O nuit ! Toi qui m’as guidée.
O nuit ! Plus aimable que l’aurore.
O nuit ! Toi qui as uni.
L’Aimé avec son aimée, l’aimée en son Aimé transformée. (79)
Nous pouvons pour trois motifs appeler nuit le passage de l’âme à l’union divin.
Les premier vient du point de départ de l’âme, parce que ses tendances doivent être privées du goût pour les choses du monde auxquelles elle est attachée … ce qui sera une espèce de nuit pour tous les sens de l’homme.
Le second motif vient du moyen qu’on emploie ou du chemin que l’âme doit suivre pour arriver à cette union : ce moyen est la foi que est obscure pour l’intelligence comme une nuit.
Le troisième vient du terme où l’âme tend et qui est Dieu : Il peut être appelé aussi nuit obscure pour l’âme qui vient en ce séjour mortel.
Les trois nuits doivent passer par l’âme ou plutôt l’âme doit passer par ces trois nuits pour parvenir à l’un avec Dieu (80).
1-Passage à l'union
Les nuits
Elles sont si nombreuses et si profondes les ténèbres et les épreuves tant spirituelles que temporelles par les lesquelles ont coutume de passer ces bienheureuses âmes pour pouvoir arriver à cet état de perfection (de l’union parfaite d’amour avec Dieu) que ni la science humaine ne suffit paru le comprendre, l’expérience pour l’exposer. Celui-là qui passe par cette vie pourra les connaître, mais il ne pourra les dire (81).
Nous nous adressons maintenant à homme spirituel, en particulier à celui que Dieu a daigné mettre da l’état de contemplation… Nous dirons comment il doit communique avec Dieu en foi, en se purifiant (82
a- Du sens à l'Esprit
Cette nuit que nous appelons contemplation produite deux sortes de ténèbres ou de purifications chez les spirituels, selon les deux parties de l’homme, la sensitive et la spirituelle. C’est ainsi qu’il y a une nuit ou purification des sens, qu’elle accommode à la partire spirituelle ; l’autre est une nuit ou purifications spirituelle, par la quelle l’âme est purifié et dépouillé dans sa partie spirituelle, ce qui la prépare et la dispose à l’union d’amour avec Dieu. La première est commune et arrive à beaucoup, c’est-à-dire aux commençants ; la nuit spirituelle est la partage du petit nombre, de ceux qui sont déjà exercé et avancés ( 83).
Actives et passives
L’âme entre ordinairement en cette nuit des sens des deux manières : l’une est active et l’autre est passive. La première comprend tout ce que l’âme peut faire et fait par elle-même pour y entrer (a)… La deuxième ce que l’âme ne fait pas par elle-même, par sa propre industrie, mais ce que Dieu opère en elle, se comportant elle-même comme passive (84b).
Entré dans les nuits passives
L’âme commence à entrer dans cette nuit obscure quand Dieu la fait sortir de l’État des débutants de eux qui se servent encore de la méditation… Dieu les met peu `a peu dans l’état de ceux qui avancent, qui est alors celui des contemplatifs, afin de l’amener ainsi à l’état des parfaits, qui est celui où l’on s’unit à Dieu (85).
Quand ( la sensibilité ) s’est déjà en quelques sorte habituée aux choses de l’esprit avec quelques force et quelque constance, Dieu commence soudain à sevrer l’âme et à la mettre en état de contemplation, ce qui se fait ordinairement en fort peu de temps principalement pour les personnes religieuses parce que, ayant renoncé aux choses du monde, elles soumettent leur sensibilité à Dieu en moins de temps et passent du sens à l’esprit (86).
Signes d'entrée
Premier signe :
L’âme découvre qu’il lui est désormais impossible de méditer et de se servir de l’imagination : elle n’y puise plus aucune goût comme auparavant. Elle trouve au contraire la sécheresse dans celui auparavant captivait habituellement ses sens et lui procurait de la suavité. Mais tant qu’elle y trouvera du goût et qu’elle pourra se servir de la méditation discursive, elle ne doit pas s’en détourner et elle y rester jusqu’`a ce qu’elle soit placée dans la paix et la quiétude…
Second signe :
L’âme n’éprouve aucune envie d’appliquer son imagination de ses sens à d’autres objets particuliers soit extérieurs soit intérieurs. Je ne dis pas qu’elle doive s’attendre à ce que son imagination n’aille pas ça et là, car cette faculté a coutume d’être vagabonde même quand l’âme jouit d’un profond recueillement, mais je veux dire que c’est le moment où l’âme n’a plus envie d’appliquer à dessein son imagination sur ces sujets.
Troisième signe :
Celui qui est le plus certain ; l’âme se plait à se trouver seul avec Dieu en une attention amoureuse, sans considérations particulières, dans la paix intérieur, la quiétude et le repos ; elle ne produit aucun acte nit aucun exercice de ses facultés… Je veux dire qu’il n’a pas au moins d’acte raisonné, passant d’une idée à l’autre ; elle demeure seulement dans une attention et une connaissance générale et amoureuse, sans connaissance particulière et sans saisir un objet précis (87).
Franchir ce degré
Notre but en ce moment est d’enseigner le moyen de franchir ce degré pour arriver par la contemplation à l’union divine ; voilà pourquoi tous ces moyens et tous ces exercices sensibles des facultés doivent être abandonné et mis dans le silence afin que Dieu opère par lui-même dans l’âme l’union avec lui. (88)
b- Du sens à l'Esprit
Réforme et purification
La nuit des sens… Peut et doit s’appeler plutôt une certaine réforme des passions et un frein qui leur est imposé plutôt qu’une purification . Celle en raison de ce que toutes les imperfections et les désordres de la partie sensitive ont leur racine dans l’esprit d’où ils tirent leur force… Voilà pourquoi tant que ces habitudes ne sont pas purifiées les rebellions et les vices des sens ne le seront jamais complètement (89).
Quiétude
Cette contemplation est si délicate que si l’âme a envie ou le soucie de la sentir ordinairement elle ne la sent plus, car elle opère quand l’âme est dans le plus grand loisir et dans l’oublie de tout : Elle se comme l’air qui s’échappe de la main quand on la ferme (90).
Cet empêchement et ce dégoût des facultés pour ces actes ne proviennent pas de quelque ( disposition psychologique) ; car lorsqu’il en est ainsi la disposition, qui est changeante par nature, venant à disparaître, l’âme peut aussitôt avec un peu d’effort retourner à ses opérations précédents… Il n’en est pas ainsi dans la purification de la sensibilité (91).
Considérez comme cela un bonheur : Dieu , en effet, va vous délivre de vous-même : il vous enlèvera des mains vos possibilité avec les quelles, même en faisant de vote mieux, vous ne pourriez opérer aussi entièrement, aussi parfaitement ni sûrement que maintenant à cause de leur impureté et de leur faiblesse. Maintenant il vous prend par la main pour vous conduire dans les ténèbres comme un aveugle vers le but et par un chemin que vous ignorez (92)
Regard d'amour
L’homme adonné à la vie spirituelle doit apprendre à se terni avec un regard amoureux sur Dieu, dans une tranquillité de l’esprit quand il ne peut plus méditer, même s’il croit en rien faite ; c’est ainsi que peu à peu le repos et la paix divine seront infusés dan l’âme, accompagnés de connaissances admirables de Dieu enveloppées dans l’amour divin (93)
Aussitôt que l’âme se met en présence de Dieu le possède la connaissance de Dieu confuse, amoureuse, pleine de paix et de repos, où l’âme boit la sagesse, l’amour et la suavité (94)
On peut dire alors que la connaissance et la saveur de l’amour se produisent en elle et s’y trouvent sans qu’elle fasse quelque chose : cette âme ne doit rien faire d’autre que l’avoir une attention amoureuse pour Dieu sans vouloir éprouver ou voir quelque chose. Dieu se communique passivement à elle comme la lumière se communique passivement à celui qui a les yeux ouverts et qui n’a qu’à tenir les yeux ouverts pour la recevoir (95).
Les âmes, ne jouissant pas du fruit que est la contemplation ni de son écorce qui est la méditation, se troublent à la pensée qu’elles vont à reculons et qu’elles se perdent. En vérité elles se perdent mais ce n’est pas de la manière qu’elles pensent : elles se perdent, en effet, par rapport à leurs propres sens et à la première manière de sentir ; par là elles gagnent le fruit spirituel qu’on leur donne : moins elles comprennent et plus elles entrent dans la nuit de l’esprit par laquelle elles doivent passer pour s’unir à Dieu qui surpasse toutes connaissances (96).
Laisser faire Dieu
C’est pourquoi en ce temps-ci l’âme doit être conduite d’une façon totalement différente de la première. Précédemment on lui donnait un sujet de méditation et le méditait ; maintenant on doit lui enlever tout sujet de méditation et ne pas la laisser méditer ; d’ailleurs, le voudrait-elle qu’elle ne le pourrait pas : au lieu de trouver du recueillement elle ne réussirait qu’à tomber dans des distractions. Elle cherchait du goût, de l’amour et de la ferveur et elle en trouvait ; maintenant n’en trouverait pas malgré tous ses efforts mais elle ne retirerait de l’aridité ; en volant se servir des opérations des sens elle se détournerait de ce ben pacifique de la quiétude que Dieu lui donne secrètement dans l’esprit (97).
On ne veut pas dire que ceux qui commencent à avoir cette connaissance amoureuse ne doivent plus jamais essayer de méditer. Car dans les débuts ils ne possèdent pas encore cette connaissance à un degré si parfait qu’ils puissent en user dès qu’ils le veulent… Quand dans ce débuts ils verront que l’âme n’est pas occupée dans cette quiétude et cette connaissance, ils devront se servir de la méditation jusqu’à ce qu’ils aient acquis l’habitude de contempler d’une façon quelque peu parfaite (98).
Ce sera beaucoup ( alors ) de garder la patience et de persévérer dans l’oraison sans rien y faire de soi-même. La seule chose qu’ils doivent faire est de laisser l’âme libre, débarrassée et détachée de toutes les connaissances et pensées, sans se soucier de ce qu’ils penseront et méditeront, se contentant seulement d’une regard amoureux qui se reposer en Dieu, sans sollicitude, sans recherche d’efficacité et sans désir de le goûter ou de le sentir. Parce que toutes des préoccupations troublent l’âme et la distraient du paisible repos et du doux loisir que se donnent dans la contemplation (99).
Connaissance de soi
Voici le premier et principale profit que provoque cette aride et obscure nuit de contemplation : la connaissance de soi-même et de sa misère… La sécheresse et le vice où se trouvent les facultés, comparées à l’abondance dont elle jouissait auparavant, ainsi que la difficulté où elle se trouve de faire le bien, font découvrir à l’âme sa bassesse et sa misère, qu’elle ne voyait pas au temps de prospérité (100).
Connaissance de Dieu
Dieu illumine l’âme non seulement en lui donnant connaissance de sa misère et de sa bassesse… mais aussi en lui découvrant la grandeur et l’excellence de Dieu… Une fois l’âme libre et détachée comme il le faut pour recevoir l’influence divine, Dieu l’instruit surnaturellement par le moyen de cette nuit obscure et aride de la contemplation (101)
Souvenir de Dieu
Un second avantage est le sentiment constant de la présence de Dieu que l’âme reçoit en elle-même, accompagné d’une crainte et d’une appréhension de reculer dans ce chemin de la vie spirituelle…Au milieu de ses sécheresses et de ses angoisses, il arrive souvent, au moment où elle y pense le moins, que Dieu communique à l’âme une suavité spirituelle et un amour très pur, des lumières spirituelles parfois très délicates… non perçues par les siens (102).
Humilité et Amour du prochain
L’humilité qui vient de la connaissance de nous-même purifier l’âme de toutes les imperfections d’orgueil où elle tombait au temps de sa prospérité… Elle voit que les autres lui sont supérieurs. Cette considération engendre en elle l’amour du prochain, elle l’estime et ne le juge plus comme elle faisait auparavant, quand elle se voyait remplie de ferveur en comparaison des autres : elle ne considère que sa propre misère qui est sans cesse présente à ses yeux et qu en la laisse pas regarder les autres (103).
Liberté de l'amour pur
Enfin plus l’âme se purifie de ses affections et de ses désirs sensibles plus aussi le acquiert cette liberté d’esprit qui lui permettra de cueillir les fruits du Saint- Esprit… Les aridités font marcher l’âme dans la voie du pur amour de Dieu, car elle ne se porte plus désormais à agir sous l’influence, du goût ou de la saveur qu’elle prouvait dans ses actions mais seulement pour plaire à Dieu… Elle est devenue craintive et défiante d’elle-même (104)
Paix des passions
Les passions sont déjà mortifiées, les convoitises sont apaisées, les tendances calmées et endormies par le moyen de cette bienheureuse nuit de la purification des sens. Aussi l’âme est-elle sortie pour commencer à entrer dans cette voie de l’esprit qui est celle de ceux qui avancent (108).
Passage à l'esprit
Telle est la nuit ou purification des sens. Tous ne passent pas par cette nuit mais seulement une petite nombre qui doit arriver plus tard à la nuit plus profonde encore de l’esprit afin de parvenir jusqu’à l’union d’amour avec Dieu, cieux qui s’y trouvent ont d’ordinaire de grandes tribulations et des tentations..
Quelques-uns sont assaillis par l’ange de Satan qui est un esprit d’impureté, qui trouble leurs sens par de forêts et abominables tentations, tourmente leur esprit par de vilaines pensées et leur imagination par des représentation s ( très suggestives )… D’autres fois ils sont tentés par l’esprit de blasphème… Parfois leur sens est tellement obscurci qu’il est remplie de mile scrupules et de troubles qui paraissent indéfinissables ( 106).
Durée de cette nuit
… On ne peut la déterminer avec exactitude. Cela ne se passe pas pour tous de la même façon, tous n’en durent pas les mêmes tentations, car Dieu seul mesure selon sa volonté, selon l’importance des imperfections à purifier. Mais aussi d’après le degré d’union d’amour où Dieu veut élever les âmes, il leur donne des humiliations plus ou moins intense et prolongées..
Pour ceux qui sont faibles Dieu les conduit en cette nuit plus lentement avec des tentations légères, il les laisse longtemps en cet état en donnant à leurs sens quelques consolations ordinaires… Pour d’autres encore plus faibles, il paraît absent en certains moments et les gratifie de sa présence en d’autres temps…
Quand aux âmes qui doivent passer à ce bienheureux et sublime état de l’union d’amour, si rapidement que Dieu les conduise, d’ordinaire elle restent très longtemps dans ces aridités et c’est tentations (107)
2-Abîme de la pure foi
Le chemin pour venir à vous, Seigneur, est un chemin saint, à savoir et pureté de foi.
La nuit spirituelle qui est la foi met entièrement en privation le sens de l’intelligence (108).
Entrer dans l’abîme de la foi lu s’abîme toute le reste (109).
Nuit de foi
La foi est une nuit obscure pour l’âme : celle-ci doit être ans l’obscurité pour sa lumière naturelle afin de se laisser guider par la foi vers le terme sublime de l’union (110)
Aucune connaissance ni conception surnaturelle ne peut dans notre condition mortelle servir le moyen prochain pour arriver à cette union d’amour et l’âme avec Dieu …( L’intelligence) doit plutôt qu’en ouvrant les yeux afin d’arriver au rayon divin (111).
L’âme n’a d’autre appui que la foi pure pour aller à Dieu… Elle passe au-delà des limites de la nature et de la raison pour gravir ce divin escalier de la foi et par ce moyen elle arrive et elle pénètre jusqu’aux profondeurs de Dieu (112).
L’intelligence, dénudée et débrasée de tout ce qu’elle peut elle-même connaître clairement, demeure dans un intime repos établie dans la paix que donne la foi (113)
Lumière de foi
Par ce seul moyen Dieu se manifeste à l’âme en lumière divine qui surpasse toutes intelligence, Aussi, plus l’âme a de foi et plus elle est unie à Dieu. (114)
Son ascension dans la foi a changé la manière naturelle d’agir en manière divine… Pour achever de pacifier la demeure de l’esprit il faut seulement que tous ses facultés, se goûts et se tendances spirituelles soient dépouillé dans la pure foi. L’âme s’unira alors au Bien-Aimé dans une union de simplicité, de pureté d’amour et de ressemblance (115).
L’Esprit-Saint illumine l’intelligence qui est recueillie et l’éclaire dans la mesure de ce recueillement ; l’intelligence ne pouvant trouver un recueillement plus que celui qu’elle puise dans la foi, l’Esprit-Saint ne l’éclairera jamais mieux que dans la voie de la foi ; plus une âme est pure, plus elle vit dans la foi et plus elle reçoit la charité infuse de Dieu (1116)
Comme la lumière du soleil éclipse toutes les autres lumières… la lumière de la foi par son excès éclipse la lumière de notre intelligence et l’éblouit (117).
Nudité de la foi
Le terme où elle va est au-dessus de toutes choses et dépasse tout ce qu’elle peut avoir ou goûter : en dépassant tout il faut donc passer par le non-savoir … Ainsi dans cette voie quitter son chemin c’est trouver le chemin véritable, ou mieux arriver au terme en quittant le moyen c’est entrer dans ce qui n’a pas de mesure en Dieu. Ayant le courage de dépasser les limites de ses facultés naturelles intérieures et extérieurs l’âme entre dans le domaine surnaturel qui n’a pas de mesure, contenant en substance tous les moyens …Pour y arriver il faut sortir de tout, s’éloigner de soi-même pour monter de ce qui est bas à cette hauteur suréminente (118).
Il faut… acheminer l’intelligence à travers la nuit spirituelle de la foi jusqu’à l’union divine et substantielle avec Dieu. Sans cela sa marche serait retard ; et embarrassée dans ce chemin de la solitude et de la nudité de toutes choses qui est nécessaire pour y arriver (119).
Quand l’âme dégage sa volonté de toute attache à des signes apparents elle s’élève à une très pure foi : Dieu la verse en elle et la fait croître à un degré plus éminent. En temps, il augmente en elle les deux autres vertus théologales, l’espérance et la charité. Elle jouit alors de connaissance plus élevés sur Dieu par le moyen de cette habitude obscure de la foi ; elle jouit des délices les plus grandes d’amour par le moyen de la charité qui la fait ne se complaire que dans le Dieu vivant ; elle jouit enfin d’une satisfaction la mémoire par le moyen de l’espérance (120).
Les deux nuits
La nuit des sens est la porte étroite : l’âme se dépouille et se met dans la nudité pour y enter, en s’appuyant sur le fondement de la foi, qui est étrangère à tout ce qui est sensible. Elle pourra ainsi marcher ensuite par le chemin étroit de l’autre nuit, celle de l’esprit ; en celle-ci elle marchera ensuite vers Dieu en pure foi, qui est le moyen par laquelle elle s’unit à Dieu.
Comme ce chemin est si étroit, si obscur et si terrible il en résulte que ceux qui le suivent sont bien moins nombreux mais en revanche les avantages qu’ils trouvent son bien plus don considérables. Car il n’y a pas de comparaison enter cette nuit des sens dont nous venons de parler et les obscurités, les épreuves de la nuit de l’esprit, comme nous allons le dire (121)
3-Entrée dans l'Esprit
Désormais ce n’est plus l’âme qui reçoit, mais plutôt c’est elle qui est reçue dans l’Esprit. Et ainsi elle possède alors toutes choses à la lumière de l’Esprit (122a).
Sortie de prison
Comme celui qui est sorti d’une étroite prison elle marche dans les choses de Dieu avec plus d’aisance, plus de satisfaction, avec une joie abondante et plus intime que dans les débuts, avant son entrée dans cette nuit…avec une grande facilité elle trouve immédiatement dans son esprit une très douce et amoureuse contemplation ainsi qu’une saveur spirituelle sans qu’il lui en coûte quelques travail de raisonnement (123)
Vers la parfaite nudité
J’ajoute ceci pur prouver la nécessité de la nuit de l’esprit ou de la purification spirituelle chez celui que doit aller de l’avant : parmi ceux qui se trouvent dans l’état des progressant il n’y en a aucun que, si vaillamment qu’ils se soit comporté, n’ait encore beaucoup de ces affections naturelles et de ces habitudes imparfaits qui doivent être purifiées pour passer à l’union divine. (123)
L’intelligence tombe dans quelques imperfections, se laissant aller à la quelques désir de savoir, la volonté se laissant entraîner par quelques petits attraits de l’amour-propre : elle désire quelques petites choses dans l’ordre temporel, s’attachant plus aux unes qu’aux autres prisonnière de quelque présomption, de quels manières de voir pointilleuses et autres petites choses qui sentent le monde. Elle se préoccupe du manger et du boire, elle veut et choisi ce qu’il y a de meilleur. Surnaturellement elle recherche les consolations et elle a d’autres imperfections… Il en est de même eu égard à son affectivité (124).
Vide et pauvreté
Dieu purifiant ici l’âme en ses facultés de la sensibilité et de l’esprit ,… Il convient qu’elle soit mise dans le vide, la pauvreté et l’abandon en toutes les parties, la laissant sèche, et vide et en ténèbres. En effet, la parie sensible se purifie dans les sécheresses, les facultés dans le vide de leurs opérations et l’esprit dans une obscure ténèbre (125c)
Familiarité
Il y a des intervalles de soulagement où, par disposition divine, cette contemplation obscure cesse de remplir l’âme sous forme de purification pour revêtir la forme illuminative et amoureuses, l’âme semble alors sortir de ces cachots et se trouve en récréation, au large et en liberté ; elle éprouve et déguste une grande suavité dans la paix et dans une amoureuse familiarité ave ce Dieu ( d).
Tant qu la purification spirituelle n’est pas achevée il est très rare que la douce communication soit assez abondante pour voiler la racine de ce qui reste à purifier : l’âme ne manque que pas se sentir alors au plus intime, d’elle-même un je-ne-sais-quoi que lui manque et que lui reste à faire, ce qui en la laisse pas jouir entièrement de cet allègement, (126 e)
L’esprit peut avec liberté participer à la Sagesse divine dans l’épanouissement ; dans la Sagesse par sa pureté il goûte toutes les saveurs de toutes choses, en un certain degré d’excellence (127).
Glorieuse magnificence
Pour arriver à l’inion `a la quelle l’achemine et la dispose cette nuit obscure il convient que l’âme soit remplie d’une certaine glorieuse magnificence, pour entre en communication avec Dieu… Une fois que l’âme s’est mise dans le vie et la vraie pauvreté d’esprit, dépouillé e du vieil homme , elle eut vivre cette nouvelle et bienheureuse vie que lui donne la nuit obscure : ce sera alors l’état d’union avec Dieu (128)
Enfantement de l'esprit
L'âme endure toutes ces purifications de l'esprit pur être engendrée à la vie de l'esprit par le moyen de cette influence à la vie de l'esprit par le moyen de cette influence divine : C’est dans les douleurs qu'elle enfante l'esprit de salut (129).
Nouvelle paix
Il faut que l’âme sacrifie complètement sa première paix qui, étant enveloppé d’imperfections, n’étais pas une paix véritable, l’âme la croyait ainsi parce qu’elle la trouvait à sont goût, établie dans ses sens et dans son esprit (150)
Force de l'amour
Comme l’âme, qui se sent si misérable et si indigne de Dieu en ces ténèbres de purification, a-t-elle une force si courageuse et une telle hardiesse pour aspirer à l’Union divine? La raison en est que l’amour lui donne déjà des forces pour aimer en vérité ; or le propre de l’amour est de tendre à l’Union, à la jonction, à la ressemblance avec la chose aimée pour se perfectionner dans le bien même de l’amour (131)
Sécurité
Telle est l’âme, plus elle progresse, plus aussi elle pénètre dans le ténèbres, sans savoir où elle va : Dieu est ici le Maître et le guide de cet aveugle (312g)
4-Crucifiante nuit d'amour
Elle reçoit cette contemplation et cette connaissance amoureuse dans l’étreinte et l’angoisse d’amour (133).
L’âme se purifiant en cette fournaise comme l’or dans le creuset… ressent comme une grande destruction dansa substance même et semble expirer dans l’une extrême pauvreté (134 )
Angoisse d'amour
Les désirs ( de l’âme) ne cessent de la torturer en tout temps et en tout lieu : elle ne se repose en rien, sentant cette angoisse avec sa blessure enflammée ( 135 ).
Choc du divin et de l'humain
La cause des souffrances et des peines que l’âme endurci vient de ce que ces deux extrêmes, le divin et l’humain, sont ici en présence. Le divin est cette contemplation purifiante et l’humaine est l’âme qui en est le sujet. Le divin l’investi pour la perfectionner et la renouveler afin de la rendre divine, la dépouillant de ses attaches habituelles et des propriétés du vieil hommes auxquelles elle était très unie, collée est assimilée. Il brise et obscurcit tellement la substance spirituelle en l’absorbant en une profonde abyssale obscurité, que l’âme se sent consommée et fondue à la vue de ses misères en une cruelle mort d’esprit (136).
Délaissement et marasme
( Elle se sent ) privée de Dieu, punie et rejetée, indigne de lui… Il lui semble que ce tourment durera toujours. Elle se croit l’objet du même abandon et du même mépris de la part de toutes les créatures et surtout de la part de ses amis… Elle ne voit rien, elle ne peut se mouvoir, elle ne reçoit aucun aide ni d’en haut ni d’en bas, tant que l’esprit humain ne s’humilie, ne s’adoucisse, ne se purifie et de deviennent si subtil et si simple qu’il puisse ne faire plus qu’un avec l’Esprit de Dieu, selon le degré d’union d’amour que la miséricorde de Dieu voudra lui accorder. La purification sera plus ou moins forte et plus ou moins longue selon ce degré (137).
L’âme ne recherche plus en aucune manière son plaisir et sa consolation soit en Dieu soit dans une créature quelconque ; elle ne désire rien (138).
Lutte proportionnée à l'amour
Cette guerre et ce combat sont profonds parce que la paix que l’âme possédera sera profonde. La douleur spirituelle est intime et pénétrante, parce que l’amour que l’âme doit posséder sera aussi très intime et très pur ( 139 )
Ténèbres purifiantes
L’âme est éclairée tout de suite par la lumière divine, mais elle ne voit tout d’abord avec son concours que ce qui la touche de plus près, ou mieux ce qui est en elle, c’est-à-dire ses ténèbres et ses misères, qu’elle découvre enfin par la miséricorde de Dieu…Mais une fois qu’elle sera purifiée par la connaissance et le sentiment des ses misères son regard sera apte à contempler les bien de cette divine lumière (140).
Cette obscure nuit du feu d’amour, tout en la purifiant en obscurité, en flamme l’âme dans les ténèbres…
Car cette obscure contemplation verse dans l’âme en même temps amour et sagesse, à chacun selon sa capacité, illuminant l’âme et la purifiant (141).
Ténèbres lumineuses
Nos faibles intelligences sont aveuglées par cette immense clarté, éblouies, incapable de s’élever à une telle lumière… Dieu, dardant sur l’âme ce brillant rayon de sa secrète sagesse, alors qu’elle n’ose pas encore transformée, crée des ténèbres dans son intelligence (142).
Plus cette divine lumière qui investi l’âme est simple et pure, plus elle la plonge dans les ténèbres, la vide et la dépouille des connaissances et de ses affections particulières (143).
Ténèbres de présence
Toutefois, au milieu de ses peines d’obscurité et d’amour l’âme sent en son intérieur une certaine compagnie et une force qui l’accompagne et l’animent. Aussi, quand elle est délivrée parfois du poids de cette pénible ténèbre, elle se sent seule, vide et faible. Cela est dû que la force et l’énergie lui étaient passivement infusées et communiquées par le feu ténébreux (144).
Cette nuit obscure de contemplation absorbe et imbibe tellement l’âme, la place si près de Dieu, qu’elle est protégée et dégagée de tout ce qui n’est pas Dieu ( 145 ).
5- Attouchements divins
L’âme est si embrasée d’amour qu,elle se porte constamment vers Dieu avec le désir de souffrir pour lui ; aussi, vient-il souvent, et d’une manière très naturelle, la combler de joie, en visitant l’esprit savoureusement et délicieusement ( 146), car l’immense amour du Verbe, le Christ, ne peut voir souffrir tans de peines à son amante sans venir la secourir (147).
Embrasements d'amour
On ne sent pas d’ordinaire au début cet embrassement d’amour, car il n’a pu encore commencer en raison de l’impureté de la nature ou parce que l’âme ne le comprend pas… ne lui donne pas un asile paisible en elle… Parfois cependant… l’âme commence soudain à sentir une angoisse de Dieu ; plus elle augmente et plus l’âme se sent portée vers Dieu et embrasée d’amour pour lui, sans savoir ni comprendre d’où et comment lui vient cet amour (148).
Cette nuit obscure de contemplation se compose de lumière divine et d’amour, comme le feu qui éclaire et qui réchauffe… Parfois les deux facultés ( intelligence et volonté) sont touchées en même temps… mais avant d’en arriver là il est plus ordinaire de sentir l’attouchement de l’embrassement dans la volonté plutôt que dans l’intelligence… C’est là l’œuvre du Seigneur qui verse comme il lui plait ( 149).
C’est une certaine touche de la divinité et déjà un commencement de la parfaite union d’amour ou elle tend. Voilà pourquoi on n’atteint cette touche si élevée de connaissance et d’amour qu’après avoir enduré beaucoup de travaux et accomplie une grande partie de la purification (139).
Passion d'amour
Cet embrasement et cette soif d’amour qui se passent désormais maintenant dans l’esprit sont très différentes de l’autre dont nous avons parlé dans la nuit des sens. Sans doute le sens prends aussi ici sa part, car il ne manque de participer au travail de l’esprit, cependant la source vivre de cette soif d’amour se sent dans la partie supérieur de l’âme (151).
Elle éprouve en même temps un certain sentiment, une certaine conjecture de la présence de Dieu, sans pourtant comprendre rien de particulier… L’esprit se sent alors profondément passionnée d’amour, car cet embrasement spirituel produit la passion d’amour (152).
Car ce même feu d’amour qui plus tard viendra s’unir à l’âme pur la glorifier, est le même qui auparavant s’attaquait à l’âme pour la purifier… telle s’est l’opération du Saint-Esprit par laquelle il dispose à l’union divine et à la transformation d’amour en Dieu (153).
Impatiences d'amour
Telle est la nature des angoisses d’amour que l’âme ressent quand elle est déjà avancée dans cette purification de l’esprit… comme la lionne et l’ourse courent à la recherche de leurs petits qu’on a pris, et qu’elles ne retrouvent pas, cette âme blessée court après son Dieu. Car étant dans les ténèbres, elle se sent séparée de lui et cependant elle se meurt d’amour pour lui, tel est l’amour impatient, il ne peut subsister longtemps : ou reçoit ou il meurt (154) .
Lorsque je voulais saisir votre présence je ne vous ai pas trouvé je me suis dégagée de tous choses sans être attachée à vous, travaillant et peinant dans l’air d’amour sans l’appui de vous ni de moi… Cette douleur et ce sentiment de l’absence de Dieu sont ordinaire si grands en ceux qui s’approchent de la perfection, au temps de ce diverses blessures (155), qu’ils mourraient si Dieu n’y pourvoyait.
Sublime sentir de l'essence divine
Ces communications intimes et secrètes qui ont lieu entre Dieu et l’âme, étant faites par Dieu même, sont complètement divines et souveraines ; elles sont toutes des attouchements substantiels d’union divine entre Dieu et l’âme. Comme il s’agit du plus haut degré d’oraison, une seule d’entre elles communique à l’âme pour de bien que tout le reste (157).
Se cette sorte l’âme devient peu à peu toute spirituelle et dans le secret de la contemplation unitive les passions et les tendances spirituelles sont enfin apaisées à un haut degré (158).
Ni l’âme ni son guide ne peuvent comprendre d’où procèdent, ni pur quelques bonnes oeuvres Dieu accorde ces faveurs, car elles ne dépendent nullement des oeuvres que l’âme accomplit ; ni des considérations qu’elle fait, bien que cela soit de bonnes dispositions paru les recevoir ; Dieu les donne à qui il veut, comme il veut et pour le but qu’il veut…Le plus souvent elles lui sont accordées quand elle y pense le moins (159).
Parfois cette attouchement,… se font sentir avec une telle acuité qu’ils font frémir non seulement l’âme mais aussi le corps.
Quelques fois l’action du Saint-Esprit rejaillit de l’âme sur le corps et toute la partie sensitive en jouit, comme aussi tous les membres, les os et les oreilles avec un sentiment de grand délectation 160.
D’autres fois ils se font sentir quand l’esprit se trouve dans un calme profond ; il n’y a pas de tressaillement mais un subit sentiment très élevé d’allégresse et de rafraîchissement. Ils ne sont pas toujours de même efficacité et ne donner pas toujours les mêmes sentiments (161).
Le repos et la quiétude de la demeure spirituelle ne peuvent être gagnées par l’âme d’une manière habituelle et parfaire, autant que le permet la condition de cette vie, que par le moyen de ces actes de touches substantielles d’union divine… L’âme y est purifiée, apaisée, fortifiée et elle acquiert la stabilité, ce qui lui permet de recevoir d’une manière durable cette union qui est le mariage de l’âme avec le Fils de Dieu (162).
6-La fontaine scellée
Sagesse secrète qui se communique et s’infuse par voie d’amour dans l’âme (163).
C’est pour cette liberté et ce saint repos des enfants de Dieu que Dieu appelle l’âme au désert (164).
Il le remplira de paix, faisant couler sur elles comme un fleuve de paix… Qu’elles ne se laissent de prier et d’attendre dans le dénuement et le vide, car leur bien ne tardera pas (165 a).
Sagesse secrète
Cette opération s’accomplit secrètement à l’insu de l’activité naturelle et de l’intelligences et des autres facultés ; elles sont toutes, en effet, incapables de l’acquérir ; le Saint-Esprit seul la verse et en orne l’âme à son insu et sans qu’elle comprenne comment… Elle resta toujours un secret inexprimable…
Tel est le langage de Dieu : étant très intime à l’âme et spirituel, il dépasse les sens et réduit au silence toute l’harmonie et l’habilité des sens extérieurs et inférieurs (166b,c,d)
Elle s’appelle encore secrète parce qu’elle a la propriété de cacher l’âme en elle-même… elle absorbe parfois l’âme à tel point, l’enfonce tellement dans son abîme secret qu’elle se voit bien éloignée et séparée de toutes créatures. Il lui semble alors qu’on la place dans un profond et vaste solitude où ne peut avoir accès aucune créature humaine ; c’est comme un immense désert qui n’a aucune limite. Il est d’autant plus remplie de charmes, de délices et d’attraits qu’il est plus profond, plus vaste, plus solitaire (d)
Elle est secrète et dépasse notre capacité non seulement parce qu’elle est surnaturelle mais encore parce qu’elle est la voie qui conduit l’âme aux perfections de l’unions avec Dieu ; or celles-ci n’était pas connues humainement, il faut aller à elles en en sachant rien humainement et en ignorant tout divinement (167e,f )
Le communication qui sont vrai et de Dieu ont cette propriété d’humilier l’âme et de l’élever tous à la fois… elle verra combien il y a des hauts de des bas dans cette voie, et commet la postérité dont elle jouit es bientôt suivie de quelque orage ou d’épreuve… C’est là le style et la manière d’agir de cet état de contemplation ; il fait monter et descendre et ne demeure jamais dans le même état jusqu’à ce que l’âme soit parvenue au repos (168).
Sagesse d'amour
La contemplation… est une science d’amour, c’est -à-dire une connaissance infuse et amoureuse de Dieu, en même temps elle éclaire l’âme et l’enflamme d’amour pour la faire monter de degré en degré jusqu’à son créateur ; car l’amour seul unit l’âme à Dieu et l’attache à lui (169 g).
Plus l’âme s’habituera à se laisser apaiser, plus grandira en elle et plus elle sentira cette connaissance générale et amoureuse de Dieu; elle s’y plaira plus que tous les autres choses, car elle lui apportera la paix, le repos, une saveur et un plaisir sans effort (170b).
Dieu seul agit et parle secrètement à l’âme solitaire qui se tient en silence.
Quand l’âme se sent mise ainsi dans le silence et l’écoute, elle doit oublier même l’acte d’attention amoureuse, afin de demeurer libre pour ce que le Seigneur, afin de demeurer libre pour ce que le Seigneur veut d’elle acculement. Elle ne doit se servir de cette attention amoureuse que lorsqu’elle ne se sent pas mettre dans la solitude et l’oisiveté intérieurs, dans l’oublie de tout en cet état d’écoute de l’esprit. On doit savoir que cet état produit dans l’âme un paisible repos et un engloutissement intérieur (170 i. j. k )
Elle la recevra dans une paix abondante et elle sera embrasée et enflammée par l’Esprit d’amour que cette contemplation infuse et secrète apporte avec elle et qui s’attache à l’âme, car la contemplation n’est autre chose qu’un infusion de Dieu, secrète, paisible, amoureuse que, sinon s’y dispose, enflamme l’âme de l’ Esprit d’amour (171, l).
Ce que l’âme peut ressentir alors c’est de se sentir étrangère à tout et éloignée de tous choses, en un degré plus ou moins grands suivant les moments ; elle se sent portée vers la solitude et toutes les créatures du monde, lui sont un ennui ; elle éprouve une douce respiration d’amour et une vie en l’esprit (172).
Ce sont des onctions très secrètes du Saint-Esprit… Avec quelle facilité l’âme pu les perdre ! Il suffit du moindre acte qu’elle peut faire par elle-même (173m).
Conduite de ces âmes
Tout d’abord il convient grandement à l’âme qui veut avancer dans le recueillement et la perfection de bien considérer entre quelles mains elle se remet, car tel est le maître tel sera le disciple… Mais c’est à peine si le trouvera un guide qui ait toutes les qualités requisses, … Non seulement il dit être savant et prudent mais encore expérimenté (174)
A peine trouvera-t-on un maître spirituel que ne soit responsable ( de préjudice )chez les âmes que Dieu commence à mettre dans le recueillement de cette contemplation, qui donne à l’âme contemplative quelques condition subtile de connaissance amoureuse ; serein, paisible, solitaire, bien éloigné des sens et de tous ce qu’on peut penser… Dieu la tient occupée en cette onction solitaire qui la porte à l’oisiveté et à la solitude…Mais survient un maître qui ne sait que battre l’enclume et donner des coups de masse avec les facultés tel un forgeron ; parce qu’il ne sait que méditer il ne peut enseigner autre chose. Il dira : laisse ce repos, car c’est de l’oisiveté, prenne un livre (175)…
· Dans cette bienheureuse nuit de contemplation Dieu conduit l’âme par un moyen solitaire et si secret, si dégagé et si éloigné des sens que rien de ce qui les concerne, ni aucune relation avec les créatures ne peut atteindre l’âme de façon à la déterminer où à l’arrêter sur le chemin de l’union d’amour.
Dans les ténèbres spirituelles de cette nuit, toutes les facultés de la partie supérieure de l’âme étant dans l’obscurité, l’âme ne voit rein, ne peut rien regarder ni ’arrêter à quoi que ce soit en dehors de Dieu pour aller à lui ; car elle est libérer des obstacles, formes, figures ou connaissances naturelles, qui ont coutume d’empêcher l’union constante de l’âme avec Dieu.
L’âme n’est plus attachée à quelque lumière particulière et intérieur l’intelligence ni à un guide extérieur pour recevoir quelque satisfaction dans ce chemin sublime : les sombres ténèbres l’on t privée de tout cela. Seul l’amour, qui brûle alors, la sollicitude de donner son cœur à l’Ami, la meut, la guide désormais et la fait voler vers son Dieu par le chemin de la solitude sans qu’elle sache comment ni de quelle manières.
Au sein de la nuit bénie, en secret, car nul ne me voyait, et moi je ne voyais rien, sans autres lumière ni guide hors celle qui brûlait dans mon cœur (177)
Références
83-84-85- Diadoque de Photice :
Autre est la joie initiale, autre celle qui consomme : la première n’est pas exempte d’imagination, l’autre à la force de l’humilité; entre les deux se trouvent une sécheresse bénie et des larmes sans douleur ( Cent, Chap. 60 p.120, Sources Chrétiennes
(a) On en a traité dans la première partie.
84 b- Ce sera l’objet du chapitre suivant ( Du sens à l’esprit ), Dieu , sort peut à peu pour ainsi dire de ta chair, qu’elle rejette toutes les pensées qui viennent des sens, de la mémoire ou du tempérament qu’elle se remplit en même temps de respect et de joie, alors tu peux t’estimer proche des confins de la prière .( Petite Philocilie no.61 p. 424 )
86- Isaac de Ninive :
Si quelqu’un recourt à un livre ou à la liturgie ou à quoi que ce soit qu’il recoure, il y rencontrera obscurité sur obscurité ( Hausherr, Hésychasme et prière, p. 113 ).
87-88-89- Grégoire de Nysse :
Celui qui va aborder la connaissance des choses d’en haut doit purifier auparavant la place de tous mouvement sensible t naturel ( Daniélou.op.cit.p.145).
90-91-92- Isaac De Ninive :
Les réalités du siècles futur n’ont pas d’appellation propre et directe. On en peut avoir à leur sujets qu’une certaine connaissance simple : c’est l’ignorance que surpasse toue connaissance.
93-94-95- Evagre : tu ne saurais la prière pure situ es embarrassé de choses matérielles et agité de souvis continuels, var la prière est démission des pensées ( Petite Philocalie,p.43)
96-97-98- Grégoire Siniaite : Si nous voulons découvrir la vérité sans risque d’erreur, cherchons à n’avoir que l’opération du cœur absolue sans formes figures, à ne refléter dans notre imagination ni forme ni impression de soit-disant choses saintes ( Petite Philocalie, p. 180)
99-101-101-Diadoque :
La grâce, dans es débuts, a coutume d’inonder l’âme de sa propre lumière avec grand sentiment ; avec le progrès des combats, au contraire, elle opère le plus souvent ses mystères dans l’âme contemplative de façon inconsciente… Entre l’illumination et la déréliction il y a un milieu : L’expérience ( cap.69 in Hausherr, Hésychasme t prie`re, p. 101).
105-106- Isaac de Ninive :
Les tentations qui ont leu sous la vierge de la Paternité, celles par les quelles ( l’âme) est exercée et éprouvées et devient glorieuse… Découragement, suffocation psychique.. Pullulent une infinité de tentations : confusions, irascibilité, blasphème, humeur chagrine , passage de leu en lieu…
( Hausherr, Hésychrasme et prière p. 109)
107-108-109-110- Evagre :
Tiens-toi en immatériel devant l’Immatériel et tu comprendra ( Petite Philocalie).
111-112-113-114-Maxime le Confesseur : L’esprit est paraît quand, grâce à une foi véritable, il possède dans la super ignorance la super-connaissance du super-inconnaissable.
111-112-113-114-Grégoire de Nysse :
Il n’y a pas d’autre accès auprès de Dieu que la méditation de la foi qui unit par elle l’esprit qui cherche et la nature qui ne peut être saisie ( Daniélou, op, cit., p. 152).
115-116-117- Denys Pseudo-aréopagite :
Conduis-toi non seulement au-delà de toutes lumière mais au-delà de l’inconnaissance ( théol. myst. I,1)
115-116-117- Evagre :
Bienheureuse l’intelligence qui a temps de la prière devient immatérielle et dénuée de tout ( Petite Philocalie ).
118-119-120- Maxime de Confesseur :
Pour aimer Dieu qui transcende toute raison et toute connaissance… dépasser dans un élan irrésistible le sensible et l’intelligible, le temps et l’espace, être dénué totalement de toute énergie des sens, de la pensée et de le petit, afin de rencontrer indiciblement et dans l’ignorance des délices divines au-dessus de la pensée et de l’intelligence.
121- Grégoire Palamas :
La près parfaite contemplation de Dieu et des choses divines n’est pas simplement un dépouillement, mais elle est , au-delà du dépouillement, une participation aux choses divines, elle est un don et une possession en plus qu’un dépouillement ( Défense des saints Hésychasme triade I,3,p.146. Édit, Meyendorff).
121-Elie Ecdicos :
La patience trouve au désert, dans les souffrances passives, son champ idéal. Les souffrances, sont le couronnement absolument nécessaire de l’ascèse volontaire ou d’initiative personnelle.
( Dans Hausherr, Hésychasme et prière P.119)
122a- Grégoire de Nysse :
Il y a échange de l’un à l’autre, Dieu venant dans l’âme et l’âme à nouveau émigrant en Dieu.
( Danielou, pop.cit.p.313).
123b- Isaac de Ninive :
Ce n’est pas le travail de la pensée qui permet d’en goûter la saveur mais la grâce seule. La purification est la condition préalable sans laquelle on ne saurait posséder la force pour entendre même parler ( de Velliers, 65).
125c- Grégoire Sinaite :
Le principe de l’hésychia est la vacance ( Petite Philocalie, 178)
125d- Diadoque de Photice :
Quand l’âme est plein de Dieu elle prie. Elle se sent alors enlevée par un souffle d’en haut ; elle n’a plus le sentiment pénible de l’effort ; il ne lui semble plus à ces moments toucher terre
( Horn, R.AM. 1927-4).
126e- Grégoire de Nysse :
Tu vois quelle préparation il faut pour que notre connaissance s’étant élevée à cette hauteur de familiarité, nous osions dire : « Père ! » ( Daniélou, op.cit p. 114 ).
130f- Evagre :
C’est lorsque tu sera parvenu dans ta prière au-dessus de toute autre joie qu’enfin en toute vérité tu auras trouvé la prière ) Petite Philocalie.)
132g- Nil Sorsku :
Une joie ineffable remplit l’âme de ceux qui ont su atteindre la prière parfaire sous l’influence de laquelle les lèvres et la langue deviennent muettes tandis que le cœur… et l’esprit… se plongent dans le silence et que la pensée… s’arrête, devenant sujette à une autre force qui la place on en sait trop où, au milieu des choses inconcevables…L’esprit cesse de prier à l’aide des paroles de prières habituelles, pour ne demeurer dans un plan plus élevé où il recherche un état supérieur à celui de la prière ( Textes mystiques d’Orient et d’Occident par S. Lemaître, p.288.II )
133-134-135-136- Isaac : ténèbre lugubre qui arrive dans l’hésychia à ceux qui vivent la vie de la gnose ( Hausherr, Hésychasme et prière p.115 ).
137-138-139-140- Grégoire de Nysse :
Vison des invisibles ( Daniélou, op.cit,. p. 203 ). L’âme qui a cheminé vers les sommets, ayant abandonné les choses d’en-bas, autant qu’il est possible à la nature humaine, entre dans le sanctuaire de la connaissance mystique environné de toutes parts, par la ténèbre divine. Là tous les apparences était laissées dehors, seuls restent proposés à la contemplation de l’âme l’invisible et incompréhensible où est Dieu ( Daniélou, op.cit., p. 201 ).
141-142-143-144- Grégoire de Nysse :
Il donne à l’âme un sentiment de présence tout en échappant à la connaissance claire…
( Daniélou,207 ).
Croire consiste à ne pas voir parce qu’il transcende toute connaissance
( Daniélou, op, cit. p.202 ).
141-142-143-144- Denys Pseudo-aréopagite :
Ténèbre plus lumineuse… Elle brille de la plus éclatante lumière au sein de la plus noire obscurité … elle emplit des splendeurs plus belles que la beauté les intelligences qui savent fermer les yeux ( Théol. Myst.I,I).
145-146-147-148- Diadoque :
La grâce au commencement dérobe sa présence : elle attend la résolution de lame. Une fois que l’homme s’est entièrement converti alors, par un sentiment ineffable, le manifeste au cœur sa présence ( Cent,. Chap,. 84 p. 144)
149-150-151- Isaac de Ninive :
L’exaltation de la grâce se répand dans son corps… L’amour a quelque chose de naturellement chaud ; quand il s’abat violemment sur quelqu’un il rend son âme comme folle…Le cœur qui le ressent ne peut plus le contenir ( Wensinck 4m p. 40 et 133 p. 148)
152-153-154-155- Isaac de Ninive :
Dieu ne laissera absolument pas l’âme une journée entière dans cet état, sans quoi elle y perdrait la vie et toute l’espérance ( Logo 57. Dans Hausherr, Hésychasme et prière, p. 113 )
157-158-159- Grégoire Sinaite :
bond absolument immatériel mais substantiel qui se produite dans les entrailles ( De l’erreur, Petite Philocalie ).
157-158-159-Grégoire de Nysse :
Il y a un certain toucher de l’âme par lequel elle le touche le verbe et qui est l’œuvre du toucher immatériel et spirituel ( Daniéelou,op.cit.p.239 ).
157-158-159-Isaac de Ninive :
Celui qui n’a pas reçu le don du Paraclet est incapable d’accomplir la prière ininterrompue dans le repos ( Wensinck 35,p. 174 ).
160-161-162- Grégoire Sinaite :
L’apparition de la grâce dans la prière se présente sous des formes diverses… secousse ou exaltation ( Petite Philocalie).
160-161-162- Syméon Nov. Théolo. :
Passent jusqu’à se entrailles et rendent le buveur tout entier de feu ( Catéch. 23)
160-161-162- Grégoire Sinaite :
Chez d’autres Dieu produit c’est le fait surtout de ceux qui ont progressé dans la prière une brise lumineuse, légère, passible, tandis que le Christ prend demeure dans le cœur et se manifeste mystiquement dans l’esprit ( Petite Philocalie )
160-161-162- Augustin :
Quelle touche de la divinité vaut mieux que toutes connaissances.
160-161-162- Diadoque :
L’esprit se repose en ces moments de quiétude ; il est réjoui par une prière très douce, il échappe aux embarras et il se renouvelle de plus en plus pour s’adonner ardemment et sans peine aux pensées divines ( Cent,. Chap. 68, p. 129 ).
165 a. Grégoire Sianite :
Beaucoup sont passés de la vie active à la vie contemplative, ils ont cessé toute activité ; ils ont célébré le sabbat spirituelle… incapables de psalmodier ou de méditer par l’effet de la grâce
( Petite Philocalie)
166b- Sanctuaire véritable avant la condition future, le cœur sans pensée mu par l’Esprit. Tout s’y célèbre et s’y exprime pneumatiquement ( ibid,. p. 177).
166c- Isaac de Ninive :
Le silence est le langage du siècle futur (De Velliers no.51 ).
166d- Grégoire Siniate :
Quand à ceux qui ne psalmodient pas du tout ils font bien s’ils sont parmi les avancés. Ils n’ont pas besoin de psaume, mais de silence, de prière le avancés. Ils n’ont pas besoin de psaume, mais de silence, de prière interrompue, et de contemplation, s’ils sont parvenu à l’illuminations.
( Petite Philocalie , p. 187 ).
167 e- Jean Climaque :
Le regardant on ne le voit pas : on le nomme l’Invisible.
L’écoutant on ne l’entend pas : on le nomme l’Inaudible.
Le touchant on ne le sent pas : on le nomme l’Impalpable ( Degré 29).
167e-Grégoire de Nysse :
Il ne s’agit as de connaître quelque chose sur Dieu, mais d’avoir Dieu en soi ( Daniéloup, p. 234)
167f- Grégoire de Nysse :
Elle est désormais environnée par la nuit dans laquelle l’Époux s’approche mais n’apparaît pas
( ibid,. p.205)
169g- La science devient amour (.232)
170h- Élie Ecdicos :
Les impassibles connaissent dans la prière un grand silence et une extrême vacance de représentations et de concepts.
170i- Diadoque :
il y a une prière au-delà de la liberté : elle est la part de deux qui ont été remplis de la sainte grâce dans un sentiment de certitude absolue ( cent,. Cap. 68,p. 129).
170i- Philoxène de Marboug :
Il jouit de la douceur des mystères du monde nouveau plus haut que la liberté de sa volonté
( N.22 Dans Hausherr, Hésychasme et prière p. 28)
170j-Isaac de Ninive :
Il y a prière spirituelle lorsque les mouvements de l’âme subissent l’action Saint –Esprit
170k-Gréoire Sinaite :
Un jour viendra où l’esprit recevra la puissance de l’Esprit pour prier totalement et intensément : alors il n’aura plus besoin de paroles, il en sera même incapable, et se contentera d’opérer son cœur exclusivement et totalement en lui ( Petite Philocalie )
170l- Isaac de Ninive :
Le silence de l’impassible est une prière ( Wensinck 35, p. 174 ).
173m- Grégoire Sinaite :
Les parfaits dans l’Esprit-Saint sont ceux qui ont atteint l’impassibilité dans le Christ Jésus.
( Petite Philocalie , p. 193 )
* On donne ici cette dernière page de La nuit obscure en mode d’Épilogue, qui résume parfaitement toute c qui a été dit dans cette deuxième partie.