Ermite franciscaine laïque consacrée par voeux public

mère et grand mère,

ma consécration est pour les prêtres du monde.

© + Sr Denise Ermite

Série -5- Ermite de mon coeur par Sr Suzanne Tremblay

SAINT FÉLIX DE VALOIS

4 AVRIL 1127- 4 NOVEMBRE 1212

ERMITE FONDATEUR DE L’ORDRE TRINITAIRE AVEC SAINT JEAN DE MATHA

Préface

Quoique la vie de saint Félix de Valois ne fut qu’e0ffacement en vue du Seigneur, maintenant, il est temps de la connaître afin qu’il implore la Trinité Sainte pour briser les chaînes. Combien de gens auraient besoin de lui afin de combler tant de manques et se rapprocher de Dieu qui les aime tant ! Dieu permet ce trait d’union entre ciel et terre afin d’attirer le plus d’âmes possibles, pendant qu’il est encore temps. Il se fait déjà si tard et tant d’âmes prennent le mauvais chemin, se rendant esclaves de tant de choses futiles. Saint Félix de Valois est un chemin qui mène jusqu’à ce Dieu d’amour et de compassion qui connaît mieux que quiconque les besoins de ses enfants.

Prière

L’Esprit du Seigneur Yahvé est sur moi parce que Yahvé m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs brisés, annoncer aux captifs la libération et aux prisonniers l’élargissement ( Is 61,1)

Merci aux collaborateurs

Recherches : François- Paul Deraspe o.s.s.t.
Dessins L : Mélanie Deslandes

Propriétaire du droit d’auteur sur l’œuvre originale :

Suzanne Tremblay
St-Félix de Kingsey. Québec.
Canada Permission du Supérieur 31 mai 1989


Table de matière

L’enfant d’un songe
2- Fils d’un foyer divisé
3- Hugues le jeune croisé
4- La joie du sacerdoce
5- Un ermite au bois de Gandelu
6- La venue d’un fidèle compagnon
7- En route vers la ville éternelle
8- Les trois amen
9- Cerfroid, première maison trinitaire
10- Félix, ministre de Marseille
11- ‘’ Notre Dame du Partage’’
12- Félix au crépuscule de sa vie

Épilogue.
Prières de Suzanne Tremblay ©

1- L’enfant d’un songe     

Félix était du sang royal de France de la lignée des Capet. Son père se nommait Raoul IV, comte de Valois, et sa mère Eléonore, sœur de Thibaud III, compte de Champagne. Félix est né à Amiens en France, le 4 avril 1127. Il fut nommé Hugues au baptême. Sa mère était très pieuse ; pendant sa grossesse, elle avait eu un songe dans lequel une voix lui avait dit : ‘’ Ton fils échangera la fleur de lys pour la croix du Christ ‘’

La mère de Hugues avait de graves problèmes avec son époux. Elle fut dans l’obligation de confier son fils à saint Bernard à l’abbaye de Clairvaux vers l’âge de 5 ans. Hugues était très attaché à sa mère, il dut déverser son amour sur saint Bernard. Il demeura à ses cotés jusque vers l’âge de 12 ans.

II - Fils d’un foyer divisé

Le petit Hugues a environ 12 ans malheureusement, les problèmes entre son père et sa mère s’aggravent à un point tel que son père quitte sa mère pour prendre une autre épouse. La mère de Hugues se voit contrainte d’abandonner son fils. Son frère, le compte de Champagne, adopte le petit Hugues afin de pouvoir à son éducation et à son instruction, Hugues doit quitter l’abbaye de Clairvaux pour être placé dans un collège. Ce fut un déchirement pour le petit Hugues de devoir quitter saint Bernard sur qui, il avait déversé toute son affection. Hugues se trouve dans un collège à l’âge de 12 ans, abandonné de tous les siens.

Il demeurera tout au long de sa vie profondément attachée au souvenir de sa mère. Dans son abandon, le petit Hugues se jette dans les bras de sa Mère du ciel, car il sait dans son cœur que jamais Elle ne l’abandonnera. Désormais, il jettera secrètement son dévolu sur le seul désir de parfaire son instruction et préparer son cœur à devenir prêtre.

III- Hugues, le jeune croisé

La maman de Hugues meurt à Saint-Quentin en 1147. Cette même année, Hugues part pour les croisades avec le rois Louis VII. Le comte de Champagne se voit rassuré du fait que Hugues est un peu plus âgé que son fils Henri, il espère qu’il aura une bonne influence sur son fils. Devant les intrigues et les ambitions parfois sanglantes, dont Hugues est témoin, s’approfondit en lu le désir de Dieu seul, il demeurera en Terre Sainte jusqu’en 1155, coopérant à la charité et prêchant la parole de Dieu, se pénétrant de l’Esprit de Jésus sur les sites même ou le Verbe incarné a vécu est passé. Son père meurt le 14 octobre 1151, réconcilié avec l’Église mais laissant son fils déshérité.

Hugues rencontre un anachorète en Terre-Sainte. Son grand désir, sa grande décision : dès les croisades terminées, il ira le rejoindre afin de trouve ce Dieu trinité dont son cœur a si soif et son âme a si faim.

 

IV- La joie du sacerdoce

Après huit années de croisades au service du Roi Louis VII, Hugues passe par Romme y vénérer les tombeaux des Apôtres Pierre et Paul. Il rejoint L’anachorète du Nord de l’Italie afin de communier à sa solitude, l’Important de former son âme et de l’imiter graduellement au détachement le plus total et à la prière perpétuelle. Il se nourrit intensément jour et nuit de la parole de Dieu, Il fréquente assidûment la Sainte Présence au tabernacle ; il a la foi vive que Jésus ressuscité est bien là toujours présent, Prêtre et Victime parfaite pour le salut du monde. Il cherche à imiter de mieux en mieux ce Dieu qu’il adore, et à découvrir dans la Sainte Hostie, cette Trinité Vivante qui se donne et s’abandonne par amour de ses créatures.

L’ermite le convainc de demander le sacerdoce afin de pouvoir vivre en ermitage : en toute obéissance, il le fait. Au moment de sa consécration, il se donne à Vierge Marie. De retour auprès de son maître, il ne vécut qu’un court temps avec lui. Il fut si peiné de voir son maître et unique ami expirer dans es bras, lui laissant pour tout bien son gîte et ses prières.

Hugues demeure un certain temps seul, priant et se mortifiant, attendant l’appel de Dieu afin d’accomplir ses vues et non les siennes propres. Dans la solitude et la peine, il sent l’appel de Dieu pour retourner en France.

V- Un ermite au bois de Gandelu

Dans la prière et la solitude Dieu répond et Hugues voit le moment de retourner dans sa patrie. Avant de quitter les lieux où vit le jour sa vie sainte et solitaire, se sentant le plus heureux des hommes, il change son nom en celui de FELIX qui en latin veut dire ‘’HEUREUX ‘’

De retour en France, il s’isole dans le bois de Gandelu, dans le Valois, aux confins de la Brie à 2 kms. De Montigny- L’Allier, petit village d’environ 1000 habitants.

La grande forêt sera sa demeure permanente, Il ira chercher son eau fraîche à la source dans le bois de Cerfroid. Cette source se jette dans le torrent du Clignon. Félix y descend régulièrement pour puiser de l’eau, se rafraîchir les pieds et s’y laver. Il y cueille de l’osier, dont il a besoin pour tresser des paniers qu’il utilisera pour transporter des champignons, des fruits et des herbes sauvages et des noix qu’il échangera pour des oeufs, du formage, du pain et du lait à foire hebdomadaire de Montigny. La saison venue, il se délecte de fraises des champs. Il mange peu, dort peu et prie beaucoup. Il va par les chemins, pieds nus, vêtu de sa robe de bure ; il a coupé ses magnifiques cheveux. Il est méconnaissable. Il croit dans la voie de l’amour et de l’humilité. Il partage sa paix et est plein de bonté pour les rares gens qui s’aventurent jusqu’à son gîte dans la forêt. Il affectionne beaucoup les animaux sauvages et partage souvent avec eux sa nourriture ; il se plaît beaucoup à les abreuver dans le creux de ses mains.

Une croix rustique en pierre dure se trouve encore ‘’au champs des ermites‘’ où demeurait Félix. On y distingue encore les traits du Crucifié sur une face et la Femme-Mère de L’Apocalypse avec son Enfant qu’Elle porte dans ses bras, sur une l’autre face. Celle-ci foule de ses pieds le croissant en signe de Victoire. Ces saintes effigies ont été martelées vainement par les pioches des huguenots ; on peut les reconnaître encore dans leurs traits principaux.

Le Crucifié, preuve sans prix de l’Amour de l’Éternel pour chaque être humain, et la Vierge Mère victorieuse, le plus beau fruit de ce Sang Rédempteur, tels sont les deux pôles indispensables, l’un tragique, l’autre éblouissant, que contemple sans cesse notre ermite dans la prière et la méditation, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des hommes.

VI-Vivant retiré dans le bois de Gandelu, loin de tout et de tous, Félix est le plus heureux des hommes.

Très solitaire, il aime et désire ardemment cette solitude au cœur de Dieu. Il est tout donné et abandonné à la sainte volonté de l’Époux avec qui il vit de grandes heures d’intimité amoureuse afin qu’il forme son âme et parle à son cœur.

C’est au cœur de cette solitude dans ce total abandon que Dieu, comme une flèche, transperce son cœur. Instant béni et choisi où Félix entend l’appel de Dieu vers la Très Sainte Trinité, Connaître Dieu trois fois Saint, c’est l’aimer pour toujours. Heureux, il a enfin trouvé rasa raison de vivre et mourir : Dieu Un en sa nature et Trois en ses personnes.

Félix exégète passe de grands moments à lire et traduire les Saintes écritures. A l’occasion, certaines gens ses rendent dans le bois afin de rencontrer Félix qui est très réservé et accueillant. Voyant ses grandes vertus et ses talents d’exégète, certaines communautés l’approchent mais il refuse, désirant répondre à l’appel que Dieu a déposé dans son cœur. Il attend dans la prière et la mortification, laissant Dieu préparer son cœur et son âme à devenir le plus petit des petits et le serviteur de tous par amour de la Très Sainte Trinité. C’est dans cet état d’âme que Dieu forme tout son être à sa vocation future au service de la Très Sainte Trinité.

VII- En route vers la ville éternelle.

Les chemins sont presque impraticables et Félix est déjà avancé en âge. Le projet de l’Ordre de la Très Sainte Trinité se veut très avant-gardiste, mais Félix et Jean s’en remettent à Dieu. Ils gagnent à pied et à dos d’âne la Ville Éternelle afin d’Y rencontrer Innocent III.

Une prudence les avait poussés à se munir de lettres testimoniales de la part des évêques de Paris et de Meaux ainsi que de plusieurs autres personnages de marque. Mais comme toute oeuvre de Dieu, ils connaissent de grandes épreuves. Ils se butent aux objections les plus tenaces des canonistes pontificaux. Leur projet heurte de front les normes sagements prévues par le droit pour les Ordres réguliers. Il semblait absurde de concevoir des religieux hors de l’enceinte inviolable de cloître, parcourant les routes et traversant les mers, et cela, en vertu même de leur Règle ? De plus, comment parvenir à concilier l’union à Dieu par la contemplation à l’Eucharistie et au Crucifié et le service par l’action apostolique du rachat des captifs ?

Adoration, contemplation, rachat des captifs, soins aux miséreux, aux déshérités ‘’entreprise qui semble tenir du rêve ‘.

Jean et Félix gardent toute leur foi en Dieu et maintiennent fermement leurs postions. Ils demandent avec insistance à voir le Pape.

A l’entrevue pontificale, Jean et Félix exposent le but de l’Oeuvre naissante, la grande misère des esclaves, les moyens jugés aptes à les secourir et les réalisations concrètes enregistrées jusqu’a ce jour. Saisissant l’avantage qu’aurait pour l’Église un tel ordre, le Pape accepte, de prendre sous la protection du Siège apostolique les trois maisons de Cerfroid, Planels, et de Bour-La-Reine. Par prudence, il demande certaines garantis, conditions nécessaires au succès de toute fondation, Il impose donc aux fondateurs de remanier leur Règle.

Félix et Jean reprenne la route de Paris pour exécuter fidèlement les désire du Vicaire de Jésus–Christ ; pour pouvoir se remettre de nouveau en route vers la Ville Éternelle quelques mois plus tard...

VIII- Les trois amen

Entre-temps, Innocent III connaît exactement, par l’exercice du suprême pontificat, les besoins les plus urgents de l’Église : besoin de réforme, besoin de compassion et de miséricorde envers les opprimés et les miséreux, besoin d’unité et de coalition contre les ennemis du dehors, besoin enfin de haute science et de rayonnante vertu pour ramener au bercail les brebis égarées ou pour sauver celles que le mal risque de perdre à jamais.

Dieu réconforte son auguste serviteur; durant la célébration de la sainte Messe, le pape Innocent III reçoit une révélation identique à celle dont Jean de Matha fut gratifié lors de la célébration de sa première Eucharistie.

Les hésitations qui tourmentaient jusqu’alors l’esprit du Pape au sujet de l’approbation de l’ordre, cèdent la place à une paix profonde et à un saint enthousiasme. Les trois ‘’AMEN’’ qui fleurissent spontanément sous sa plume dans sa Bulle du 3 février 1199 en font foi.

Dès qu’il apprend la présence de Jean de Matha et Félix de Valois à Rome, Innocent III les demande auprès de lui par des messagers. Pendant ces jours d’attente, empresse de les revoir le Pape s’écrie :; ‘’ Que le Seigneur me les envoie’’

Touché de cette délicatesse du Pape à leur égard, Jean et Félix se hâtent d’accourir auprès de lui, Ils présentent à Innocent III le résultat de leur travail, Ils acceptent humblement ses suggestions et ne recherchent en tout que la parfaite conformité à la pensée pontificale. Cette fois vraiment, l’Esprit de Dieu manifeste sa présence.

En la première année de son pontificat Innocent III, serviteur des serviteurs de Dieu approuve solennellement l’Ordre de Trinité et de la Rédemption des Captifs de même que la ‘’ Règle Propre ‘’ rédigée par Jean et Félix, à Cerfroid.

 
IX- Cerfroid première maison trinitaire

Cerfroid, maison religieuse construite près de la source où venaient s’abreuver les ermites fondateurs. Le domaine s’amplifie par les nombreux dans de généreux donateurs, venant pour plusieurs des plus hautes familles de France.

Nombreux sont les hommes et les femmes, et même des familles entières, qui veulent se donner ‘’corps et biens’’ à cette oeuvre nouvelle de rachat et de miséricorde jointe à la ferveur du cloître, oasis indispensable de contemplation et de fraternité.

En 1199, Jean de Matha doit partir pour accomplir avec des compagnons les premiers rachats de captifs, favorisé par la trêve de douze ans que le roi du Maroc vient de signer avec les princes chrétiens. Il entre tout joyeux à Marseille avec les deux cents esclaves libérés. Il y fonde une maison à Marseille, et aune autre en Arles.

Durant son absence, Félix est en charge de la maison de Cerfroid, particulièrement avec le soin de superviser les maison du nord de la France et du comté de Flandre. De plus en plus de compagnons et de compagnes viennent se joindre aux trinitaires. Comme Félix a déjà acquis une certaine perfection spirituelle, il se doit de la partager avec les autres, qui en ont l’ardent désir.

L’ermite du bois de Gandelu aux paroles qui font vibrer le cœur et tressaillir l’âme, était devenu ce vieillard aux gestes délicats, au cœur tendre, tout rempli d’humilité ; comme il était attentif aux confidences, le cœur vibrant de compassion et de miséricorde.

Prêtre, confesseur, libérateur et consolateur des âmes, à la recherche de Dieu, dévoué sans se laser, il était accueil et tendresse envers tous ceux qui venaient vers lui, Comme il savait aimer, partager et pardonner.

Quand Jean revient de son premier voyage, Félix ne peut contenir sa joie, ni retenir ses larmes. Il sera toujours pour Jean, le conseiller et le soutient ; il sera l’animateur né de tous ces premiers contemplatifs trinitaires ont mission de rédemption et de miséricorde.

 

X- Félix, ministre de Marseille 1203-1210

L’action bienfaisante de Félix s’étant particulièrement dans le nord de la France et la Belgique actuelle, En 1202, une première maison se fonde à Paris, près de St-Germain l’Auxserrois, à la porte St Denis, hors les murs, bien humblement.

Jean de Mathan retourne en Provence et en Aragon y semer des fondations, et y établir de nombreux compagnons et compagnes, pour y multiplier les religieux, les religieuses, et les laïcs hommes et femme de la grande Famille Trinitaire : Les besoins des miséreux, des malades et des captifs maures et chrétiens y sont si nombreux.

En 1203, Félix devient ministre de Marseille, maison très active, située dans le port, près de la cathédrale. Cette année là, une entente avec le Chapitre de Marseille imposera aux Trinitaires d’accepter des conditions de pauvreté, qui les mettent totalement entre les mains de la providence ; Félix et Jean, avec leurs fils et filles spirituelles, acceptent ce défi du sort pour se maintenir bien présents là, où sont les pauvres et les captifs. Cette situation durera jusqu’en 1270 et les trinitaires resteront là, courageux et joyeux, toujours sur la brèche.

En 1210, le 4 février, Félix verra sa patience, sa discrétion, sa diplomatie éclairée d’en –haut, obtenir du chapitre des Marseille une générosité ; le don d’un terrain adjacent à la maison de Sainte Trinité.

Le commencement de la guerre des Albigeois, les remous qu’elle produit depuis 1209, en Provence et Aragon, on dû multiplier les tracas pour le bon et vaillant Félix. Même dans sa maison, il a dû être patient et inventif pour réconcilier les Provençaux avec les Français du Nord : sa situation fut sûrement très héroïque. Il dut rentrer à Cerfroid.

XI- Notre Dame Du Partage

Lorsqu’en 1202, Jean dut partir de l’Aragon pour accomplir un rachat à Valencia, il connut une situation difficile. L’argent nécessaire à cette rédemption, vient à lui manquer.

Si intimement uni à son compagnon, Félix eut l’intuition de ces difficultés, et la vie conscience du danger pour Jean de rester prisonnier, et d’y laisser peut –être sa vie.

Les maisons trinitaires multiplièrent prières et pénitences pour secourir leur père rédempteur.

Le ciel répondit è leur prière : Marie, elle-même, vient porter le secours. ‘’ Notre Dame du Partage’’ seconde efficacement Jean de Matha et ses fils pour qu’ils accomplissent le partage du tiers.

Jean de Matha entre à Marseille avec ses captifs ainsi libérés ; il fait connaître l’assistance miraculeuse de Marie.

Les Marseillais dans l’enthousiasme font sculpter une statue en fois, d’un art naïf mais, très parlant : La Vierge bien replète porte sur ses genoux l’Enfant –Jésus bien joufflu ; elle porte dans sa main droite une bourse bien pleine d’argent solide ; l’Enfant porte une tirelire. On la nomme ‘’ Notre Dame du Remède ‘’, Mère du Sauveur et des rachetés. Marie et son Enfant divin se feront les premiers quêteurs du rachat des captifs avec les trinitaires rédempteurs.

XII- Félix crépuscule de sa vie.

La nuit du 7 au 8 septembre 1212, alors que tous sont partis à Meaux chanter les matines de la fête de la Nativité de Marie, avec le chapitre de la Cathédrale, Félix reste seul au couvent, étant trop âgé et meurtri pour effectuer ce voyage tant désiré, Peiné, il confie son chagrin à la Vierge qu’il aime tant. Dans son immense amour de Mère, la Vierge revêtue de blanc portant sur son cœur la croix trinitaire rouge et bleue, vient se joindre à lui pour chanter les matines.

Félix este déjà au crépuscule de son pèlerinage, à la suite de la visite de sa très sainte Mère, il demande au Seigneur de revoir Jean celui qui avait été son plus cher compagnon sur la terre, afin de l’embrasser et de le serrer dans ses bras une dernière fois. Dans son infinie bonté, le Seigneur lui accorda cette demande si candide.

Félix meurt âgé de quatre vingt cinq ans, le 4 novembre 1212, ayant appuyé sa vie entière sur l’adoration du Crucifié et de la Trinité Vivante par l’Eucharistie, en s’unissant à sa très sainte Mère, aux anges et aux saints.

Épilogue

Le corps de ce saint Ermite Libérateur et Consolateur, repose présentement au couvent de Cerfroid en France.

Il faut espérer que très bientôt la dépouille mortelle de saint Félix de Valois, qui repose présentement 6 pieds sous le sable côté Est, près de la chapelle où la Vierge est venue le consoler la nuit du 7 au 8 septembre 1212 soit de nouveau exhumée pour être vénéré par les seins afin de glorifier la Sainte Trinité.

D’année en années, des milliers de rachetés s’abreuveront à la Source d’eau vive, se nourriront de la Parole de Dieu, communieront au Corps et au Sang du Christ, rachetés, hébergés et aimés, ils s’attacheront au Christ et chemineront dans la foi, pour finalement entrer quelques soient leur couleur, leur nationalité et leur couture, dans la gloire des Trois qui ne font qu’UN

Prières de Suzanne Tremblay-1 ©

Prière à Saint Félix de Valois ermite

Toi, qui as vécu une solitude très prolongée, apprends-moi à rendre profitable mon isolement pour qu'il me rapproche de Dieu.
-Oui, apprends-le moi.

-Toi, qui savais si bien contempler la Trinité Sainte et la prier avec foi et amour
- Oui, apprends-le moi

-Toi, qui as fait de ta personne un don total pour l'amour de Dieu à travers ton prochain.
-Oui, apprends-le moi

-Toi, qui savais fondre ton amour dans la Trinité Sainte.
-Oui, enseigne-le moi.

-Toi, qui consolas tes frères dans le besoin, dans la maladie, dans les difficultés.
-Oui, enseigne-le moi.

-Toi, qui sus délivrer les captifs, libère-moi de tout esclavage qui empêche mon âme de s'élever totalement vers Dieu.
-Oui, délivre-moi.

-Toi, qui savais si bien pratiquer les vertus et faire bon usage des dons de l'Esprit Saint.
-Oui, apprends-le moi.

-Toi, qui aimas si fidèlement le Christ souffrant et la glorieuse Vierge Marie.
-Oui, apprends-le moi.

-Toi, qui sus si bien allier la prière contemplative et l'activité de rachat et de miséricorde.
-Oui, apprends-le moi.

-Oui , Saint Félix, il ne faut rien épargner, tout doit servir pour la plus grande gloire de Dieu.
-Oui, enseigne-le moi.Amen.

Cum permissu superiorum 31 mai 1989

Fils et Filles de la Trinité inc

Prières de Suzanne Tremblay--2©

Ma Fille Bien-Aimée

Je ne suis qu’amour et charité au service de l’Amour.

Ma fille bien-aimée garde en toi ce désir d’amour d’Éternité vis, ma tendresse ;
blottis-toi dans mon cœur en sécurité, afin d’y trouver le réconfort, le repos, la paix.

Laisse-moi guérir ta peur d’aimer et d’être aimée. Je te baigne dans mon amour,
et toutes les nuits sous le regard de ton Père des cieux.

Je te dépose dans l’amour aux pieds de la Très Sainte Trinité.

Oui, je veux être ton protecteur, ton guide et soutien.

Ma fille bien-aimée, tiens-moi la main dans la joie, l’amour, la paix :
ensemble nous parcourrons le chemin.

Références

1- Giulio Cipollone, o.s.s.t
Cerfroid ( 1198-1429) 244. P., Université Grégorienne, Rome 1978

2- Pères Trinitaires, canadiens Jean de Matha, un fondateur d’avant –garde.

3- Collection : ‘’ Ecclesia ‘’, n. 59, 176p., Fayard, Paris 1960

4- Ignazio Marchionni, note…, 400 p. Rome 1973

Recueil de chants Suzanne Tremblay

 
VI- La venue d’un fidèle compagnon

Pendant ce temps, Jean de Mathan décide de se rendre vers Félix dans le bois de Gandelu, afin de le consulter, ayant entendue parler de lui en tant que mystique profondément lié à la Sainte Trinité.

Arrivé au bois de Gandelu, Jean raconte à Félix que lors de la célébration de sa première messe, il demande à Dieu au moment de la consécration. ‘’ Seigneur que voulez-vous que je fasse ? ‘’ Au même moment, levant les yeux vers le ciel, il voit Jésus vêtu de blanc avec une croix rouge et bleue sur le cœur. Il présente à Jean, deux hommes enchaînés de race différente, semblant être affaiblis et meurtris sous les coups. Il comprend que c’est là le symbole de l’Ordre que Dieu attend de lui. Il partage avec Félix ses aspirations au sujet de la formation que l’Ordre de la très Sainte Trinité et de la rédemption des captifs.

Félix voit la profondeur et la noblesse de cœur de ce jeune homme de 40 ans consacré à Dieu, qui démontre un sens inné de l’organisation et qui comme lui, a une profonde dévotion à la Sainte Trinité.

C’est dans une atmosphère de silence et de prière que Félix élaborent avec lucidité leur projet de fondation afin d’édifier une oeuvre durable, Félix exégète travaille aux textes de la parole de Dieu et fournit sa vaste expérience érémitique. Jean aborde les divers problèmes de la vie intérieure et de l’organisation extérieure. Il faut harmoniser vie active et contemplative. Tous deux demeurent à l’écoute de Dieu partageant sa parole et se nourrissant de son corps et de son sang, Ils se perdent en louange, en contemplation et en adoration pour l’Auguste Trinité.

Félix et Jean feront en sorte que la Trinité Vivante et Présente par L’Eucharistie et le Crucifié soient la source et le somment de leur vie et de l’Ordre. Nourri par cette spiritualité, cet Ordre Religieux sera voué au rachat des captifs et au soin des miséreux et des déshérités.

Tous ces chrétiens persécutés, torturés, emprisonnés, les fers aux pieds, sont en nombres incalculables. Beaucoup viennent des croisades, leur foi est en danger, ainsi que celle de leurs proches. Le cœur de Félix et le cœur de Jean souffrent devant leurs cris de désespoir, les coups de fouets, le bruit de leurs chaînes qu’ils traînent avec tant de peine, quels supplices intolérables ! Oui, il faut les racheter à tout prix !

Animé par l’unique désir de plaire è l’auguste Trinité, c’est dans la prière, au souffle de l’Esprit –Saint qu’ils rédigent la Règles de l’Ordre. Puis vint l’heure de partir vers la Ville Éternelle.

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