| Elle n’a pas de repos tant qu’elle n’arrive à la (perfection de l’union ) parce qu’en cet état elle trouve une abondance et une plénitude de Dieu bien plus grande, une paix plus sûre, plus stable et une suavité plus parfaite (236)
Sans doute l’âme sait ce qu’est le péché, mais elle n’en ressent plus ni douleur ni anxiété ; elle ne sent plus ce que la compassion ( componction) a de pénible bien qu’elle en ait les oeuvres et même leur perfection. Ici l’âme n’a plus ce qu’il y avait de fiable dans ses vertus, elle n’en a conservé que ce qu’il y a de fort : la constance et leur perfection (237)
Nous avons parlé du plus haut degré de perfection auquel l’âme puisse arriver en cette vie, c’est-à-dire la transformation en Dieu. Néanmoins les strophes présentes parlent d’un amour de Dieu encore plus avancé dans ce même état de transformation…Si un tel état ne peut être dépassé, cependant il peut avec le temps et l’exercice s’élever et s’approfondir beaucoup plus dans l’amour.
Quand le feu a pénétré le bois il le transforme en lui-même puis, si ce feu devient plus intense et continu il rend ce bois plus incandescent et plus enflammé jusqu’à ce que ce bois lance des étincelles et des flammes.
Tel est l’image de ce qui se passe ici : l’âme donne à entendre qu’elle est déjà, dans se degré de transformation, toute embrasée d’amour ; elle est déjà si transformée et convertie intérieurement en ce feu d’amour que, non seulement elle est unie à ce feu, mais qu’elle lance elle-même de vives flammes.)
« O flamme vive d’amour qui blesse avec tendresse de mon âme le centre le plus secret n’ayant plus nulle rigueur brise la toile pour cette rencontre heureuse ( 238 ) »
Il embrase et absorbe les âmes plus ou moins selon la disposition où il les trouve et dans la mesure qu’il veut, de la manière et à l’heure qu’il lui plait… Comme ce feu divin transforme l’âme en lui-même, non seulement elle sent la brûlure, mais elle devient tout entière une brûlure et un feu ardent ( 239 ).
« O brûlure suave, o délicieuse blessure, O douce main, ô touche délicate qui sent la vie éternelle et qui payes toutes dettes. En tuant, de la mort tu as fait la vie ( 240 ) »
Elle sent que son énergie est fortifiée et augmentée à un tel point que son amour s’affine et qu’il lui semble découvrir en elle des mers immenses de feu d’amour… On ne peut rien ajouter à cela ( 241 )
Ces faveurs sont comme la pierre qui sera donnée à celui qui vaincras, d’après saint Jean, et qui portait un nom gravé que personne ne pouvait lire si ce n’est celui qui la reçoit (Ap..2.,17) .
La seule chose qu’on puisse dire en vérité est que cet état a le goût de la vie éternelle ( 242 ).
« O flambeaux de feu, ô vous dans les splendeurs éclatantes de qui les profondes cavernes du sens obscure jadis et aveugle, en d’étranges excellence chaleur et lumière donnent à l’Ami ( 243 ).»
L’abîme de grâce appelle un autre abîme de grâce, c’est-à-dire la transformation en Dieu : il en résulte que l’œil du sens devient tellement éclairé et agréable à Dieu que, nous pouvons le dire, la lumière de Dieu et la lumière de l’âme ne font plus qu’un même lumière ( 244 ).
Elle donne Dieu à Dieu même par lui-même. C’est le don le plus réel et le plus absolu d e l’âme à Dieu. Elle voit alors que Dieu est véritablement à elle, qu’elle le possède par héritage, qu’elle en est propriétaire de droit, comme un enfant adoptif de Dieu, à cause de la grâce que Dieu lui a accordée et de se donne lui-même à elle ( 245 ).
Par ce fait elle peut en disposer comme d’une chose qui lu appartient et elle peut le donner à qui bon lui semble : ainsi elle le donne à son Bien-Aimé Dieu lui-même, qui s’est donné à elle. Ainsi elle paye à Dieu tout ce qu’elle lui doit, car de tout cœur elle lui donne tout ce qu’elle en a reçu ( 246 ).
Avec ce don que l’âme fait à Dieu, elle lui donne le Saint-Esprit comme son bien afin qu’il l’âme comme il le mérite …Quoiqu’il soit vrai que âme ne puisse contenir à nouveau Dieu à Dieu lui-même car elle lui est toujours lui-même, toutefois elle le fait d’elle-même parfaitement et réellement car elle donne tout ce qu’il lui avait donnée pour payer l’amour ( 247 ).
« Avec quelle douceur et quel amour tu te réveilles dans mon sein où tu demeures seul en secret et ton aspiration savoureuse riche de gloire et de biens combien délicatement tu me remplis d’amour! ( 248 ).
Le réveil que le Fils de Dieu fait en l’âme… est un mouvement que le Verbe produit dans la substance de l’âme… Elle comprend si bien que par son être Dieu est éminemment toutes choses qu’elle les connaît mieux en Être de Dieu qu’en elles-mêmes. Et c’est en cela que réside la grandeur de cette jouissance que produit ce réveil de Dieu dans l’âme : elle connaît les créatures par Dieu et non pas Dieu par les créatures…
Combien est heureuse cette âme qui sent toujours que Dieu prend son repos dans son sein. Comme il lui est avantageux d’amour renoncé à tout, de fuir toutes les affaires et de vivre dans une très grande tranquillité, de peur que le moindre atome ou la moindre inquiétude ne vienne troubler ou importuner le Bien-Aimé, il se tient d’ordinaire comme endormi en cet embrassement avec son épouse ne la substance de l’âme ; elle sent fort bien sa présence et elle en jouit ordinairement ; s’il était toujours éveillé ce serait l’était de gloire (249).
Ce n’était pas mon intention de parler ( davantage) de cette aspiration pleine de bien et de gloire d’un amour très délicat de Dieu pour l’âme… Il est claire que cela m’est impossible et que j’essayais on croirait que cela peut être décrit. Parce que c’est une aspiration que Dieu fait à l’âme par un réveil de haute connaissance de Dieu, le Saint-Esprit l’aspire dans la mesure de cette connaissance… L’âme est absorbée profondément dans le Saint-Esprit, qui la ravit en amour avec une perfection et une délicatesse divines qui correspondent à ce qu’elle a vue en Dieu… Il la ravit de son amour au-dessus de toue expression et de tout sentiment dans les profondeurs de Dieu (250)
Référencres
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207- Grégoire de Nysse :
Lorsque l’âme devenue simple, unifiée et réellement semblable à Dieu, trouve le bien vraiment simple et immatériel, elle adhère et se mêle à ce seul réellement aimable et désirable par l’activité vivante de la charité, se transformant et ce qu’elle connaît et découvre ( Daniélou p. 213)
208- Syméon nov. Théo. :
Celui qui est Dieu par nature s’entretient avec ceux qu’il a fait dieux par la grâce, comme un ami s’entretient avec ses amis face à face ( Action de grâces I, p. 323).
209- Origène :
Si l’esprit une fois purifié a transcendé tout ce qui est matériel, c’est pour mener à bonne fin la contemplation de Dieu et se déifier par ce que qu’il contemple.
210- Grégoire Palamas :
Le corps lui aussi a l’expérience des choses divines quand les forces passionnelles de l’âme se trouvent non pas mise à mort mais transformées et sanctifiées,
211- Grégoire de Nysse :
Ce n’est aucunement en usant de la faculté ordinaire d’entendre que l’esprit devient auditeur mais s’élevant au-dessus des sens charnels et montant vers les hauteurs il perçoit l’harmonie des cieux ( Daniélou, p. 240)
212- Tu es devenue belle en t’approchant de ma lumière, son approche a attiré sur toi la participation de ma beauté ( Ibid, p.323 ).
213- Ayant une fois mis le pieds à l’échelle sur laquelle Dieu est appuyé on ne cesse de monter… Chaque marche découchant sur un au-delà ( Ibid,. p. 314).
214-215-216- Denys :
Les facultés intellectuelles, aussi bien que les sensations, deviennent superflues, lorsque l’âme, devenue désunion inconnue, en des élans aveugles ( noms fic, VII,1).
214-215-216- Isaac de Ninive :
Celui-ci obtient un tel repos qu’il réduit à l’unité la multiplicité de ses prières antérieurs (Wensinck 17,P.93).
217-218-219- Grégoire de Nysse :
Telle est la participation du bien divin qu’il rend plus grand et plus spacieux celui dans lequel il vient, de sorte que celui-ci ne cesse jamais de croître.
L’âme jouissant de la seul contemplation de ce qui est n’est éveillée à aucun plaisir sensible, mais laissant dormir toutes activité corporelle dans la pureté et la nudité de l’esprit, elle reçoit la manifestation de Dieu dans une divine elle ( Daniélou, pp. 215-313 ).
220-221-222- Grégoire Sinite :
Pareils au Père, dieux comme Dieu, esprit, issus de l’Esprit.
220-221-222- Maxime Le Confesseur :
Il s’est totalement immergé en Dieu seul ; il a imprimé en lui l’empreinte et la forme de Dieu seul, de sorte qu’il est par grâce et mérité d’être appelé lui-même dieu.
( Amb. Dan hausherr, Plihautie P.140).
223-224-225- Basile :
Étant Dieu par nature le Saint-Esprit déifie, par la grâce les autres qui appartiennent encore à la nature soumise au changement… C’est lui qui en resplendissant dans ceux qui se sont purifiés de toutes souillure le rend spirituels par la communication avec lui.
223-224-225- Cassien :
Que l’union du Père avec le fils et du Fils avec le Père, nous soit communiquée dans le sentiment et l’esprit. ( Conf. X, 7, p. 81).
226-227-Syméon :
Je te rends grâce de ce que toi, être divin au-dessus de tous les êtres, tu te sois fait un seul esprit avec moi, sans confusions.
226-227- Cassien :
Les divers modes de prières sont suivis d’un état plus sublime encore et d’une transcendante élévation. C’est un regard sur Dieu seul, un grand feu d’amour. L’âme s’y font et s’abîme en la sainte dilection et s’entretient avec Dieu comme avec son propre Père, tes familièrement, dans une tendresse de piété très particulière ( Conf. IX, 18, p. 55, II).
226-227- Origène :
Il n’y aura alors qu’une seule action de ceux qui parviennent à Dieu par le Verbe qui est auprès de lui ; celle de connaître Dieu pour former ainsi dans la connaissance du Père exactement rien
d’autre qu’un fils, comme le fils est le seul qui a connu le Père.
228-229-230-231- Jean Climaque :
L’hésychaste qui sait n’a plus besoin de paroles.
228-229-230-231- Guigues Chartreux :
L’âme nue adhérera à la vérité nue, n’ayant besoin d’aucun discours, d’aucun sacrement, d’aucune image pour saisir, ni non plus d’exemple. Pensée 475.
232-233-234-235- Grégoire Sinaite :
L’hésychia possède aussi l’action ; elle la possède dans la paix et la tranquillité
( Petite Philocalie ).
236- Évagre :
Le sentiment spirituel c,est le don de Dieu de l’impassibilité (Petite Philocalie ).
236- Pseudo-Macaire :
Aucune chose terrestre n’entre tumultueusement en son cœur ( Petite Philocalie )
239-240-241-242- Grégoire de Nysse :
O belle blessure et douce plaie par laquelle la vie pénètre dans mon intérieure !
( Daniélou, p.303).
243-244-245-246- Syméon Nov. Théolog. :
Feu vraiment divin.. qui m‘a séparé de tout être visible et invisible ne m’accordant la vision d e l’Incréé…Je me suis uni avec Celui qui est incréé, incorruptible, infiniment invisible à tous.
247- Syméon Nov. Théolog. :
Ils en sont plus à eux-mêmes mais à l’Esprit qui est en ceux, qui les meut et qui, de son côté est mû par eux ( Actions de grâces, I,225. P. 325,III ).
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