| Série
3- La
définition de la vie érémitique Franciscaine selon |
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les textes viennent du document de la vie de Saint François des PP Théophile Desbonnets et Damien Vorreux o.f.m Édition Franciscaine 9 rue Marie Rose Paris XIVe le 13 juin 1968 |
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Éloge de la mendicité. Le
Père avait plaisir à utiliser plutôt la nourriture
quêtée aux portes que les offrandes spontanément
offertes. Quand on a honte de mendier, affirmait-il, on est
l’ennemi de son propre salut ; mais si l'on éprouve
la honte en mendiant, sans reculer pour autant, cette honte est méritoire.
Il approuvait la délicatesse qui fait monter le rouge au front,
mais non pas la honte qui paralyse. Afin d'encourager les frères
à partir pour la quête, il leur disait : « Allez,
car si les Frères Mineurs ont été envoyés
au monde en ces derniers temps »(1),
c'est pour permette aux élus d'accomplir en leur faveur ce
qui vaudra les félicitations du Juge: «Ce que vous avez
fait à l'un de mes frères mineures, c'est à moi
que vous l'avez fait »(2)
. L’homme de Dieu que son corps contraignait à cheminer en pèlerin loin du Seigneur, s’efforçait de maintenir toujours au moins son esprit dans le ciel en présence de Dieu dont le séparait la seule cloison de la chair ; il était déjà concitoyen des Anges. Toute son âme avait soif du Christ; au Christ il vouait tout son coeur et tout son corps. Des merveilles de son oraison nous allons dire ici que les mots, du moins ce que nous avons vu de nos yeux et pour autant qu’il est possible, de le transmettre; que ce soit un exemple imiter par ceux qui viendront après vous. Tout son temps était consacré à l’élévation, de son âme, il gravait dans son cœur les enseignements de la sagesse et n’avait qu’une peur : celle de reculer s’il ne progressait plus. Si des visiteurs mondains ou certains sujets de discussion lui pesaient, il coupait l’entretien de façon abrupte plutôt que d’en attendre l’aboutissement, et se replongeait dans le recueillement ( !) Le monde n’avait plus aucune saveur pour lui qui avait part aux douceurs du ciel, et son goût affiné par les délicatesses divines ne pouvait plus supporter les grossières joies humaines. Pour
s’unir à Dieu de toute son âme et pour y faire
participer aussi plus facilement tout son corps, il recherchait la
solitude. Surpris en public par une visite du Seigneur, il faisait
de son manteau sa cellule et plus d’une fois, faute de manteau,
se cachait le visage derrière sa manche, pour ne pas livres
à tous la manne cachée. Il se dérobait toujours
d’une manière ou d’une autre aux regards des personnes
présentes afin de ne rien dévoiler de la visite de l’Époux,
si bien que même plongé au coeur d’une foule trépidant
(2), il priait sans être vu. Enfin quand tous ces expédients
s’avéraient impraticable, c’est de son coeur qu’il
se faisait alors un sanctuaire. Sorti de lui-même, et ravi en
Dieu, il cessait alors de cracher, de gémir, de soupirer très
fort, de se livrer à toute autres manifestations extérieures
(3).Références-2 Mais quand il priait en forêt ou dans un ermitage, il faisait retentir les bois de ses gémissements, arrosait la terre de ses larmes, se frappait la poitrine et, comme s’il se sentait caché bien ; l’abri dans la chambre la plus secrète du Palais (4), échangeait avec son Seigneur d’interminables propos ; là il rendait ses comptes au Juge, suppliait le Père, s’entretenait avec l’Ami, jouait avec l’Époux : c’est pour composer une multiple offrande avec toutes les fibres de son coeur qu’il voulait ainsi contempler sous de multiples aspect Celui qui voulait ainsi contempler sous de multiples aspects Celui qui est souverainement simple et un. Il ne remuait pas les lèvres ; bien souvent son âme seul parlait ; il semblait avoir fait passer à l’intérieur de lui-même toutes ses facultés d’attentions pour se concentrer sur les réalités célestes. Quand il s’ appliquait ainsi, avec tout la lucidité de son intelligence et tout l’élan de son coeur, à demeurer « dans la maison de Yahweh tous les jours de sa vie, la seul grâce qu’il demandait au Seigneur(5)», ce n’état plus un homme qui priait, c’était la prière fait homme. Quelle douceur devait-il ressentir, habitué à prier ainsi ! Lui seul le sait, nous ne pouvons qu’admirer. Pourra comprendre celui-là, seul qui en aura goûté ; pour les autres le mystère reste entier : l’esprit tout embrasé, le regard pénétrant il était déjà devenue citoyen du royaume des cieux, tant dans son aspect extérieur que par son âme toute fondue dans l’extase. Il n’aurait jamais manqué par négligence une visite de l’Esprit quand l’occasion s’en présentait, il l’accueillait fidèlement et, tant que durait la faveur divine, savourait la douceur qui lui était offerte. Si durant un travail ou en chemin, la grâce venait l’effleurer, il goûtait par intervalles mais fréquemment à cette très douce manne ; en voyage, il se laissait distancer par ses compagnons pour mieux jouir de chaque inspiration nouvelle. Jamais il ne reçut la grâce ne vain (6).Références-3 Les Frères espagnols. 178. C’était merveille de le voir ravi en Dieu et jubilant d’allégresse lorsque parvenait jusqu’à lui, comme un agréable parfum, la bonne renommée de ses fils. Un clerc espagnol près pieux eut un jour le bonheur de voir saint François et de s’entretenir avec lui. Entre autres nouvelles sur les frères d’Espagne, il raconta ceci au bienheureux qui en eut une grande joie. «Tes frères habitent chez nous un pauvre ermitage ; ils ont réglé leur vie de manière que la moitié d’entre eux s’occupe de la maison pendant que l’autre moitié s’adonne à l’oraison à chaque semaine on passe de la vie active à la vie contemplative, et le repos de ceux qui faisaient oraison est remplacé par le travail des mains (12). Or un jour, la table était prête, le signal donné : tous arrivent, sauf un, du groupe des contemplatifs. On l’attend un moment, puis on va frapper à sa cellule pour l’inviter à table mais Dieu lui servait un repas bien meilleur que ceux des hommes : on trouve le frère prosterné la face conte terre, les bras en croix, immobile et sans respiration, un candélabre était allumé près de sa tête, un autre à ses pieds, répandant une lumière éclatante dans toute la cellule. On le laisse en paix sans troubler son extase, pour «ne pas réveiller la bien-aimé avant qu’elle ne le désire (2)». Les frères, de l’extérieur de la cellule, regardaient par les fentes de la cloison et par la lucarne. Enfin, sous les yeux de ses amis épiant celle qui habite dans les jardins, tout à coup la lumière disparut et le frère revint à lui, il se leva aussitôt et se rendit à table où il fit sa coulpe pour son retard, voilà, dit cet espagnol, une chose qui s’est passée chez nous.» Saint
François, comme enivré du parfum de ses fils, ne pouvait
contenir sa joie, Il se leva pour louer Dieu et, avec toute la conviction
don il était capable, comme si la bonne réputation de
ses fis eût été son unique gloire, il s’écria
: «Seigneur qui sanctifiez et dirigez les pauvres, merci de
la joie que vous m’avez procurée par ces bonnes nouvelles
de mes frères. Répandez sur eux vos larges bénédictions
et sanctifiez toujours davantage ceux dont les bons exemples donnent
à leur vie religieuse un tel rayonnement !»Références-4 179. Connaissant la charité qui portait le bienheureux à se réjouir des progrès de ceux qu’il aimait, ne croyons pas pour autant qu’il traitait avec ménagement ceux qui menaient dans les ermitages une vie relâchée, beaucoup en effet transformaient en maisons de loisirs, les couvents de contemplation la vie érémitique, instituée pour les progrès de l’âme, devient alors le rendez-vous de tous les plaisirs, Que chacun vive à son guise, telle est la règle des anachorètes de notre temps, Il n’en va pas ainsi pour tous : nous connaissons des saints qui, actuellement, mènent une vie exemplaire dans tel ou tel ermitage ; nous n’ignorons pas que les Pères qui les ont précédés furent vraiment des fleurs de solitude (1) Dieu fasse que les ermites de notre temps ne soient pas indignes de la primitive splendeur dont la sainteté sera louée sans fins !Références-5 Comment il voulait que les grands savants se dépouillent de tout pour entrer dans l'ordre. Il affirma un jour qu’un grand savant devait, pour entrer dans l’Ordre, renoncer en quelque sorte à sa science elle-même, afin qu’ainsi dépouillé de ce qui est encore une forme de possession, il puisse s’offrir nu è l’accolade du Crucifié (1) «La science, disait-il, rend difficile l’obéissance ; elle entretient une certaine raideur qui refuse de se plier aux exercices d’humilité. C’est pourqoui j’aimerais entendre l’un de ces grands esprits m’adresser en ces termes sa demande d’admission : «Frère, voilà longtemps que je vis dans le siècle sans connaître vraiment mon Dieu. Je te prie de me désigner un petit couvent, loin du monde, et de ses tumultes, où je puisse me livrer à la contrition pour mes années passés, concentrer sur Dieu les élans de mon cœur jusqu’ici dispersés, et donne à mon âme sa nouvelle orientation vers le bien.» A quelle sainteté ne parviendrait-il pas, celui qui débuterait ainsi? Il serait comme un lion mis en liberté, plein de vigueur et capable de tout ; sa flamme intérieure grandirait en lui de jour en jour. Et c’est alors qu’on pourrait lui confier le ministère de la prédication avec la certitude que ses paroles ne feraient qu traduite la ferveur bouillonnant en lui.» Cet enseignement est vraiment sain et précieux : quoi de plus nécessaire , en effet, pour qui revient des territoires du péché (2), que d’effacer et détruire au moyen de pratique d’humilité des tendances mondaines depuis longtemps imprimées à son âme ! Une fois entré à l’école de la perfection, il y deviendrait vite parfait.Références-6 Prédication au village d'Ascoli, et comment les malades, même loin de sa présence, étaient guéris par les objets qu'il avait touchés. 62- Dans la période où se place le sermon aux oiseaux dont nous venons de parler, le bienheureux Père François continuant sa tournée de prédication et lançant partout à la ronde ses paroles qui étaient semence de bénédiction (1), arriva au villages d’Ascoli, Il y prêcha la parole de Dieu avec sa fougue habituelle, et la grâce de Dieu remplit d’une telle ferveur le peuple entier qu’on s,écrasait pour venir le voir et l’entendre, trente hommes, ce jour-là, clercs et laïcs, reçurent de es ainsi l’habit de l’Ordre. Les gens avaient une telle foi en lui, une telle vénération, qu’on s’estimait heureux d’avoir pu seulement toucher es vêtements. Quand il arrivait dans une ville, le clergé se félicitation, on sonnait les cloches, les hommes avaient l’âme en fête, les femme se faisaient part de leur joie, les enfants jubilaient souvent on arrachait des branches aux arbres et on sortait à sa rencontre ne chantant des psaumes. L’hérésie était battue en brèche (2), la foi de l’Église triomphait et, pour la plus grande joie des fidèles, les hérétiques devaient s’éclipser.La sainteté rayonnait de lui si éclatante que personne n’osait argumenter contre lui ; il était devenue l’oracle de tout le peuple. Son premier et inaltérable principe était le suivant : tenir ferme, vénérer et imiter la foi de la sainte Église Romaine, la seule qui procure aux hommes le salut (3). Il vénérait les prêtres (4) et tous les ordres de la hiérarchie ecclésiastique (5) 63. On lui apportait des pains à bénir, on les conservait longtemps, et on en mangeait pour être guéri de toutes sortes de maladies, Bien souvent lafoule, dans sa ferveur, se ruait sur lui et coupait tant de morceaux de sa tunique qu’il en demeurerait presque nu. Et, chose plus digne encore d’admiration, les objets que le Père avait touchés de la sa main rendaient la santé à de nombreux malades. Dans un petit village près d’Arezzo, une femme enceinte était arrivée au terme de sa grossesse depuis plusieurs jours elle était en proie à des souffrances terribles et, sans pouvoir être délivrée, demeurait suspendue entre la vie et la mort. Les voisins de la famille apprirent alors que le bienheureux François devait passer par là pour se rendre dans un ermitage. Ils guettèrent donc son arrivée, mais par malheur le saint prit autre chemin. On lui avait prêté un cheval, car il était malade et n’en pouvait plus. Parvenu à destination, il chargea un Frère nommé Pierre de ramener le cheval à son propriétaire qui l’avait si charitablement prêté. Frère Pierre ramena la bête en passant par le village où agonissait cette femme. Du plus loin qu’ils l’aperçurent, les habitants courent à lui, le prenant pour saint François à quand ils constatèrent la méprise, ils en furent très affligés. Tenaces ils demandèrent alors quel objet pouvait bien avoir touché la main du bienheureux François après réflexion, ils pensèrent aux rênes qu’il avait dû tenir en mains pour chevaucher ; ils enlevèrent le mors de la bouche du cheval et appliquèrent à la femme, les rênes que le Père avait maniées : à l’instant le danger fut écarté ; elle accoucha tout joyeuse et en pleine santé.Références-7 91. Pour être à l’abri des foules qui accouraient chaque jour le voir et l’entendre, le bienheureux Père François s’en alla un jour dans un refuge de solitude et de tranquillité ( 1) pour n’y plus penser qu’à Dieu et secouer la poussière qui avait pu s’attacher à lui dans son séjour parmi les hommes. Le temps que Dieu nous octroie pour acquérir la grâce, il le distribuait ainsi suivant les occasions : une part à la conquête des âmes, une part à la contemplations dans la solitude. Il ne prit donc avec lui qu’un tout petit nombre de compagnons plus au courant que les autres de ses habitudes : il serait défendu par eux contre l’envahissement et l’importunité des hommes à sa retraite serait filialement et fidèlement protégée. Il pratiqua durant ce séjour une oraison continuelle à sa contemplation lui permettait de jouir là, de manière ineffable, de la familiarité de Dieu.Il désirait connaître ce qu’il pouvait faire ou laisser faire en lui qui fût le plus agréable au Roi éternel : de toute son intelligence, de toute son âme, il cherchait le moyen de s’attacher parfaitement au Seigneur Dieu, conformément àses desseins et au bon plaisir de sa volonté. Là étaitpour lui le sommet de la philosophie, tel était le suprême désir dont brûla toute sa vie, et il demanda à tous, savants et illettrés, parfait ou imparfaits, la route de la vérité, la route du mieux.
C’ est pourqoui il s’en alla prendre un jour l’évangéliaire, le posa respectueusement sur l’autel élevé dans l’ermitage qu’il habitait, puis, se prosternant de cœur aussi bien que de corps, il demanda par une humble prière que le Dieu de bonté, Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, voulût bien lui signifier quelle était sa volonté ; il le supplia d’indiquer par la première page où le volume s’ouvrirait, ce qu’il faut faire pour couronner l’œuvre qu’il avait jadis commencée avec simplicité et générosité. Son intention était celle-là même des saints et des parfaits qui ont agi de la même façon, poussés par le même désir de sainteté (3). 93. Sa prière terminée, il se releva, puis humble et contrit, fit le signe de la croix, prit le livre sur l’autel et l’ouvrit en tremblant, et voilà que le premier passage sur lequel il tomba était le récit de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’était lui révéler assez clairement qu’il aurait à souffrir. Mais pour qu’on ne puisse mettre cette indication sur le compte du hasard, il ouvrit le livre une deuxième fois, puis une troisième fois, et trouve le même texte ou un texte équivalent. L’ESPRIT de Dieu lui fit comprendre qu’il n’entrerait au royaume de Dieu qu’après beaucoup de tribulations, d’angoisses et de combats. Comme un preux chevalier, il resta sans peur face à la bataille qui s’annonçait ; il ne perdit pas courage à la perspective de mener la lutte pour le Seigneur en ce monde. Il n’avait d’ailleurs pas à craindre de céder à l’ennemi, lui qui savait se vaincre lui-même, pour y avoir longtemps peiné au-delà même de ce que pouvaient ses forces humaines. On peut lui trouver un émule, au cours des siècles, pour la fermeté du vouloir ; il est sans égal pour l’ardeur dans le désir. Plus prompt à pratiquer la perfection qu’à la prêcher, il employait toute son énergie et son activité non pas aux paroles qui montent le bien sans la réaliser, mais aux œuvres de sainteté. Il restait donc inébranlablement paisible et joyeux ; il chantait en son cœur, pour lui et pour Dieu, des cantiques d’allégresse. Pour s’être tant réjoui d’une bien minime révélation, il mérita la faveur d’une autre plus importante (4) , semblable au serviteur fidèle dans les petites choses qui lui établi maître sur de plus grandes (5).Références-8 Ermitage On ne peut fixer avec certitude la date de cet écrit. Il existait probablement déjà en 1218. Il prouve que l’attrait de la solitude se faisait déjà sentir dès les débuts de l’Ordre, et que François l’approuvait. Aujourd’hui encore, nous pouvons imaginer ce qu’étaient alors ces ermitages, lorsque nous visitons les Carceri au flanc du Subasio, Greccio dans la vallée de Rieti, ou les Celles près de Cortone. Les premiers frères, s’ils les consacraient su soin des lépreux, aux travaux champs ou à la prédication, s’imposaient parfois aussi un retrais plus ou moins long à la prières continue et à la contemplation. Saint François, dans un texte bref, ces « séjours au désert ». (1) Les frères qui veulent mener la vie évangélique et fraternité dans les ermitages y habiteront à «trois, ou quatre aux plus. Deux seront les « mères » ; ils auront donc deux « fils », ou un au moins. (2) Les mères tiendront le rôle de Marthe, et les deux fils celui de Marie ; ils auront un enclos à l’intérieur duquel chacun aura sa cellule pour y prier et pour dormir. (3) Ils diront toujours Complies aussitôt après le coucher du soleil ; ils observeront soigneusement le silence ; ils réciteront leurs Heures, et pour Matines se lèveront. Ils chercheront d’abord le royaume de Dieu et sa justice (4) A l’heure convenue ils diront Prime ; après Tierce ils rompront le silence t pourront aller trouver leurs mères et leur parler. (5) Lorsqu’ils le voudront, ils pourront quêter leur nourriture auprès de leur mère pour l’amour du Seigneur Dieu, comme de petits pauvres. (6) Puis, aux heures convenues, ils diront Sexte, None et Vêpres. Dans l’enclos où ils demeurent on ne laissera entrer personne ; on n’y mangera pas non plus. (8) Les frères qui sont les « mères » fuiront soigneusement tout rapport avec l’extérieur ; conformément aux ordres de leurs ministres, ils protégeront leurs fils de tout contact, pour que personne ne puisse leur parler. (9) Les fils ne parleront à personne, sauf à leur mère, et à leur ministre ou à leur custode quand ceux-ci viendront les visiter avec la bénédiction du Seigneur Dieu. (10) les fils prendront de temps en temps le rôle de mères, suivant le tour qu’ils auront jugé bon de régler entre eux. Ils mettront tout leur soin et leur application à observer tout ce qui vient d’être dit.Références-9 Légende
de Pérouse 80 v 4 p963 Le
bienheureux François s'étant un jour rendu l'ermitage
du Mont Alverne, Il y était monté avant la fête de l'Assomption de la glorieuse Vierge Marie, il compta les jours qui séparaient cette fête de la Saint -Michel : il y a en avait quarante. Il dit alors : '' En l'honneur de Dieu, de la bienheureuse Vierge Marie sa mère, et du bienheureux Michel, prince des anges des âmes (6), je veux faire ici un carême.'' Il entra dans la cellule qu'il voulait occuper pendant tout ce temps, et pendant la première nuit pria le Seigneur de lui montrer par un signe si la volonté divine était qu'il demeurât en ce lieu. Le bienheureux François, en effet, quand il s'arrêtait dans quelque endroit pour prier, ou quand il parcourait le monde pour prêcher, s'inquiétait toujours de connaître la volonté de Dieu, pour s'y conformer et plaire au Seigneur. Il craignait parfois que, sous prétexte de retraite dans la solitude pour y prier, son corps ne chercher en réalité qu'à se soustraire aux fatigues de la prédication à travers le monde, ce monde pour lequel le Christ n'a pas hésité à venir du ciel sur la terre. Il faisait prier aussi ceux qui lui paraissaient amis de Dieu, pour que le Seigneur lui fit connaître s'il devait, pour accomplir sa volonté, aller prêcher par le monde ou se retirer dans un lieu solitaire pour prier (7) Il était encore en prière, le jour commençait à poindre, et voici que des oiseaux de tous plumages vinrent se percher sur la cellule qu'il habitait. Mais pas tous en même temps : il en venait d'abord un qui faisait entendre son couplet mélodieux et se retirait à un autre venait, chantait, et s'en allait à son tour et ainsi de suite. Ce fut, pour le bienheureux François, un grand sujet d'admiration et de consolation.'' Comme il se demandait ce que cela signifiait, il lui fut répondue intérieurement par le Seigneur : C'est le signe que Dieu te donnera dans cette cellule beaucoup de grâces et de consolations. Il en fut véritablement ainsi. En effet, parmi beaucoup d'autres grâces cachées ou manifestes que lui envoya le Seigneur, se place la vision du séraphin, qui remplit son âme de consolation et l'unit étroitement à Dieu tout le reste de sa vie, il lui raconta ce qui s'était passé Mais il ne connut pas que des consolations, dans cette cellule ; il eut à souffrir de la part des démons, pendant la nuit, de multiples tribulations, comme il le rapporta lui-même son compagnon. Un jour même il lui dit : '' Si les frères savaient tout ce que me font endurer les démons, aucun d'entre eux ne me refuserait sa pitié et sa compassion !... '' C’est à cause de ces persécutions qu'il lui était parfois impossible d'être complètement à la disposition des frères et de leur témoigner son affection familière aussi souvent qu'ils l'auraient désiré.Références-11 En ce temps-là, le bienheureux François demeurait à l'ermitage de Greccio. Il se tenait jour et nuit, pour prier dans la cellule du fond, derrière la grande salle, or une nuit, dans le premier sommeil, il appela le compagnon qui occupait la grande salle, la plus ancienne. Celui -ci se leva et vint dans le couloir à l'entrée de la cellule ou était couché le bienheureux François. Le saint lui dit : ... Frère, je ne peux ni dormir, cette nuit, ne me tenir debout pour prier (8), car la tête me tourne et mes jambes tremblent si fort qu'on dirait que j'ai mangé du pain d'ivraie !.. Son compagnon lui répondit par quelques paroles douces et apaisantes. Le bienheureux lui dit : '' Je crois que le diable se cache dans le coussin que j'ai sous la tête !... La veille, en effet, le seigneur Jean de Greccio, que le saint aimait beaucoup et à qui il témoigna toute sa vie une affection familière, lui avait acheté un oreiller de plumes. Or, depuis qu'il avait quitte le monde, le bienheureux ne voulait ni matelas, ni oreiller de plumes, même s'il était malade ou sous quelque autre prétexte. Mais cette fois-là, les frères l'y avaient obligé contre son gré, à cause de sa très grave maladie d'yeux. Il jeta donc le coussin son compagnon. Celui-ci le ramassa, le mit sur son épaule gauche en le tenant de la main droite et sortit de ce couloir. Aussitôt il perdit la parole et fut dans l'impossibilité de faire un pas, de remuer ni bras ni mains, pas même de se débarrasser du coussin, il demeura ainsi debout, comme un homme privé de sentiment, inconscient de ce qui se passe en lui et autour de lui. Cela dura bien une heure, plus, grâce à Dieu, le bienheureux François l'appela, Aussitôt, il revient à lui, jeta l'oreiller derrière lui et rejoignit le bienheureux. Quand il eut raconté son aventure, le saint Père lui dit : . Ce soir, en récitant Complies, j'ai senti que le diable entrait dans ma cellule... Il fut certain alors que c'était bien le diable qui l'avait empêché de dormir et de se tenir debout pour prier. Et il dit : '' Le démon est plein d'astuce et de ruse. Voyant que, par la bonté et la grâce de Dieu, il ne peut nuire à mon âme, il s'en prend à mon corps afin de m'empêcher de dormir et de rester debout pour prier. Il veut étouffer en moi la ferveur et la joie de mon coeur pour me faire murmurer contre ma maladie.’Références-12 La manière de servir et de travaillerLes frères, ou qu’ils soient, en ermitage ou en quelque autre résidence, auront soin de ne s’approprier aucun emplacement, et de n’entrer en contestation avec qui que ce soit pour le revendiquer. (14) Quiconque vient à eux, ami ou ennemi, voleur ou brigand, doit être bien reçu. (15) Les frères, en quelque pays qu’ils soient, en quelques résidence qu’ils ses rencontrent, doivent non pas se chercher noise les uns aux autres, mais se témoigner un respect et une estime spirituels et empressés. (16) Qu’ils aient bien soin de ne pas affecter un air sombre, une tristesse hypocrite ; mais qu’ils se montrent joyeux dans le Seigneur, gais, aimables, et gracieux comme il convient.Références-13 1 règle 7 v 13 p. 62 Tous les textes viennent du document de la vie de Saint François des PP Théophile Desbonnets et Damien Vorreux o.f.m Édition Franciscaine 9 rue Marie Rose Paris XIVe le 13 juin 1968 Une autre fois; l'homme de Dieu voulant se retirer dans un ermitage pour s'abandonner plus librement à la contemplation, fut,- car il était à bout de force,-se faire conduire à dos d'âne. On
était alors en été, et son guide, qui gravissait
à pieds la montagne à la suite du serviteur du Christ,
n'en pouvant plus de fatigue et de soif en ce chemin si long et accidenté,
se mit à crier avec véhémence à l’adresse
du saint : ''' Je vais mourir de soif si je n'ai pas tout de suite
de quoi boire ! Sans perdre eu un instant, l'homme de Dieu descend
de son âne, se met à genoux, lève les mains vers
le ciel et ne s'arrête de prier que lorsqu'il se sent exaucé;
il s'adresse alors à l'homme : Cours à ce rocher : tu
y trouveras une source que le Christ, dans sa bonté, vient
de faire jaillir de la pierre pour que tu puisses boire. Admirable
condescendance de Dieu, qui se laisse si volontiers fléchir
par ses serviteurs : un homme assoiffé a pu boire d'une eau
jaillie du roc (1) par la vertu d'un saint en prière et c'est
un rocher très dur qui lui fournir de quoi se rafraîchir.
Il n'y avait pas un filet d'eau en cet endroit auparavant, et on eut
beau chercher, on n'en trouve plus trace dans la suite (20)(20) Cette
scène se passe entre Borgo San Sepolcro et l'Alverne, selon
la Première Considération sur les stigmates faisant
suite aux Fioretti. Elle fait l'objet d'une des plus impressionnantes
fresques de la série attribué à Giotto à
la basilique supérieur d'Assise Tous
les textes viennent du document de la vie de Saint François
des PP Théophile Desbonnets et Damien Vorreux o.f.m L'angélique
François n'avait pas pour habitude de se reposer au cours de
sa poursuite du bien, mais, comme les esprits angéliques, sur
l'échelle de Jacob, ou bien il montait vers Dieu, ou bien il
descendait vers le prochain : il en était venu à faire
ainsi avec prudence (1) la distribution du temps que Dieu nous octroie
pour acquérir des mérites : une part aux travaux et
aux fatigues pour le bien des hommes, une part au recueillement de
la contemplation extatique, et quand il avait travaillé au
salut des autres, de façon variée suivant les circonstances
de lieu et de temps, il s'écartait de la foule et de son tumulte,
cherchait dans la solitude un endroit tranquille pour penser au Seigneur
en toute liberté d'esprit et secouer la poussière qui
aurait pu s'attacher à son âme au cours de son passage
parmi les hommes. Après de multiples travaux enfin, François
fut conduit par la divine Providence, deux ans avant sa mort, jusqu'à
l'ermitage très élevé (3) qu'on appelle '' Le
Mont ALverne (4)''. Ayant commencé son carême habituel
en l'honneur de saint Michel, il sentit plus abondamment que jamais
la douceur de la contemplation céleste, l'ardeur des désirs
surnaturels et profusion des grâces divines. Il s'élevait
vers le ciel, non comme un curieux avide de pénétrer
les secrets de la majesté suprême - ceux-là sont
écrasés par sa gloire (a) - mais comme un serviteur
fidèle et prudent (b) cherchant le bon plaisir de Dieu (5)
et ne désirant qu'une seule chose ; s'y conformer en tous points.Références-14 Comment
le saint invita son médecin a déjeuner, alors que les
frères manquaient de tout : A l'époque ou le bienheureux séjournait dans un ermitage des environs de Rieti, le médecin venait tous les jours pour lui soigner les yeux. Or le saint dit un jour à ses compagnons : '' Invitez le médecin et servez-lui un bon repas,- Père, lui répondit le gardien, je l'avoue à ma honte, mais jamais nous n'oserions l'inviter, tant nous sommes démunis!. Le saint répliqua : '' Pourquoi voulez-vous me le faire dire deux fois! '' et le médecin qui était présent : '' Mes très chers frères, je serais enchanté de partager votre pauvreté.'' Les frères s'activent et apportent sur la table tout ce qui reste dans la réserve : un peu de pain, très peu de vin ; pour que le menu soit plus copieux, le cuisiner apprête quelques légumes. Mais la table de Maître permit de garnir celle des serviteurs : quelqu'un frappe à la porte ; on accourt : c'était une femme qui apportait une corbeille pleine de beau pain doré, de poissons, de pâté d'écrevisses et, recouvrant le tout, du miel et du raisin. A
ce spectacle, la famille des pauvres fut bien aise ; on laissa pour
le lendemain les aliments vulgaires, on dégusta les plus fins
sans plus attendre, et le médecin dit en soupirant : '' Ni
vous, mes frères, ni à plus forte raison nous autres
du monde, ne reconnaissons comme nous le devrions la sainteté
de cet homme.'' Ils consommèrent peu : le miracle les avait
rassasiés plus que n'aurait pu le faire le menu. Ainsi va l'amour
de Dieu notre Père : il ne quitte jamais les siens du regard,
et nourrit ses mendiants d'autant mieux qu'ils sont plus démunis.
De la table des pauvres à celle des rois, il y a autant de
différence que de la richesse de Dieu à la richesse
des hommes.Références-15 Le véritable serviteur de Dieu saint François, parce qu'en certaines choses il fut quasi un autre Christ, donné au monde pour le salut des hommes, Dieu le Père voulut le rendre sur beaucoup de point conforme et semblable à son fils Jésus-Christ, ainsi qu'il l'apparaît dans le vénérable collège des douze compagnons (2), et dans l'admirable mystère des Stigmates sacrés; et dans le jeûne continuel du saint carême, qu'il fit de la manière suivante. Saint François se trouvant une fois, le jour du carnaval près du lac de Pérouse, dans la maison d'un de ses dévots avec qui il avait passé la nuit, fut inspiré de Dieu d'aller faire ce carême dans une île de ce lac. Ce pourquoi saint François pria ce sien dévot de le porter sur sa nacelle, pour l'amour du Christ, dans une île du lac ou n'habitât personne, et de le faire la nuit du jour des Cendres pour que nul ne s'en aperçût. Celui-ci. à cause de la grande dévotion qu'il avait pour saint François, satisfit diligemment à sa prière et le passa dans cette île ; et saint François n'emporta avec lui rien d'autre que deux petits pains. Arrivés dans l’île, comme son ami le quittait pour retourner chez lui, saint François le pria affectueusement de ne révéler à personne qu'il était là, et de ne revenir vers lui que le Jeudi Saint. Et là-dessus l'autre s'en alla, et saint François resta seul. Comme il n'y avait là aucune habitation ou il plût se retirer, il entra dans un taillis très touffu, ou beaucoup de ronces et d'arbustes avaient forméune sorte de petite cabane ou de tanière ; et en ce lieu il se mit en oraison et à contempler les choses célestes. Et il resta là tout le carême (3) sans boire et sans manger rien d'autre que la moitié d'un de ces petits pains, comme le découvrit ce sien dévot le Jeudi Saint, quand il retourna vers lui : des deux pains, il trouva l'un entier et la moitié de l'autre. On croit que l'autre moitié, saint François la mangea par respect pour le jeûne du Christ béni, qui jeûna quarante jour et quarante nuits sans prendre aucune nourriture matérielle (4). Puis en ce lieu, ou saint François avait fait une si merveilleuse abstinence, Dieu opéra beaucoup de miracles par ses mérites ; pour cette raison, les gens commencèrent à y édifier des maisons et à y habiter ; et en peu de temps, il se bâtit un bon et grand village, et là se trouve le couvent des frères qu'on appelle le couvent de l'Ile ; et les hommes et les femmes de ce village ont encore grand respect et dévotion pour ce lieu ou saint François fit ledit carême (5). A
la louange du Christ. Amen.
La
définition du mot Érémitisme, ermite, ermitage
Tirer
du dictionnaire Théo. Nouvelle encyclopédie catholique,
L’ermite
choisit de vivre dans la solitude. Le premier ermite est saint Antoine
(vers 250-350) qui s’établit dans le désert de
Haute Égypte (région de Thèbes, appelée
Thébaïde). La solitude en un lieu désertique correspond
à une volonté de dépouillement, de retour sur
soi, de pénitence à l’égard de ses propres
fautes et de celles d’autrui, à une volonté de
lutter contre les tentations, et finalement à la recherche
des conditions les plus favorable à la rencontre avec Dieu,
le Christ s’est souvent retiré dans le désert,
pour prier. Tirer
du dictionnaire Théo. Nouvelle encyclopédie catholique,
Différence définition Moine: Du
grec monachos, solitaire). Les premiers moines ayant été
des ermites le mot è continué à s’appliquer
aux diverses forme de vie monastique (ermites ou non) comme signifiant
le restait de la vie du monde par une plein consécration à
Dieu Désert:
page 229
Le symbolisme du désert conserve aujourd’hui toute sa vigueur dans l’église : elle se compare volontiers au peuple hébreu en marche à travers les terres arides vers la Terre Promise, trouvant sa force dans l’eau de l’Esprit qui jaillit du rocher du Christ, dans le pain eucharistique que celui- ci lui dispense comme la manne. Tirer
du dictionnaire Théo. Nouvelle encyclopédie catholique,
Édition Droguet-Ardant/Fayard 1989 page 41c Sainte Claire d'Assise La bénédiction de sainte Claire On possède trois "bénédictions de sainte Claire". Toutes les trois sont pratiquement identiques, sauf pour le début qui spécifie les destinataires, et pour la fin où se trouve une légère variante. Le plus ancien texte connu est en allemand : c'est la bénédiction à Agnès de Prague. Un autre texte, en latin, est la bénédiction à Ermentrude de Bruges. Un troisième, également en latin, est la bénédiction à toutes les soeurs. Il est très possible que Claire ait repris, à l'intention de tous ses monastères, avant de mourir, une formule qu'elle avait déjà utilisée individuellement pour telle ou telle de ses correspondantes. On lit, dans sa Vie par Thomas de Celano : "Elle bénit tous les frères et les soeurs, et implora pour toutes les supérieures des Pauvres Dames, présentes ou à venir, la grâce des plus abondantes bénédictions" (# 45). On remarquera le parallèle avec saint François : tant dans le fait de la bénédiction d'adieu, que dans l'emploi de la formule biblique du Livre des Nombres, formule utilisée par saint François pour frère Léon. Voici le texte de bénédiction de sainte Claire à toutes ses soeurs. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Que
notre Seigneur vous bénisse et vous garde ; Moi, Claire, servante du Christ et petite plante de notre Père saint François, moi qui suis, bien qu'indigne, votre soeur et votre mère, et la soeur et la mère de toutes les autres Pauvres Dames, je prie notre Seigneur Jésus-Christ, par sa miséricorde, par l'intercession de sa sainte Mère Marie, de saint Michel archange et de tous les saints anges de Dieu et de tous les saints et saintes de Dieu : que le Père des cieux réalise et confirme pour vous, au ciel et sur la terre, cette très sainte bénédiction; Je vous bénis autant que je le puis et plus que je le puis, maintenant durant ma vie et ensuite après ma mort, de toutes les bénédictions que le Père des miséricordes a conférées et conférera au ciel et sur la terre à ses fils et à ses filles dans l'Esprit, et de toutes les bénédictions qu'un Père spirituel ou une mère spirituelle ont pu conférer à leurs enfants spirituels et leur conféreront encore. Demeurez toujours les amies de Dieu, les amies de vos âmes et de toutes vos soeurs, et soyez toujours attentivement fidèles aux promesses que vous avez faites au Seigneur. Que le Seigneur soit toujours avec vous, et puissiez-vous être, vous aussi, toujours avec lui ! Amen Tous
les textes viennent du document de la vie de Saint François
des
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