMMES.

§ 1. — En la mort de saint François, le Fils de Dieu découvre la fin de l'Évangile, qui est l'anéantissement de la nature au profit de la grâce, par laquelle seule l'homme, sorti du sein de Dieu, peut y retourner
§ 2. — Jésus-Christ chef des élus dans l'ordre de la grâce, l'est aussi dans l'ordre de la gloire : c'est de sa surabon­dance que les saints reçoivent l'une et l'autre. Il en résulte que la grâce d'un saint sur la terre est la mesure de sa gloire au ciel. Par suite, l'éminence de la gloire de saint François nous est révélée par l'abondance de sa grâce, la grandeur de son amour, la singularité de ses plaies, et son extrême pauvreté
§ 3. — Dans l'intérêt de ses élus survivants, Dieu laisse sur la terre les corps de ses saints, retardant leur récom­pense. Toutefois, il honore ces dépouilles mortelles, et en particulier celle de saint François, en les associant à sa gloire extérieure par l'opération des miracles, par le privilège de résider auprès de son Eucharistie, et par les hommages de la vénération publique, qui les élève au-dessus de tous les hommes

§ 4. — Jésus-Christ, sur nos autels, est médiateur, hostie et protecteur. Il communique ces trois qualités et fonctions aux saints, surtout aux martyrs, et plus particulièrement à saint François, dans l'intérêt de ses enfants

Les menus des 4 parties du livre
Attention il faut absolument que vous suivez les chiffres sinon vous allez perdre le sens du livre
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P.Bernardin-de-Paris-ofm.cap.-Tome-2-Partie-3-Ch-7-Stigmatique-sur-le-Mont-Alverne.html
16
P.Bernardin-de-Paris-ofm.cap.-Tome-2-Partie-3-Ch-15-La-gloire-de-St-Francois-au-ciel-et-sur-la-terre-jusqu-a-la-fin-du-monde.html
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