Ermite franciscaine laïque consacrée par voeux public

mère et grand mère,

ma consécration est pour les prêtres du monde.

© + Sr Denise Ermite

Série 3- La définition de la vie érémitique Franciscaine selon
la règle franciscaine de Saint François D' Assise

Tous les textes viennent du document de la vie de Saint François
des PP Théophile Desbonnets et Damien Vorreux o.f.m
Édition Franciscaine 9 rue Marie Rose Paris XIVe le 13 juin 1968

Éloge de la mendicité.

Le Père avait plaisir à utiliser plutôt la nourriture quêtée aux portes que les offrandes spontanément offertes. Quand on a honte de mendier, affirmait-il, on est l’ennemi de son propre salut ; mais si l'on éprouve la honte en mendiant, sans reculer pour autant, cette honte est méritoire. Il approuvait la délicatesse qui fait monter le rouge au front, mais non pas la honte qui paralyse. Afin d'encourager les frères à partir pour la quête, il leur disait : « Allez, car si les Frères Mineurs ont été envoyés au monde en ces derniers temps »(1), c'est pour permette aux élus d'accomplir en leur faveur ce qui vaudra les félicitations du Juge: «Ce que vous avez fait à l'un de mes frères mineures, c'est à moi que vous l'avez fait »(2) .

Il voyait là une approbation anticipée de son Ordre, puisque le grand Prophète (3) avait utilisé cette dénomination de manière si explicite. C’est pourqoui il voulait que les frères habite non seulement dans les villes, mais aussi dans les ermitages : tous peuvent y trouver occasion de mérite, et de relâchés n'y ont plus de prétexte pour se dérober.(4)
Référence - 1


94. Sa Ferveur, son choix des temps et des lieux.

L’homme de Dieu que son corps contraignait à cheminer en pèlerin loin du Seigneur, s’efforçait de maintenir toujours au moins son esprit dans le ciel en présence de Dieu dont le séparait la seule cloison de la chair ; il était déjà concitoyen des Anges. Toute son âme avait soif du Christ; au Christ il vouait tout son coeur et tout son corps. Des merveilles de son oraison nous allons dire ici que les mots, du moins ce que nous avons vu de nos yeux et pour autant qu’il est possible, de le transmettre; que ce soit un exemple imiter par ceux qui viendront après vous.

Tout son temps était consacré à l’élévation, de son âme, il gravait dans son cœur les enseignements de la sagesse et n’avait qu’une peur : celle de reculer s’il ne progressait plus. Si des visiteurs mondains ou certains sujets de discussion lui pesaient, il coupait l’entretien de façon abrupte plutôt que d’en attendre l’aboutissement, et se replongeait dans le recueillement ( !) Le monde n’avait plus aucune saveur pour lui qui avait part aux douceurs du ciel, et son goût affiné par les délicatesses divines ne pouvait plus supporter les grossières joies humaines.

Pour s’unir à Dieu de toute son âme et pour y faire participer aussi plus facilement tout son corps, il recherchait la solitude. Surpris en public par une visite du Seigneur, il faisait de son manteau sa cellule et plus d’une fois, faute de manteau, se cachait le visage derrière sa manche, pour ne pas livres à tous la manne cachée. Il se dérobait toujours d’une manière ou d’une autre aux regards des personnes présentes afin de ne rien dévoiler de la visite de l’Époux, si bien que même plongé au coeur d’une foule trépidant (2), il priait sans être vu. Enfin quand tous ces expédients s’avéraient impraticable, c’est de son coeur qu’il se faisait alors un sanctuaire. Sorti de lui-même, et ravi en Dieu, il cessait alors de cracher, de gémir, de soupirer très fort, de se livrer à toute autres manifestations extérieures (3).Références-2

95.. Tel était son comportement parmi ses frères.

Mais quand il priait en forêt ou dans un ermitage, il faisait retentir les bois de ses gémissements, arrosait la terre de ses larmes, se frappait la poitrine et, comme s’il se sentait caché bien ; l’abri dans la chambre la plus secrète du Palais (4), échangeait avec son Seigneur d’interminables propos ; là il rendait ses comptes au Juge, suppliait le Père, s’entretenait avec l’Ami, jouait avec l’Époux : c’est pour composer une multiple offrande avec toutes les fibres de son coeur qu’il voulait ainsi contempler sous de multiples aspect Celui qui voulait ainsi contempler sous de multiples aspects Celui qui est souverainement simple et un. Il ne remuait pas les lèvres ; bien souvent son âme seul parlait ; il semblait avoir fait passer à l’intérieur de lui-même toutes ses facultés d’attentions pour se concentrer sur les réalités célestes. Quand il s’ appliquait ainsi, avec tout la lucidité de son intelligence et tout l’élan de son coeur, à demeurer « dans la maison de Yahweh tous les jours de sa vie, la seul grâce qu’il demandait au Seigneur(5)», ce n’état plus un homme qui priait, c’était la prière fait homme.

Quelle douceur devait-il ressentir, habitué à prier ainsi ! Lui seul le sait, nous ne pouvons qu’admirer. Pourra comprendre celui-là, seul qui en aura goûté ; pour les autres le mystère reste entier : l’esprit tout embrasé, le regard pénétrant il était déjà devenue citoyen du royaume des cieux, tant dans son aspect extérieur que par son âme toute fondue dans l’extase.

Il n’aurait jamais manqué par négligence une visite de l’Esprit quand l’occasion s’en présentait, il l’accueillait fidèlement et, tant que durait la faveur divine, savourait la douceur qui lui était offerte. Si durant un travail ou en chemin, la grâce venait l’effleurer, il goûtait par intervalles mais fréquemment à cette très douce manne ; en voyage, il se laissait distancer par ses compagnons pour mieux jouir de chaque inspiration nouvelle. Jamais il ne reçut la grâce ne vain (6).Références-3

Les Frères espagnols.

178. C’était merveille de le voir ravi en Dieu et jubilant d’allégresse lorsque parvenait jusqu’à lui, comme un agréable parfum, la bonne renommée de ses fils. Un clerc espagnol près pieux eut un jour le bonheur de voir saint François et de s’entretenir avec lui. Entre autres nouvelles sur les frères d’Espagne, il raconta ceci au bienheureux qui en eut une grande joie.

«Tes frères habitent chez nous un pauvre ermitage ; ils ont réglé leur vie de manière que la moitié d’entre eux s’occupe de la maison pendant que l’autre moitié s’adonne à l’oraison à chaque semaine on passe de la vie active à la vie contemplative, et le repos de ceux qui faisaient oraison est remplacé par le travail des mains (12). Or un jour, la table était prête, le signal donné : tous arrivent, sauf un, du groupe des contemplatifs. On l’attend un moment, puis on va frapper à sa cellule pour l’inviter à table mais Dieu lui servait un repas bien meilleur que ceux des hommes : on trouve le frère prosterné la face conte terre, les bras en croix, immobile et sans respiration, un candélabre était allumé près de sa tête, un autre à ses pieds, répandant une lumière éclatante dans toute la cellule. On le laisse en paix sans troubler son extase, pour «ne pas réveiller la bien-aimé avant qu’elle ne le désire (2)». Les frères, de l’extérieur de la cellule, regardaient par les fentes de la cloison et par la lucarne. Enfin, sous les yeux de ses amis épiant celle qui habite dans les jardins, tout à coup la lumière disparut et le frère revint à lui, il se leva aussitôt et se rendit à table où il fit sa coulpe pour son retard, voilà, dit cet espagnol, une chose qui s’est passée chez nous.»

Saint François, comme enivré du parfum de ses fils, ne pouvait contenir sa joie, Il se leva pour louer Dieu et, avec toute la conviction don il était capable, comme si la bonne réputation de ses fis eût été son unique gloire, il s’écria : «Seigneur qui sanctifiez et dirigez les pauvres, merci de la joie que vous m’avez procurée par ces bonnes nouvelles de mes frères. Répandez sur eux vos larges bénédictions et sanctifiez toujours davantage ceux dont les bons exemples donnent à leur vie religieuse un tel rayonnement !»Références-4

Contre ceux qui vivent mal dans les ermtiages

179. Connaissant la charité qui portait le bienheureux à se réjouir des progrès de ceux qu’il aimait, ne croyons pas pour autant qu’il traitait avec ménagement ceux qui menaient dans les ermitages une vie relâchée, beaucoup en effet transformaient en maisons de loisirs, les couvents de contemplation la vie érémitique, instituée pour les progrès de l’âme, devient alors le rendez-vous de tous les plaisirs, Que chacun vive à son guise, telle est la règle des anachorètes de notre temps, Il n’en va pas ainsi pour tous : nous connaissons des saints qui, actuellement, mènent une vie exemplaire dans tel ou tel ermitage ; nous n’ignorons pas que les Pères qui les ont précédés furent vraiment des fleurs de solitude (1) Dieu fasse que les ermites de notre temps ne soient pas indignes de la primitive splendeur dont la sainteté sera louée sans fins !Références-5

Comment il voulait que les grands savants se dépouillent de tout pour entrer dans l'ordre.

Il affirma un jour qu’un grand savant devait, pour entrer dans l’Ordre, renoncer en quelque sorte à sa science elle-même, afin qu’ainsi dépouillé de ce qui est encore une forme de possession, il puisse s’offrir nu è l’accolade du Crucifié (1)

«La science, disait-il, rend difficile l’obéissance ; elle entretient une certaine raideur qui refuse de se plier aux exercices d’humilité. C’est pourqoui j’aimerais entendre l’un de ces grands esprits m’adresser en ces termes sa demande d’admission : «Frère, voilà longtemps que je vis dans le siècle sans connaître vraiment mon Dieu. Je te prie de me désigner un petit couvent, loin du monde, et de ses tumultes, où je puisse me livrer à la contrition pour mes années passés, concentrer sur Dieu les élans de mon cœur jusqu’ici dispersés, et donne à mon âme sa nouvelle orientation vers le bien.» A quelle sainteté ne parviendrait-il pas, celui qui débuterait ainsi? Il serait comme un lion mis en liberté, plein de vigueur et capable de tout ; sa flamme intérieure grandirait en lui de jour en jour. Et c’est alors qu’on pourrait lui confier le ministère de la prédication avec la certitude que ses paroles ne feraient qu traduite la ferveur bouillonnant en lui.»

Cet enseignement est vraiment sain et précieux : quoi de plus nécessaire , en effet, pour qui revient des territoires du péché (2), que d’effacer et détruire au moyen de pratique d’humilité des tendances mondaines depuis longtemps imprimées à son âme ! Une fois entré à l’école de la perfection, il y deviendrait vite parfait.Références-6

Prédication au village d'Ascoli, et comment les malades, même loin de sa présence, étaient guéris par les objets qu'il avait touchés.

62- Dans la période où se place le sermon aux oiseaux dont nous venons de parler, le bienheureux Père François continuant sa tournée de prédication et lançant partout à la ronde ses paroles qui étaient semence de bénédiction (1), arriva au villages d’Ascoli, Il y prêcha la parole de Dieu avec sa fougue habituelle, et la grâce de Dieu remplit d’une telle ferveur le peuple entier qu’on s,écrasait pour venir le voir et l’entendre, trente hommes, ce jour-là, clercs et laïcs, reçurent de es ainsi l’habit de l’Ordre.

Les gens avaient une telle foi en lui, une telle vénération, qu’on s’estimait heureux d’avoir pu seulement toucher es vêtements. Quand il arrivait dans une ville, le clergé se félicitation, on sonnait les cloches, les hommes avaient l’âme en fête, les femme se faisaient part de leur joie, les enfants jubilaient souvent on arrachait des branches aux arbres et on sortait à sa rencontre ne chantant des psaumes. L’hérésie était battue en brèche (2), la foi de l’Église triomphait et, pour la plus grande joie des fidèles, les hérétiques devaient s’éclipser.La sainteté rayonnait de lui si éclatante que personne n’osait argumenter contre lui ; il était devenue l’oracle de tout le peuple. Son premier et inaltérable principe était le suivant : tenir ferme, vénérer et imiter la foi de la sainte Église Romaine, la seule qui procure aux hommes le salut (3). Il vénérait les prêtres (4) et tous les ordres de la hiérarchie ecclésiastique (5)

63. On lui apportait des pains à bénir, on les conservait longtemps, et on en mangeait pour être guéri de toutes sortes de maladies, Bien souvent lafoule, dans sa ferveur, se ruait sur lui et coupait tant de morceaux de sa tunique qu’il en demeurerait presque nu. Et, chose plus digne encore d’admiration, les objets que le Père avait touchés de la sa main rendaient la santé à de nombreux malades.

Dans un petit village près d’Arezzo, une femme enceinte était arrivée au terme de sa grossesse depuis plusieurs jours elle était en proie à des souffrances terribles et, sans pouvoir être délivrée, demeurait suspendue entre la vie et la mort. Les voisins de la famille apprirent alors que le bienheureux François devait passer par là pour se rendre dans un ermitage. Ils guettèrent donc son arrivée, mais par malheur le saint prit autre chemin. On lui avait prêté un cheval, car il était malade et n’en pouvait plus. Parvenu à destination, il chargea un Frère nommé Pierre de ramener le cheval à son propriétaire qui l’avait si charitablement prêté. Frère Pierre ramena la bête en passant par le village où agonissait cette femme. Du plus loin qu’ils l’aperçurent, les habitants courent à lui, le prenant pour saint François à quand ils constatèrent la méprise, ils en furent très affligés. Tenaces ils demandèrent alors quel objet pouvait bien avoir touché la main du bienheureux François après réflexion, ils pensèrent aux rênes qu’il avait dû tenir en mains pour chevaucher ; ils enlevèrent le mors de la bouche du cheval et appliquèrent à la femme, les rênes que le Père avait maniées : à l’instant le danger fut écarté ; elle accoucha tout joyeuse et en pleine santé.Références-7

91. Pour être à l’abri des foules qui accouraient chaque jour le voir et l’entendre, le bienheureux Père François s’en alla un jour dans un refuge de solitude et de tranquillité ( 1) pour n’y plus penser qu’à Dieu et secouer la poussière qui avait pu s’attacher à lui dans son séjour parmi les hommes. Le temps que Dieu nous octroie pour acquérir la grâce, il le distribuait ainsi suivant les occasions : une part à la conquête des âmes, une part à la contemplations dans la solitude. Il ne prit donc avec lui qu’un tout petit nombre de compagnons plus au courant que les autres de ses habitudes : il serait défendu par eux contre l’envahissement et l’importunité des hommes à sa retraite serait filialement et fidèlement protégée. Il pratiqua durant ce séjour une oraison continuelle à sa contemplation lui permettait de jouir là, de manière ineffable, de la familiarité de Dieu.Il désirait connaître ce qu’il pouvait faire ou laisser faire en lui qui fût le plus agréable au Roi éternel : de toute son intelligence, de toute son âme, il cherchait le moyen de s’attacher parfaitement au Seigneur Dieu, conformément àses desseins et au bon plaisir de sa volonté. Là étaitpour lui le sommet de la philosophie, tel était le suprême désir dont brûla toute sa vie, et il demanda à tous, savants et illettrés, parfait ou imparfaits, la route de la vérité, la route du mieux.


92. Il se défendait bien d’être parfait, lui le plus parfait des parfais, et se jugeait lui-même de la plus totale imperfection. C’est qu’il avait expérimenté et savouré la douceur, la suavité, la bonté du dieu d’Israël à l’égard de ceux qui ont le cœur droit et qui le cherchent en toute simplicité et pureté d’intention (2). Cette douceur et cette suavité sont accordées à quelques rares privilégies : il les avait senties en lui comme une brise venant du ciel ; il en défaillait presque, remplie d’une si grande joie qu’il désirait passer tout entier là où l’extase faisait vivre une partie de lui-même. Animé par l’esprit de Dieu, il était prêt à toutes les angoisses de l’âme, à tous les supplices du corps, pourvue qu’il lui fût enfin permis de voir se réaliser en lui la miséricordieuse volonté de notre Père des cieux.

C’ est pourqoui il s’en alla prendre un jour l’évangéliaire, le posa respectueusement sur l’autel élevé dans l’ermitage qu’il habitait, puis, se prosternant de cœur aussi bien que de corps, il demanda par une humble prière que le Dieu de bonté, Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, voulût bien lui signifier quelle était sa volonté ; il le supplia d’indiquer par la première page où le volume s’ouvrirait, ce qu’il faut faire pour couronner l’œuvre qu’il avait jadis commencée avec simplicité et générosité. Son intention était celle-là même des saints et des parfaits qui ont agi de la même façon, poussés par le même désir de sainteté (3).

93. Sa prière terminée, il se releva, puis humble et contrit, fit le signe de la croix, prit le livre sur l’autel et l’ouvrit en tremblant, et voilà que le premier passage sur lequel il tomba était le récit de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’était lui révéler assez clairement qu’il aurait à souffrir. Mais pour qu’on ne puisse mettre cette indication sur le compte du hasard, il ouvrit le livre une deuxième fois, puis une troisième fois, et trouve le même texte ou un texte équivalent. L’ESPRIT de Dieu lui fit comprendre qu’il n’entrerait au royaume de Dieu qu’après beaucoup de tribulations, d’angoisses et de combats. Comme un preux chevalier, il resta sans peur face à la bataille qui s’annonçait ; il ne perdit pas courage à la perspective de mener la lutte pour le Seigneur en ce monde.

Il n’avait d’ailleurs pas à craindre de céder à l’ennemi, lui qui savait se vaincre lui-même, pour y avoir longtemps peiné au-delà même de ce que pouvaient ses forces humaines. On peut lui trouver un émule, au cours des siècles, pour la fermeté du vouloir ; il est sans égal pour l’ardeur dans le désir. Plus prompt à pratiquer la perfection qu’à la prêcher, il employait toute son énergie et son activité non pas aux paroles qui montent le bien sans la réaliser, mais aux œuvres de sainteté. Il restait donc inébranlablement paisible et joyeux ; il chantait en son cœur, pour lui et pour Dieu, des cantiques d’allégresse. Pour s’être tant réjoui d’une bien minime révélation, il mérita la faveur d’une autre plus importante (4) , semblable au serviteur fidèle dans les petites choses qui lui établi maître sur de plus grandes (5).Références-8

Ermitage

On ne peut fixer avec certitude la date de cet écrit. Il existait probablement déjà en 1218. Il prouve que l’attrait de la solitude se faisait déjà sentir dès les débuts de l’Ordre, et que François l’approuvait.

Aujourd’hui encore, nous pouvons imaginer ce qu’étaient alors ces ermitages, lorsque nous visitons les Carceri au flanc du Subasio, Greccio dans la vallée de Rieti, ou les Celles près de Cortone. Les premiers frères, s’ils les consacraient su soin des lépreux, aux travaux champs ou à la prédication, s’imposaient parfois aussi un retrais plus ou moins long à la prières continue et à la contemplation. Saint François, dans un texte bref, ces « séjours au désert ».

(1) Les frères qui veulent mener la vie évangélique et fraternité dans les ermitages y habiteront à «trois, ou quatre aux plus. Deux seront les « mères » ; ils auront donc deux « fils », ou un au moins. (2) Les mères tiendront le rôle de Marthe, et les deux fils celui de Marie ; ils auront un enclos à l’intérieur duquel chacun aura sa cellule pour y prier et pour dormir.

(3) Ils diront toujours Complies aussitôt après le coucher du soleil ; ils observeront soigneusement le silence ; ils réciteront leurs Heures, et pour Matines se lèveront. Ils chercheront d’abord le royaume de Dieu et sa justice (4) A l’heure convenue ils diront Prime ; après Tierce ils rompront le silence t pourront aller trouver leurs mères et leur parler. (5) Lorsqu’ils le voudront, ils pourront quêter leur nourriture auprès de leur mère pour l’amour du Seigneur Dieu, comme de petits pauvres. (6) Puis, aux heures convenues, ils diront Sexte, None et Vêpres.

Dans l’enclos où ils demeurent on ne laissera entrer personne ; on n’y mangera pas non plus. (8) Les frères qui sont les « mères » fuiront soigneusement tout rapport avec l’extérieur ; conformément aux ordres de leurs ministres, ils protégeront leurs fils de tout contact, pour que personne ne puisse leur parler. (9) Les fils ne parleront à personne, sauf à leur mère, et à leur ministre ou à leur custode quand ceux-ci viendront les visiter avec la bénédiction du Seigneur Dieu. (10) les fils prendront de temps en temps le rôle de mères, suivant le tour qu’ils auront jugé bon de régler entre eux. Ils mettront tout leur soin et leur application à observer tout ce qui vient d’être dit.Références-9

Légende de Pérouse 80 v 4 p963

Il choisit les frères qu'il voulait emmener avec lui et leur dit : Au nom du Seigneur, allez deux à deux par les chemins, dignement ; le matin, gardez le silence jusqu'après Tierce (4) en priant Dieu dans votre coeur. Pas de bavardages inutiles, car bien que vous soyez en voyage, votre conduite doit être intègre que si vous étiez dans votre ermitage ou dans votre cellule. Ou que nous soyons, ou que nous allions, nous emportons notre cellule avec nous, Notre cellule, c'°est notre frère le corps, et notre âme est l'ermite habitant cette cellule pour prier Dieu et méditer. Si notre âme ne demeure pas dans le calme et la solitude l'intérieur de sa cellule, à quoi bon habiter une cellule faite de main d'homme.
Références-10

Le bienheureux François s'étant un jour rendu l'ermitage du Mont Alverne,
ce lieu lui plut tellement par son isolement qu'il voulut y faire un carême en l'honneur de saint Michel.

Il y était monté avant la fête de l'Assomption de la glorieuse Vierge Marie, il compta les jours qui séparaient cette fête de la Saint -Michel : il y a en avait quarante. Il dit alors : '' En l'honneur de Dieu, de la bienheureuse Vierge Marie sa mère, et du bienheureux Michel, prince des anges des âmes (6), je veux faire ici un carême.'' Il entra dans la cellule qu'il voulait occuper pendant tout ce temps, et pendant la première nuit pria le Seigneur de lui montrer par un signe si la volonté divine était qu'il demeurât en ce lieu. Le bienheureux François, en effet, quand il s'arrêtait dans quelque endroit pour prier, ou quand il parcourait le monde pour prêcher, s'inquiétait toujours de connaître la volonté de Dieu, pour s'y conformer et plaire au Seigneur. Il craignait parfois que, sous prétexte de retraite dans la solitude pour y prier, son corps ne chercher en réalité qu'à se soustraire aux fatigues de la prédication à travers le monde, ce monde pour lequel le Christ n'a pas hésité à venir du ciel sur la terre. Il faisait prier aussi ceux qui lui paraissaient amis de Dieu, pour que le Seigneur lui fit connaître s'il devait, pour accomplir sa volonté, aller prêcher par le monde ou se retirer dans un lieu solitaire pour prier (7)

Il était encore en prière, le jour commençait à poindre, et voici que des oiseaux de tous plumages vinrent se percher sur la cellule qu'il habitait. Mais pas tous en même temps : il en venait d'abord un qui faisait entendre son couplet mélodieux et se retirait à un autre venait, chantait, et s'en allait à son tour et ainsi de suite. Ce fut, pour le bienheureux François, un grand sujet d'admiration et de consolation.'' Comme il se demandait ce que cela signifiait, il lui fut répondue intérieurement par le Seigneur : C'est le signe que Dieu te donnera dans cette cellule beaucoup de grâces et de consolations. Il en fut véritablement ainsi. En effet, parmi beaucoup d'autres grâces cachées ou manifestes que lui envoya le Seigneur, se place la vision du séraphin, qui remplit son âme de consolation et l'unit étroitement à Dieu tout le reste de sa vie, il lui raconta ce qui s'était passé

Mais il ne connut pas que des consolations, dans cette cellule ; il eut à souffrir de la part des démons, pendant la nuit, de multiples tribulations, comme il le rapporta lui-même son compagnon. Un jour même il lui dit : '' Si les frères savaient tout ce que me font endurer les démons, aucun d'entre eux ne me refuserait sa pitié et sa compassion !... '' C’est à cause de ces persécutions qu'il lui était parfois impossible d'être complètement à la disposition des frères et de leur témoigner son affection familière aussi souvent qu'ils l'auraient désiré.Références-11

En ce temps-là, le bienheureux François demeurait à l'ermitage de Greccio.

Il se tenait jour et nuit, pour prier dans la cellule du fond, derrière la grande salle, or une nuit, dans le premier sommeil, il appela le compagnon qui occupait la grande salle, la plus ancienne. Celui -ci se leva et vint dans le couloir à l'entrée de la cellule ou était couché le bienheureux François. Le saint lui dit : ... Frère, je ne peux ni dormir, cette nuit, ne me tenir debout pour prier (8), car la tête me tourne et mes jambes tremblent si fort qu'on dirait que j'ai mangé du pain d'ivraie !.. Son compagnon lui répondit par quelques paroles douces et apaisantes.

Le bienheureux lui dit : '' Je crois que le diable se cache dans le coussin que j'ai sous la tête !... La veille, en effet, le seigneur Jean de Greccio, que le saint aimait beaucoup et à qui il témoigna toute sa vie une affection familière, lui avait acheté un oreiller de plumes. Or, depuis qu'il avait quitte le monde, le bienheureux ne voulait ni matelas, ni oreiller de plumes, même s'il était malade ou sous quelque autre prétexte. Mais cette fois-là, les frères l'y avaient obligé contre son gré, à cause de sa très grave maladie d'yeux. Il jeta donc le coussin son compagnon.

Celui-ci le ramassa, le mit sur son épaule gauche en le tenant de la main droite et sortit de ce couloir. Aussitôt il perdit la parole et fut dans l'impossibilité de faire un pas, de remuer ni bras ni mains, pas même de se débarrasser du coussin, il demeura ainsi debout, comme un homme privé de sentiment, inconscient de ce qui se passe en lui et autour de lui. Cela dura bien une heure, plus, grâce à Dieu, le bienheureux François l'appela, Aussitôt, il revient à lui, jeta l'oreiller derrière lui et rejoignit le bienheureux. Quand il eut raconté son aventure, le saint Père lui dit : . Ce soir, en récitant Complies, j'ai senti que le diable entrait dans ma cellule... Il fut certain alors que c'était bien le diable qui l'avait empêché de dormir et de se tenir debout pour prier. Et il dit : '' Le démon est plein d'astuce et de ruse. Voyant que, par la bonté et la grâce de Dieu, il ne peut nuire à mon âme, il s'en prend à mon corps afin de m'empêcher de dormir et de rester debout pour prier. Il veut étouffer en moi la ferveur et la joie de mon coeur pour me faire murmurer contre ma maladie.’Références-12

La manière de servir et de travaillerLes frères, ou qu’ils soient, en ermitage ou en quelque autre résidence, auront soin de ne s’approprier aucun emplacement, et de n’entrer en contestation avec qui que ce soit pour le revendiquer. (14) Quiconque vient à eux, ami ou ennemi, voleur ou brigand, doit être bien reçu. (15) Les frères, en quelque pays qu’ils soient, en quelques résidence qu’ils ses rencontrent, doivent non pas se chercher noise les uns aux autres, mais se témoigner un respect et une estime spirituels et empressés. (16) Qu’ils aient bien soin de ne pas affecter un air sombre, une tristesse hypocrite ; mais qu’ils se montrent joyeux dans le Seigneur, gais, aimables, et gracieux comme il convient.Références-13

1 règle 7 v 13 p. 62

Tous les textes viennent du document de la vie de Saint François des PP Théophile Desbonnets et Damien Vorreux o.f.m Édition Franciscaine 9 rue Marie Rose Paris XIVe le 13 juin 1968

Une autre fois; l'homme de Dieu voulant se retirer dans un ermitage pour s'abandonner plus librement à la contemplation, fut,- car il était à bout de force,-se faire conduire à dos d'âne.

On était alors en été, et son guide, qui gravissait à pieds la montagne à la suite du serviteur du Christ, n'en pouvant plus de fatigue et de soif en ce chemin si long et accidenté, se mit à crier avec véhémence à l’adresse du saint : ''' Je vais mourir de soif si je n'ai pas tout de suite de quoi boire ! Sans perdre eu un instant, l'homme de Dieu descend de son âne, se met à genoux, lève les mains vers le ciel et ne s'arrête de prier que lorsqu'il se sent exaucé; il s'adresse alors à l'homme : Cours à ce rocher : tu y trouveras une source que le Christ, dans sa bonté, vient de faire jaillir de la pierre pour que tu puisses boire. Admirable condescendance de Dieu, qui se laisse si volontiers fléchir par ses serviteurs : un homme assoiffé a pu boire d'une eau jaillie du roc (1) par la vertu d'un saint en prière et c'est un rocher très dur qui lui fournir de quoi se rafraîchir. Il n'y avait pas un filet d'eau en cet endroit auparavant, et on eut beau chercher, on n'en trouve plus trace dans la suite (20)(20) Cette scène se passe entre Borgo San Sepolcro et l'Alverne, selon la Première Considération sur les stigmates faisant suite aux Fioretti. Elle fait l'objet d'une des plus impressionnantes fresques de la série attribué à Giotto à la basilique supérieur d'Assise
Legenda Major 7 v12 P: 630

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Édition Franciscaine 9 rue Marie Rose Paris XIVe le 13 juin 1968

L'angélique François n'avait pas pour habitude de se reposer au cours de sa poursuite du bien, mais, comme les esprits angéliques, sur l'échelle de Jacob, ou bien il montait vers Dieu, ou bien il descendait vers le prochain : il en était venu à faire ainsi avec prudence (1) la distribution du temps que Dieu nous octroie pour acquérir des mérites : une part aux travaux et aux fatigues pour le bien des hommes, une part au recueillement de la contemplation extatique, et quand il avait travaillé au salut des autres, de façon variée suivant les circonstances de lieu et de temps, il s'écartait de la foule et de son tumulte, cherchait dans la solitude un endroit tranquille pour penser au Seigneur en toute liberté d'esprit et secouer la poussière qui aurait pu s'attacher à son âme au cours de son passage parmi les hommes. Après de multiples travaux enfin, François fut conduit par la divine Providence, deux ans avant sa mort, jusqu'à l'ermitage très élevé (3) qu'on appelle '' Le Mont ALverne (4)''. Ayant commencé son carême habituel en l'honneur de saint Michel, il sentit plus abondamment que jamais la douceur de la contemplation céleste, l'ardeur des désirs surnaturels et profusion des grâces divines. Il s'élevait vers le ciel, non comme un curieux avide de pénétrer les secrets de la majesté suprême - ceux-là sont écrasés par sa gloire (a) - mais comme un serviteur fidèle et prudent (b) cherchant le bon plaisir de Dieu (5) et ne désirant qu'une seule chose ; s'y conformer en tous points.Références-14

Comment le saint invita son médecin a déjeuner, alors que les frères manquaient de tout :
et comment le Seigneur les combla de victuailles. Dieu pourvoit aux besoins des siens.

A l'époque ou le bienheureux séjournait dans un ermitage des environs de Rieti, le médecin venait tous les jours pour lui soigner les yeux. Or le saint dit un jour à ses compagnons : '' Invitez le médecin et servez-lui un bon repas,- Père, lui répondit le gardien, je l'avoue à ma honte, mais jamais nous n'oserions l'inviter, tant nous sommes démunis!.

Le saint répliqua : '' Pourquoi voulez-vous me le faire dire deux fois! '' et le médecin qui était présent : '' Mes très chers frères, je serais enchanté de partager votre pauvreté.''

Les frères s'activent et apportent sur la table tout ce qui reste dans la réserve : un peu de pain, très peu de vin ; pour que le menu soit plus copieux, le cuisiner apprête quelques légumes. Mais la table de Maître permit de garnir celle des serviteurs : quelqu'un frappe à la porte ; on accourt : c'était une femme qui apportait une corbeille pleine de beau pain doré, de poissons, de pâté d'écrevisses et, recouvrant le tout, du miel et du raisin.

A ce spectacle, la famille des pauvres fut bien aise ; on laissa pour le lendemain les aliments vulgaires, on dégusta les plus fins sans plus attendre, et le médecin dit en soupirant : '' Ni vous, mes frères, ni à plus forte raison nous autres du monde, ne reconnaissons comme nous le devrions la sainteté de cet homme.'' Ils consommèrent peu : le miracle les avait rassasiés plus que n'aurait pu le faire le menu. Ainsi va l'amour de Dieu notre Père : il ne quitte jamais les siens du regard, et nourrit ses mendiants d'autant mieux qu'ils sont plus démunis. De la table des pauvres à celle des rois, il y a autant de différence que de la richesse de Dieu à la richesse des hommes.Références-15
Comment saint François fit un carême dans une île du lac de Pérouse,
ou il jeûna quarante jours et quarante nuits et ne mangea rien de plus que la moitié d'un pain!

Le véritable serviteur de Dieu saint François, parce qu'en certaines choses il fut quasi un autre Christ, donné au monde pour le salut des hommes, Dieu le Père voulut le rendre sur beaucoup de point conforme et semblable à son fils Jésus-Christ, ainsi qu'il l'apparaît dans le vénérable collège des douze compagnons (2), et dans l'admirable mystère des Stigmates sacrés; et dans le jeûne continuel du saint carême, qu'il fit de la manière suivante.

Saint François se trouvant une fois, le jour du carnaval près du lac de Pérouse, dans la maison d'un de ses dévots avec qui il avait passé la nuit, fut inspiré de Dieu d'aller faire ce carême dans une île de ce lac. Ce pourquoi saint François pria ce sien dévot de le porter sur sa nacelle, pour l'amour du Christ, dans une île du lac ou n'habitât personne, et de le faire la nuit du jour des Cendres pour que nul ne s'en aperçût. Celui-ci. à cause de la grande dévotion qu'il avait pour saint François, satisfit diligemment à sa prière et le passa dans cette île ; et saint François n'emporta avec lui rien d'autre que deux petits pains. Arrivés dans l’île, comme son ami le quittait pour retourner chez lui, saint François le pria affectueusement de ne révéler à personne qu'il était là, et de ne revenir vers lui que le Jeudi Saint. Et là-dessus l'autre s'en alla, et saint François resta seul.

Comme il n'y avait là aucune habitation ou il plût se retirer, il entra dans un taillis très touffu, ou beaucoup de ronces et d'arbustes avaient forméune sorte de petite cabane ou de tanière ; et en ce lieu il se mit en oraison et à contempler les choses célestes. Et il resta là tout le carême (3) sans boire et sans manger rien d'autre que la moitié d'un de ces petits pains, comme le découvrit ce sien dévot le Jeudi Saint, quand il retourna vers lui : des deux pains, il trouva l'un entier et la moitié de l'autre. On croit que l'autre moitié, saint François la mangea par respect pour le jeûne du Christ béni, qui jeûna quarante jour et quarante nuits sans prendre aucune nourriture matérielle (4).

Puis en ce lieu, ou saint François avait fait une si merveilleuse abstinence, Dieu opéra beaucoup de miracles par ses mérites ; pour cette raison, les gens commencèrent à y édifier des maisons et à y habiter ; et en peu de temps, il se bâtit un bon et grand village, et là se trouve le couvent des frères qu'on appelle le couvent de l'Ile ; et les hommes et les femmes de ce village ont encore grand respect et dévotion pour ce lieu ou saint François fit ledit carême (5).

A la louange du Christ. Amen.
Référence -
Références-16

 

La définition du mot Érémitisme, ermite, ermitage
( du grec, erèmos, lieu delaissé, solitaire.)

Tirer du dictionnaire Théo. Nouvelle encyclopédie catholique,
Édition Droguet-Ardant/Fayard 1989 page 1055

L’ermite choisit de vivre dans la solitude. Le premier ermite est saint Antoine (vers 250-350) qui s’établit dans le désert de Haute Égypte (région de Thèbes, appelée Thébaïde). La solitude en un lieu désertique correspond à une volonté de dépouillement, de retour sur soi, de pénitence à l’égard de ses propres fautes et de celles d’autrui, à une volonté de lutter contre les tentations, et finalement à la recherche des conditions les plus favorable à la rencontre avec Dieu, le Christ s’est souvent retiré dans le désert, pour prier.

L’ermite partage sa vie entre la prière, la méditation et le travail. Dès les premiers siècles du christianisme, on vit aussi apparaître une forme de vie semi- érémitique lorsque des disciples établirent leur ermitage à proximité d’un maître spiritual. On en trouve aujourd’hui des exemples dans le désert égyptien à Sceté, ou en Grèce au Mont Athos, ou encore dans le proximité de certaines abbayes d’Europe occidentale. La vie des chartreux procède du même esprit.

Tirer du dictionnaire Théo. Nouvelle encyclopédie catholique,
Édition Droguet-Ardant/Fayard 1989 page 330

Différence définition

Moine:

Du grec monachos, solitaire). Les premiers moines ayant été des ermites le mot è continué à s’appliquer aux diverses forme de vie monastique (ermites ou non) comme signifiant le restait de la vie du monde par une plein consécration à Dieu

Monachisme:
État de vie de ceux qui quittent le mon de pour la vie monastique

Ermite ( du grec eremos, désert). Les premiers ermites s’étaient retirés dans le déserts d’Egypte, dans des conditions de vie extrêmement rudes.

Anachorète
( du grec anachorein, se retirer: _: synonyme d'ermite

Cénobite

( du grec koinos bios, vie en commun) . Moine vivant en communauté.

Abba ou Apa

Mot araméen signifiant Père : terme désignant le supérieur d'un monastère ( Abbé).

Désert: page 229

Terre de dépouillement hors des faux -semblant, le désert resta le cadre propice au retour sur soi, à la découverte de sa pauvreté et du don de Dieu, à la conversion ( Os 2,160); «Élie, Jean-Baptiste, Jésus lui-même, vinrent y reprendre force spirituelle ou s,y préparer à leur mission


Dans les premiers siècles du christianisme le tête è tête avec Dieu, favorisé par le désert, fit venir les premiers ermites dans les solitudes d’Égypte, de Palestine, de Syrie; il s’y élabora un idéal, érémitique qui eut ses héros, les « Pères du Désert » ( tel saint Antoine), popularisée en Orient et en Occident par toute une littérature pieuse : l’idéal du désert a été la source d’un grand mouvement monastique qu’il n’a plus cessé de marquer la vie de l’Église.

Le symbolisme du désert conserve aujourd’hui toute sa vigueur dans l’église : elle se compare volontiers au peuple hébreu en marche à travers les terres arides vers la Terre Promise, trouvant sa force dans l’eau de l’Esprit qui jaillit du rocher du Christ, dans le pain eucharistique que celui- ci lui dispense comme la manne.

Tirer du dictionnaire Théo. Nouvelle encyclopédie catholique, Édition Droguet-Ardant/Fayard 1989 page 41c

Stylite
(du grec stulos, colonne). Les ermites stylites se retiraient du monde en s’établissant au sommet d’un portique ou d’une colonne pour se contraindre à une vie plus inconfortable encore et à un renoncement plus absolu. Là, ils priaient Dieu et ils exhortaient les nombreux visiteurs qu’attirait leur sainteté. Cette pratique, qui resta essentiellement orientale, eut comme initiateur saint Siméon le vieux (V e siècle).

Sainte Claire d'Assise

La bénédiction de sainte Claire

On possède trois "bénédictions de sainte Claire". Toutes les trois sont pratiquement identiques, sauf pour le début qui spécifie les destinataires, et pour la fin où se trouve une légère variante. Le plus ancien texte connu est en allemand : c'est la bénédiction à Agnès de Prague. Un autre texte, en latin, est la bénédiction à Ermentrude de Bruges. Un troisième, également en latin, est la bénédiction à toutes les soeurs. Il est très possible que Claire ait repris, à l'intention de tous ses monastères, avant de mourir, une formule qu'elle avait déjà utilisée individuellement pour telle ou telle de ses correspondantes. On lit, dans sa Vie par Thomas de Celano : "Elle bénit tous les frères et les soeurs, et implora pour toutes les supérieures des Pauvres Dames, présentes ou à venir, la grâce des plus abondantes bénédictions" (# 45). On remarquera le parallèle avec saint François : tant dans le fait de la bénédiction d'adieu, que dans l'emploi de la formule biblique du Livre des Nombres, formule utilisée par saint François pour frère Léon. Voici le texte de bénédiction de sainte Claire à toutes ses soeurs.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Que notre Seigneur vous bénisse et vous garde ;
qu'il vous découvre son visage et vous prenne en pitié ;
qu'il tourne vers vous son visage et vous donne la paix ,
à vous mes soeurs et mes filles,
à toutes celles qui viendront après vous
et qui resteront en notre compagnie,
et à toutes les autres qui persévéreront dans tout notre Ordre,
jusqu'à la fin, en cette sainte pauvreté.

Moi, Claire, servante du Christ et petite plante de notre Père saint François, moi qui suis, bien qu'indigne, votre soeur et votre mère, et la soeur et la mère de toutes les autres Pauvres Dames, je prie notre Seigneur Jésus-Christ, par sa miséricorde, par l'intercession de sa sainte Mère Marie, de saint Michel archange et de tous les saints anges de Dieu et de tous les saints et saintes de Dieu :

que le Père des cieux réalise et confirme pour vous, au ciel et sur la terre, cette très sainte bénédiction;
sur la terre, en vous faisant croître en grâce et en vertus parmi ses serviteurs et servantes de la chrétienté militante :
au ciel, en vous y accueillant dans sa gloire avec les saints et les saintes de la chrétienté triomphante.

Je vous bénis autant que je le puis et plus que je le puis, maintenant durant ma vie et ensuite après ma mort, de toutes les bénédictions que le Père des miséricordes a conférées et conférera au ciel et sur la terre à ses fils et à ses filles dans l'Esprit, et de toutes les bénédictions qu'un Père spirituel ou une mère spirituelle ont pu conférer à leurs enfants spirituels et leur conféreront encore.

Demeurez toujours les amies de Dieu, les amies de vos âmes et de toutes vos soeurs, et soyez toujours attentivement fidèles aux promesses que vous avez faites au Seigneur.

Que le Seigneur soit toujours avec vous, et puissiez-vous être, vous aussi, toujours avec lui ! Amen

Tous les textes viennent du document de la vie de Saint François des
PP Théophile Desbonnets et Damien Vorreux o.f.m
Édition Franciscaine 9 rue Marie Rose Paris XIVe le 13 juin 1968

1181

Sommaire Chronologique de la vie de saint François
Écrit par David Flood, Willibrord Van Dijk, Thaddée Matura
Éditon Franciscaine, 9 rue Marie Rose, Paris -XIV-no.24-1973


Tirer du livre: La Naissance d'un Charisme
( fin) François naît à Assise et reçoit au baptême le nom de Jean ; son père, au retour d’un voyage en France ; change ce nom de Jean de celui de François

1198

(Printemps).-Les habitants d’Assise assiègent la Rocca, signe de la puissance impériale, et la détruisent.


1199-1200

Guerre civile à Assise, puis établissement de la Commune.

1202

(Novembre).-Guerre entre Pérouse et Assise, À la bataille de ponte San Giovanni, François est fait prisonnier et emmené en captivité à Pérouse

1203

François, malade, est libéré et rejoint Assise

1204

Longue maladie de François

1205

(Printemps).- François décide de répondre à l’appel du pape en rejoignant les Croisés, il s’arme magnifiquement et part. A Spolète, arrêté par une vision, il reçoit l’ordre de retourner à Assise

1205

(Été).-La grâce commence à travailler François. En tant que « Roi de la jeunesse d’Assisse », il participe avec ses amis à une dernière fête.

1205

(fin) À Saint Damien, François entend le crucifix lui dire : « Va, François, et répare ma maison qui tombe en ruines ». A Foligno, François vend quelques pièces de drap et en offre l’argent au desservant, de Saint Damien qui refuse. François entre en conflit avec son père.

1206

(Printemps).- Devant l’évêque, François se dépouille de tous ses biens et part pour Gubbio

1206

(été) .- François revient à Assise, adopte l’habit des ermites et commence à réparer Saint -Damien
1206

(Été) à 1208 (février).- François réparer successivement Saint Damien, une chapelle dédiée à Saint –Pierre et la Portioncule.
1208

(24 février) .- A la Portioncule, François entend lie l’Évangile de la fête de Saint Mathias, il y découvre sa vocation è la pauvreté évangélique : il modifie son vêtement, ne gardant qu’une seule tunique et remplaçant sa ceinture par une corde. Il commence aussi à prêcher.
1208

(16 avril) .- Bernard de Quintavalle et Pierre de Catane se joignent à lui.
1208

(23 avril) .- Gilles se joint à eux.
1208

(Printemps).- Première mission : François et Gilles parcourent la Marche d’Ancône.
1208

(été).-Trois nouvelles recrues, dont Philippe, viennent augmenter la fraternité naissante.
1208

(Fin).-Seconde mission. A sept, ils vont à Poggio-Bustone et parcourent la vallée de Rietit, Nouvelle recrue, troisième mission, les huit s’en vont deux par deux.
1209

(Début).- Retour des huit à la Portioncule. Quatre nouvelles recrues.
1209

(Printemps).- François écrit une courte Règle et part pour Rome avec ses onze premiers compagnons. Le pape Innocent III approuve leur genre de vie. Au retour, ils séjournent quelque temps près de la ville d’Orte, puis viennent se fixer à Rivo-Torto.
1209

(Septembre).- L’empereur Othon IV, traversant la vallée de Spolète passe non loin de Rivo-Torto.
1209 ou 1210

Chassés de Rivo-Torto les frères s’installent àla Portioncule qui deviendra l’Eglise mère de l’Ordre
1211
(Été).-François projette une mission en Syrie. Les vents contraires font échouer ce projet.
1212

(18-19).- Dans la nuit du dimanche des Rameaux, à la Portioncule, François donne l’habit à Claire : c’est la fondation de l’Ordre des Pauvres Dames. Quelques semaines pus tard, Claire et ses premières compagnes s’installent à Saint –Damien.
1213

(8 mai).-Le comte Roland de Chiusi offre le mont Alverne à François pour qu’il en fasse un ermitage.
1215

(Novembre).- A Rome, François assiste au 4e Concile du Latran. Il y rencontre vraisemblablement saint Dominique.
1216

(16 juillet).- Le pape Innocent III meut à Pérouse. Deux jours plus tard, Honorius III est élu pour le remplacer. François rencontre probablement l’archevêque français Jacques de Vitry.
1216

(été) -A Pérouse, François obtient du pape Honorius III une Indulgence pour le jour anniversaire de la consécration de la Portioncule,
1217

(5 mai) .- Chapitre général à la Portioncule, Premières missions au-delà des Alpes et Outre-mer, François veut aller en France, mais le cardinal Hugolin l’arrêt à Florence et le persuade de reste en Italie.
1219

(Fin juin).-François s’embarque à Ancône pour Acre et Damiette.
1219

(Automne).-François rencontre le Sultan. Un peu plus tard, il se rend en pèlerinage aux Lieux-Saints.
1220

(printemps et été).- Alerté sur les difficultés que rencontre l’Ordre en son absence, François rentre en Italie avec Pierre de Catane, Élie et Césaire de Spire. Il résigne sa charge de Ministre général et désigne Pierre de Catane pour le remplacer. A la demande de François, le pape désigne le cardinal Hugolin comme protecteur de l’Ordre.
1221

(10mars).- Mort de pierre de Catane, Élie est désigné comme Vicaire général.
1221

(30 mai). – Chapitre général, Première Règle.
1223
.A Fonte-Colombo, au début de l’année, François rédige la seconde Règle qui sera discutée au Chapitre général en juin, puis approuvée le 20 novembre par le pape Honorius III
1223

(24-25 décembre).- Nuit de Noël à Greccio.
1224

(15 aout-29septembre).- François se retire sur le mont Alverne pour célébrer le carême de la Saint –Michel. Le 14 ou 15 septembre, il reçoit les Stigmates de la Passion
.
1224

(Octobre et début novembre).- François retourne à la Portioncule en passant par Borgo, San Sepolcro, Monte Casale et Citta di Castello.
1224-1225

(Décembre à février).- Monté sur un âne, François entreprend une tournée de prédications en Ombrie et dans les Marches.
1225
(Mars à mai).- son ophtalmie empire, Presque aveugle, il séjourne à Saint-Damien et, sur l'insistance de frère Élie, accepte de se soumettre à un traitement, mais sans résultat. Au milieu de grandes souffrances, il reçoit de Dieu l'assurance de son salut éternel et compose le Cantique des Créatures.
1225

(Juin).-François ajoute une strophe au cantique du Soleil, et obtient la réconciliation du Podestat et de l'évêque. Au reçu d'une lettre du cardinal Hugolin, il quitte Saint -Damien pour la vallée de Rieti.
1225

(Début juillet).- Accueilli à Rieti par le cardinal Hugolin et la cour papale, il gagne Fonte Colombo pour suivre le traitement ordonné par le cardinal, mais en l’absence du frère Élie, le traitement est retardé.
1225

(Juillet août).- A Fonte Colombo, le médecin cautérise les tempes de François, mais sans résultat.
1225

( septembre).- François gagne San Fabriano, près de Rieti, ou un autre médecin tente de le soigner en lui perçant les oreilles. La vigne du pauvre prêtre de San Fabriano, saccagée par les visiteurs de François, donne, à la prière de ce dernier, une récolte plus fournie.
1226

(Avril).- Séjour à Sienne pur un nouveau traitement.
1226

(Mai ou juin).- Séjour à l’ermitage des « Celle » de Cortone ou il rédige son Testament. Puis, retour à la Portioncule.
1226

(Juillet –août). Au plus chaud de l’été, François séjourne à Bagnara , dans la montagne près de Nocera.
1226

(Fin août ou début septembre)._ Son état empirant, on le ramène à Assise en passant par Satriano; il est logé au palais de l’Évêque.
1226

(Septembre).- Sentant sa fin prochaine, François insiste pour qu’on le transporte à la Portioncule.
1226

(Samedi 3 octobre) » -François meurt à la Portioncule. Le lendemain, dimanche 4, on l’enterre dans l’église Saint-Georges.
1227

(19mars).- Son ami, le cardinal Hugolin est élu pape sous le nom de Grégoire IX
1228
(16 juillet)._ A Assise, François est canonisé par Grégoire IX .